La pollution de l’air près des routes

Sur la route, dans sa voiture, on respire vraiment très mal. Les automobilistes sont les plus exposés à la pollution de l’air. Mais au bord de la route, que se passe-t-il ? Et bien les habitants des axes routiers sont exposés à des risques bien plus importants que les habitants éloignés du trafic automobile et des sites industriels. Asthme, maladie cardio-vasculaire, autisme, voilà quelques problèmes de santé graves qui peuvent survenir. Comme vous êtes des lecteurs attentifs aux arguments, voilà quelques études et renvois bibliographiques pour vous en convaincre.

L’homologation diesel pour les nuls

Après le scandale Volkswagen, l’enquête du gouvernement français révèle que l’ensemble du parc automobile dépasse en fait les seuils d’émissions. Les scandales ne s’arrêtent pas là. Au Japon,  Mitsubishi reconnaît en avril avoir manipulé des tests d’émissions sur au moins 625 000 véhicules puis avoir utilisé des tests non homologués. Et depuis quelques jours, c’est la marque Opel du géant General Motors qui se trouve dans la tourmente. Où s’arrêtera la liste des affaires ? En attendant le prochain épisode, voici quelques explications sur l’homologation des véhicules diesel en France.

Ozone reprend du service en France

 

Ozone, trois particules dans le vent.

Le groupe Ozone reprend du service pendant l’été avec une tournée dans les grandes villes de France. Bien connu de tous, le groupe composé de ses trois membres indissociables refait surface.

Biographie du groupe Ozone

O3, c’est son diminutif. Le groupe Ozone est composé de trois membres, trois atomes, comme le groupe moldave d’ailleurs. Il apparaît massivement pendant les périodes de chaleur d’été, souvent dans les grandes villes à fort trafic routier. Quand on dit qu’il refait surface, c’est qu’il ne faut pas le confondre avec l’ozone présent dans la haute atmosphère, celui qui nous protège des UV du soleil et sans lequel notre existence sur terre serait subitement raccourcie s’il venait à disparaitre. C’est pour cela d’ailleurs qu’un certains nombres de substances chimiques comme les CFC ont été interdites au niveau international en 1995 parce qu’ils détruisaient cette fameuse couche d’ozone.

L’ozone se forme sous l’effet de réactions photochimiques (c’est-à-dire en présence du rayonnement solaire) entre divers polluants, comme les oxydes d’azote (NOx, émis par les véhicules et l’industrie) et les composés organiques volatiles (COV, émis par les véhicules, les solvants et l’industrie).

La tournée française d’Ozone

Le groupe Ozone n’a pas fini sa carrière, loin de là. Chaque année depuis plusieurs décennies, il revient. Pas pour nous casser les oreilles, mais bien pour nous saloper les poumons. Toulouse sous un pic d’ozone, titre la Dépêche. « Avec le retour d’un « bon » indice à « 5 », eh bien, on va pouvoir respirer. » Les 17 et 18 août derniers, La Provence, comme le Figaro, 20 minutes, relaient le message du réseau de surveillance ATMO PACA de réduire sa vitesse sur les routes et de faire du co-voiturage en titrant « Pollution de l’air : demain, limitez vos déplacements« . Plus particulièrement, à Marseille quelques chaleurs et un intense trafic automobiles (what else ?) offrent à deux journalistes l’occasion de revenir sur le système de régulation de la pollution de l’air en France et son absence d’application… (What else again ?) Lire « Pollution : plein gaz sur les Bouches-du-Rhône » sur La Provence.

Le trafic urbain en est largement responsable, puisque ces particules sont émises par les moteurs diesels. La législation européenne avait pourtant publié une directive limitant leurs émissions en 2005. La France avait jusqu’à juin 2011 pour l’appliquer… Elle risque aujourd’hui une amende de 20 millions d’euros.

Également, « Concentrations élevées d’ozone sur Toulouse« . La pollution à Perpignan concerne d’avantage les particules, « la discrétion du vent et la remontée des températures, combinées à l’augmentation du trafic routier, constituent un cocktail saisonnier. » Une exception médiatique toutefois, sur France 3, concernant la région Languedoc Roussillon. » Le réseau de surveillance Air LR, dont les bureaux sont à Montpellier, n’ont pas noté de pic notable de pollution à l’ozone cette année dans la région. »

 

Prévenir plutôt que guérir … la pollution auto

Pour prévenir plutôt que guérir, posons quelques questions simples.

Nous avons une fois de plus traversé en mars 2015 une semaine de pollution atmosphérique (à l’instar de celle de mars 2014) condamnant les habitants des grandes villes à respirer un air dangereux pour leur santé, chargé de particules fines et de dioxyde d’azote.

Nous savons par l’OMS que l’effet cancérigène des particules fines est certain (environ 40 000 décès prématurés en France, 458 000 en Europe chaque année) et que les affections de longue durée (maladies respiratoires, cardio-vasculaires, allergies, asthme) représentent un coût exorbitant pour l’assurance maladie. On notera d’ailleurs qu’une étude récente de l’INSERM confirme les travaux réalisés pour le CGDD fin 2013, que l’on vous glisse en cadeau ici.

La détérioration de l’environnement de vie est également à l’origine des problèmes de santé mentale des Français (stress, anxiété, dépression…). Nous vivons plus vieux mais plus vieux en mauvaise santé.

Il faudrait ainsi revoir en profondeur notre modèle médical en passant du tout curatif, du tout pharmacologique (modèle qui profite aux laboratoires pharmaceutiques) à un modèle préventif en agissant pleinement sur les causes.

Pour cela, il faudrait notamment nous interroger sur la pertinence de nos modes de déplacement individuels en milieu urbain :

  • ai-je besoin d’autant de puissance, de couple moteur, d’espace intérieur, de volume de chargement, de volume extérieur, de confort, d’un poids d’une tonne à une tonne et demi et d’un moteur diesel conçu à l’origine pour transporter des charges lourdes sur des longs trajets, pour effectuer seul un petit trajet ? La question du plaisir individuel au détriment de l’impact collectif est clairement posée.
  • est-ce que je dégrade mon environnement et la santé d’autrui en me déplaçant ?
  • combien cela me coûte ? sachant que le budget d’une automobile peut être très lourd pour un ménage.

Ces questions pourtant basiques ne sont pas dans notre schéma intellectuel. Nous avons été habitués comme cela, dans cette facilité, dans cet urbanisme où tout est conçu pour et autour de l’automobile, dans ce confort où l’automobile a cette faculté de nous couper de l’extérieur, d’étendre notre domicile, de nous donner un sentiment de sécurité, de supériorité, de toute puissance.

La publicité de l’industrie automobile (2,48 milliards d’euros de dépenses en 2013), très présente et agressive, a sans doute aussi contribué à nous imposer ce modèle et à façonner nos imaginaires par une association de valeurs et de codes.

L’industrie du cycle, particulièrement effacée du paysage médiatique, ne nous a jamais transmis de message du mieux être et du mieux se déplacer et n’a pas su nous imposer son modèle comme l’ont brillamment fait les industries automobile et pétrolière.

Maintenant que l’on assiste à l’échec du « tout automobile » et du « tout diesel », à nous consommateur, usager et contribuable de faire le bon choix.

Le bilan du diesel : tromperie sur toute la ligne (d’échappement)

Les constructeurs automobiles et l’État nous ont encouragé à acheter massivement des véhicules diesel notamment par une fiscalité attractive. Aujourd’hui le taux d’équipement des ménages n’a jamais été aussi élevé. Près de trois automobilistes sur quatre roulent au diesel. Depuis la publication des études d’impact sur la santé, la prise de conscience sur le diesel semble néanmoins avoir basculé en 2014. Maintenant, nous savons que le diesel est mauvais. En dressant le bilan du diesel, nous nous sentons à la fois trompés et victimes.

Diesel

Le diesel n’est finalement pas

Économique

La pollution atmosphérique due au diesel est évaluée entre 20 et 30 milliards d’euros par an pour l’État, donc pour le contribuable, sans compter le manque à gagner de la niche fiscale évalué à environ 7 milliards d’euros chaque année*. Il se révèle donc indirectement plus cher que l’essence à la pompe.

Écologique et inoffensif

dieselEn raison d’un taux de compression très élevé et d’un carburant lourd peu raffiné, le moteur diesel émet davantage de résidus de combustion et de gaz imbrûlés qu’un moteur à essence.

De récentes études soulignent aujourd’hui le danger de ces émissions sur la santé humaine, un danger reconnu par l’OMS qui a classé la pollution due au diesel comme cancérogène certain.

La norme Euro 5 a imposé aux constructeurs, en janvier 2011, l’équipement de filtres à particules. Il s’avère néanmoins que ceux-ci laissent passer les particules les plus fines, s’encrassent jusqu’à devenir inutiles si, moteur froid (courtes distances), les filtres ne sont pas régénérés. Cerise sur le gâteau, ils sont générateurs d’oxydes d’azote (NOx), gaz particulièrement nocifs.

La dernière norme Euro 6 semble s’atteler à cette problématique avec un seuil de NOx abaissé grâce notamment à la technologie « Selective Catalytic Reduction ». Celle-ci concernera les nouveaux modèles de véhicules à compter de septembre 2014 et tous les véhicules neufs à compter de septembre 2015.

Rappelons à toute fin utile que l’argument actuel qui veut que ces nouveaux filtres à particules capteraient 99,9% des particules fines ne tient pas la distance. Pourquoi ? C’est un principe historique et basique de la physique appliquée à la mécanique : tout système mécanique s’use et perd en efficacité. En fonction du comportement routier, combien de temps après l’achat un filtre à particules est-il encore très efficace ? S’il n’est pas régénéré, que deviennent les particules qui ne peuvent plus être stockées ?

En attendant, il faudra de nombreuses années pour que les véhicules répondant à la norme Euro 6 soient prédominants dans le parc automobile sachant que l’âge moyen d’une voiture est actuellement de 8,3 ans et que la proportion de véhicules équipés de filtres à particules, soit répondant à la norme Euro 5, ne s’élève qu’à 23,8 % du parc automobile diesel (1 véhicule diesel sur 4)**.

Adapté à la ville et à l’utilisation des français

dieselCette motorisation a été conçue à l’origine pour les longs trajets et les fortes charges. La valeur commerciale préconisée de 25 000 km par an étant le seuil minimum de rentabilité et d’utilisation de cette motorisation. Or, selon l’INSEE, les trajets quotidiens domicile-travail sont inférieurs à 8 kilomètres pour la moitié des salariés français, et en 2012 le kilométrage moyen des français était de 12666 km.

A l’heure du bilan, de la recherche de responsabilités et des légitimes comparaisons avec le scandale de l’amiante, il apparaît urgent que l’ensemble de la filière de production de transports (automobiles de tourisme et utilitaires, motocycles et cycles) et l’État trouvent des solutions et offrent des alternatives pour organiser une conversion majeure et dynamique de la mobilité, et ainsi sortir les villes du « tout diesel ».

Guillaume M

Le 26 août 2014

* http://www.senat.fr/leg/ppl13-496.html Rapport de la commission des comptes et de l’économie de l’environnement – « santé et qualité de l’air extérieur », collection  « références » du service de l’économie, de l’évaluation et de l’intégration du développement durable  (SEEIDD)  du  commissariat  général  au  développement  durable (CGDD), Stéphanie DEPOORTER, Doris NIKLAUS et Christophe RAFENBERG, juillet 2012.

**http://www.senat.fr/rap/l13-600/l13-6001.pdf (séance du 11 juin 2014).

Le risque d’infarctus augmente avec l’exposition à la pollution du trafic automobile

Par Audrey Chauvet – 20minutes.fr

SANTE – Selon une étude britannique, les fumées dégagées par la circulation routière auraient un effet sur le risque d’infarctus jusqu’à six heures après l’exposition…

S’énerver au volant dans les embouteillages peut s’avérer mauvais pour le cœur, mais respirer les gaz d’échappement serait encore pire, selon une étude parue ce mardi dans le British Medical Journal. Les médecins britanniques ont mis à jour un lien entre les pics de pollution atmosphérique en ville et la survenance d’infarctus chez les personnes exposées. Jusqu’à six heures après avoir respiré des particules fines et du dioxyde d’azote, le risque de faire un infarctus serait augmenté d’un peu plus de 1%.

La pollution épaissit le sang

Si l’accroissement du risque d’infarctus est faible (1,2 % à chaque augmentation de 10 μg de particules fines par m3 d’air, et +1,1% pour 10 μg de dioxyde d’azote par m3), les médecins pensent que la pollution pourrait accélérer la survenance d’un infarctus qui aurait eu lieu dans les heures ou les jours suivants.

Pour parvenir à ces conclusions, ils ont étudié 79.288 cas de crises cardiaques dans 15 villes anglaises entre 2003 et 2006. «Cette étude à grande échelle démontre que le risque de crise cardiaque augmente pendant les six heures suivant l’inhalation de gaz d’échappement, commente Jeremy Pearson, professeur à la British heart foundation, qui a co-financé l’étude. Nous savons que la pollution peut avoir des effets majeurs sur la santé cardiaque, car elle peut épaissir le sang et provoquer des caillots. Nous conseillons aux personnes qui ont des problèmes cardiaques d’éviter les zones où le trafic est intense.»

A.C.
Sondage sur la publicité

Ceci est un sondage en trois questions. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses. Nous vous demandons simplement de suivre la procédure.

  1. Regarder assez rapidement la publicité, comme si celle-ci était insérée dans un magazine de type hebdomadaire. Pas besoin de s’éterniser donc.
  2. Répondre aux 3 questions suivantes.
  3. Diffusez partout autour de vous.

Revue de web Respire #28 – spécial SOLUTIONS – 31 juillet 2012

AU CANYON TU TOURNES A DROITE

Des espaces verts intelligents pour réduire 8 fois plus la pollution

Arbres, arbustes et autres verdures qui poussent en villes pourraient permettre de réduire les niveaux de 2 polluants atmosphériques préoccupants, le dioxyde d’azote et les microparticules et 8 fois plus qu’on ne l’avait estimé, selon cette étude de University of Birmingham, publiée dans la revue Environmental Science & Technology de l’American Chemical Society. Les chercheurs préconisent en particulier des panneaux de verdure le long de ce qu’ils nomment des « canyons urbains ».

santébog

MISTRAL PERDANT

Marseille : un navire à propulsion pour mesurer la pollution de l’air marin

Pendant un mois, le voilier Zéro Co2 traque la pollution de l’air au large de Marseille. Une mission scientifique d’ampleur révélant la présence de polluants nocifs pour l’homme à plusieurs kilomètres de nos côtes.

maxisciences et métro france

L’ULM MIGRATEUR

Projet Charmex : un ULM traque la pollution de l’air à Ghisonaccia

Le projet, notamment au-dessus du bassin méditerranéen, mobilise la recherche française et internationale étant donné que le secteur est le plus susceptible d’être touché par les effets du réchauffement climatique. Impactant directement la qualité de l’air, ce dernier, en partie dû aux diverses pollutions atmosphériques gazeuses et particulaires aggravées par l’ensoleillement et la sécheresse, pourrait modifier considérablement le climat européen dans quelques décennies. Instaurant alors sur tout le territoire le modèle climatique méditerranéen.

corse matin

LES CERFS-VOLANTS, CE N’EST PLUS POUR LES ENFANTS

Des cerfs-volants lumineux pour détecter la pollution de l’air

Des étudiants de l’Université Carnegie-Mellon de Pennsylvanie et de l’Université de Harvard ont inventé un processus tout autant ingénieux que poétique pour détecter le seuil de pollution à Pékin : des cerfs-volants lumineux qui changent de couleur selon la concentration de certains composant présent dans l’air.

maxisciences

LE PLEIN DE FRITURE S’IL VOUS PLAIT

Un biocarburant pour réduire la pollution de l’air des jeepneys aux Philippines

Depuis 3 mois, les jeepneys de Manille, anciennes jeeps de l’armée américaine reconverties en transport en commun, roulent au biocarburant. Ce changement aurait permis de réduire la pollution de l’air tout en réduisant le prix du carburant, selon l’association Pasang Masda, qui regroupe les propriétaires de 17 000 jeepneys aux Philippines. A l’heure actuelle, seule 6 des 176 stations de l’association proposent le biocarburant à base d’huile de cuisson provenant des fast-foods de l’agglomération de Manille

good planet

Revue de web Respire #27 – WTF – 28 juin 2012

POINT DE VUE

Michèle RIVASI : il y a urgence à sortir de l’impasse automobile

Le Centre International de recherche sur le cancer (CIRAC/IARC), vient de classe les gaz d’échappements des moteurs diesel parmi les cancérogènes certains pour les humains. Mais si cette reconnaissance tardive est bienvenue, il y a urgence à agir pour sortir de l’impasse dans laquelle la France s’est engouffrée.

actu news environnement

DIESEL, A LA VIE A LA MORT

Le diesel, officiellement reconnu comme cancérogène!

C’est officiel, les autorités viennent de classer comme cancérigènes les gaz d’échappement des moteurs diesel. Les gaz d’échappement de diesel augmentent le risque de cancer du poumon, et aussi de la vessie!

e-santé et notre article

APPEL D’AIR

Au secours, l’autoroute A7 passe sous mes fenêtres !

Depuis quinze jours, des banderoles anti-gaz d’échappement ont fleuri sur les façades du cours Verdun-Gensoul (Lyon 2e). Les riverains demandent le déclassement immédiat de l’autoroute A7, en plein centre-ville. En effet, la semaine dernière, le Centre international de recherche contre le cancer a classé « cancérogènes certains » les gaz d’échappement des moteurs Diesel.

Lyon capitale

FICHE EMPLOI-NUISANCE

Quel est le secteur qui créé encore des emplois ?

Selon l’Insee, les effectifs des éco-activités (traitement de la pollution de l’air, des déchets, des eaux usées, du bruit, énergies renouvelables…) ont progressé de 4,5% en 2010 quand ceux des autres secteurs étaient en quasi-stagnation. Au total, 960.000 personnes travaillaient dans l’économie verte en 2010.

la tribune

JE T’AIME, MOI NON PLUS

55% des émissions de NOx en France seraient dus au transport routier

Les derniers travaux d’inventaire d’émissions de polluants en 2010 menés pour le compte du Ministère de l’Ecologie par le CITEPA et rassemblés dans le rapport SECTEN 2012, montrent que le transport routier représente 55% des émissions de NOx de la France métropolitaine.

actu news environnement

CHAMPIGNON MAGIQUE

Un étrange nuage plane sur Pékin

La région de Pékin est assez fréquemment plongée dans une brume beige et âcre créée par la pollution industrielle. Mais ce week-end, c’est un énorme nuage, en forme de champignon, qui a plané au-dessus de la capitale chinoise. Les autorités ont tenté de rassurer la population en expliquant ce phénomène par des feux de paille dans les environs. Pas très convaincus, les internautes ont relancé la polémique sur la situation environnementale de la seconde puissance mondiale.

Le monde

RECONVERSION

Faire passer une pollution industrielle pour du développement durable : l’exemple de ThyssenKrupp à Rio

À quelques kilomètres du centre de conférences où les gouvernements fanfaronnent sur les bienfaits du développement durable, les habitants du quartier de Santa Cruz subissent les impacts d’un vaste complexe sidérurgique allemand, financé par la banque nationale du Brésil. Après avoir pollué l’air et les eaux aux métaux lourds, détruit les écosystèmes locaux qui assuraient la subsistance de milliers de familles de pêcheurs, cette entreprise demeure éligible aux mécanismes de compensation promus à Rio+20.

bastamag

THESES

La pollution de l’air, cause de tensions diplomatiques ?

Un officiel a exigé que les consulats américains sur le territoire chinois cessent de publier leurs données sur la qualité de l’air, bien plus pessimistes que celles du ministère de l’Environnement local. Le département d’état ne veut pas en entendre parler. La tension monte.

green et vert

La pollution de l’air à Claye-Souilly : une vérité qui dérange ?

Pourquoi la municipalité de Claye-Souilly ne répond pas à nos demandes d’étude de la qualité de l’air ?

adenca

TRANSPORTS EN DEROUTE

« Pollution de l’air et transports terrestres Dix ans de recherche »

Paru en mai 2012, ce nouvel ouvrage du programme de recherche Primequal synthétise les travaux menés et les connaissances acquises depuis dix ans pour mieux connaître la pollution atmosphérique à l’échelle locale due aux transports terrestres.

revue des collectivités

L’âge des véhicules importés, une source de pollution atmosphérique et une entrave à la mobilité urbaine

A Dakar, la pollution atmosphérique est due en grande partie au développement du secteur des transports particulièrement l’augmentation du nombre de véhicules. On peut aussi ajouter le secteur industriel, la pollution domestique, la déforestation, la mauvaise gestion des ordures ménagères entre autres. Il est important de noter que cette modeste contribution s’intéresse au secteur de l’automobile qui occupe une part importante dans la pollution de l’air à Dakar. En effet, la composition du parc des véhicules à moteur révèle un pourcentage non négligeable de poids lourds au total des véhicules en circulation dans la région de Dakar. Ces véhicules lourds essentiellement munis de moteurs à diesel influencent la quantité des émissions nocives. De même, l’âge avancé des véhicules en circulation à Dakar augmente les émissions de gaz polluants dans l’atmosphère. L’usure mécanique porte les émissions polluantes à des niveaux maintes fois supérieurs à ceux des moteurs de conception récente.

le quotidien

Pourquoi Respire attaque Peugeot?

Nous avons intenté une action en justice contre Peugeot. Celle-ci devra comparaitre mardi prochain au Tribunal de Grande Instance. Nous avons reçu de nombreuses réactions de la part de donateurs ainsi que de la part de lecteurs de notre blog. Revenons un peu en arrière pour expliquer la genèse de cette action en justice.

L’association Respire a été créé il y a un peu plus d’un an avec pour objectif principal de faire respecter la loi sur des sujets touchant à la pollution atmosphérique. Trop souvent nous avons remarqué qu’il existe des dispositions légales permettant au législateur de tendre vers un air de bonne qualité, mais que celles-ci ne sont pas, selon nous, appliquées.
Vu l’importance de la question sanitaire liée à la pollution de l’air, nous avons jugé utile de créer l’association Respire et de prendre part à la préservation d’un air de qualité.

La directive européenne sur le CO2

Nous avons pris connaissance d’une directive européenne (1999/94/CE) concernant les informations sur les rejets de CO2 et la consommation de carburant dans les documents de promotion concernant les voitures particulières. La directive précise que ces informations « doivent être facilement lisibles et au moins aussi visibles que la partie principale des informations figurant dans la documentation promotionnelle. »

En parlant de notre action juridique à nos donateurs, on nous a régulièrement fait remarquer la justesse de l’action. Mais on nous a aussi souvent fait des commentaires, dont voici un petit condensé :
« Pourquoi s’attaquer à Peugeot quand on sait qu’ils sont les plus économes en CO2 des constructeurs européens ? »
« Pourquoi s’attaquer à un fleuron de l’industrie française en temps de crise ? »
« Pourquoi s’attarder sur un problème secondaire et ne pas attacher d’importance à d’autres problèmes ? »
« Pourquoi Peugeot en particulier? Aucun des constructeurs automobiles ne respecte cette directive. »
« Pourquoi ne pas attaquer les publicités pour les 4×4, véhicules consommateurs et émetteurs de CO2, bien plus que  les véhicules de la série spéciale Family de Peugeot ? »
« Pourquoi une action sur le CO2 ? Qu’en est-il des vrais gaz polluants. »

Tentons d’y répondre une à une.

L’information que procure une publicité

La publicité peut sembler quelque chose d’annexe ou de secondaire par rapport aux émissions de particules fines, à la promotion des transports en commun, aux risques sanitaires que présentent l’exposition prolongée à un air pollué pour les enfants ou les femmes enceinte.
Pour nous la publicité n’est pas quelque chose de secondaire. C’est par la publicité qu’un consommateur achète, c’est par la publicité qu’un consommateur s’informe sur un produit, son cycle de consommation et sa durée de vie. Quand on connait les budgets que dépensent les sociétés automobiles pour leurs campagnes de publicité, on se rend bien compte que cela est loin d’être secondaire.
Par cette action en justice, l’idée est de ramener les automobiles à ce qu’elles sont vraiment : c’est-à-dire des véhicules qui émettent du CO2 entre autres polluants et qui consomment de l’essence ou du gasoil. Donc, par souci de transparence vis-à-vis du consommateur, cette information doit être visible sur les publicités automobiles. Les consommateurs tiennent de plus en plus compte des critères environnementaux lors de l’acte d’achat. Il faut permettre au consommateur de pouvoir facilement comparer deux véhicules sur la base de ces critères.
De plus, afficher le CO2 sur les publicités de voitures est un bon moyen de faire jouer une concurrence vertueuse. A partir du moment où cette information sera facilement visible et assimilable par le consommateur, chacun voudra rivaliser avec un véhicule moins émetteur que le concurrent.

La consommation des véhicules

La publicité de Peugeot que nous avons choisi d’attaquer reflète une des images que les constructeurs souhaitent donner des voitures : un objet ludique, pour la famille. D’autres publicités jouent plutôt sur l’image de liberté et de joie de vivre. Les voitures sont nécessaires pour se déplacer. Aussi, nous souhaitons par cette action en justice les ramener à ce qu’elles sont réellement : des objets de transport, qui consomment une énergie fossile non renouvelable, qui émettent des gaz polluants présentant des dangers pour l’environnement et notre santé.

On nous a souvent fait remarquer qu’il n’était pas cohérent d’attaquer un constructeur automobile offrant une gamme de voitures faiblement émettrice de CO2. Il faut rappeler qu’une voiture même faiblement émettrice de CO2 n’occulte pas le fait qu’elle en émet néanmoins. Les faibles émissions de CO2 ne dédouanent pas Peugeot du respect de la loi. Justement, si leurs véhicules émettent moins de CO2, qu’ils l’affichent et qu’ils jouent sur cet avantage concurrentiel par rapport aux autres constructeurs.
Il faut aussi rappeler que si la gamme véhicule de Peugeot émet moins de CO2 c’est parce que celle-ci est composée pour l’essentiel de véhicules à motorisation diesel. Les émissions de diesel sont considérées comme cancérigène : cette information a été confirmée il y a quelques jours par l’OMS.

Nous n’avons pas choisi Peugeot sur des critères financiers ou industriels. Nous n’avons pas choisi Peugeot pour « taper » sur un constructeur français. Nous avons choisi cette campagne car Peugeot se définit comme un fabricant qui construit des voitures faiblement émettrice, mais pourtant n’affiche pas les émissions de CO2 en gros.

Diesel : les gaz d’échappement classés cancérogènes par l’OMS

Et bien voilà. Ce qui devait arriver depuis longtemps arriva. Les gaz d’échappement des véhicules diesels viennent d’être classés cancérogènes par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). L’association RESPIRE se réjouit de cette décision, qui fait l’effet d’une bombe et alimente l’ensemble des journaux d’aujourd’hui.

Le Diesel: un danger sanitaire latent

Depuis ses débuts, l’association Respire alerte sur les dangers de ce carburant (cf. voir article sur le Diesel), nourris aux avantages fiscaux (voir le reportage sur le Diesel du mercredi 5 juin 2012 sur TF1) et si ancré dans notre mode de consommation d’énergie automobile. Mais attention, le risque sanitaire à grande échelle n’est pas si loin malgré les appareillages visant à réduire les pollutions atmosphériques comme les pots catalytiques et les filtres à particules de nos voitures.

En effet, malgré ce que vous pourrez entendre sur la réduction totale d’émission de particules avec les filtres à particules (FAP), leur action n’est effective qu’à partir d’une certaine température, que la circulation en ville ne permet pas d’atteindre. Autre effet des moteurs Diesel, ils rejettent du Dioxyde d’Azote un gaz très irritant.

« Les preuves scientifiques sont irréfutables et les conclusions du groupe de travail ont été unanimes : les émanations des moteurs diesel causent des cancers du poumon », a déclaré le Dr Christopher Portier, qui le présidait. « Etant donnés les impacts additionnels pour la santé des particules diesel, l’exposition à ce mélange chimique doit être réduite dans le monde entier », a-t-il ajouté.

Un procès du Diesel en France, comme au Japon ?

S’il fallait ce classement par le CIRC pour déclencher des procès, c’est chose faite. Seulement, quand on suit le procès des victimes de l’amiante en France, a qui on a demandé de rembourser les indemnités que l’État leur a versé, et celui des deux dirigeants de la plus grosse société italienne de production d’amiante, condamnés à 16 ans de prison ferme, on imagine la longueur et les impasses des victimes du Diesel. En tout cas, certains constructeurs ont éventuellement du soucis à se faire.

Il serait de bon ton de penser à poursuivre plus rapidement le processus législatif pour faire adopter en France le « recours collectif » (sorte d’équivalent des « class action » américaines), abandonné par l’ancien Président de la République, Nicolas Sarkozy, en 2007. Respire s’y attèle et est déjà bien avancé sur le sujet.

Le petit plus du Diesel sur le cerveau

Les effets des gaz du Diesel reconnus de longue date sur le système respiratoire, le sont toutefois moins reconnus par l’OMS, dont on espère que la décision récente de les classer cancérigènes pour l’homme entrainera également la reconnaissance de ses effets directs sur le cerveau.

Car ni l’Institut de Veille Sanitaire (InVS), ni l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) n’ont songé à prendre en compte (ce qui ajouterait aux deux millions de décès prématurés dénombrés dans le monde chaque année) les décès liés aux atteintes neurocérébrales des particules. Ainsi l’OMS, consciente que « les particules en suspension ont plus d’effets sur la santé que tout autre polluant », ne relève leur impact qu’en termes d’affections respiratoires, de cardiopathies et de cancers pulmonaires. Pourtant les effets sur le cerveau sont connus depuis les années 1980, en particulier chez les garagistes exposés aux particules émises par les moteurs Diesel. Le lien entre les maladies neurodégénératives et l’exposition aux particules fines de la pollution urbaine a été établi chez le chien, puis chez l’homme.

Le petit plus du Diesel sur le système cardio-vasculaire et respiratoire

Nous aurons entendu peu d’instances publiques depuis 40 ans crier haut et fort les dangers du Diesel. Pourtant, cancérogène aujourd’hui, neurotoxique depuis 30 ans, le Diesel et les particules fines qu’il émet sont impliqués dans d’autres incidents sanitaires.

Vivre à proximité de routes pourrait être responsable de 15 à 30% de nouveaux cas d’asthme chez les enfants, de maladies pulmonaires obstructives chroniques (MPOC) et de maladies coronariennes chez les personnes de 65 ans et plus.

Dans certaines écoles, à Springfield, dans le Massachusetts, avoisinant Amherst, la ville natale des Brandt, au moins 40% des étudiants souffrent d’asthme, de sifflement dans la respiration, de toux, d’essoufflement dans la poitrine. La région est bordée par deux grandes autoroutes et est à proximité de l’usine thermique de Mount Tom alimentée au charbon.

Des chercheurs ont rapporté dans the Journal of Epidemiology and Community Health que les personnes asthmatiques exposées à des niveaux plus élevés d’ozone et de particules sont beaucoup plus susceptibles de moins contrôler leur asthme.

L’exposition au trafic routier est le plus important facteur déclenchant d’infarctus en population générale. C’est ce qui ressort de l’étude d’une équipe belge du Centre de Sciences Environnementales de l’Université de Hasselt (Diepenbeek, Belgique), qui a évalué l’impact en population des facteurs déclenchant d’infarctus (IDM) à partir de 36 études épidémiologiques.

Voir l’article complet ici.

Diesel: histoire d’une starisation d’état

Le moteur à huile est resté longtemps cantonné aux tracteurs et aux poids lourds, même si d’autres professionnels de la route, comme les taxis s’y convertissent. À l’époque, il n’était pas prévu que Monsieur Tout-le-monde le choisisse. Jusque dans les années1990, le moteur Diesel pâlit d’une mauvaise réputation. Au delà du bruit et des vibrations, ses rejets de fumées noirâtres attisent les critiques ; des poisons possiblement mortels, liés à son fonctionnement. À commencer par les particules de suie, qui se forment en raison de la combustion hétérogène du carburant.

Les constructeurs automobiles vont faire des efforts et accomplir de grands progrès techniques. Entre 1986 et 1996, le développement du système d’injection directe à haute pression (HDi), éliminera les bruits et une bonne partie des fumées les plus visibles. Plus tard, cette innovation ne suffisant pas à redorer l’image du « diesel à papa », PSA Peugeot-Citroën mobilise plusieurs dizaines d’ingénieur en 1997 sur un projet de filtre à particules. Et ça marche, d’autant plus que la préoccupation naissante des années 2000 que représente la baisse des émissions de CO2 saura jouer en sa faveur et occulter toutes les autres considérations.

Aujourd’hui, 65% du parc automobile est équipé de moteur Diesel. 80% du carburant vendu chaque année en France est du Diesel, faisant de notre pays le plus équipé de ce type de moteur. Pas étonnant que les constructeurs, et notamment le groupe Peugeot ait du soucis à se faire.

Le bonus malus, reflet de l’incompétence de nos élites

L’escroquerie à un milliard d’euros qu’est le programme du bonus-malus, orchestrée par le Gouvernement précédent suite au Grenelle de l’environnement aura eu deux effets pervers, dont le coût, supplémentaire, sanitaire sera un jour chiffré. Le principe : moins votre nouvelle voiture émet de CO2, et plus vous avez de réduction sur le coût du véhicule.

Premier effet pervers, celui d’avoir augmenté le nombre de voitures en circulation, réduisant d’autant plus les gains liés aux moindres émissions de CO2 qu’elles sont censées générer.

Le deuxième effet pervers arrive. Quels sont les véhicules qui émettent le moins de CO2 ? Nous vous le donnons dans le mille : celles équipées d’un moteur diesel, y compris ceux qui ne sont pas équipés d’un filtre à particules (obligatoire sur les véhicules neuf depuis le 1er janvier 2011). Ces moteurs émettent ensemble 95% des particules fines du parc automobile français. La question épineuse qui soit-disant oppose la problématique du dérèglement climatique à celle des répercussions sur la santé de la population trouve au moins une réponse commune à laquelle peu de médias s’intéressent : la baisse du parc automobile et le développement des transports en commun.

L’homme a longtemps pensé …

L’Homme a longtemps pensé que la terre était d’une immensité telle qu’il n’aurait pas à s’en soucier. Il en a pourtant modifié la surface dans un laps de temps infiniment court, comme aucune autre espèce avant lui.

L’Homme a longtemps pensé que les océans étaient d’une immensité telle qu’il n’aurait pas non plus à se préoccuper des conséquences de sa pêche. 75% des stocks de poissons commercialisés ont été surexploités jusqu’à la limite de l’épuisement.

L’Homme a longtemps pensé que l’atmosphère était d’une immensité telle qu’il n’aurait pas à s’essouffler pour le protéger. Pourtant, il s’asphyxie lui et ses semblables, tranquillement mais surement. « Bien sûr que c’est dangereux pour la santé », répond plein de bon sens l’interrogé. Mais « on y peut rien », pourrait-il enchaîner. La pollution de l’air en ville est devenue, peu à peu, une donnée avec laquelle il faut composer, rangée dans la catégorie du « il faut faire avec ».

Respirer un air pur est un droit: défendez-le avec Respire

Des millions de citoyens en France sont exposés à des seuils de polluant bien au delà de la règlementation parce que le problème n’a jamais réellement été pris au sérieux. Respire a besoin de vous pour que nous soyons de plus en plus nombreux à défendre ce droit à un air sain, comme nous le dit la loi et que ce mouvement se pérennise.

Si la pollution de l’air fait partie des préoccupations sanitaires majeures, l’exposition aux polluants aériens échappe en partie au contrôle individuel et nécessite que les autorités publiques fassent appliquer la loi (il est étrange d’avoir à demander le respect de la loi à celui qui la fait). C’est ce pourquoi nous travaillons chaque jour à Respire. Faire respecter la loi. Ne pas attendre que l’Europe nous condamne à 40 millions d’euros parce que les Gouvernements français successifs n’ont jamais écouté ni pris les mesures nécessaires pour protéger les citoyens.

Si les mesures de protection ne s’appliquent pas pour les citoyens, qui protègent-elles alors?

Le diesel dans le collimateur ?

Respire se réjouit de l’enquête, réalisée par trois journalistes du Parisien / Aujourd’hui en France publiée sur une double page le mardi 5 juin 2012, qui pointe du doigt les risques sanitaires liés au diesel. Même si les médias s’attachent à parler de pollutions de l’air (Cf article « Les médias parlent plus de pollutions de l’air, statistiques depuis 10 ans »), le sujet est loin d’être compris et pris au sérieux par tous. En effet la pollution de l’air est un sujet qui a du mal à émerger dans le débat public à la hauteur de ses risques avérés pour notre santé.

Depuis ses débuts, l’association Respire alerte sur les dangers de ce carburant (cf. voir article sur le Diesel), nourris aux avantages fiscaux (voir le reportage sur le Diesel du mercredi 5 juin 2012) et si ancré dans notre mode de consommation d’énergie automobile. Mais attention, le risque sanitaire à grande échelle n’est pas si loin malgré les appareillages visant à réduire les pollutions atmosphériques comme les pots catalytiques et les filtres à particules de nos voitures.

Diesel, un futur scandale sanitaire ?

« Oui » affirme Bruno Guibeaud, Président d’Europe Qualité Expertise, association composée d’experts en automobile et en matériel industriel.  À ce sujet, nous vous rappelons que Respire avait participé au Sénat, en avril dernier, à l’interpellation des candidats à la présidentielle aux côtés d’autres associations pour partager nos inquiétudes (voir notre article Respire interpelle les candidats à la présidentielle sur les scandales sanitaires). Bruno Guibeaud l’exprime avec assurance, la pollution de l’air par le diesel est extrêmement préoccupante et les pots catalytiques ainsi que les filtres à particules n’y changeront rien. Pourquoi cela ? Ces équipements sont inefficaces, car au-delà des particules fines, le diesel est émetteur d’oxydes d’azote qui ne sont pas captés par les filtres. Autre défaut, précisé par Bruno Guibeaud, l’action des pots catalytiques n’est effective qu’à partir d’une certaine température, ce que la circulation en ville ne permet pas d’atteindre. S’ajoute à cela l’augmentation accrue du parc automobile diesel, qui en centre urbain se révèle être pour la Président d’Europe Qualité Expertise « une gigantesque bombe à retardement ».

Diesel et santé

Mais qu’est-ce qui explose ? La route ne fait pas que des accidentés, elle provoque aussi des maladies respiratoires. Plus l’on habite près d’un axe routier dense, plus les maladies telles que l’asthme, les bronchiolites, les maladies pulmonaires obstructives chroniques (MPOC), les risques infarctus et autres cancers apparaissent. Nous avions fait, à Respire, un tour des études sanitaires sur ces risques pour montrer que les liens de cause à effet sont bien réels et admis par la  communauté scientifique (cf. Sur la route…et à côté…). De plus, l’automobiliste lui-même est exposé bien plus que l’on ne pourrait le penser. Nous sommes tous concernés, et les enfants davantage. L’article prend l’exemple du groupe scolaire Le Vau, littéralement coincé entre la porte de Bagnolet et le boulevard Mortier à Paris. Ces enfants sont exposés la moitié de l’année à des seuils plus hauts que ceux règlementé depuis 2002. La mairie de Paris prend des dispositions sur les locaux de l’école, mais sur la route, que se passe-t-il ? D’autres établissements sont concernés. Respire le périph a fait l’inventaire à Paris, 20 crèches, 11 écoles maternelles, 23 écoles élémentaires, 2 hôpitaux, 27 stades qui sont fortement exposé à la pollution automobile.

Futur scandale sanitaire avez-vous dit ?

Revue de web Respire #26 – 27 mai 2012

PRESIDENTIELLES

Nicole Bricq à la tête de l’Environnement, du Développement durable et de l’Energie

On attendait la Verte Cécile Duflot ou encore l’ancienne députée européenne et coordinatrice du pôle « Environnement, développement durable et énergie » de la campagne présidentielle Marie-Hélène Aubert. Déjouant tous les pronostics, c’est finalement Nicole Bricq, sénatrice (PS) de Seine-et-Marne (élue en 2004 et réélue en 2011) et actuelle rapporteure Générale de la commission des finances qui prend la tête d’un ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, auquel sont également rattachés les Transports et l’Economie maritime, qui reviennent au député-maire de Boulogne-sur-Mer Frédéric Cuvillier.

AIR INTERIEUR

L’air des écoles passé au crible

La qualité de l’air a été mesurée à la maternelle Condorcet et à l’école primaire Cézanne-Renoir à la Grande-Garenne l’année dernière Les résultats n’ont rien d’alarmant mais peuvent être améliorés.

Qualité de l’air intérieur : trois points clés

Outre le choix de matériaux peu polluants, la qualité de l’air intérieur (QAI) requiert une parfaite mise en œuvre de l’étanchéité de l’enveloppe et du système de ventilation.

Un site pour améliorer la qualité de l’air dans nos maisons

La pollution de l’air intérieur, que ce soit dans nos maisons, dans nos bureaux, dans les écoles, les crèches, les maisons de retraites ou les commerces est une réalité préoccupante. A tel point que les pouvoirs publics se sont saisis du problème. C’est ainsi que sous l’égide du ministère du Logement a été créé en juillet 2001, l’Observatoire de la Qualité de l’Air. Premier grand industriel français à prendre la parole sur ce sujet préoccupant, Lafarge Plâtres met à disposition du public et des professionnels un site consacré à la question de la Qualité de l’Air Intérieur.

TRANSPORTS

L’électromobilité au coeur des débats

La mobilité électrique ne se limite pas aux seuls véhicules. C’est ce qu’a voulu de démontrer l’Association pour le développement de la mobilité électrique (Avere) en organisant une table ronde.

A7, les automobilistes lèvent le pied

Les furieux bolides du bitume n’ont qu’à bien se tenir ! Depuis ce vendredi 11 mai, les portions d’autoroute traversant le centre-ville de Lyon sont limitées à 70km/h. La décélération en question vise à réduire la pollution et le bruit aux abords des zones urbanisées de l’autoroute du Soleil.

Circulation auto, moto et pollution : les Zapa décriées par les conducteurs

Un arrêté, publié au Journal Officiel par le ministère de l’Ecologie le 3 mai 2012, confirme la mise en place des Zapa (Zones d’action prioritaires pour l’air), qui permettront à huit communes de France (zones test) d’établir l’interdiction de circulation à certaines catégories de véhicules (dont les 2-roues d’avant 2004).

Paris vote l’aménagement des quais de la rive droite de la Seine

Les berges de Seine vont bientôt changer d’allure… du moins d’un côté. Lundi 14 mai, le Conseil de Paris a voté l’aménagement de la rive droite du fleuve pour y réduire la circulation et créer des promenades le long des quais.

INFORMATION

Pollution atmosphérique : mieux informer sur les risques

Le Haut Conseil de la Santé publique (HCSP) vient de publier un rapport sur La pollution dans l’air ambiant. Ses responsables critiquent la politique actuelle centrée uniquement sur la gestion des « pics » de pollution. « Pour lutter efficacement contre les particules en suspension dans l’air et garantir une meilleure qualité de l’air au long cours, une politique centrée sur la gestion des ?pics’ de pollution n’est pas suffisante », explique Denis Zmirou-Navier du HCSP.

La France veut réduire ses émissions de carbone suie

Pour la première fois, en 2013, la France effectuera des relevés spécifiques du carbone suie (aussi appelé black carbon), sous la direction du Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa). L’annonce, faite le 15 mai, est destinée « à sensibiliser sur les enjeux sanitaires et climatiques de ce polluant à courte durée de vie, encore mal connu », explique Jérôme Boutang, directeur général du Citepa.

L’indice «Plus belle la vie»: quand la statistique devient un jeu

Parce que vos valeurs ne regardent que vous, l’OCDE a conçu un programme pour que vous calculiez vous-même votre indice de qualité de la vie. Et mis du même coup sur pied un outil ludique. Enfin!

Pour lire l’article de l’association Respire à ce sujet, il suffit de cliquer sur « La qualité de l’air, élément essentiel du bien-être« .

Revue de web Respire #25 – 16 mai 2012

AIR INTERIEUR

La qualité de l’air dans les écoles de la CSDM: pas qu’une question scolaire

Les questions relatives à la qualité de l’air à la Commission scolaire de Montréal débordent du cadre scolaire et comportent des enjeux de santé publique, selon la présidente de la CSDM, Diane De Courcy.

985fm

PPA

Plan de Protection de l’Atmosphère de l’agglomération montpelliéraine

Un Plan de Protection de l’Atmosphère (PPA) a été adopté en 2006 autour de l’agglomération Montpelliéraine. Il définit et encadre la mise en œuvre d’actions de réduction des émissions de polluants atmosphériques et d’amélioration de la qualité de l’air .

La PPA est actuellement en cours de révision pour répondre aux nouvelles exigences de contenu et de forme prévues par réglementation ainsi que pour renforcer les actions prises pour l’amélioration de la qualité de l’air autour de Montpellier dans un contexte de dépassement des valeurs limites de concentrations atmosphériques en dioxyde d’azote.

languedoc-roussillon

LEGISLATION

Une nomenclature des véhicules basée sur leur pollution

Un arrêté, paru le 8 mai au Journal officiel, établit une nomenclature des véhicules en fonction de leur niveau d’émission de polluants atmosphériques.

actu-environnement

La pollution de l’air ? On verra cela plus tard !

La Convention des parties sur la pollution atmosphérique transfrontière est parvenue ce week-end à Genève à un accord relatif à la modification du protocole de Göteborg sur la pollution de l’air. La révision de ce protocole, qui date de 1999, était une opportunité de redéfinir leurs engagements en termes d’objectifs de réduction des émissions d’ici 2020, ainsi que de remettre à jour les normes d’émissions de certains secteurs, tels que l’industrie et les transports.

unece et santé-environnement

Vin Diesel serait le descendant de l’inventeur du Diesel

Tout ceci paraît bien improbable, d’autant plus que cela part d’une blague faite à la dernière réunion du Bureau de Respire : Vin Diesel, le fameux acteur des films Fast & Furious (dans le 1 et le 2) serait le descendant de Rudolf Diesel, ingénieur dont la « machine à huile lourde », brevetée en 1892, deviendra plus tard le moteur diesel. Pas étonnant que l’acteur affectionne autant les voitures.

Vin aime les voitures, mais aime-t-il le diesel ?

Pour avoir fait 5 Fast & Furious, avec un 6ème en préparation, pas étonnant que Vin Diesel soit le descendant de Rudolf Diesel. Mais au début de cette invention, rien n’était gagné et peut-être que les bolides du film auraient tourné à l’huile de colza, comme au début du moteur, appelé « machine à huile lourde ».

Des tracteurs aux voitures de Fast & Furious

Le moteur à huile est resté longtemps cantonné aux tracteurs et aux poids lourds, même si d’autres professionnels de la route, comme les taxis s’y convertissent. À l’époque, il n’était pas prévu que Monsieur Tout-le-monde le choisisse. Jusque dans les années1990, le moteur Diesel pâlit d’une mauvaise réputation. Au delà du bruit et des vibrations, ses rejets de fumées noirâtres attisent les critiques ; des poisons possiblement mortels, liés à son fonctionnement. À commencer par les particules de suie, qui se forment en raison de la combustion hétérogène du carburant. Nous abordons ici à Respire souvent les problèmes de santé qu’elles engendrent, en s’infiltrant dans les poumons, le sang et dans le cerveau. Mais il y a aussi des oxydes d’azote, liés au mode de combustion du diesel et l’ozone qui peut se former sous l’effet du soleil, responsable de multiples maladies respiratoires.

Les constructeurs automobiles vont faire des efforts et accomplir de grands progrès techniques. Entre 1986 et 1996, le développement du système d’injection directe à haute pression (HDi), éliminera les bruits et une bonne partie des fumées les plus visibles. Plus tard, cette innovation ne suffisant pas à redorer l’image du « diesel à papa », PSA Peugeot-Citroën mobilise plusieurs dizaines d’ingénieur en 1997 sur un projet de filtre à particules. Et ça marche, d’autant plus que la préoccupation naissante des années 2000 que représente la baisse des émissions de CO2 saura jouer en sa faveur et occulter toutes les autres considérations.

Alors, à la question de savoir si dans Fast & Furious, les bolides à peine homologués roulent au diesel, nous répondons que nous n’en savons rien.

Les effets pervers du bonus-malus

L’escroquerie à un milliard d’euros qu’est le programme du bonus-malus, orchestrée par le Gouvernement précédent suite au Grenelle de l’environnement aura eu deux effets pervers, dont le coût, supplémentaire, sanitaire sera un jour chiffré. Le principe : moins votre nouvelle voiture émet de CO2, et plus vous avez de réduction sur le coût du véhicule.

Premier effet pervers, celui d’avoir augmenté le nombre de voitures en circulation, réduisant d’autant plus les gains liés aux moindres émissions de CO2 qu’elles sont censées générer.

Le deuxième effet pervers arrive. Quels sont les véhicules qui émettent le moins de CO2 ? Nous vous le donnons dans le mille : celles équipées d’un moteur diesel, y compris ceux qui ne sont pas équipés d’un filtre à particules (obligatoire sur les véhicules neuf depuis le 1er janvier 2011). Ces moteurs émettent ensemble 95% des particules fines du parc automobile français. La question épineuse qui soit-disant oppose la problématique du dérèglement climatique à celle des répercussions sur la santé de la population trouve au moins une réponse commune à laquelle peu de médias s’intéressent : la baisse du parc automobile et le développement des transports en commun.

Vin Diesel et Rudolf Diesel, quel lien de parenté ?

Franchement, si Vin Diesel était le descendant de Rudolf Diesel, ça se saurait. Rudolf est Allemand et Vin est Américain. A peine aurez-vous lu le titre que déjà certains auront googeulisé les deux personnages et s’apercevoir de la supercherie. Au moins, Rudolf restera un peu dans les mémoires et l’histoire du diesel aura moins de secret pour vous. Nous aborderons bientôt les raisons politiques et économiques qui ont également et surtout permis de faire que le diesel est en France majoritaire (60% du parc automobile), une exception mondiale qui entrainera nous en sommes certains à Respire, un scandale sanitaire de plus. Déjà, la commission européenne à porté plainte l’année dernière contre la France …  signe avant coureur de son irresponsabilité.