Des nanoparticules toxiques de pollution atmosphérique dans le cerveau

En plein débat sur la piétonnisation des voies sur berges à Paris, en campagne contre le brûlage des déchets verts partout en France, une étude de chercheurs de Manchester nous montrent que le trafic routier et justement les feux à ciel ouvert sont responsables de la présence de nanoparticules de magnétite dans notre cerveau. Les liens avec la maladie neurodégénérative qu’est Alzheimer.

Pollution de l’air, 48000 décès prématurés en France chaque année

La pollution de l’air causerait la mort prématurées de 48000 personnes en France chaque année. C’est ce que vient de confirmer la nouvelle entité Santé Publique France dans un rapport publié ce matin, dépassant le nombre de 42000 décès prématurés qu’avait indiqué le programme d’études Clean Air For Europe (CAFE). Et encore, cette étude ne prend en compte que les particules très fines PM 2,5 (2,5 nanomètres), qui ne sont pourtant pas les seuls polluants à risque de l’air. Le bilan est certainement plus sévère. Mais il justifie et scelle une nouvelle fois dans le marbre ce que tous les pouvoirs publics savent déjà. La pollution de l’air nuit gravement à la santé.

La pollution de l’air près des routes

Sur la route, dans sa voiture, on respire vraiment très mal. Les automobilistes sont les plus exposés à la pollution de l’air. Mais au bord de la route, que se passe-t-il ? Et bien les habitants des axes routiers sont exposés à des risques bien plus importants que les habitants éloignés du trafic automobile et des sites industriels. Asthme, maladie cardio-vasculaire, autisme, voilà quelques problèmes de santé graves qui peuvent survenir. Comme vous êtes des lecteurs attentifs aux arguments, voilà quelques études et renvois bibliographiques pour vous en convaincre.

Asthme

Respirer quand on est asthmatique n’est pas une partie de plaisir. Il y en a de plus en plus en France et dans le monde. Logique ? Malheureusement oui. Les facteurs déclenchant sont plus nombreux.

La qualité de l’air en fait partie, c’est ce que nous prouve une étude sur les niveaux d’ozone et de particules ainsi que leur incidence pour les asthmatiques.

Pollution de l’air en milieu confiné

L’air de nos villes est pollué, chacun peut en faire l’expérience en se promenant sur les artères de nos agglomérations. Quid de l’air dans le métro ? Il est bien moins évident de se rendre compte à quel point la situation est tout autant critique. Les causes ?  Le roulement du métro et l’abrasion des freins, mais une bonne part de la pollution de l’air dans le métro vient également de l’extérieur. Rappelons que le niveau de pollution dans le métro est en général aussi élevé qu’en surface à proximité du trafic.

 

Le cas du métro marseillais

Suite à des demandes répétées (depuis 2004) de la part d’un représentant syndical de la Régie des Transports Marseillais (RTM), la direction a commandé une campagne de mesure de la qualité de l’air à ATMO PACA, l’association locale de surveillance de la qualité de l’air. Cette campagne a révélé des taux assez élevés de polluants atmosphériques. Le taux de particules fines en suspension (PM10) y serait par endroit cinq fois supérieur aux seuils tolérés par les autorités sanitaires.

Vous pouvez télécharger le rapport de la campagne de mesure ici et lire des extraits de presse ici et . Et visionner, ci-dessous, un reportage qui résume la situation.

 


Le métro est-il pollué? (Marseille) par LCM

Vide juridique dans l’air

Les niveaux de polluants atmosphériques sont à des niveaux anormaux : la direction de la RTM se cache derrière la loi et le fait que le métro marseillais soit moins mauvais que d’autres réseaux souterrains : « Cette étude ne donne pas le sentiment d’une situation idéale, mais pour un réseau sous-terrain, on est plutôt pas mal, estime-t-elle. Nous respectons les normes officielles et ce n’est pas à moi de les mettre en cause. » (La Provence, 12 octobre 2011).

Qu’en est-il de la législation justement ? Pour faire simple, il existe deux textes de loi régissant le niveau de polluants atmosphériques que les agents et les usagers du métro respirent. Pour les usagers du métro, pour mesurer l’exposition finale de ceux-ci on tiendra compte du temps de résidence moyen dans le métro. La circulaire en question est une circulaire du ministère de la santé datant de 2003 : Circulaire DGS/SD 7 B n° 2003-314 du 30 juin 2003 relative à la qualité de l’air dans les enceintes ferroviaires souterraines. Le fait de tenir compte du temps de résidence dans le métro permet de pondérer les niveaux de pollution élevés auquel l’usager fait face dans le métro (milieu confiné) en partant de l’hypothèse que sorti du métro l’usager ne sera plus exposé à un air pollué.  Ce n’est bien entendu pas le cas, mais l’usager sorti du métro ne dépend plus juridiquement de la RTM.

Toutefois la loi ne prend pas en compte l’exposition des agents du métro. Bien qu’ils respirent le même air que les usagers, et qu’ils soient par conséquent exposés aux mêmes risques, le calcul – pour mesurer le niveau d’exposition des agents et donc le risque auquel ils font face – n’est pas le même que pour les usagers. Leur exposition est régie par le code du travail et les articles concernant les émissions de particules fines (articles R. 4222-10 à R. 4222-17). L’INRS précise les conditions d’expositions des agents du métro :

Les concentrations moyennes en poussières totales de l’atmosphère inhalées par une personne ne doivent pas dépasser 10 mg/m3 d’air (sur une période de 8 heures, durée moyenne d’une journée de travail). Et la concentration en poussières alvéolaires (susceptibles de pénétrer dans les voies pulmonaires jusqu’aux alvéoles, de s’y déposer et d’y rester durablement, en créant une surcharge pulmonaire néfaste pour l’organisme) ne doit pas dépasser 5 mg/m3 d’air.

Le seuil maximum pour les agents du métro est de 5 milligramme par m3 d’air sur une durée de 8 heures. 5 milligramme est égal à 5 000 microgramme par m3 d’air (µg/m3).

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) préconise un niveau d’exposition maximum de 25 μg/m3 en moyenne sur 24 heures pour les particules 2,5 et 50 μg/m3 moyenne sur 24 heures pour les particules 10. Il est légalement acceptable pour les agents du métro de respirer un air 100 fois plus pollué que n’importe quel autre Homme qui utilise le métro marseillais.

La direction de la RTM se réfugie derrière une législation lacunaire.  Mais prend-elle ses responsabilités ? Prendre ses responsabilités, cela voudrait dire : augmenter la ventilation dans le réseau souterrain, réaliser un suivi médical de ses agents, demander à la préfecture de police de Marseille de prendre des dispositions pour éviter les pics de pollution. En partant de là il serait possible de commencer à mesurer les risques auxquels s’exposent les agents et entreprendre des actions pour réduire la pollution atmosphérique à la source.

Faire évoluer la loi

Pour atteindre notre objectif, qui est de protéger les usagers et les agents du métro, nous avons écrit à la Direction Générale de la RTM. Vous trouverez notre courrier ici.

Pour que toute les parties prenantes soient au courant de nos démarches, nous avons mis en copie la CFDT et Karim Zéribi – député européen du sud-est de la France et président du conseil d’administration de la RTM.

Dès réception d’une réponse de l’une des parties, nous la publierons en ligne.

Où respire-t-on le mieux en ville ?

L’air que l’on respire n’est pas le même partout, même dans une grande ville comme Londres, tel est le résultat de l’étude présentée dans cette vidéo par Healthy Air Campaign, Kings’ College et la municipalité de Camden.

L’expérience a consisté à mesurer les expositions respectives d’un passager de bus, d’un cycliste, d’un piéton et d’un automobiliste sur un axe principal aux heures de pointe et de les comparer avec celles d’un cycliste et d’un piéton dans une rue faiblement empruntée. Les volontaires ont été équipé de capteurs servant à mesurer les particules fines émises par les voitures. Résultats :

  • L’automobiliste est 3,5 fois plus exposé que le du piéton, 5 fois plus que le cycliste, et 2,5 fois plus que le passager du bus sur l’axe de circulation importante. La raison à cela est double : les voitures et le bus (et a fortiori les 2 roues motorisés) se situent juste au niveau des flux de particules émis par les pots d’échappement, et en outre, l’air se renouvelle moins vite dans un habitacle fermé.
  • Dans une rue faiblement fréquentée, un cycliste est en moyenne exposé 30 % moins que dans une rue principale et un piéton 4 fois moins.
  • Conclusion : changer de mode de transport et de trajet permet à chacun de réduire significativement son exposition à la pollution (et d’améliorer la qualité de l’air !)

 

http://healthyair.org.uk

À Paris aussi ! Des études similaires menées par Airparif en 2009 ont montré qu’en moyenne, l’exposition sur une piste cyclable séparée est 2 fois moins élevée qu’au milieu de la route, et 30 % moins que dans un couloir de bus partagé.

L’Observatoire Régional de Santé de l’Île-de-France a cependant souligné les limites de ces expériences dans un rapport sur les risques et les bénéfices de la pratique du vélo. En effet, ces études ne mesurent pas toutes les mêmes polluants et ne prennent pas toujours en compte l’inhalation (ce que l’on respire et non seulement ce à quoi on est exposé). En effet, lorsque l’on prend en compte ce dernier, les résultats sont légèrement modifiés en défaveur du cycliste qui roule en plein milieu de la circulation dans la mesure où son taux d’inhalation est augmenté par l’effort qu’il doit fournir (ce que soulignent eux-mêmes les auteurs de la vidéo). Cependant, comme l’indique l’ORS, les bénéfices de la marche et du vélo (forme physique, bien-être, etc.) excèdent largement les risques liés aux accidents et à la pollution atmosphérique ; en outre, plus on marche et on fait de vélo, et moins on s’essouffle ! Et en cas de pic de pollution, il suffit de rouler à vitesse modérée ou de ne pas courir dans la rue, ou de se rabattre sur les transports en commun.

Agissons :

  • Chacun à son niveau peut agir en évaluant son trajet et son exposition, mais les pouvoirs publics doivent aussi agir pour modifier les modes de déplacements et de circulation en ville.
  • On ne peut que s’étonner des dernières recommandations du Ministère de la Santé en cas de pic de pollution qui s’adressent principalement aux personnes vulnérables ou sensibles auxquels il est déconseillé la pratique de l’effort physique (certes). Et bien, non, que ce soit en cas de pic ou au quotidien dans un univers pollué, mieux vaut abandonner sa voiture pour le vélo, la marche ou les transports publics, pour réduire son exposition à des polluants reconnus cancérigènes par l’OMS et générateurs de maladies chroniques telles que l’asthme. Un problème sanitaire qui concerne donc tout le monde, les piétons et les cyclistes, tout comme les automobilistes !
  • Un élément auquel devrait aussi réfléchir la Mairie de Paris alors qu’elle élabore son plan vélo et qui plaide en faveur de la généralisation de pistes cyclables séparées et de trajets hors axes principaux (soit tout le contraire des itinéraires conseillés actuels…).

http://votreair.airparif.fr/ (encore au stade du prototype)
http://healthyair.org.uk/healthiest-transport-option-video/

http://www.ors-idf.org/index.php/component/content/article/642-les-benefices-et-les-risques-de-la-pratique-du-velo-evaluation-en-ile-de-france
http://www.airparif.asso.fr/_pdf/publications/NUMERO32.pdf

http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/03/13/auto-metro-ou-velo-ou-respire-t-on-le-moins-d-air-pollue_4382697_3244.html

http://transports.blog.lemonde.fr/2014/09/17/exclusif-la-ville-de-paris-devoile-son-plan-velo/#xtor=RSS-3208

http://www.sante.gouv.fr/pollution-de-l-air-recommandations-sanitaires.html

http://www.paris.fr/pratique/deplacements-voirie/velo/carte-des-principaux-amenagements/rub_9931_stand_64244_port_24784

La pollution de l’air: première préoccupation environnementale des français

Comme chaque année, le Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie a publié en juillet ses 10 indicateurs clés de l’environnement. Au menu, air, biodiversité, ressources, eau, territoires, déchets, effet de serre, économie, énergie, opinion.

http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Rep_-_Indicateurs_cles_de_l_environnement.pdf

Mis à part le dioxyde de soufre, en baisse de 75% depuis 2000, les concentrations de fond des polluants en milieu urbain (Ozone, dioxyde d’azote NO2, particules fines PM10) diminuent faiblement voire pas du tout, et continuent à dépasser régulièrement les seuils réglementaires : plus d’un jour sur dix dans presque toutes les grandes villes françaises (57 sur 60) en 2012, et même plus d’un jour sur cinq pour 16 d’entre elles. En cause dans la majorité des cas, les particules fines.

Un état de fait qui préoccupe les Français ! En 2013, pour la première fois, la pollution atmosphérique passe en tête de leurs préoccupations environnementale.

 

http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Rep_-_Indicateurs_cles_de_l_environnement.pdf

http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/fileadmin/documents/Produits_editoriaux/Publications/Reperes/2014/iddt_par_partie/iddt-2014-chap7.pdf

 

Classement de la qualité de l’air – les 100 plus grandes villes européennes

Une base de données européenne publique, une méthodologie relativement simple, un magazine partenaire pour l’infographie (WE Demain) et un travail de longue haleine (merci Philippe Maison), cela vous donne le classement de la qualité de l’air des 100 plus grandes villes européennes, par Respire. Si les interprétations faciles sont à proscrire, une chose reste sûre : l’Europe n’a pas fait de la qualité de l’air et de la santé des citoyens un de ses objectifs premiers. Espérons que Mme Royal, notre Ministre de l’environnement en fonction, poussera de la voix pour nous chanter un autre air le 12 juin prochain

Cette carte est utilisable par tous. Noubliez-pas de backlinker « Respire, Association Nationale pour la Prévention et l’Amélioration de la Qualité de l’Air.

Comment lire cette carte ?

Mais pourquoi est-ce une ville roumaine qui est première alors que Berlin fait beaucoup plus d’effort dans la réduction de la pollution de l’air ? L’Angleterre semble être un bon élève et Bonn qui ne fait rien, est en vert ? Ces questions sont légitimes et vous allez vous demander, pourquoi une carte dont la réalité est nuancée ? Tout d’abord, nous vous invitons à lire la méthodologie, avant d’analyser les résultats.

Ensuite, nous vous invitons à lire notre analyse, partagée par les ONG européennes concernées par ce sujet.

Pourquoi Cluj-Napoca est première ?

Ce n’est pas la faute des données, issues des machines, mais la faute de ceux qui produisent les données. Si cette carte montre que certaines villes respectent la réglementation alors qu’elles n’ont pas particulièrement mis en place de politiques de réduction de la pollution de l’air, c’est parce que le nombre de stations par villes, les polluants qu’elles mesurent et leur position dans la ville influencent le résultat final.

Par exemple, plus vous avez de stations, bien réparties dans la ville, plus vous avez de « risques » de mesurer des dépassements réglementaires. Berlin, par exemple, possède un réseau de 48 stations. Certes, elles ne mesurent pas toutes les mêmes polluants. Mais au regard des 2 stations de Cluj-Napoca en Roumanie, Berlin dépasse plus souvent les seuils réglementaires. De plus, les 2 stations de Cluj-Napoca ne mesurent même pas les particules fines.

Que nous révèle cette carte ?

Cette carte pose la question de la performance de la mesure du réseau de stations européen et donc de la volonté politique de traiter ce problème, bien différente en fonction des pays. Les données collectées font également le jeu de « tricheries » de la part de certaines villes et d’Etats membres. La polémique soulevée par l’ONG Clean Air London des pratiques mises en oeuvre pour faire « baisser » la pollution… artificiellement et qui, par certains moyens, cherchent à éviter d’être en infraction, est particulièrement grossière.

Second enseignement. Même si les stations de mesures à travers l’Europe ne semblent pas être installées de manière optimum partout, la carte que nous proposons aujourd’hui indique clairement que toutes les grandes villes d’Europe ou presque, dépassent régulièrement les seuils autorisés de pollution de l’air, parfois à des niveaux tels que le danger sanitaire est constant pour les populations qui y vivent. On respire mal dans les grandes villes françaises (Toulouse 47e, Lyon 55e, Nice 70e, Paris 84e et Marseille 94e), italiennes, allemandes et, globalement, dans les villes d’Europe de l’Est.

Troisième enseignement. Certaines villes ont mis en place des politiques de réduction de la pollution de l’air, qui devraient en inspirer d’autres, françaises par exemple. Mais l’efficacité de ces politiques reste toute relative car la pollution n’a pas de frontière et se déplace sur des milliers de kilomètres, rendant nécessaire une politique au niveau européen, voir mondial.

 

L’association Respire a besoin de vous. Soutenez notre travail si vous l’appréciez.

Classement de la qualité de l’air en Europe – Méthodologie

L’association RESPIRE, spécialiste des questions de qualité de l’air, vient de publier un classement sur la qualité de l’air des 100 plus grandes villes européennes. Nous vous livrons la méthodologie utilisée, qui reste relativement simple pour qui veut bien s’attarder un peu sur le sujet.

A l’instar des classements effectués en 2010 par l’Institut National Italien de Statistiques (ISTAT) ou en 2011 par l’ONG allemande BUND (Sootfreecities), l’association Respire a utilisé la base publique de données européennes Airbase et a été aidée par Philippe Maison, directeur du cabinet conseil CIDD. Comme les deux organisations européennes, nous avons retenu le nombre de dépassements des seuils réglementaires et non la moyenne annuelle de concentration des polluants.

Nous présentons ici un classement général, résultant de l’addition du nombre de dépassements des seuils réglementaires pour l’année 2011 de trois polluants : les particules fines d’un diamètre inférieur à 10 micron (PM10), le dioxyde d’azote (NO2), ainsi que l’ozone (03). Ils ont été volontairement additionnés.

Cette carte pose la question de la performance du réseau européen de mesure de la qualité de l’air et de la volonté politique de traiter le problème de la pollution.

La base de données AirBase (plus de 2 millions de lignes), pilotée par l’Agence Européenne de l’Environnement regroupe les données de surveillance de la qualité de l’air provenant des réseaux des stations européennes qui mesurent la pollution de l’air ambiant, la pollution proche des lieux industriels et celle des transports des grandes agglomérations.

Afin de lire plus distinctement les résultats de ce classement, nous avons volontairement choisi, avec le magazine We Demain, de distinguer les villes en trois couleurs, vert, orange et rouge.

Avertissements

Nous mettons en garde quiconque voudrait tirer des conclusions rapides à partir de ce classement. Les données utilisées sont certes réelles car provenant de la base de données publique européenne Airbase. Cependant, si cette carte montre que certaines villes respectent la réglementation alors qu’elles n’ont pas de politique particulière de réduction de la pollution de l’air, c’est que le nombre de stations par villes, les polluants qu’elles mesurent et leur position dans la ville ne reflètent pas la situation réelle ou que la météo ou la typographie leur est particulièrement favorable.

La première ville du classement est Cluj-Napoca en Roumanie, si l’on se fie aux dépassements. Mais cette jolie ville de 324 000 habitants n’est pourvue que de 2 capteurs, qui n’ont pas l’air de fonctionner, ni de mesurer les particules fines …

  La pollution atmosphérique, par les dommages qu’elle cause sur la santé, l’environnement et le climat, entraîne des coûts non compensés, c’est-à-dire imposés à des tiers en dehors de toute transaction volontaire : c’est ce qu’on appelle des externalités négatives. De nombreuses études ont développé différentes approches depuis les années 90 afin d’estimer ces coûts et révéler les impacts économiques d’une mauvaise qualité de l’air, principalement en termes de santé publique.

Les liens entre pollution de l’air et problèmes de santé révélés par les études épidémiologiques

Le diagnostic d’un problème de santé est fait sur la base d’études épidémiologiques, allant de la surveillance épidémiologique à la recherche et les essais cliniques, selon différentes approches. Une étude descriptive permettra de collecter et d’interpréter l’information sur le nombre de cas et les caractéristiques d’une pathologie ainsi que de surveiller la fréquence sanitaire d’une maladie, tandis qu’une étude analytique recherchera les déterminants de cette pathologie et mettra en évidence des relations causales entre des facteurs de risques et des maladies. Les études évaluatives, elles, vont mesurer l’impact d’une action ou politique de santé.

Les études épidémiologiques menées en France et en Europe (ERPURS, PSAS, APHEIS…) indiquent d’une part que les augmentations quotidiennes de la pollution de l’air ont des effets en quelques jours (crises d’asthme, hospitalisations pour causes respiratoires ou cardiovasculaires, décès anticipés) et d’autre part que des effets à long terme surviennent après une exposition cumulative de plusieurs années à des niveaux moyens de pollution atmosphérique (décès prématurés, affections chronique, cancers).

Par exemple, en France le programme PSAS-9, coordonné par l’InVS, étudie depuis 1997 les risques sanitaires à court terme liés à la pollution de l’air en couvrant 9 grandes villes françaises, et portant sur plus de 11 millions de personnes. Elle montre que le nombre annuels de décès anticipés attribuables à des concentrations de polluants atmosphériques supérieures à 10µg/m3 est de l’ordre de 2 800 pour la mortalité totale, dont 1 100 pour la mortalité cardiovasculaire et 300 pour la mortalité respiratoire.

Les impacts sanitaires dus à une exposition de long terme aux polluants sont le plus souvent étudiés dans des études de cohortes, qui se basent sur un suivi dans le temps d’individus exposés à différents niveaux de pollution (mesurés ou modélisés). Ces études comparent des groupes exposés et un groupe témoin non exposé et mettent en évidence les relations entre des indicateurs d’exposition aux polluants atmosphériques et l’apparition d’événements sanitaires en excès dans la population.

 

Valorisation monétaire des effets externes de court et long terme

Pourquoi établir une évaluation monétaire des impacts de la pollution de l’air ? Après tout si les études permettent de quantifier les cas de maladies, de décès et de symptômes, cela n’est-il pas suffisant ?

On peut trouver plusieurs intérêts à cette monétarisation. Premièrement, les externalités négatives sont de différente nature, agissent à différentes échelles et la valeur monétaire est perçue comme une transformation de ces effets en une valeur commune. Deuxièmement, elle permet de révéler les coûts de ces impacts pour les intégrer dans les prix des biens de consommation et ainsi refléter les vérités environnementales, définir des améliorations technologiques pour diminuer les effets de la pollution de l’air et réaliser des analyses coût/avantage pour les politiques et mesures visant à réduire ces impacts.

Et finalement, afficher un prix des dommages sanitaires et environnementaux permet, à l’heure où le pouvoir d’achat est au cœur des débats, de montrer le gâchis que l’on fait en ne respectant pas la réglementation qui est là pour nous faire du bien.

Principales méthodologies

Comment arrive-t-on à transposer ces effets externes en termes monétaires ? On identifie deux grands types de méthodes d’évaluation des coûts de la pollution atmosphérique dans les différentes études menées depuis plus d’une dizaine années.

La méthodologie descendante ou top-down est basée sur l’estimation du coût global de la pollution de l’air due à une source (transports, industrie…) et l’utilisation de modèles d’émission ; et la méthodologie ascendante, dite bottom-up, est fondée sur les caractéristiques particulières de chaque source et l’utilisation de modèles de dispersion (i.e. prend en compte la diffusion de ces polluants dans l’atmosphère).

Quel que soit le principe retenu, la suite de l’évaluation est assez similaire. Une fois les données déterminées, on utilise des fonctions appelées fonctions dose-réponse (ou exposition-risque) qui permettent de passer des doses de polluants absorbées par le récepteur (population, bâtiments, cultures…), aux dommages physiques (sur la santé publique, les écosystèmes etc.).  Celles concernant la santé sont établies à partir des études épidémiologiques.

Une fonction exposition – réponse peut avoir plusieurs comportements, et ça ressemble à ça :

Les impacts sont ensuite généralement monétarisés selon l’une des approches suivantes :

La première, appelée évaluation du capital humain, repose sur des évaluations des pertes de ressources économiques réelles: les dépenses de traitements et les coûts de l’absentéisme associés à la morbidité, les pertes de consommation liées aux décès prématurés. Les pertes de vies humaines et les jours d’incapacité à travailler sont donc transposés en termes économiques en utilisant les flux actualisés des revenus perdus.

La seconde, l’évaluation contingente, prend en compte les désagréments occasionnés relatifs à la réduction de la qualité de vie en termes psychologiques et physiques (angoisse, douleur, peine, impossibilité d’exercer certaines activités…). Si cela parait plus abstrait, on arrive à faire une évaluation économique à partir des consentements à payer (CAP). C’est ce que chacun est prêt à payer pour réduire le risque de mortalité, de morbidité, et de perte de bien-être. Cela se traduit par une enquête auprès d’un échantillon représentatif de la population. Cette méthode est très utilisée et les résultats d’études bien menées sont considérés suffisamment fiables.

http://www.setra.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/1017w_Rapport_monetarisation_externalites_enHYPERLINK « http://www.setra.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/1017w_Rapport_monetarisation_externalites_environnementales.pdf »vHYPERLINK « http://www.setra.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/1017w_Rapport_monetarisation_externalites_environnementales.pdf »ironnementales.pdf

http://www.ummto.dz/IMG/pdf/Les_Etudes_Epidemiologiques_cle052764.pdf

http://www.airparif.asso.fr/pollution/effets-de-la-pollution-sante

http://www.sante-environnement-travail.fr/minisite.php3?id_rubrique=907&id_article=3704

http://www.invs.sante.fr/surveillance/psas9/

Do it yourself ! Les capteurs citoyens de Respire sur OWNI

Le site d’information OWNI publie un reportage de Sylvain Lapoix sur l’expérience des capteurs citoyens de Respire et Appliculteurs.

Tout est ouvert et disponible pour l’amélioration et la réappropriation

Le projet des capteurs citoyens encourage, à faible coût, la réappropriation politique et la participation citoyenne. Le concept de « full open hardware » permet une totale transparence et une ouverture quant au fonctionnement et autorise chacun, grâce à une licence ouverte et réutilisable, à faire ses propres mesures de la qualité de l’air.

Do it yourself

Les capteurs citoyens vont permettre de produire une information sur la qualité de l’air depuis la base : « placer des capteurs dans des poussettes, simuler des trajets ou, tout simplement, mettre des capteurs chez les “pauvres” pour pouvoir établir le lien entre précarité sociale et précarité environnementale ».

Quelques photos d’ l’engin ci-dessous.

 

 

Revue de web Respire #28 – WTF – 31 juillet 2012

POLLUTION NATURELLE

La pollution atmosphérique naturelle est un réel problème en Europe

Le sable du désert, le sel marin et la cendre volcanique ainsi que d’autres formes de pollution naturelle viennent s’ajouter aux niveaux croissants de poussière qui souillent l’air et rendent plus difficile, notamment pour les pays méditerranéens, d’atteindre les objectifs fixés par l’Union Européenne en matière de pollution de l’air.

actualités-news-environnement

PERTES ET PROFITS

L’impact sanitaire de la pollution de l’air en France coûte au moins 20 à 30 milliards d’euros par an

« Les polluants de l’air extérieur sont notamment impliqués dans les pathologies respiratoires (asthme, insuffisance respiratoires, cancers) et cardio-vasculaires et occasionnent chaque année des coûts pour la société. Ces coûts peuvent être estimés, a minima, entre 20 et 30 milliards d’euros par an pour la France métropolitaine ». Telle est la conclusion d’une étude – non publiée à ce jour – commandée par le ministère de l’Ecologie à la Commission des comptes de l’économie et de l’environnement (CCEE) et titrée « Santé et qualité de l’air extérieur ».

actu-environnement

EN ALTITUDE, L’AIR EST NÉFASTE

Prendre l’avion

Prendre l’avion n’est pas anodin, et la fatigue dont se plaignent les voyageurs, mais aussi le personnel navigant est parfaitement justifiée. C’est un article du journal Américain, « The Lancet », qui nous a rappelé les risques de phlébite et d’embolie pulmonaire dans les vols longs courriers, mais aussi l’exposition aux radiations cosmiques, les effets du décalage horaire et les défauts de la qualité de l’air dans les cabines : les Composés Organiques volatiles incolores et inodores subsistent plus longtemps dans les cabines en raison des économies faites par les compagnies.

NouvelObs

Revue de web Respire #20 – WTF – 27 février 2012

Cette semaine dans le WTF, une petite démonstration par l’actualité. Une sorte de plan détaillé de dissertation : constat, problématique et solution. Le correcteur aguerri y trouvera une 3ème partie inachevée, faute de temps ou de méthode ?!

1. L’AIR EST DE PLUS EN PLUS POLLUE

L’air que l’on respire est mauvais

Elles sont microscopiques, pourtant, elles remplissent nos poumons dès que l’on met le nez dehors. Les niveaux de particules en suspension (poussières, etc) connaissent depuis le début de l’année une forte augmentation. Sur les 30 stations de mesures de ces particules installées dans la région, 11 ont enregistré entre 15 et 30 jours de dépassement des seuils autorisés.

maritima et 20 minutes

L’école de Saint-Roch toujours sous surveillance

Même si les problèmes de santé relatifs à la présence de bioxyde de carbone présent dans l’air de l’école de Saint-Roch sont atténués, la Commission scolaire de Sorel-Tracy poursuit des investigations sur la présence possible de champignons dans le bâtiment.

monteregieweb

2. L’IMPACT SANITAIRE SE FAIT SENTIR

Les dégâts sournois de la pollution de l’air sur la santé

Deux études publiées simultanément montrent que la pollution atmosphérique augmente le risque d’attaques cérébrales et favorise le vieillissement cérébral.

santé-figaro

Incendies de forêts : une fumée qui tue

Les auteurs ont surtout mesuré l’impact des particules inférieures à 2,5 micromètres formant une partie importante de la fumée de ces incendies. L’accroissement de ces particules fines qui restent en suspension dans l’air plusieurs jours voire semaines peut ainsi affecter la qualité de l’air dans de vastes régions et pénètrent aussi à l’intérieur des habitations, a expliqué Michael Brauer, professeur de santé environnementale à l’Université de Colombie britannique.

le républicain lorrain

La pollution de l’air augmenterait le nombre d’arrêts cardiaques

D’après une étude dirigée par le professeur Hazrije Mustafic, du Centre de recherche cardiovasculaire de Paris, respirer un air pollué entraînerait un plus grand risque de crise cardiaque dans les jours suivants.

zegreenweb

3. LA PRÉVENTION COMME PANSEMENT

Une opération sur la qualité de l’air au lycée

Sous l’impulsion d’une enseignante du lycée Tocqueville, des élèves volontaires ont mesuré la qualité de l’air dans leurs salles de cours pendant 15 jours. Édifiant

Nice-matin

3bis. DES PROJETS ÉMERGENT POURTANT ICI ET LA

Le traitement de l’air, une solution incontournable pour traiter les problèmes de pollution.

La protection de l’environnement externe de l’entreprise comme celle de l’environnement interne de son personnel nécessite de nombreuses applications de traitement de l’air, aujourd’hui de plus en plus développées sous la pression des instances réglementaires et des partenaires sociaux.

easyfairs

Un projet pour améliorer la qualité de l’air en Méditerranée.

L’Institut de la Méditerranée a réuni Marseille, Valence, Tripoli et Aqaba autour d’un projet visant à améliorer la qualité de l’air dans ces villes côtières qui doivent gérer à la fois les enjeux de l’industrialisation et du tourisme.

econostrum

Encore des études supplémentaires sur le lien entre pollution de l’air et santé

Respire est une association jeune mais déjà, elle ne compte plus le nombre d’études qui vont dans le même sens : la pollution de l’air a des impacts sur la santé humaine. Et comme s’il fallait encore le prouver, trois nouvelles études récentes mettent l’accent sur le risque d’attaques cardiaques, d’attaques cérébrales et sur le vieillissement cérébral.

Des conséquences à court terme sur le cœur …

Nous avions déjà abordé les liens entre pollution de l’air et maladies cardiovasculaires. Nous nous appuyions sur l’étude de septembre 2011 sur le risque d’infarctus et l’étude de janvier 2012, toutes deux parues dans le British Medical Journal. S’il est largement admis que la pollution de l’air a des effets sur la santé à long terme, par accumulation, il est également de plus en plus admis qu’il existe un certains nombre de risques à court terme, en atteste la corrélation a priori entre « épisodes » de pics de pollution et admissions aux urgences.

Une équipe franco-américaine a publié mardi 14 février 2012 dans le Journal of the American Medical Assn une étude qui montre que même une exposition de 7 jours à des concentrations plus élevées que la normale de polluants atmosphériques augmentent significativement les risques de crises cardiaques (voir l’article sur Environmental Heath News et sur JAMA). Ces résultats sont formulés après l’analyse de 34 études précédentes, réalisées sur les 5 continents. Résultats, hormis l’ozone (qui à toutefois d’autres conséquences sur la santé), les autres polluants atmosphériques participent de l’augmentation du risque de crises cardiaques.

Air in most urban areas is made up of an array of contaminants, some gases, some microscopic particles, all containing a variety of chemical ingredients. In recent years, most of the attention has focused on fine particulates – microscopic pieces of soot from diesel engines and other sources. Studies conducted in numerous cities have shown that whenever fine particles increase, deaths and hospitalizations from cardiovascular and respiratory diseases increase, too.

… et sur le cerveau

Deux nouvelle études ont été publiées dans les Archives of Internal Medecine sur le lien entre l’exposition aux particules fines (PM 2,5) et les risques d’attaques cérébrales, même peu de temps après leur inhalation dans des concentrations qui ne seraient pas excessives. L’autre étude établit un lien entre exposition aux particules et vieillissement cérébral. Vous pouvez lire l’article du Figaro à ce sujet.

L’exposition aux particules fines (2,5) «augmente le risque d’attaques cérébrales dans les heures qui suivent l’inhalation, et ce même à des niveaux généralement considérés comme sûrs par l’agence de protection de l’environnement américaine (EPA)».

Les médias parlent plus de pollution de l’air. Statistiques depuis 10 ans.

La pollution de l’air dans les médias. Une approche quantitative. L’association Respire vous propose dans cet article d’aborder la question du traitement médiatique de ce thème, sous l’angle quantitatif. Tout d’abord, c’est plus simple parce qu’il existe des outils informatiques de veille informationnelle. Ensuite, cela nous donne un aperçu, sinon de la façon dont le sujet est traité, de l’intérêt pour ce sujet, au fil des années.

Méthodologie

Il existe des outils de veille informationnelle, des bases de données presse (appelées aussi parfois des solutions de Recherche, Veille et Knowledge Management, si on veut faire son zippo) qui offrent la possibilité de trouver les articles en fonction de recherches par mots-clés, par expression (avec tout un tas de variables d’ajout et d’exclusion de mots-clés). Par exemple, Lexis Nexis, l’Européenne des données, Factiva.

Nous avons choisi l’expression « pollution de l’air » parce qu’elle nous paraît recouvrir un domaine de la pollution suffisamment restreint pour ne pas être confondu avec un autre champ de pollution (eau, terre) et suffisamment large pour y englober toute la sémantique, tout le champ lexical des polluants rejetés dans l’air (Co2, particules fines, Ozone, COV, HAP, dioxyde d’azote, etc.) et des entités qui les émettent (transports, systèmes de chauffage des particuliers, usines). Entendons par là, que lorsqu’un médias aborde les rejets de polluants, il y a de très fortes  chances pour que l’expression « pollution de l’air » soit également utilisée.

Le bouquet de médias français mis à notre disposition pour cette recherche est composé de 488 sources (publications et sources web). La recherche a porté sur l’expression entière « pollution de l’air », entre les années 2000 et 2011. Le nombre d’occurrences recueillies, par année, nous offre une évolution de l’utilisation de l’expression « Pollution de l’air » dans les médias français.

Nous cherchons simplement à savoir si la thématique est plus ou moins traitée, depuis environ dix ans, d’apercevoir s’il existe une tendance générale, s’il y a des soubresauts.

Pour les expliquer les résultats, nous ne pourrons qu’émettre des hypothèses. Une étude qualitative de l’ensemble du corpus ainsi dégagé par la recherche serait nécessaire pour isoler les facteurs qui font varier la quantité, ainsi qu’une mise en perspective des autres sujets qui auraient éventuellement éclipsé le thème de notre recherche. Ajoutons pour finir que seule une analyse qualitative des articles pourraient nous renseigner sur la proportion de sujets de fond et la simple reprise des dispositifs d’information et d’alerte à la pollution existant sur le territoire, lancés localement par les organismes de surveillance de la qualité de l’air.

Ceci n’est qu’un simple début, une amorce, une façon d’appréhender l’écho médiatique, pour savoir s’il y a déjà une plus grande prise en compte du thème de la pollution de l’air dans l’actualité depuis dix ans. Espérant que cette toute petite recherche vous plaise.

Forte progression du thème de la pollution de l’air dans les médias

 

Nombre d’occurrences de l’expression « pollution de l’air » dans les médias français entre 2000 et 2011

Les données récoltées, par année, nous donnent ce beau graphique (n’est-ce pas ?) :

  1. Entre les années 2000 et 2011, il y eu une forte progression de l’utilisation de l’expression « Pollution de l’air ». Hormis le mouvement de yo-yo entre 2007 et 2010, on peut dire que l’emploi de cette expression a été multiplié par 7 en dix ans.
  2. Nous pouvons considérer qu’il y a une forte progression à partir de l’année 2003 et ce, jusqu’en 2007. Y a t-il un lien avec la canicule de 2003 ? Cela n’est en tout cas pas improbable.
  3. Une problématique peut être mise en exergue : pourquoi 2008 et 2010 présentent des niveaux d’intérêt au niveau de 2005 ?
  4. Enfin, 2011 établit une nouvelle poussée de ce thème. Étude Aphekom ? Plainte de la Commission européenne ? Mise en place des Zapa ? Année exceptionnellement soumise aux pics de pollution , etc.

L’air, nouvel enjeu environnemental

L’Homme a longtemps pensé que la terre était d’une immensité telle qu’il n’aurait pas à s’en soucier. Il en a pourtant modifié la surface dans un laps de temps infiniment court, comme aucune autre espèce avant lui.

L’Homme a longtemps pensé que les océans étaient d’une immensité telle qu’il n’aurait pas non plus à se préoccuper des conséquences de sa pêche. 75% des stocks de poissons commercialisés ont été surexploités jusqu’à la limite de l’épuisement.

L’Homme a longtemps pensé que l’atmosphère était d’une immensité telle qu’il n’aurait pas à s’essouffler pour la protéger. Pourtant, il s’asphyxie lui et ses semblables, tranquillement mais sûrement. Les médias abordent plus le thème de la pollution de l’air, c’est certain. Nous nous en réjouissons. C’est déjà en diffusant la connaissance sur ce problème que l’on génère ensuite une prise de conscience, donc une action correctrice.