Bingo pour le vélo électrique

Jusqu’ici exclu de tout dispositif national d’aide, les vélos à assistance électrique auront enfin, eux aussi, leur bonus : 20 % du prix d’achat dans la limite de 200 euros. Sept organisations, dont Respire, se réjouissent de l’annonce de la Ministre de l’environnement, Ségolène Royal, concernant la création de ce dispositif.

Déjà mise en pratique avec succès dans certaines collectivités, dont la ville de Paris, cette mesure était attendue pour le territoire national. Elle marque une étape importante pour la reconnaissance du vélo en tant que mode de déplacement à part entière, et comme solution de mobilité durable.

Le vélo à assistance électrique (VAE) permet de réduire la pollution de l’air par rapport aux deux roues motorisés et aux voitures, tout en allégeant les efforts et la sur-ventilation des cyclistes fragiles. C’est aussi une solution pour la nécessaire réduction des émissions de gaz à effet de serre des transports, en particulier en zone périurbaine ou rurale où les solutions de transports publics sont moins développées.

La moitié des usagers du vélo à assistance électrique qui ont déjà bénéficié d’une aide locale à l’achat d’un VAE ont fait ce choix en remplacement de la voiture, selon l’étude de l’Ademe sur les bénéfices des services vélo2 . Rappelons qu’environ la moitié des trajets automobiles fait moins de 3 km et pourraient pour la plupart être faits autrement.

Le décret paru au JO le 18 février 2017 marque l’adoption de cette mesure, dans des conditions encourageantes (20% du prix d’achat, plafonné à 200 euros). A noter que cette aide n’est pas cumulable avec les aides éventuellement déjà accordées par certaines collectivités locales.

Nous avions déjà, il y a quelques mois, demandé l’instauration d’une indemnité kilométrique pour le vélo.

Lire la totalité du communiqué de presse.

 

Résoudre la pollution est possible : c’est une question de volonté politique

Quelques jours à peine après la fin du pic de pollution de décembre, revoici à nouveau les niveaux d’alerte atteints et la crise qui reprend. C’est une triste manière de célébrer la nouvelle année. Mais c’est aussi un message très clair: les mesures contre les pics de pollution ne sont pas du tout efficaces contre le problème.

Cette situation n’est pas propre à Paris. Le pic actuel touche tout le nord de la France, mais aussi la vallée de l’Arve (autour de Chamonix), zone martyre de la pollution de l’air dans le pays, puisqu’elle a connu 33 jours de pics ininterrompus à la fin de l’année dernière et qu’elle est à nouveau concernée…

Pourquoi les mesures actuelles sont-elles inefficaces ? Parce qu’elles ne répondent pas à la bonne question. Elles visent à atténuer les effets du pic plutôt que d’en résoudre les causes. Elles sont certes nécessaires, mais clairement insuffisantes.

La circulation différenciée (les nouvelles vignettes Crit’Air) est certes un système plus juste que la circulation alternée. Grâce à son principe plus facile à accepter, le nouveau système sera peut-être ainsi davantage appliqué que l’ancien, ce qui l’amènerait à être plus efficace. Mais le pic de pollution n’est que la partie émergée d’un immense iceberg. Un iceberg qui tue chaque année 48 000 personnes, rappelons-le.

En termes de causalité, les pics se résument à un problème de météo. Habituellement, les vents dissipent la pollution que nous produisons 365 jours par an. Mais il suffit d’un anticyclone, et c’est comme avec la chasse d’eau qui tombe en panne: ça déborde de partout.

La circulation différenciée ne fait que limiter timidement le pic. Celui-ci ne sera réglé qu’avec un changement des conditions météorologiques. Pour éviter la répétition des pics, il faudrait diminuer les émissions tout au long de l’année.

En termes de mortalité, ces pics sont également marginaux: les études scientifiques estiment que 7 % des décès liée à la pollution leur sont associés. En d’autres termes, 93% de la mortalité provient de la pollution quotidienne, hors pics.

La conclusion qu’il faut tirer de ces quelques constatations est simple: il faut changer de méthode. Ou plutôt, il faut dissiper un malentendu: les mesure d’urgence ne peuvent pas régler le problème chronique.

Alors que faire? Les solutions sont bien connues. La pollution, en hiver, tient approximativement pour 50 % de la circulation automobile et pour 50 % du chauffage. Diminuer les émissions automobiles, c’est améliorer les transports en commun et les mobilités douces, c’est encourager la transition vers les moteurs les moins polluants.

Diminuer les émissions liées au chauffage, c’est fermer les centrales à charbon et au fioul: il est absurde qu’il en existe encore en France. C’est éliminer progressivement le chauffage collectif au fioul. Pour les cheminées, c’est mettre en place tout un ensemble de mesures pour aider leurs utilisateurs à moins polluer. L’exemple de ce qui commence à être fait par la communauté de commune de Chamonix, en vallée de l’Arve, devrait être étendu plus largement.

Il faut également tenir compte des émissions industrielles. Pour les prochains pics de printemps, quand les pollutions agricoles viendront s’ajouter aux autres, il faudra diminuer les épandages, les brûlages et surtout les lisiers – toutes choses qui devraient être évitées si on voulait encourager la transition vers une agriculture biologique.

Toutes ces solutions peuvent être mise en place relativement rapidement. Même si elles auront un coût économique et politique.

Nous possédons donc les moyens de résoudre le problème de la pollution de l’air. Peut-être pas demain, ni même après demain, mais, disons dans 20 ans. C’est certes très long. Au rythme de 48000 morts par an, cela signifie se résoudre au décès de presque un million de personnes. Soit trois fois le bilan de la bataille de Verdun.

Espérons que l’énormité du bilan amènera notre société, dans son ensemble, à accélérer cette nécessaire transformation. I faut d’ailleurs remarquer, malgré tout, que la qualité de l’air s’améliore. Elle a même connu, sur certains polluants, des progrès considérables en quelques décennies.

Résoudre le problème de la pollution de l’air, ou du moins le diminuer considérablement, est donc possible.

Ce n’est pas un problème économique: les mesures coûtent cher, mais elles permettent de résoudre un fléau lui aussi très couteux – il a été évalué à 100 milliards par an par une commission sénatoriale.

Ce n’est pas un problème technologique: on a tout en main, ou presque.

En revanche, toutes ces mesures nécessitent une volonté politique globale qui, seule, pourra fédérer les différentes initiatives et leur donner l’ampleur nécessaire. Les quelques mairies qui s’attaquent courageusement au problème ne pourront pas à elles seules, le résoudre. Au final, la pollution est un problème politique. Non pas au sens d’une opposition gauche-droite mais au sens où cela mobilise les moyens de l’Etat et notre projet en tant que nation. Pour celles et ceux qui croient encore en notre société, c’est presque une bonne nouvelle.

Olivier Blond – Président de l’association Respire

Texte publié initialement sur le site du Huffington Post

Manifestation contre la pollution

Ce samedi, alors que la pollution dépasse à nouveau les seuils d’information, nous vous invitons à une manifestation contre la pollution.

Le lieu du rdv  est à 14h30 place du Châtelet à Paris.

Nous organiserons à cette occasion une distribution humoristique de bouteilles d’air plus ou moins pollué.

Venez nombreux !

Pour en savoir plus, regardez sur la page facebook de l’évenement

Action judiciaire de Respire et Ecologie sans Frontière (Communiqué de Presse)

A la suite à l’épisode de pollution aux particules qui a noyé pendant 10 jours la moitié nord-est de la France, et qui se poursuit en région Rhône-Alpes, plusieurs hôpitaux déclarent des augmentations de fréquentation de plus de 30% dans les pathologies concernées. Même si cet accroissement n’a pas été enregistré dans tous les lieux de soin, de nombreuses études scientifiques établissent un lien direct entre augmentation de la concentration en particules fines et augmentation des diagnostics d’asthme et autres pathologies liées à la pollution de l’air.

Les chiffres effarants de la centrale au fioul de Porcheville

Porcheville
Centrale de Porcheville – DR

En plein pic de pollution, alors qu’on met en place la circulation alternée, personne ne bronche sur la pollution industrielle. Il y a pourtant du souci à se faire. Il n’y a pas que les citoyens qui doivent faire des efforts. Les collectivités et les industriels aussi !

En région parisienne, le plus gros émetteur industriel de particules fines PM10, polluant majeur responsable du pic actuel de pollution, est la centrale électrique de Porcheville, dans les Yvelines. Cette centrale au fioul – très polluant ! – émettait, en 2010, 80 000 kilos de particules fines PM10, selon les inventaires officiels (Registre français des émissions polluantes). Il n’y a aucun chiffre récent, mais la centrale fonctionne actuellement, d’autant plus avec l’arrêt provisoire de plusieurs centrales nucléaires. Combien émet-elle aujourd’hui ? C’est un secret ? Ou bien on peut savoir ?

En tout cas, un petit calcul s’impose : 80 000 kilos par an, ça fait 200 kilos par jour.

A titre de comparaison, une voiture récente classique de type euro5 émet au maximum 5 mg/ kilomètre.

200 kilos, ca fait 40 millions de kilomètres, ou encore 7 millions de trajets moyens (6,1 km en moyenne). C’est-à-dire près de la moitié des trajets en Ile-de-France !

Et on laisse faire ? Le pic dure depuis des jours, les gens commencent à aller aux urgence, et de toute façon, on sait que la pollution de l’air tue.  Et on laisse Porcheville nous polluer ?

Il faut vérifier les chiffre –  faites nous signe si vous avez des infos.

Pollution hivernale cela ne fait que commencer

Chaque hiver, la France comme tous les pays d’Europe, connaissent des pics de pollution, notamment aux particules fines (PM 10) et ultra fines (PM 2,5). Les conditions météorologiques, si elles ne permettent pas de disperser les polluants dans l’atmosphère, montrent clairement les zones géographiques d’où sont issus les foyers d’émissions et la diffusion des polluants sur le territoire.

Effluents d’élevages et pollution de l’air

Nous écrivons pour vous sensibiliser à la pollution rurale et en particulier à la pollution de l’air en Bretagne. Celle-ci a de nombreuses sources. Aujourd’hui nous rappelons les difficultés des populations exposées aux effluents d’élevages de porcs et de traitement de lisiers.

Des nanoparticules toxiques de pollution atmosphérique dans le cerveau

En plein débat sur la piétonnisation des voies sur berges à Paris, en campagne contre le brûlage des déchets verts partout en France, une étude de chercheurs de Manchester nous montrent que le trafic routier et justement les feux à ciel ouvert sont responsables de la présence de nanoparticules de magnétite dans notre cerveau. Les liens avec la maladie neurodégénérative qu’est Alzheimer.

Piétonnisation des berges : les bons et les mauvais arguments

Le débat sur la piétonnisation des berges s’enflamme. Toutefois, certains arguments sont inexacts et c’est dommage. Nous vous proposons une synthèse sur le sujet.

Mais commençons par un premier point, essentiel : une pétition « anti-piétonnisation » a été publié dans un journal de droite, la piétonnisation des berges est proposée par une maire de gauche, mais ce n’est pas une querelle politicienne. L’association Respire, qui a initié cette pétition est totalement apolitique, et tient à le rester. L’enjeu est également apolitique: il s’agit de lutter contre la pollution de l’air et les 48000 morts prématurées en France qu’elle cause chaque année.

Oui à la piétonnisation des berges de Paris

L’essentiel est dans le titre, mais voici notre nouveau visuel pour cette campagne de pétition.

Un photo vaut mille mots, dit-on souvent. C’est assez éloquent, non ?

Si vous l’aimez et si vous voulez nous aider, faites la circuler sur les réseaux sociaux et aidez nous à trouver de nouveaux soutiens pour cette pétition qui participe à l’amélioration de la qualité de l’air.

Et si ce n’est pas encore fait : signez notre pétition sur change.org/PietonnisationParis !

 

Piétonisation des berges de Paris - Respire
Piétonisation des berges de Paris – Respire