Une semaine dans la pollution de l’air : témoignage d’une asthmatique

Pour les personnes asthmatiques, une semaine de pic de pollution, c’est une semaine de souffrances (une cage thoracique comprimée ça fait mal et ne pas pouvoir respirer convenablement ça use), une semaine sous médicaments, une semaine à ne pas pouvoir mener une vie normale, travailler, sortir, faire du sport, se déplacer. Témoignage d’une asthmatique parisienne de longue date.

Crédit photo : r. nial bradshaw

Madame Royal a déclaré vendredi 20 mars 2015 dernier qu’il n’y avait pas d’alarme sanitaire, que la pollution ce n’est « rien », cela n’embête personne d’ailleurs. Alors, non seulement c’est faux car les risques sanitaires de la pollution à court terme comme à long terme sont bien connus (bronchites, asthmes, cancers, etc.), mais le fait qu’il n’y ait peut-être pas d’augmentation des hospitalisations, ne suffit pas à dire que la pollution n’affecte pas les gens. Quand on est asthmatique, il faut gérer son asthme pour éviter les crises, ou contenir les crises lorsqu’elles surviennent.

Lundi : je travaille à domicile. Une course dans le quartier m’obligeant à passer à Alésia, mes bronches envoient un signal d’alerte : brûlure, sensation d’écrasement. Vu la semaine qui s’annonce, je commence à prendre du Singulair tous les soirs et du Sérétide tous les matins en traitement préventif de l’asthme.

 

Mardi : à mon habitude, je prends mon vélo[i] pour aller à mon bureau en banlieue : la côte est beaucoup plus pénible à monter, je m’essouffle, ma cage thoracique est opprimée, et pourtant j’ai exprès décalé mes horaires pour ne pas avoir à rouler aux heures de pointes. Obligée d’annuler la sortie du soir afin d’être sûre de ne pas faire de crise d’asthme avant d’aller me coucher.

Je peste contre les automobilistes qui m’enfument et me rendent malade à petit feu depuis que je suis née à Paris : ce n’est tout de même pas si compliqué de se déplacer en banlieue sans voiture, je le fais toutes les semaines[ii] !

 

Mercredi : je travaille encore à domicile, ça tombe bien avec le pic de pollution qui s’annonce (merci Air Parif !). Crise d’asthme rien qu’en passant l’aspirateur chez moi (et pourtant j’habite dans une rue relativement protégée avec un trafic automobile quasi nul[iii]). Un rendez-vous dans le quartier, et je suis asphyxiée : difficultés respiratoires permanentes après cela. Même pas la peine d’imaginer d’aller à ma séance de sport hebdomadaire (j’enrage…).

Consultant le site d’Airparif, je découvre que la pollution actuelle a le doux nom d’épisode printanier[iv], ce qui veut dire qu’on connaît bien ses causes et que les pouvoirs publics n’ont pas assez anticipé la situation, ne veulent pas perturber les transports automobiles et l’activité économique, tant pis pour les personnes sensibles et malades qui elles doivent renoncer à vivre normalement pour protéger leur santé.

 

Jeudi : Je dois me déplacer dans Paris pour le travail, je réfléchis à annuler sachant d’expérience qu’à ce niveau de pollution, tout déplacement me vaut une crise d’asthme. Mais Air Parif prévoyait initialement une baisse de la pollution, Météo France une baisse des températures, et mon débit respiratoire, bien que diminué n’a encore a priori rien d’inquiétant[v]. Peine perdue, malgré toutes mes précautions, crise d’asthme incontrôlable à l’arrivée, premières doses de ventoline. Ma capacité respiratoire a tellement diminué ces derniers jours que je suffoque et ne peux rester dans une salle fermée remplie de monde[vi]. Je dois sortir. Il me faut 30 minutes assise par terre, 30 à 40 bouffées de ventoline et 1 litre d’eau pour retrouver un rythme respiratoire et cardiaque correct. 2 heures de repos, un café et un repas plus tard (une crise d’asthme aiguë ça pompe un max d’énergie), je repars. J’arrive à rentrer chez moi. Sieste, repos… Crises d’asthme sans fin, même allongée au fond de mon lit. Une journée de travail perdue.

À ce stade, je suis très énervée contre les recommandations officielles du Haut Conseil de la Santé Publique que les pouvoirs publics nous ressortent à chaque pic de pollution : les personnes sensibles doivent réduire leurs activités. Ben oui, mais comment on fait quand on doit travailler et qu’on est sensible à la pollution ? Faut-il se mettre systématiquement en arrêt maladie ? Doit-on s’arrêter de vivre alors que les voitures continuent à rouler et les pollueurs de polluer ?

 

Épilogue anticipé : je décide d’arrêter les dégâts à ce stade. Les prévisions d’Air Parif sont plus mauvaises qu’annoncées, la pluie initialement prévue par Météo France pour le week-end est reportée au début de la semaine. Cela promet 3 à 4 jours sans pouvoir sortir de chez moi au risque d’atterrir aux urgences, et encore, je ne suis pas sûre d’arriver à tenir la nuit : vu la qualité de l’air dégradée, impossible pour mes bronches de récupérer de la crise d’asthme de ce matin. Je décide de prendre le large, j’ai la chance d’avoir un travail flexible, une maison familiale loin de Paris où je pourrai enfin respirer normalement et un salaire qui tombe bientôt pour encaisser le prix du billet de train à la dernière minute. Je prends donc sur moi pour protéger ma santé puisque l’État ne fera rien de suffisant pour m’empêcher d’atterrir aux urgences.

 

Alors madame Royal, si votre « préoccupation première c’est la santé publique », faut-il vous rappeler que la santé publique, c’est la prévention ? Cela ne consiste pas à attendre qu’il y ait un pic d’hospitalisations pour agir, mais agir pour éviter que ce pic se produise. Les pics de pollution constituent des risques sanitaires bien connus, pourquoi attendre qu’il y ait une alarme pour agir alors que ces hospitalisations pourraient être évitées ? Et si la santé est dite publique, c’est justement qu’il y a des facteurs environnementaux, sociaux qui affectent les individus appelant une réponse des autorités publiques, et non un bricolage quotidien de gestion des vulnérabilités individuelles où l’on flirte sans cesse avec la crise d’asthme violente et dangereuse puisqu’il est impossible de se soustraire aux risques liés aux polluants.

 

Vous ne voulez pas embêter les « gens » qui ont des voitures, mais vous oubliez qu’une bonne majorité de Franciliens qui se déplacent en transport en commun, à pied et en vélo, et que la pollution les affecte tous et en rend malade un certain nombre d’entre eux dès le seuil d’information. Votre non gestion a un coût pour ceux qui subissent la pollution (journées de travail perdues, mobilité réduite, impossibilité de vivre normalement) et un coût pour l’État (médicaments, hospitalisations, visite chez le médecin) – c’est votre Ministère qui le dit. Vraiment, « on ne va pas embêter les gens pour rien » ? Des tas de « gens » sont gravement « embêtés » par la pollution, et ce n’est pas « rien ». Sortez de votre bureau respirez l’air de Paris avec nous madame Royal !



[i]
      Oui je reste sur mon vélo, car j’y demeure moins exposée. D’expérience, je sais aussi qu’en période de pic de pollution, je fais autant de crise d’asthme dans le bus où le métro où l’exposition à la pollution peut même être plus importante que sur mon vélo dans la mesure où j’utilise principalement des pistes cyclables et des petites routes. Donc, je préfère conserver mon mode de transport préféré, même si je sais qu’à un niveau supplémentaire de pollution, je serai contrainte d’arrêter, ce que je vis comme une injustice majeure, dans la mesure où les voitures elles roulent toujours.

[ii]    Mais je peste tout autant contre le manque d’infrastructure et l’inertie des pouvoirs publics pour promouvoir des transports alternatifs en banlieue.

[iii]    Plus on habite près du trafic, plus on est exposé. Revue n°39, d’Airparif

[iv]    Airparif explique que le pic de pollution est dû au changement d’anticyclone, à la circulation automobile et aux épandages de nitrates. L’arrêté du 26 mars 2014 permet aux autorités de décaler les dates d’épandage, visiblement ce n’est pas venu non plus à l’idée de la ministre, il ne faudrait pas embêter les agriculteurs pour rien

[v]     Mesuré grâce à un « Peak Flow Meter »

[vi]    Ladite salle n’est pas en cause puisque je la pratique toutes les semaines.

Le Sénat vient de l’annoncer dans son rapport (« Pollution, le coût de l’inaction »), la pollution de l’air coûte deux fois plus à la collectivité que le tabac : 101,3 milliards d’euros (« a minima ») contre 47 milliards pour le tabac. La Chambre haute rappelle par la même occasion l’importance d’une fiscalité écologique et de la réorientation des subventions du diesel vers des véhicules propres.

 

Il faut aller plus loin et appliquer le principe pollueur payeur à l’instar de ce qui se fait pour l’alcool et le tabac.  A titre de compensation du coût sanitaire et économique que le tabac et l’alcool engendrent, l’ensemble des taxes perçues sur les alcools participe au financement de la sécurité sociale et une fraction du droit de consommation sur les tabacs lui est également attribuée. Le diesel est tout aussi cancérigène que le tabac, pourtant l’un est subventionné quand l’autre est taxé.

 

En matière de pollution de l’air, le coût engendré sur les comptes de la sécurité sociale n’est plus à démontrer. Les moteurs diesel, fortement représentés en France et principaux émetteurs de particules fines et de dioxyde d’azote, ont un impact majeur sur le plan sanitaire. Les récentes révélations sur les atteintes des émissions du diesel sur la vessie, le foie et le cerveau s’ajoutent aux multiples études ayant démontré des effets sur le plan respiratoire, cardio-vasculaire ou cancérogène, touchant en premier lieu les personnes les plus exposées et fragiles.

 
Or à ce jour, aucune compensation n’est versée à la sécurité sociale.  Pire, le gasoil bénéficie toujours des subventions de l’État à travers la TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques), la TVA, la TVS (Taxe sur les véhicules de sociétés) et le bonus écologique lequel favorise l’achat de véhicules diesel puisqu’il se calcule exclusivement sur la quantité de CO2 émis par km.

 
Réaffecter les subventions fiscales ou prélever une contribution « diesel » sur les ventes de gasoil et de véhicules utilitaires, poids-lourds et de tourisme diesel à destination de la sécurité sociale constituerait une mesure juste, efficace et pertinente à destination de tous et en particulier des personnes souffrant de ces maladies. 

Ozone reprend du service en France

 

Ozone, trois particules dans le vent.

Le groupe Ozone reprend du service pendant l’été avec une tournée dans les grandes villes de France. Bien connu de tous, le groupe composé de ses trois membres indissociables refait surface.

Biographie du groupe Ozone

O3, c’est son diminutif. Le groupe Ozone est composé de trois membres, trois atomes, comme le groupe moldave d’ailleurs. Il apparaît massivement pendant les périodes de chaleur d’été, souvent dans les grandes villes à fort trafic routier. Quand on dit qu’il refait surface, c’est qu’il ne faut pas le confondre avec l’ozone présent dans la haute atmosphère, celui qui nous protège des UV du soleil et sans lequel notre existence sur terre serait subitement raccourcie s’il venait à disparaitre. C’est pour cela d’ailleurs qu’un certains nombres de substances chimiques comme les CFC ont été interdites au niveau international en 1995 parce qu’ils détruisaient cette fameuse couche d’ozone.

L’ozone se forme sous l’effet de réactions photochimiques (c’est-à-dire en présence du rayonnement solaire) entre divers polluants, comme les oxydes d’azote (NOx, émis par les véhicules et l’industrie) et les composés organiques volatiles (COV, émis par les véhicules, les solvants et l’industrie).

La tournée française d’Ozone

Le groupe Ozone n’a pas fini sa carrière, loin de là. Chaque année depuis plusieurs décennies, il revient. Pas pour nous casser les oreilles, mais bien pour nous saloper les poumons. Toulouse sous un pic d’ozone, titre la Dépêche. « Avec le retour d’un « bon » indice à « 5 », eh bien, on va pouvoir respirer. » Les 17 et 18 août derniers, La Provence, comme le Figaro, 20 minutes, relaient le message du réseau de surveillance ATMO PACA de réduire sa vitesse sur les routes et de faire du co-voiturage en titrant « Pollution de l’air : demain, limitez vos déplacements« . Plus particulièrement, à Marseille quelques chaleurs et un intense trafic automobiles (what else ?) offrent à deux journalistes l’occasion de revenir sur le système de régulation de la pollution de l’air en France et son absence d’application… (What else again ?) Lire « Pollution : plein gaz sur les Bouches-du-Rhône » sur La Provence.

Le trafic urbain en est largement responsable, puisque ces particules sont émises par les moteurs diesels. La législation européenne avait pourtant publié une directive limitant leurs émissions en 2005. La France avait jusqu’à juin 2011 pour l’appliquer… Elle risque aujourd’hui une amende de 20 millions d’euros.

Également, « Concentrations élevées d’ozone sur Toulouse« . La pollution à Perpignan concerne d’avantage les particules, « la discrétion du vent et la remontée des températures, combinées à l’augmentation du trafic routier, constituent un cocktail saisonnier. » Une exception médiatique toutefois, sur France 3, concernant la région Languedoc Roussillon. » Le réseau de surveillance Air LR, dont les bureaux sont à Montpellier, n’ont pas noté de pic notable de pollution à l’ozone cette année dans la région. »

 

Prévenir plutôt que guérir … la pollution auto

Pour prévenir plutôt que guérir, posons quelques questions simples.

Nous avons une fois de plus traversé en mars 2015 une semaine de pollution atmosphérique (à l’instar de celle de mars 2014) condamnant les habitants des grandes villes à respirer un air dangereux pour leur santé, chargé de particules fines et de dioxyde d’azote.

Nous savons par l’OMS que l’effet cancérigène des particules fines est certain (environ 40 000 décès prématurés en France, 458 000 en Europe chaque année) et que les affections de longue durée (maladies respiratoires, cardio-vasculaires, allergies, asthme) représentent un coût exorbitant pour l’assurance maladie. On notera d’ailleurs qu’une étude récente de l’INSERM confirme les travaux réalisés pour le CGDD fin 2013, que l’on vous glisse en cadeau ici.

La détérioration de l’environnement de vie est également à l’origine des problèmes de santé mentale des Français (stress, anxiété, dépression…). Nous vivons plus vieux mais plus vieux en mauvaise santé.

Il faudrait ainsi revoir en profondeur notre modèle médical en passant du tout curatif, du tout pharmacologique (modèle qui profite aux laboratoires pharmaceutiques) à un modèle préventif en agissant pleinement sur les causes.

Pour cela, il faudrait notamment nous interroger sur la pertinence de nos modes de déplacement individuels en milieu urbain :

  • ai-je besoin d’autant de puissance, de couple moteur, d’espace intérieur, de volume de chargement, de volume extérieur, de confort, d’un poids d’une tonne à une tonne et demi et d’un moteur diesel conçu à l’origine pour transporter des charges lourdes sur des longs trajets, pour effectuer seul un petit trajet ? La question du plaisir individuel au détriment de l’impact collectif est clairement posée.
  • est-ce que je dégrade mon environnement et la santé d’autrui en me déplaçant ?
  • combien cela me coûte ? sachant que le budget d’une automobile peut être très lourd pour un ménage.

Ces questions pourtant basiques ne sont pas dans notre schéma intellectuel. Nous avons été habitués comme cela, dans cette facilité, dans cet urbanisme où tout est conçu pour et autour de l’automobile, dans ce confort où l’automobile a cette faculté de nous couper de l’extérieur, d’étendre notre domicile, de nous donner un sentiment de sécurité, de supériorité, de toute puissance.

La publicité de l’industrie automobile (2,48 milliards d’euros de dépenses en 2013), très présente et agressive, a sans doute aussi contribué à nous imposer ce modèle et à façonner nos imaginaires par une association de valeurs et de codes.

L’industrie du cycle, particulièrement effacée du paysage médiatique, ne nous a jamais transmis de message du mieux être et du mieux se déplacer et n’a pas su nous imposer son modèle comme l’ont brillamment fait les industries automobile et pétrolière.

Maintenant que l’on assiste à l’échec du « tout automobile » et du « tout diesel », à nous consommateur, usager et contribuable de faire le bon choix.

Mieux respirer grâce au numérique / Matinée d’échanges le 13 mai

Plume Labs et l’Association Respire, avec le soutien de la Mairie du 11e arrondissement de Paris, de la Fondation du Souffle et d’Autodesk Cleantech Program, vous invitent à une matinée d’échanges et de réflexions le 13 mai prochain sur les propositions que porte le numérique pour la santé et notre cadre de vie


 

  • En 3 idées, 3 slides et 3 minutes, une dizaine d’innovateurs civiques et d’entrepreneurs présenteront leurs solutions pratiques pour lutter contre la pollution au quotidien !
  • Experts et acteurs publics partageront également leur expérience afin d’éclairer et de mettre en perspective les enjeux liés à la qualité de l’air.
  • Plume Labs présentera à cette occasion le Plume Air Report, la météo de la pollution sur iPhone, pour s’informer sur l’air que l’on respire et mieux s’en protéger.

Inscrivez-vous vite à partir du lien suivant

Programme

8h30 : Accueil du public.

9h : Allocution de François Vauglin, Maire du 11ème Arrondissement de Paris.

9h20 : Témoignage de Gilles Babinet, entrepreneur, Digital Champion représentant de la France pour le numérique auprès de la Commission Européenne, auteur de « Big Data : Penser l’Homme et le Monde Autrement ».

9h40 : Témoignage du Dr. Bruno Housset, Président de la Fédération Française de Pneumologie, Vice-Président de la Fondation du Souffle.

10h : Démo : Lancement du Plume Air Report, l’application iPhone de Plume Labs, innovation primée par le MIT pour suivre la météo de la pollution heure par heure dans sa ville afin de mieux s’en protéger.

10h15 : 1ère session – « La Vie Rêvée des Villes ». Introduction par Karsten Hojberg, représentant d’Autodesk Cleantech Partners, programme d’appui aux startups du concepteur de logiciels 3D pour les makers et la ville intelligente.

Parmi les projets d’innovation urbaine qui présenteront leurs solutions pratiques pour mieux respirer :

  • QUCIT, le Big Data pour mieux pédaler
  • Freemoos, les vélos électriques connectés
  • Karos, le co-voiturage local grâce aux algorithmes
  • Glowee, l’éclairage urbain bio-inspiré
  • Urban Dirt Lab, exploration collaborative des pollution urbaines à Futur en Seine.

 

10h45 : Table-ronde – « Numérique et Citoyenneté Durable »
Le numérique transforme nos villes, nos comportements, mais aussi nos sociétés. Comment les citoyens occupent-ils ce nouvel espace ? Comment les associations y font appel pour la mobilisation ?

  • Anne-Sophie Novel, Place To B
  • Latifa Danfakha, Five by Five
  • Thomas Kerting, Délégué général de la FIMEA (Fédération interprofessionnelle des métiers de l’environnement atmosphérique).
11h15 : 2ème session – « Ensemble pour Respirer ». Introduction par Sébastien Vray, porte-parole de l’association Respire : présentation du classement Respire-WeDemain 2014 de la pollution en Europe.
Parmi les projets d’innovation collaboratives qui présenteront leurs solutions pour mieux respirer :
  • Optimiam, déguster les invendus alimentaires pour moins gaspiller
  • POC21, prototyper un futur où l’air serait pur, en amont de la COP21
  • Navitia, l’Open Data pour mieux se déplacer
  • OpenStreetMap, la carte du monde dont vous êtes le héros
11h45 : Allocution de clôture par le Prof. Carlos Moreno, Professeur des Universités, spécialiste des villes intelligentes, Président du Forum Live In A Living City.
12h : Echanges libres.
13h : Fin de la matinée d’échanges.
Pollution de l’air en milieu confiné

L’air de nos villes est pollué, chacun peut en faire l’expérience en se promenant sur les artères de nos agglomérations. Quid de l’air dans le métro ? Il est bien moins évident de se rendre compte à quel point la situation est tout autant critique. Les causes ?  Le roulement du métro et l’abrasion des freins, mais une bonne part de la pollution de l’air dans le métro vient également de l’extérieur. Rappelons que le niveau de pollution dans le métro est en général aussi élevé qu’en surface à proximité du trafic.

 

Le cas du métro marseillais

Suite à des demandes répétées (depuis 2004) de la part d’un représentant syndical de la Régie des Transports Marseillais (RTM), la direction a commandé une campagne de mesure de la qualité de l’air à ATMO PACA, l’association locale de surveillance de la qualité de l’air. Cette campagne a révélé des taux assez élevés de polluants atmosphériques. Le taux de particules fines en suspension (PM10) y serait par endroit cinq fois supérieur aux seuils tolérés par les autorités sanitaires.

Vous pouvez télécharger le rapport de la campagne de mesure ici et lire des extraits de presse ici et . Et visionner, ci-dessous, un reportage qui résume la situation.

 


Le métro est-il pollué? (Marseille) par LCM

Vide juridique dans l’air

Les niveaux de polluants atmosphériques sont à des niveaux anormaux : la direction de la RTM se cache derrière la loi et le fait que le métro marseillais soit moins mauvais que d’autres réseaux souterrains : « Cette étude ne donne pas le sentiment d’une situation idéale, mais pour un réseau sous-terrain, on est plutôt pas mal, estime-t-elle. Nous respectons les normes officielles et ce n’est pas à moi de les mettre en cause. » (La Provence, 12 octobre 2011).

Qu’en est-il de la législation justement ? Pour faire simple, il existe deux textes de loi régissant le niveau de polluants atmosphériques que les agents et les usagers du métro respirent. Pour les usagers du métro, pour mesurer l’exposition finale de ceux-ci on tiendra compte du temps de résidence moyen dans le métro. La circulaire en question est une circulaire du ministère de la santé datant de 2003 : Circulaire DGS/SD 7 B n° 2003-314 du 30 juin 2003 relative à la qualité de l’air dans les enceintes ferroviaires souterraines. Le fait de tenir compte du temps de résidence dans le métro permet de pondérer les niveaux de pollution élevés auquel l’usager fait face dans le métro (milieu confiné) en partant de l’hypothèse que sorti du métro l’usager ne sera plus exposé à un air pollué.  Ce n’est bien entendu pas le cas, mais l’usager sorti du métro ne dépend plus juridiquement de la RTM.

Toutefois la loi ne prend pas en compte l’exposition des agents du métro. Bien qu’ils respirent le même air que les usagers, et qu’ils soient par conséquent exposés aux mêmes risques, le calcul – pour mesurer le niveau d’exposition des agents et donc le risque auquel ils font face – n’est pas le même que pour les usagers. Leur exposition est régie par le code du travail et les articles concernant les émissions de particules fines (articles R. 4222-10 à R. 4222-17). L’INRS précise les conditions d’expositions des agents du métro :

Les concentrations moyennes en poussières totales de l’atmosphère inhalées par une personne ne doivent pas dépasser 10 mg/m3 d’air (sur une période de 8 heures, durée moyenne d’une journée de travail). Et la concentration en poussières alvéolaires (susceptibles de pénétrer dans les voies pulmonaires jusqu’aux alvéoles, de s’y déposer et d’y rester durablement, en créant une surcharge pulmonaire néfaste pour l’organisme) ne doit pas dépasser 5 mg/m3 d’air.

Le seuil maximum pour les agents du métro est de 5 milligramme par m3 d’air sur une durée de 8 heures. 5 milligramme est égal à 5 000 microgramme par m3 d’air (µg/m3).

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) préconise un niveau d’exposition maximum de 25 μg/m3 en moyenne sur 24 heures pour les particules 2,5 et 50 μg/m3 moyenne sur 24 heures pour les particules 10. Il est légalement acceptable pour les agents du métro de respirer un air 100 fois plus pollué que n’importe quel autre Homme qui utilise le métro marseillais.

La direction de la RTM se réfugie derrière une législation lacunaire.  Mais prend-elle ses responsabilités ? Prendre ses responsabilités, cela voudrait dire : augmenter la ventilation dans le réseau souterrain, réaliser un suivi médical de ses agents, demander à la préfecture de police de Marseille de prendre des dispositions pour éviter les pics de pollution. En partant de là il serait possible de commencer à mesurer les risques auxquels s’exposent les agents et entreprendre des actions pour réduire la pollution atmosphérique à la source.

Faire évoluer la loi

Pour atteindre notre objectif, qui est de protéger les usagers et les agents du métro, nous avons écrit à la Direction Générale de la RTM. Vous trouverez notre courrier ici.

Pour que toute les parties prenantes soient au courant de nos démarches, nous avons mis en copie la CFDT et Karim Zéribi – député européen du sud-est de la France et président du conseil d’administration de la RTM.

Dès réception d’une réponse de l’une des parties, nous la publierons en ligne.

Pollution de l’air et économie (coûts et solutions): dernière conférence-débat du cycle #UniversitédelAir ce soir 18h à Dauphine!

La pollution de l’air coûte cher. Des solutions?

11 décembre 2014 – 18:00 -Paris Dauphine

Amphi 6, Place du Maréchal de Lattre de Tassigny, 75016 Paris

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La pollution ne manque pas d’air : non contente de créer des dégâts sur la santé, elle représente également un coût économique important pour la société. Au vu des externalités négatives coûteuses engendrées par la pollution de l’air, l’adage « Mieux vaut prévenir que guérir » prend tout son sens ici . De quoi nous faire réfléchir sur le fonctionnement de la société et considérer les solutions innovantes pour un air plus pur.

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Intervenants:

 

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Animé par: Sébastien VRAY

Inscriptions: contact@respire-asso.org

Agriculture et pollution de l’air: quelles solutions? RDV ce soir à 18:30 à AgroParisTech!

Lundi 8 Décembre 2014- 18h30 – AgroPariTech

Amphithéâtre Tisserand, 16 rue Claude Bernard, 75005 Paris

 

Émettrices de polluants primaires et secondaires, organiques et chimiques, les pratiques agricoles ont une influence bien précise sur la qualité de l’air, en campagne comme à la ville. Présentation des enjeux et solutions pour un secteur d’activité que l’on pensait peu impliqué dans la qualité de l’air.

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Intervenants:

  • François VEILLERETTE, porte-parole de Générations Futures
  • Pierre CELLIER, Chef de Département Adjoint « Environnement et Agronomie » de l’INRA
  • Laurence GALSOMIES, Docteur ès sciences, animateur secteur au Service Évaluation Qualité de l’Air, ADEME

.Animé par: Sébastien VRAY, président de l’association Respire

Inscriptions: contact@respire-asso.org

En partenariat avec : Les débats de l’Agro, BDE AgroParisTech et Générations Futures

Agriculture et pollution de l’air: quelles solutions? RDV lundi prochain, le  8 décembre à 18:30 à AgroParisTech!

Lundi 8 Décembre 2014- 18h30 – AgroPariTech

Amphithéâtre Tisserand, 16 rue Claude Bernard, 75005 Paris

 

Émettrices de polluants primaires et secondaires, organiques et chimiques, les pratiques agricoles ont une influence bien précise sur la qualité de l’air, en campagne comme à la ville. Présentation des enjeux et solutions pour un secteur d’activité que l’on pensait peu impliqué dans la qualité de l’air.

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Intervenants:

.Animé par: Sébastien VRAY, président de l’association Respire

Inscriptions: contact@respire-asso.org

En partenariat avec : Les débats de l’Agro, BDE AgroParisTech et Générations Futures

Envie d’en savoir plus sur les effets de la pollution de l’air sur votre santé? RDV mardi 25 novembre à 18:00 à la faculté Paris Descartes!

Retrouvez les bancs de la fac!

Mardi 25 Novembre 2014 – 18h00 – Faculté de Médecine Paris-Descartes

Amphi Portier – 15 rue de l’école de médecine

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Des professionnels de santé prennent le temps de s’asseoir autour d’une table ronde pour présenter leur rapport aux polluants atmosphériques dans leur pratique quotidienne. Des particules fines aux perturbateurs endocriniens, médecins et experts répondrons également à vos questions sur un des enjeux sanitaires de notre siècle.

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Intervenants:

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Animé par: Sebastien Vray

Inscriptions: contact@respire-asso.org

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Partenaires:

 

Ce soir! Conférence-débat: Un air pur à l’intérieur, le nouveau défi du BTP, ce soir 19 novembre, à 18:00 à l’ESTP!

Mercredi 19 Novembre 2014 – 18:00 – ESTP

Amphi recherche, 28 avenue du président Wilson, 94230 Cachan (Station Arcueil-Cachan sur le RER B)

Nous passons la majeure partie de notre temps dans des espaces clos (maison, bureaux, transports) et depuis plusieurs années le monde médical ne cesse de nous alarmer sur les dangers de l’exposition aux polluants de l’air.

Comment le monde du BTP peut-il améliorer la qualité de notre air et donc notre niveau de vie ?

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Intervenants:

  • Suzanne DEOUX, Bâtiments Santé Plus
  • Xavier MATHIAUD, Etheralabs
  • Emmanuelle BRIERE, Uniclima
  • Corinne MANDIN, Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur

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Animé par: Sébastien Vray

Inscriptions: contact@respire-asso.org

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Partenaires:

Pris en défaut, l’usine d’équarrissage attaque en diffamation

Dans le Var, à Carnoules, une usine d’équarissage est mauvaise joueuse et fait l’objet de toute l’attention de l’association Var Inondations Ecologisme. Les odeurs pestilentielles qui se dégagent de la société Sarval Azur depuis quelques temps sont devenues si fortes que les autorités ont bien du reconnaître l’évidence et engager des actions pour faire cesser le trouble. Pourtant, l’entreprise visée tente de décourager l’association V.I.E. en jouant sur le registre de la diffamation.
Soutenez leur action en défense via la plateforme de financement participatif Citizencase, un tout nouvel outil d’aide aux associations pour l’accès à la justice.

Des substances toxiques dans l’air, et du gras dans l’eau

Quand on vous dit que l’usine Serval est mauvaise joueuse ce n’est pas pour rire. Devant la puanteur dégagée certaines fois par l’entreprise, à la narine de tous, la mairie à fait analyser l’air ambiant autour de l’usine. Les résultats sont étonnants et détonants. Du benzène, du chloroforme et d’autres substances dont les noms font déjà frémir à leur seule prononciation, voilà ce qui est émis par l’usine Sarval Azur.

Des effluents gras inquiétants pour la qualité des eaux ont également été constatés dans une rivière proche mais aussi l’absence de traitement des effluents aqueux d’eaux pluviales. Que s’est-il passé ensuite ?

Var inondations Ecologisme attaquée par Sarval Azur

5 arrêtés de mise en demeure n’ont pas suffi pour que l’usine prenne la mesure du danger qu’elle fait courir à ses employés, à la population locale et à l’environnement. Pour l’obliger à faire respecter ses obligations légales, le préfet a été contraint, en fin de compte, à suspendre en partie ses activités par un arrêté préfectoral du 24 juin 2014.

Même même prise en défaut l’entreprise Sarval Azur attaque, comme un joueur qui n’aimerait pas perdre, l’association V.I.E. et sa Présidente en diffamation, pour avoir dénoncé les émissions de polluants dans l’air de l’usine sur un tract. Qui peut cautionner cette façon de faire alors que l’intention au final est d’avoir une entreprise performante sur un territoire ? Pourquoi les dirigeants de cette entreprise ne considèrent pas que le respect de la santé de ses salariés est une priorité, au même titre que la santé des riverains ? Une aberration qui mérite de cesser, selon nous.

Retrouver sur Citizencase le projet de financement de l’association V.I.E et soutenez sa défense devant la justice. Il reste quelques jours avant la fin des dons. Pressons nous de rendre justice et de lui donner raison … une nouvelle fois.

>> AIDER V.I.E. SUR CITIZENCASE <<

 

L’Université de l’Air c’est fini !

L’air n’a jamais été aussi présent dans les esprits et dans les médias qu’aujourd’hui. Les pics de pollution extraordinaires de mars 2014 ont conforté sa place importante dans les préoccupations sanitaires des Français. L’air se situe en effet au carrefour de l’ensemble des problématiques sociétales et l’approche climatique qui sera au cœur des discussions tout au long de l’année 2015 s’en fera nécessairement l’écho, tant les deux objectifs sont indissociables.

Tout à un impact sur cet élément vital mais encore trop peu de convergences se font. C’est pourquoi l’association Respire, dans le cadre de la Greenpride et en partenariat avec les grandes universités franciliennes, vous a proposé un cycle de conférences : « L’air dans tous ses états ». Chaque université d’accueil proposait, à partir du 14 octobre, de compléter ses connaissances sur la qualité de l’air en l’approchant par un angle spécifique.

Toutes les conférences étaient gratuites, ouvertes au public. Nous remercions les organisatrices de la Greenpride ainsi que toutes les associations étudiantes qui ont travaillé à vous présenter un contenu de qualité. Nous remercions nos partenaires financiers et médias sans lesquels nous n’aurions pu construire un tel cycle de conférences, ainsi que tous les intervenants, dont l’expertise viendra enrichir encore un peu plus cet enjeu qu’est la qualité de l’air.

>> Découvrez le programme des 10 tables rondes <<

La tombola soutien de l’association Respire est désormais close. Le tirage au sort à été réalisé par huissier le mercredi 30 juillet 2014 à 18H. Dirigez vous sur le site Greenpride pour voir la liste des gagnants (ou télécharger le constat de l’huissier).

Vous pouvez venir chercher vos lots au 65 rue Claude Bernard, 75005 Paris. Appelez-nous avant au 09 81 43 65 49 pour être certain de trouver quelqu’un.

Merci une nouvelle fois à tous les partenaires soutien : La marque Freemoos, spécialiste de la mobilité urbaine, Alter Eco, Autolib‘, We Demain, Hello Maestro, Julien Levy qui va vous réapprendre à manger, Detox Delight, les sirops bio Meneau, l’Art de Vivre, Oolution et SO’Bio étic.

Echange de bon procédé pour aider Respire – La tombola

>> les résultats de la tombola sont disponibles sur Greenpride !

Nous en avions déjà parlé sur les réseaux sociaux, mais nous vous le rappelons ici. Il vous reste 2 jours pour aider à financer une partie des activités de Respire, en participant à la Tombola que nous avons organisée dans le cadre de la Greenpride.

Le premier prix est assez gros, puisqu’il s’agit d’un vélo à assistance électrique, que la société Freemoos a bien voulu nous offrir. Plein d’autres lots sont à gagner, grâce aux nombreux partenaires qui ont accompagné cet événement.

Rendez-vous donc ici : www.greenpride.me/tombola pour prendre autant de tickets qu’il vous chante, jusqu’à mercredi midi. Ensuite, nous annoncerons les gagnants le soir dans un bar, La Petite Chaufferie, 32 rue de l’Echiquier, 75010 Paris et mettrons la liste des gagnants sur le site de Greenpride.

Merci à vous tous !

L’équipe de Respire