Pollution de l’air aux hydrocarbures à La Rochelle

Pollution de l’air aux hydrocarbures à La Rochelle

Le site d’info Techniques de l’Ingénieur a récemment interviewé Raymon Bozier, fondateur de l’association Respire La Rochelle. Respire, qui est l’acronyme de Rassemblement d’ Eco-citoyen pour Sensibiliser Protéger et Inciter au Respect de leur Environnement, a été constitué par des habitants de la région La Rochelle en septembre 2009 suite à une longue période de pollution de l’air par d’intenses odeur d’hydrocarbures. L’association compte 350 adhérents et poursuit son développement. Respire La Rochelle veille à l’information et à la concertation sur la question du risque technologique et à la protection des citoyens aux pollutions de l’air, de l’eau et des sols.

Bien que nos deux associations aient le même nom, nous ne travaillons pas sur les mêmes problématiques et nous n’œuvrons pas de la même manière pour atteindre notre objectif final. Par contre nous partageons la même vision sur les causes de nombreux problèmes de pollution : des décisions prises par l’Etat et/ou par des industriels sans que la société civile n’ait son mot à dire, mettant les citoyens devant un fait accompli sur lequel il n’est pas possible de revenir. Dans le cas de Respire La Rochelle, c’est l’installation ou l’extension de sites industriels sans consultation publique et sans intégration d’associations de citoyens aux débats. Dans notre cas, c’est la lutte contre l’inaction des pouvoirs publics et des industriels face à un risque sanitaire avéré : la pollution de l’air (nombreux dépassements de seuils de pollution dans les agglomérations françaises et européennes).

Respire La Rochelle a été créée sous l’impulsion de citoyens et de résidents habitant à proximité de sites industriels à risques (cf sites Seveso : sites industriels à risques entrant dans la classification ICPE) et cherchant des réponses à la cause d’une pollution de l’air et à la gêne occasionnée par celle-ci. L’association a été persistante dans sa lutte en faisant face aux différents blocages administratifs, techniques et juridiques. L’association a souhaité obtenir des réponses quant aux risques sanitaires et environnementaux que représentent des installations industriels ; au final les membres de l’association se sont rendus compte que la société Avia avait obtenu un permis de construire pour quatre cuves supplémentaires, soit 43 000m3 sur un site unique. Vu la taille de ces cuves et la réglementation concernant les informations à communiquer au public en amont de la construction de ces cuves (classification ICPE des dépôts pétroliers), la société Avia ne s’est pas conformée à la loi et n’a pas permis aux habitants jouxtant l’installation industrielle de prendre part à un débat public. Les habitants ont en effet été mis devant le fait accompli et n’ont pu influer sur les dispositions techniques pour l’installation des cuves, qui auraient pu éviter ces gênes olfactives. Comme le dit le fondateur de l’association Respire La Rochelle : « On appelle ça la politique du fait accompli. Il y a comme une impression, pour les riverains, d’arriver toujours trop tard, tant en ce qui concerne le risque que le développement industriel proprement dit…  Il faut cesser de prendre les citoyens pour des acteurs secondaires, pour ne pas dire des incompétents. »

Les conséquences de mettre la population dans une position secondaire et impuissante sont que les citoyens finissent par éprouver du ressentiment à l’égard des élus et donc, que la démocratie s’en trouve bafouée : « On désencombrerait significativement les tribunaux administratifs si la démocratie fonctionnait mieux dans notre pays. » (Raymon Bozier).

Chez Respire, nous trouvons également que les pouvoirs publics et industriels sont sourds face aux revendications des citoyens et ne tiennent absolument pas compte des chiffres de l’OMS et des organismes de mesure de la qualité de l’air. Pourtant, l’air est toujours plus pollué, le risque toujours plus grand et malgré cela les embouteillages s’emplifient et « le tout voiture » devient jour après jour une fatalité que notre société accepte par facilité.

L’interview du fondateur de l’association Respire La Rochelle : cliquez ici.

Related Post

Leave a Reply

Your email address will not be published.