APHEKOM : 3 ans d’étude dans 25 villes européennes

APHEKOM : 3 ans d’étude dans 25 villes européennes

Moyenne annuelle des niveaux de NO2 à Pairs en 2009

Début mars 2011 a été publiée l’étude Aphekom sur l’impact de la pollution de l’air sur la santé en Europe. Cette étude épidémiologique est le résultat de la mobilisation de 60 scientifiques, pendant 3 ans. Son périmètre géographique a concerné 12 pays (25 villes) soit environ 39 millions d’habitants.

 

La préoccupation visée par cette étude est bien la santé des Européens et le travail des scientifiques qui doit « fournir de nouvelles informations et outils qui permettent aux décideurs de planifier des politiques locales, nationales et européenne plus efficaces; aux professionnels de santé de mieux conseiller les personnes sensibles; et tous les individus de protéger leur santé« .

 

 

Ce projet européen a cherché à répondre aux questions suivantes :

  1. Quels sont les derniers résultats d’impacts sur la santé et le coût économique engendré par la pollution de l’air dans les villes européennes ?
  2. Comment rendre les informations concernant l’impact sur la santé plus parlantes et plus décisives pour le développement de politiques publiques et de recommandations sur la pollution de l’air ?
  3. Les mesures prises pour réduire la pollution de l’air et ses effets sur la santé ainsi que leurs coûts monétaires fonctionnent-ils réellement ?
  4. Comment pouvons-nous améliorer la communication parmi (ou entre) les scientifiques et les parties prenantes concernant l’impact de la pollution de l’air sur la santé ?
  5. Comment les nombreuses parties prenantes peuvent avoir accès aux informations du projet Aphekom (Improving Knowledge and Communication for Decision Making on Air Pollution and Health in Europe) ?

Incidences des particules ultra-fines

En ce qui concerne les derniers résultats qu’apporte cette étude, une réduction de 10 microgrammes par mètre cube d’air d’une exposition longue aux particules fines de type PM2,5 pourraient générer une augmentation de 22 mois de l’espérance de vie pour les personnes de 30 ans et plus. Plus généralement, dépasser les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur les PM2,5 génèrerait 19 000 décès supplémentaires par année (dont la majorité serait causée par des maladies cardio-vasculaires). Sur le plan économique, suivre les recommandation de l’OMS auraient le bénéfice de faire économiser 31,5 milliards d’euros chaque année (dépenses de santé, absentéismes et coûts non-matérialisables comme le bien-être, la qualité de vie, l’espérance de vie).

Vivre a proximité des routes exacerbe les maladies respiratoires

D’après cette étude, plus de 50% de la population des villes étudiées vivent à moins de 150 mètres de routes par lesquelles voyagent chaque jours 10 000 véhicules ou plus, et seraient donc exposés à des niveaux de polluants toxiques notables.

Dans les villes étudiées, vivre à proximité de routes pourrait être responsable de 15 à 30% de nouveaux cas d’asthme chez les enfants, de maladies pulmonaires obstructives chroniques (MPOC) et de maladies coronariennes chez les personnes de 65 ans et plus.

L’addition de tous les bénéfices qu’entrainerait la réduction de l’exposition des populations urbaines semble avoir été largement sous-estimé jusqu’à aujourd’hui (Our work thus suggests that the total benefits of reducing traffic exposure for urban populations may have been largely underestimated until now). Il y a donc une sorte d’urgence à agir de la part des décideurs et des urbanistes.

Remarques

Dans la version française « Pourquoi Aphekom ? », on notera la phrase suivante : Cependant, d’importantes lacunes subsistent dans la compréhension de cette menace permanente et elles entravent la planification et la mise en œuvre de mesures de protection de la santé publique.

Mal connaître et comprendre la menace permanente que constitue la pollution atmosphérique n’a pas empêché de savoir que celle-ci, depuis longtemps, génère d’importants impacts sanitaires et économiques et qu’il n’est pas besoin d’attendre de mieux comprendre pour mettre en place des mesures de protection de la santé publique. Ces « lacunes » sont du domaines des discussions scientifiques. Il n’y a plus de lacunes qui tiennent pour agir au niveau politique. Entendons par là que peut importe de savoir si la méthodologie scientifique est suffisamment précise pour être certains que la pollution atmosphérique génère 10 000, 20 000 ou 30 000 décès prématurés, les décideurs doivent engager des actions concrètes de réduction de la nuisance.

N’attendons pas de « développer de nouveaux indicateurs d’impact sanitaire avec une attention particulière au trafic automobile, en raison des données récentes sur le danger pour la santé d’habiter à proximité d’axes de circulation. » pour réduire l’exposition des citoyens qui habitent à proximité des axes routiers.


 

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