Voies sur berge : il faut davantage d’“oasis d’air sain” en Ile-de-France

Le débat sur les berges de Seine a rebondi récemment avec la décision du tribunal administratif [Le tribunal administratif de Paris a annulé la fermeture des voies sur berges le 21 février], et on pourrait croire que tout recommence comme il y a deux ans, lors de la mise en place de la piétonisation. Mais il n’en est rien. Car tout a changé depuis la mise en place de la mesure. Tout, sauf le ton houleux des discussions.

En effet, l’ensemble des partis politiques, y compris la droite, s’est désormais rallié à la lutte contre la pollution de l’air. C’est ainsi une victoire considérable de ces deux dernières années, et des premières mobilisations autour de la piétonisation, que d’avoir participé à ce changement majeur. Plus personne n’ose sérieusement contester ni l’importance des enjeux, ni la nécessité d’agir.

Le contexte international montre qu’il s’agit là d’une évolution profonde : la pollution automobile est désormais un enjeu majeur partout dans le monde, de Leipzig jusqu’à Rome, villes qui pourraient prochainement interdire les véhicules diesel.

En France, le gouvernement fait face à deux injonctions majeures : la première est celle de la Commission européenne, qui menace d’une action contre la France pour non-respect des normes de pollutions (notamment à Paris) et pourrait imposer des millions d’euros d’amende. La seconde provient du Conseil d’Etat, qui a sommé le gouvernement de produire un plan d’action vigoureux au plus tard à la fin de ce mois.

Ralliement décisif

Au niveau régional, les oppositions sont toujours aussi rugueuses, mais la position de Valérie Pécresse a évolué radicalement. Elle critique certes la méthode et le timing de la mesure d’Anne Hidalgo, mais elle soutient désormais qu’il faudrait (certes en 2021) des voies piétonnisées. C’est un ralliement décisif.

Enfin, au niveau local, le soutien à la mesure dans l’opinion s’est accru, malgré les attaques contre le projet. Ainsi, la pétition que l’association Respire fait circuler sur change.org en faveur de la piétonisation a recueilli plus de 38 000 signatures en un peu plus de quinze jours, alors qu’en 2016, il avait fallu trois mois pour en obtenir 20 000. Un sondage récent montre que 55 % des Parisiens soutiennent la mesure. Et 62 % des moins de 35 ans.

Forts de ces succès, nous pouvons désormais aller plus loin et poser autrement le problème. Au début, il s’agissait d’être pour ou contre la pollution de l’air. Aujourd’hui, ce qui divise c’est le moyen d’y parvenir. Et donc l’efficacité de la mesure.

La piétonisation des berges est contestée au regard de l’étude d’Airparif (l’Observatoire de la qualité de l’air en Ile-de-France, autorité à peu près incontestée en la matière). Cette étude a observé une baisse de la pollution sur les quais fermés à la circulation mais une (légère) augmentation alentour. En additionnant le pour et le contre, Airparif établit un bilan à peu près nul. Ce bilan, la région et la mairie l’ont interprété de manière opposée.

La fameuse « évaporation »

Mais les mesures les plus récentes du trafic réalisées par la préfecture montrent une diminution des embouteillages et de la circulation : la fameuse « évaporation » commence à se manifester. Il est probable que le bilan global vienne à s’améliorer dans les mois à venir, et cela d’autant plus que seront mis en place des dispositifs pour fluidifier le trafic.

Mais une fois que ce débat sera, à son tour, tranché par les faits, on pourra discuter d’une autre dimension du problème, peut-être plus importante encore. Car les berges ne représentent que 3,3 kilomètres de voirie (sur plus de 1 000 à Paris) et seulement 0,16 % du kilométrage parcouru en Ile-de-France. Il est ridicule de vouloir lui attribuer, en positif ou en négatif, un impact décisif sur la circulation ou la pollution au niveau de la région ! Au mieux, ou au pire, ce ne peut être que négligeable.

C’est d’autant plus vrai que la pollution de l’air possède une dimension extrêmement locale. Les concentrations de polluants peuvent varier du simple au double à quelques mètres de distance.

La piétonisation s’inscrit dans une logique globale de lutte contre la pollution automobile. Mais l’enjeu de la piétonisation des berges est local. Il est d’offrir aux citoyens un espace de détente et de bien-être pour se balader en famille, à pied ou en vélo, avec les poussettes, et sans respirer de pollution, ou le moins possible. Pour les Parisiens et les Parisiennes, qui vivent dans une ville beaucoup trop polluée, l’enjeu est de disposer d’« oasis d’air sain ».

Stratégie de mitigation

Au Sahara, ou ailleurs, la présence d’oasis ne change rien à la terrible aridité moyenne des lieux. Mais, localement, pour les voyageurs assoiffés qui s’y désaltèrent, ils représentent des haltes précieuses, et parfois vitales.

De la même manière, les oasis d’air pur dans une ville polluée ne changent, malheureusement, pas grand-chose à la concentration globale des polluants. Mais localement, elles permettent de mieux respirer et en attendant des évolutions plus fortes – mais bien plus difficiles à faire accepter – de supporter un peu mieux la pollution.

Organiser la résilience de la ville

Face à la pollution comme au changement climatique, il faut organiser la résilience de la ville. Pour faire un parallèle avec la canicule : il faut lutter contre le réchauffement et diminuer le risque d’événements catastrophiques, mais, face à un épisode de chaleur, il faut organiser des oasis de fraîcheur pour aider les plus fragiles à survivre.

Face à la pollution comme au changement climatique, il faut organiser la résilience de la ville. Et cette résilience est aussi sociale : en tissant du lien, en recréant de la convivialité. Et, sur ce point encore, des oasis comme les berges de Seine contribuent à améliorer la qualité de vie des citoyens.

Pour utiliser un vocabulaire un peu plus technique, dans le cadre de la pollution de l’air comme pour le changement climatique, une stratégie de mitigation, c’est-à-dire la diminution des émissions ne suffit pas. II faut également mettre en place une stratégie d’adaptation ou de résilience.

Si les gens vont courir sur ces berges plutôt que sur les bords de routes embouteillées, si les jeunes vont faire du skate ou boire des verres sur les berges plutôt qu’au fond de bouges enfumés, si les familles peuvent y promener leurs poussettes plutôt que le long du périphérique, ce sera toujours ça de gagné. Pour la santé de tous.

Il faut d’autres oasis. Il faut d’autres voies sur berges en Ile-de-France et dans toutes les zones menacées par la pollution. Il faut le faire intelligemment, en concertation avec toutes et tous. Mais il faut le faire !

Olivier Blond

Signez la pétition : Laissez-nous les berges

 

Article publié initialement dans le journal Le Monde

http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2018/03/20/voies-sur-berge-a-paris-il-faut-davantage-d-oasis-d-air-sain-en-ile-de-france_5273684_3232.html

Infraction sur l’air, que faire ?

La directrive de 2008 sur la qualité de l’air en Europe n’a jamais été respectée, tant sur les particules fines que sur le dioxyde d’azote. Cette infraction règlementaire, parmi tant d’autres dans les champs de l’environnement et de la santé, est régulièrement rappelée par les instances européennes, que ce soit par la voix de la Commission Européenne que par celle de la Cour de Justice de l’Union Européenne. Doit-on croire à une possible exécution de la sentence ? En tout cas, cette injonction peut permettre de valider la politique du ministre de l’environnement Nicolas Hulot, dont on attend beaucoup sur ce sujet.

Résoudre la pollution est possible : c’est une question de volonté politique

Quelques jours à peine après la fin du pic de pollution de décembre, revoici à nouveau les niveaux d’alerte atteints et la crise qui reprend. C’est une triste manière de célébrer la nouvelle année. Mais c’est aussi un message très clair: les mesures contre les pics de pollution ne sont pas du tout efficaces contre le problème.

Cette situation n’est pas propre à Paris. Le pic actuel touche tout le nord de la France, mais aussi la vallée de l’Arve (autour de Chamonix), zone martyre de la pollution de l’air dans le pays, puisqu’elle a connu 33 jours de pics ininterrompus à la fin de l’année dernière et qu’elle est à nouveau concernée…

Pourquoi les mesures actuelles sont-elles inefficaces ? Parce qu’elles ne répondent pas à la bonne question. Elles visent à atténuer les effets du pic plutôt que d’en résoudre les causes. Elles sont certes nécessaires, mais clairement insuffisantes.

La circulation différenciée (les nouvelles vignettes Crit’Air) est certes un système plus juste que la circulation alternée. Grâce à son principe plus facile à accepter, le nouveau système sera peut-être ainsi davantage appliqué que l’ancien, ce qui l’amènerait à être plus efficace. Mais le pic de pollution n’est que la partie émergée d’un immense iceberg. Un iceberg qui tue chaque année 48 000 personnes, rappelons-le.

En termes de causalité, les pics se résument à un problème de météo. Habituellement, les vents dissipent la pollution que nous produisons 365 jours par an. Mais il suffit d’un anticyclone, et c’est comme avec la chasse d’eau qui tombe en panne: ça déborde de partout.

La circulation différenciée ne fait que limiter timidement le pic. Celui-ci ne sera réglé qu’avec un changement des conditions météorologiques. Pour éviter la répétition des pics, il faudrait diminuer les émissions tout au long de l’année.

En termes de mortalité, ces pics sont également marginaux: les études scientifiques estiment que 7 % des décès liée à la pollution leur sont associés. En d’autres termes, 93% de la mortalité provient de la pollution quotidienne, hors pics.

La conclusion qu’il faut tirer de ces quelques constatations est simple: il faut changer de méthode. Ou plutôt, il faut dissiper un malentendu: les mesure d’urgence ne peuvent pas régler le problème chronique.

Alors que faire? Les solutions sont bien connues. La pollution, en hiver, tient approximativement pour 50 % de la circulation automobile et pour 50 % du chauffage. Diminuer les émissions automobiles, c’est améliorer les transports en commun et les mobilités douces, c’est encourager la transition vers les moteurs les moins polluants.

Diminuer les émissions liées au chauffage, c’est fermer les centrales à charbon et au fioul: il est absurde qu’il en existe encore en France. C’est éliminer progressivement le chauffage collectif au fioul. Pour les cheminées, c’est mettre en place tout un ensemble de mesures pour aider leurs utilisateurs à moins polluer. L’exemple de ce qui commence à être fait par la communauté de commune de Chamonix, en vallée de l’Arve, devrait être étendu plus largement.

Il faut également tenir compte des émissions industrielles. Pour les prochains pics de printemps, quand les pollutions agricoles viendront s’ajouter aux autres, il faudra diminuer les épandages, les brûlages et surtout les lisiers – toutes choses qui devraient être évitées si on voulait encourager la transition vers une agriculture biologique.

Toutes ces solutions peuvent être mise en place relativement rapidement. Même si elles auront un coût économique et politique.

Nous possédons donc les moyens de résoudre le problème de la pollution de l’air. Peut-être pas demain, ni même après demain, mais, disons dans 20 ans. C’est certes très long. Au rythme de 48000 morts par an, cela signifie se résoudre au décès de presque un million de personnes. Soit trois fois le bilan de la bataille de Verdun.

Espérons que l’énormité du bilan amènera notre société, dans son ensemble, à accélérer cette nécessaire transformation. I faut d’ailleurs remarquer, malgré tout, que la qualité de l’air s’améliore. Elle a même connu, sur certains polluants, des progrès considérables en quelques décennies.

Résoudre le problème de la pollution de l’air, ou du moins le diminuer considérablement, est donc possible.

Ce n’est pas un problème économique: les mesures coûtent cher, mais elles permettent de résoudre un fléau lui aussi très couteux – il a été évalué à 100 milliards par an par une commission sénatoriale.

Ce n’est pas un problème technologique: on a tout en main, ou presque.

En revanche, toutes ces mesures nécessitent une volonté politique globale qui, seule, pourra fédérer les différentes initiatives et leur donner l’ampleur nécessaire. Les quelques mairies qui s’attaquent courageusement au problème ne pourront pas à elles seules, le résoudre. Au final, la pollution est un problème politique. Non pas au sens d’une opposition gauche-droite mais au sens où cela mobilise les moyens de l’Etat et notre projet en tant que nation. Pour celles et ceux qui croient encore en notre société, c’est presque une bonne nouvelle.

Olivier Blond – Président de l’association Respire

Texte publié initialement sur le site du Huffington Post

Voies sur berge à Paris, fermeture ou pas fermeture ?

Le sujet de la piétonnisation des voies sur berge dans le centre de Paris fait parler de lui. Cette promesse de campagne de l’actuelle Maire de la ville, Anne Hidalgo, subit des critiques argumentées de part et d’autres. Une commission d’enquête publique, sollicitée pour donner un avis (consultatif), a publié un rapport et s’est prononcée défavorablement. Nous avons lu le rapport en entier. Voilà notre retour.

La Commission européenne savait déjà pour Volkswagen depuis 2010

Le Diesel Gate n’en finit plus de livrer ses informations toujours plus choquantes les unes que les autres, suite à la révélation de tricherie du groupe automobile Volkswagen. Cette fois, on apprend par le journal anglais The Guardian que la Commission européenne a été avertie il y a 6 ans déjà, en 2010, par son propre Centre de Recherche Scientifique, le Joint Research Center, qu’un constructeur utilisait possiblement un logiciel de fraude pour masquer les émissions de dioxyde d’azote pendant les tests d’homologation.

Incendie amianté à Rancé, les autorités locales muettes

A Rancé (01 390), une malheureuse histoire est en train de se dérouler, sans que rien ne choque les autorités locales. Un incendie à ravagé un local agricole, bourré d’amiante. Malgré les demandes rapides d’interventions de la part de riverains, les autorités restent muettes, comme ci tout cela n’avait pas d’importance. Rappel des faits.

Le 28 avril dernier, un local agricole appartenant à un particulier a été incendié sur une longueur de 45 mètres environ. Cet incendie a nécessité l’intervention d’une trentaine de pompiers.

Le propriétaire de ce local, vétuste, avait pourtant été plusieurs fois alerté à ce sujet sans que ce dernier ne prenne de mesure pour rénover ce bâtiment et empêcher les agissements dangereux de ses locataires.
Ce local et a été construit à partir de matériaux composés d’amiante pour la toiture et les murs.  Une habitation est construite en mitoyenneté de ce bâtiment. A 10 mètres près l’incendie se serait propagé sur cette habitation.

Les autorités locales muettes

Sur une longueur de 45 mètres, des tonnes de débris dangereux sont laissés à l’abandon, à proximité des habitations alentours. Depuis 15 jours, malgré des démarches engagées auprès de la mairie, de la Préfecture et de l’Agence Régionale de la Santé, pas de réponses.
Le 5 mai,  un courrier en recommandé a été envoyé au maire, lui demandant d’exercer son pouvoir de police afin de couvrir les débris, de veiller à leur évacuation du site et de fermer définitivement le local. Pas de réponse.
Le 6 mai, un courrier en recommandé a été adressé au préfet afin de l’informer de l’insalubrité du local agricole et des agissements irresponsables de la part du propriétaire qui continuait de louer les lieux, reste à ce jour sans réponse. Le même jour, le Maire reçoit également un courrier en recommandé  l’informant que le local était loué à titre de bail commercial alors qu’il s’agit d’un local de stockage.
Un autre point surprenant dans cette histoire, c’est que des usagers du local « commercial » non détruit après l’incendie faisait du feu à l’intérieur. Une demande à la mairie d’exercer son pouvoir de police reste à ce jour sans réponse.

De l’amiante partout

Les habitants ont dû enlever des débris de l’incendie à l’intérieur de leurs jardins. Ils ont peur pour la santé de leurs enfants. Nous n’avons pas de peine à les croire puisque les effets de l’amiante, sous formes de débris et de poussières sont très largement prouvés. Une contamination du sole est aussi fortement probable. La prise au vent de ses déchets fait également craindre une dispersion dans l’air de particules d’amiante.
Les demandes du voisinage sont pourtant simples : couvrir les 45 mètres de débris et des locaux encore debout, faire expertiser l ‘état des matériaux contenant de l’amiante pour l’ensemble du bâtiment afin de s’assurer qu’il ne représente aucun risque pour leur santé et l’environnement.

Concernant le préjudice financier, si certaines personnes du voisinage voulaient vendre, elles ne le pourraient pas pendant longtemps.en effet nous envisagions de nous rapprocher de nos lieux de travail (Lyon) et actuellement les débris et les traces de l’incendie nous empêcheront  de trouver acquéreur pour l’année à venir voir les prochaines années.
Ségolène Royal, la circulation alternée et la santé punitive. Les réponses de Respire

Apostrophée par l’actuelle Maire de Paris sur la non mise en place de la circulation alternée en région Parisienne, Ségolène Royal répond que qu’il faut « prendre des décisions respectueuses et raisonnables ». Pour qui ? Pas pour ceux qui font de l’asthme, qui ont des problèmes cardiovasculaires, enfants en bas âge, personnes âgées, sportif. Connue pour sa phrase sur l’écologie punitive, Mme Royale devient la championne de la santé punitive.

Ségolène Royal fait de la politique. Avec cette phrase prononcée ce matin sur Europe 1, elle nous plonge, à Respire, dans un profond désarroi. Il faut prendre des décisions respectueuses et raisonnables. Demander, du jour au lendemain, que l’on impose la circulation alternée à des gens qui habitent loin de Paris, qui doivent amener leurs enfants à l’école, aller travailler, faire des démarches pour trouver du travail, ce n’est ni raisonnable ni respectueux.

« Des décisions respectueuses et raisonnables »

Faire de la politique, c’est prendre en compte le plus petit dénominateur commun et non en faire une variable d’ajustement, surtout quand il s’agit de santé.

Les actions publiques doivent elles satisfaire les uns et priver les autres de leur droit a rester en bonne santé ? Cette question demande des réponses complexes quand on fixe le cap avec la boussole économique. L’autre réponse, qui prendrait la santé de tous comme critère d’évaluation, serait bien moins ambivalente. Si certains doivent souffrir, alors il devient impensable de ne pas mettre en place des mesures franches. Pour ceux qui ne pourraient pas se déplacer comme d’habitude, la raison vient d’une décision politique, qui peut se comprendre. Pour ceux qui doivent souffrir parce que rien n’est fait, comment leur expliquer que la raison, c’est que l’on s’en fout ?

« Demander, du jour au lendemain »

Faire de la politique, c’est prévoir.

Non, Madame Royale, mettre en place la circulation alternée n’est pas une demande qui se prend du jour au lendemain. Faire de la politique ce n’est pas avoir la mémoire courte. L’année dernière, à l’exacte même période, la France était plongée dans un brouillard de pollution. La Tour Eiffel avait disparu. Les urgences et les cabinet de pédiatrie plus remplis que d’habitude. On appelle ça un épisode printanier. Les années précédentes, c’était la même chose. Vous savez, Mme Royale, qu’il existe en France une fédération des Associations Agréées de Surveillance de la qualité de l’Air et que la France ne respecte pas la règlementation sur les particules fines et le dioxyde d’azote ?

« Impose la circulation alternée »

Faire de la politique, c’est expliquer et avoir du courage. La démagogie pour satisfaire les uns au détriment des autres ne fait que renforcer le sentiment d’injustice. D’ailleurs, de quel côté est l’injustice ici ? Du côté de ceux qui sont calfeutrés chez eux parce qu’ils ne peuvent pas sortir, ou du côté de ceux qui ne peuvent pas prendre leur voiture ? Vous qui lisez ces lignes, où vous situez-vous ? A Respire, nous avons tranché. Nous n’avons pas le droit, par conscience morale, de laisser des millions de personnes dans une situation sanitaire pareil.

Mme Royale est revenue sur les feux de cheminée à foyer ouvert, sur la mise en place d’une surveillance de la qualité de l’air dans les Etablissement Recevant du Public (ERP) et critique la circulation alternée.

Mme Royale, ne vous étonnez pas si des gens portent plainte contre vous.

Le paquet air menacé de retrait par la Commission Européenne!

Les négociations sur les standards de qualité de l’air en Europe sont en danger. La Commission menace de mettre un terme aux négociations sur la révision du Paquet Air.

Mme Royal, M. Junker et la qualité de l’air

Ségolène Royal, Ministre de l’environnement en France et Jean-Claude Junker, Président fraîchement élu de la Commission Européenne semblent reculer, tous les deux en même temps, devant la pollution de l’air. Péage gratuit le week-end, suppression de l’éco-taxe, suppression des mesures de la qualité de l’air intérieur dans les lieux publics, suppression de l’interdiction des feux de cheminées à foyer ouvert en région Île de France pour l’une. Retrait du paquet Air en discussion pour l’autre.

Le Paquet Air qu’est-ce que c’est?

Les propositions du paquet Air incluent notamment un abaissement plus ambitieux des limites d’émissions des principaux polluants.

Alors que la qualité de l’air reste la première cause environnementale de mort prématurée dans le monde, les standards européens sur l’air sont encore moins strictes que les standards américains et bien loin des recommandations de l’OMS.

Les négociations du paquet air permettraient de rendre ces standards plus strictes et d’améliorer concrètement la qualité de l’air des villes européennes. Pourtant, les discussions risquent fort de tourner court.

Quel avenir pour le Paquet Air?

Respire, membre du Bureau Européen de l’Environnement (EEB), a co-signé une lettre à l’attention de M. Juncker et de M. Timmermans leur demandant de poursuivre les négociations sur la révision du Paquet Air et de maintenir l’ambition environnementale de l’Union Européenne. Une seconde lettre faisant la même demande a été signée par 16 ministres européens de l’environnement dont Ségolène Royal.

L’avenir du paquet Air sera discuté ce matin lors de la conférence des Présidents des Commissions avec M. Juncker, M. Timmermans, M. Schultz et les présidents des différents groupes politiques.

Respire et le Bureau Européen de l’Environnement demandent au Parlement de s’opposer à cette négation du processus démocratique qui empêcherait toute discussion ou négociation autour des engagements pour améliorer la qualité de l’air en Europe.

 Et vous que pouvez vous faire?

Comme nous, interpellez vos députés européens pour insister sur l’importance de sauvegarder le paquet air.

Et signez les pétitions en ligne:

https://secure.avaaz.org/en/petition/The_European_Commission_European_Commission_Dont_poison_our_air_and_our_politics/?sukmNib

https://www.change.org/p/european-commission-president-jean-claude-juncker-don-t-scrap-the-eu-s-clean-air-package

Chauffage au bois, feux de cheminée, oui ça émet beaucoup de polluants dans l’air

Jusqu’où peut reculer Ségolène Royal lorsqu’il s’agit d’améliorer la qualité de l’air des français? Après avoir annulé au dernier moment l’obligation de mesurer la qualité de l’air dans les crèches et les écoles, Ségolène Royal souhaite cette fois-ci annuler l’interdiction des feux de cheminée sur Paris, 22 jours avant sa date prévue d’application.

L’interdiction des feux de cheminée à Paris réduirait de 14% les émissions de particules en IDF

Selon Airparif, en hiver le chauffage au bois résidentiel représente 23% des émissions totales de PM10 et 32% des émissions totales de PM2,5 en Île de France (2010), quasiment autant d’émissions que le secteur des transports!

Avez-vous remarqué que les épisodes de pollution aux particules fines ont lieu majoritairement l’hiver? Ce n’est pas un hasard. L’hiver, les fortes émissions de particules dues majoritairement au chauffage au bois et au transport peuvent s’accumuler longtemps au dessus de la ville selon les conditions météorologiques et créer des épisodes de pollution.

L’application totale de l’interdiction remise en question par Ségolène Royal permettrait donc de réduire de 61% les émissions de particules du secteur résidentiel francilien en 2020 par rapport à 2008. Sur l’ensemble des secteurs (transport, résidentiel, industrie, agriculture) cela représenterait une diminution de 14% des émissions de particules fines. Autant de bénéfices qui seraient donc perdus pour la santé des 2 millions de franciliens surexposés aux particules PM10.

Pourquoi un foyer ouvert pollue plus?

Quand le bois brûle à l’air libre, la combustion est très incomplète:

Alors que les combustions des différents modes de chauffage deviennent de plus en plus efficaces, celles des foyers ouverts restent très polluantes à la fois pour l’air extérieur mais également pour l’air intérieur. Ces sur-concentrations à l’intérieur se retrouvent également dans d’autres pièces de la maison et persistent même après l’arrêt du feu.

Source DRIEE IDF

Que contient réellement cette interdiction?

Depuis 2007, il est déjà interdit d’utiliser un foyer ouvert à Paris. Il existe cependant deux exceptions, le chauffage d’appoint et le feu d’agrément. Ces deux exceptions doivent disparaître pour 2015 et selon la zone, être élargies à tous les feux de cheminée.

Pour cette nouvelle règlementation, une « zone sensible » a été crée. Elle couvre 24% de l’Ile de France et 87% de sa population.

En 2015, tout feu de cheminée devait donc être interdit dans la zone rouge (sauf dérogation pour installation très performante).

Et les foyers ouverts devaient être interdits dans la zone verte.

Il existe des aides financières pour installer des équipements plus performants.

Ce type d’interdiction existe déjà à Londres, au Québec, en Suisse et en Californie.

Ségolène Royal condamne cette interdiction qui « ne va pas dans le bon sens ». Il est vrai que cette interdiction, elle, ne recule pas.

 

Pour en savoir plus:

Sur l’interdiction: http://www.driee.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Questions-reponses-Foyers_ouverts_IDF-mars_2014_cle261e12.pdf

Sur la pollution de l’air par le chauffage domestique: http://www.airparif.asso.fr/actualite/detail/id/125

Plan national santé-environnement 3 : Pour le Rassemblement pour la planète le compte n’y est pas !

Jusqu’au 17 octobre inclut, le PNSE-3 est ouvert aux observations du public. L’association Respire, avec les autres membres sur RPP, a donc proposé des pistes d’amélioration.

 

 

Le PNSE-3 qu’est-ce que c’est?

Le PNSE-3, c’est le Plan National Santé-Environnement. C’est à dire, le document qui doit servir de référence à l’orientation des politiques Santé-Environnement en France. Ce plan est renouvelé tous les 5 ans. Le PNSE-3 porte ainsi sur la période 2014-2018 et devra être adopté par les Ministres concernés début décembre 2014. A savoir, le PNSE n’est pas contraignant juridiquement. Le PNSE est ensuite décliné au niveau régional dans des PRSE.

Le PNSE-3 est donc le troisième Plan National de Santé Environnement.

Le premier a été élaboré à la suite de la conférence interministérielle de Londres en 1999, puis celle de Budapest en 2004 organisées par l’OMS et en cohérence avec la stratégie en santé-environnement élaborée par la Commission Européenne (SCALE). Portant sur la période 2004-2008, il était construit sur une approche intégrée et globale de l’ensemble des polluants et milieux de vie pour répondre aux enjeux de prévention des risques sanitaires-environnementaux.

Le PNSE-2, s’articulait sur deux axes: la réduction des expositions responsables de pathologies à fort impact sur la santé et la réduction des inégalités environnementales en cohérence avec d’autres plans (plan cancer, plan santé travail et plan national nutrition santé).

Une approche plus transversale pour le PNSE-3

Le nouveau PNSE, donc le PNSE-3, propose une nouvelle approche de la santé-environnementale autour du concept d’exposome.

La notion d’exposome implique de prendre en considération les diverses sources de pollution susceptibles de concourir à l’altération de la santé des individus, à la fois en considérant la totalité des voies d’exposition à un polluants ou une nuisance et, quand c’est possible, les interactions entre polluants.

Ce changement de paradigme permet donc on PNSE-3 d’être beaucoup plus transversal entre les différentes thématiques en analysant les interactions entre polluants mais aussi beaucoup plus large en prenant en compte les effets chimiques, biologiques et toxicologiques des polluants tout au long de la vie d’un individu.

… Mais trop peu ambitieuse

Respire salue les volontés d’intégrer une transversalité entre les problématiques ainsi que l’approche de l’exposome.

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Cependant, nous regrettons le manque de solutions concrètes dans le PNSE-3, axé surtout sur la recherche et l’amélioration des connaissances dont une sérieuse base est pourtant aujourd’hui disponible pour agir. Nous soutenons la recherche et l’importance de l’amélioration des connaissances dans le domaine de la qualité de l’air mais elle doit être couplée avec des recommandations ambitieuses ayant pour objectif d’obtenir des résultats concrets à court terme et de cultiver les élus à la problématique centrale de la santé-environnement.

 

Pour lire le communiqué de presse du RPP avec les commentaires apportés par les associations membres:

http://www.generations-futures.fr/2011generations/wp-content/uploads/2014/10/CP161014_PNSE3-1-VF.pdf

Pour lire les propositions de Respire:

Commentaires Respire

 

Et vous, qu’en pensez-vous?

 

 

Chers parlementaires européens, il serait temps d’améliorer la qualité de l’air! (vidéo)

La pollution de l’air est un gros problème en Europe. Chaque année, des centaines de milliers de personnes meurent prématurément à cause de la mauvaise qualité de l’air dans l’Union Européenne. Les parlementaires européens ont entre leurs mains, le pouvoir de changer les choses.

Les euro-députés vont bientôt revoir les directives européennes sur la qualité de l’air

Dans les mois à venir, les euro-députés vont redéfinir les directives européennes sur la qualité de l’air. Parmi celles-ci:

La directive relative aux plafonds nationaux d’émission (NEC) qui fixe les limites d’émissions nationales annuelles autorisées pour le dioxyde de soufre (SO2), l’oxydes d’azote (NOx), les composés organiques volatiles (COV) et l’ammoniaque (NH3). Ces 4 polluants sont responsables des phénomènes d’acidification, d’eutrophisation et de formation d’ozone troposphérique.

La directive NEC impose également aux États membres l’élaboration de programmes de réduction progressive de leurs émissions.

La directive relative aux installations de combustion de taille moyenne (MCP) qui aura pour objectif de fixer les limites d’émissions provenant des installations de combustion moyennes pour certains polluants. Pour le moment la législation européenne ne concerne pas encore ce type d’installations. Seules les installations de grande taille sont règlementées (directive LCPD).

Ou encore la directive relative aux émissions des engins mobiles non routiers avant leur commercialisation. Il s’agit par exemple de machines utilisées pour les travaux (bulldozers, …).

Cette vidéo montre la nécessité de renforcer la législation sur l’air au niveau européen

Vidéo: MEPs, it’s time for cleaner air!

Cette vidéo, produite par le Bureau Européen de l’Environnement, illustre la qualité de l’air que respirent les euro-députés dans le quartier européen de Bruxelles.

Les mesures relevées dans le quartier montrent de préoccupantes concentrations de particules ultra-fines (<PM1 – entre 20 nanomètres et 1 micromètre) par centimètre cube d’air (cm³). Les particules ultra-fines sont les plus dangereuses pour la santé et restent pourtant toujours non-règlementées dans l’UE.

En les confrontant à la pollution de leur air, cette vidéo invite les euro-députés à agir pour renforcer la législation sur l’air au niveau européen.

 

 

Vous avez 5 minutes ? Parlons PNSE et Conférence Environnementale

La santé-environnement à l’honneur ? A peu près. De 15H à 16H, ce 21 juillet 2014, Ségolène Royal reçoit 11 personnalités de la santé-environnement pour une discussion on ne peut plus courte sur le prochain Plan National Santé Environnement et la prochaine Conférence Environnementale.

Chacun aura donc le loisir de parler pendant 5 minutes de ce problème central qu’est le lien entre l’environnement pollué et les impacts sur la santé humaine. La pollution de l’air sera bien évidemment au menu du jour, vu l’intérêt que cette thématique représente en terme d’impact sanitaire et économique.

Seront présents aujourd’hui :

  • Gérard Bapt, député de la 2ème circonscription de Haute-Garonne
  • Jean-Félix Bernard, Président d’Airparif
  • Francelyne Marano, Présidente de la société française de santé-environnement
  • Bernard Swynghedauw, directeur de recherches émérite à l’INSERM
  • Robert Barouki, service de biochimie métabolique à l’hôpital Necker Enfants Malades, membre du conseil scientifique de l’INSERM
  • Alain Grimfeld, professeur de médecine à l’Université Pierre-et-Marie-Curie et chef de service à l’hôpital Armand-Trousseau à Paris
  • Serge Morand, Directeur de recherche CNRS à l’Institut des Sciences de l’Evolution de Montpellier
  • André Cicollela, Président et porte-parole du Réseau environnement Santé (RES)
  • Sophie Fleckenstein, Coordinatrice du réseau santé environnement de France Nature Environnement (FNE)
  • Dominique Gombert, Directeur de l’Evaluation des Risques de l’ANSES
  • Raymond Cointe, Directeur de l’INERIS

Vu le classement des plus grandes villes françaises en matière de qualité de l’air, l’enquête préliminaire suite à la plainte déposée contre x pour « mise en danger de la vie d’autrui », le pic de pollution extraordinaire de mars dernier, les pics de pollutions à l’ozone qui commencent à arriver, le manque de moyen de la police de l’environnement (DREAL) qui laissent dans l’impunité ces entreprises et industriels dépasser les normes de qualité de l’air, la surveillance de la commission européenne sur les dépassements de la France des seuils réglementaires de particules fines (PM10) et du dioxyde d’azote (NO2), les coûts exorbitants que cette pollution fait peser sur la société et son système de santé, les nombreuses personnes qui souffrent au quotidien de ne pouvoir respirer un air propre, nous nous interrogeons réellement sur la pertinence de réunions de ce type.

Nous attendons avec impatience le retour de cette discussion. Mme Royal ne saurait passer à côté de ce sujet si sensible et même, pour aller plus loin, marquer une vraie rupture dans la politique santé-environnement menée alors jusque là. Elle évitera à coup sur d’être identifiée comme la ministre de la pollution de l’air et des perturbateurs endocriniens … entre autres.

Mme Royal, le 12 juin, ayez l’air de nous défendre

95% des Européens vivant en milieu urbain sont exposés à des niveaux de pollution de l’air considérés comme dangereux pour la santé humaine (OMS). Chaque année, plus de 400 000 décès résultent de la pollution de l’air dans l’UE. La carte que propose l’association Respire est révélatrice du manque d’ambition européen, soumis aux lobbies en tout genre et à des États-membres peu soucieux de bons résultats.

Suite aux pics de pollution historiques qu’a connus la France en mars dernier, la plainte contre X déposée par Ecologie sans frontière, l’élection d’un nouveau Parlement et le prochain Conseil de l’Europe qui aura lieu le 12 juin prochain à Bruxelles, Respire propose le dernier classement de la qualité de l’air en Europe.

La Directive NEC en discussion le 12 juin prochain

Parmi les dossiers à traiter par les ministres présents à Bruxelles, le dossier de la qualité de l’air sera au centre des discussions, et notamment la directive NEC (National Emission ceiling) qui fixe les nouveaux plafonds d’émissions de polluants à atteindre à partir de 2020 et 2030. Elle est l’un des principaux outils pour réduire cette pollution. Malheureusement, la Commission européenne a fixé des objectifs vraiment bas et nous nous inquiétons une fois de plus, de voir que la qualité de l’air et donc la santé des citoyens, n’est pas un objectif qui oriente l’ensemble des politiques publiques.

Pourtant, l’objectif des valeurs cibles définies par l’OMS a été introduit dans la politique de l’UE pour la première fois dans les années 1980 (dans le 5ème programme d’action environnementale). Il a été réaffirmé et accepté par les États membres de l’UE et le Parlement l’année dernière (7ème programme d’action environnementale). Avec les propositions actuelles, nous sommes loin d’atteindre cet objectif.

La pollution de l’air nous coûte cher

La pollution atmosphérique a un coût élevé pour la santé et les systèmes de soins nationaux (le développement des maladies chroniques constitue une véritable épidémie des temps modernes). Elle représente également des coûts environnementaux importants. Si le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) avait en octobre et novembre publié une estimation du coût exorbitant de la pollution de l’air en France (entre 800 millions et 1,8 milliard d’euros à la sécurité sociale et entre 20 et 30 milliards d’euros à la société), de nouvelles estimations sont proposées dans une étude commanditée par la Commission européenne.

Selon le scénario appelé “MTFR” (meilleures techniques disponibles) une réduction significative de la pollution de l’air par des moyens techniques acceptables coûterait à l’Europe environ 51 milliards d’euros, pour des avantages pour la santé estimés entre 58 et 200 milliards d’euros. Pour la France, le coût est estimé à 7,8 milliards d’euros pour un bénéfice variant entre 6,2 et 22,2 milliards d’euros.

Il est à noter que le scénario MTFR ne prend en compte que des améliorations techniques actuellement disponibles. Celles-ci sont souvent les plus onéreuses et leurs bénéfices n’ont été calculés que sur la base des particules fines. Il ne prend pas en compte des mesures structurelles aussi simples que la réduction de la consommation d’énergie ou un usage accru du vélo. Il en ressort des chiffres qui gonflent fortement les coûts et sous-estiment les bénéfices.

Et pourquoi pas une Europe sans mercure ?

Disons le clairement, le mercure est une saloperie. Pourtant il n’existe pas de norme générale qui en évite l’émission dans l’air. Cela semble absurde, compte tenu du fait que ce perturbateur endocrinien semble toxique pour toutes les espèces connues et fait partie des neurotoxiques reconnus pour l’humain.

Lire la recommandation du Bureau Européen de l’Environnement (BEE) sur l’opportunité de réduire les émissions de mercure en l’incluant dans la future Directive NEC.

Inscris-toi sur les listes électorales

On nous demande régulièrement comment agir pour améliorer la qualité de l’air. La première chose à faire, classique, est de voter, surtout pour ceux qui s’en soucient. En 2014, deux scrutins : les municipales (élire le Maire) et les européennes (élire les députés français qui nous représentent au Parlement européen). Pour voter, il faut avoir une carte d’électeur. Pour obtenir cette carte, il faut s’inscrire. Facile.

 

Élections municipales

Les dimanches 23 et 30 mars 2014, nous allons glisser un bulletin de vote pour élire les conseillers municipaux (par liste), qui eux-mêmes éliront le Maire de chaque commune en France, pour six ans. Notons dès maintenant que de cette décision dépend également l’élection des sénateurs puisqu’ils sont choisis par les conseillers municipaux (ou les délégués des conseillers municipaux), que l’on appelle « grands électeurs ». La prochaine est prévue en septembre 2014 et elle remplacera la moitié des sénateurs. Tout ça pour dire qu’il est très important de voter. Même si les élections, c’est comme le coiffeur, tu y vas plein d’espoir et tu ressors déçus, tu ne peux pas rester les cheveux trop long trop longtemps. Bref, il faut voter.

Voter aux élections municipales, c’est choisir un groupe d’élus et un Maire qui va mettre en place une politique de gestion du territoire, à l’échelon local mais également à l’échelle inter-communale (autour de sa commune, avec d’autres communes). La question de l’aménagement du territoire local est donc directement liée à cette élection, à travers les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU) et les Plans Locaux d’Urbanismes Intercommunaux (PLUI). Les orientations sur la place des transports, la place des habitations, des activité économiques influent directement sur la qualité de l’air. Sachons le.

Comment s’inscrire sur les listes électorales ?

Super simple. Tu vas à la Mairie et tu remplis un formulaire. Sinon, tu vas sur le site mon.service-public.fr, tu te créés un compte, tu remplis le formulaire et tu joins un document d’identité. Tout cela est à faire avant le 31 décembre 2013. Facile non ?

 

Conférence environnementale – 2ème

L’année dernière avait eu lieu la 1ère Conférence environnementale, suite socialiste du Grenelle de l’environnement 5 ans auparavant. Si l’association Respire avait bien été conviée à partager ses connaissances sur la qualité de l’air, il semblerait que cette année soit bien différente et nous maintienne sur le bas-côté. Si Nicolas Sarkozy avait dit en son temps: « L’écologie, ça comme à bien faire », l’adage de la rentrée pour le Gouvernement de François Hollande sonne comme un : « La santé-environnement, ça commence à bien faire ».

La « crise environnementale » dont parlait le Président l’année dernière semble avoir disparue des écrans radars. Pourtant, la sincérité dont il avait fait preuve était exprimée en des termes limpides. Ce sujet devait être « mis au cœur des politiques publiques pour répondre à la fois à la crise écologique et à la crise sociale ». Le lien entre santé et environnement était manifestement assumé. Le Centre Internationl de Recherche sur le Cancer nous y aidait, en classant les fumées de Diesel cancérogènes pour l’homme quelques jours avant. La une de Libération sur le sujet, au premier jour d’ouverture de la Conférence était propice a empêcher d’esquiver l’évidence, pourtant scientifiquement renforcée depuis de nombreuses années. Le Diesel émet des particules, qui pénètrent dans nos poumons et nous « aident » à mourir. Le Diesel est une technologie sciemment favorisée en France pour contenter le constructeur automobile Peugeot, alors pourtant reniée par la majorité des autres pays depuis très longtemps. Voilà comment les décisions politiques et le manque de courage aboutissent à des dissonances cognitives telles que l’évolution paraît si difficile.

Fiscalité … alitée

La conférence environnementale version 2012 ouvrait ses portes sur la fiscalité écologique, autre engagement de campagne de François Hollande (la France « connaît un grand retard notamment avec les controverses sur la taxe carbone »). On s’interroge une nouvelle fois sur le pourquoi d’un tel décalage de taxe entre le diesel et l’essence, exception fiscale bien française, injustifiée d’un point de vue sanitaire, environnemental et … fiscal.

A Respire, une partie de la solution était envisagée par l’alignement de la TIPP du Diesel sur l’essence … déjà demandée et débattue régulièrement depuis 15 ans lors des votes du budget. Las. Nouvelle cacophonie du Gouvernement entre les pros et les contres. L’argument santé pèse peu devant un mécontentement probable. Elle ne sera pas effective en 2014.

Pas de Rassemblement pour la Planète et de Respire à la Conférence environnementale … et pourtant.

Comme nous ne serons pas à la Conférence environnementale, car pas invité. Le RPP, que nous avons fondé avec Ecologie sans Frontière, Générations Futures, le Réseau Environnement Santé et Robin des Toits, n’y sera pas. Il faut croire que les enjeux de santé environnementale ont à nouveau disparu. Ce n’est pas une différence de culture, c’est belle et bien une intention. Pourtant, à la vue des tables rondes (1. ECONOMIE CIRCULAIRE / 2. EMPLOIS ET TRANSITION ECOLOGIQUE / 3. POLITIQUE DE L’EAU /4. BIODIVERSITE MARINE, MER ET OCEAN /5. EDUCATION A L’ENVIRONNEMENT ), la prévention des risques sanitaires par la préservation de l’environnement a toute sa place à chaque table ronde.

L’économie circulaire, poussée au plus près de la théorie, évite l’utilisation de produits chimiques. Rien en entrée, rien en sortie. Plus de 100 000 molécules chimiques sont utilisées au quotidien dans nos produits. Pensant bien faire, on les utilise alors qu’ils nous coûtent chers au final. Pas étonnant que, exposés à long terme et même à court terme pour certains, ils nous rendent malade. Pas étonnant que, brûlés en incinérateur ou laissés en décharges, ils empoisonnent l’air, l’eau et le sol.

Concernant l’emplois et la transition écologique, le dernier rapport DARES de septembre 2013, nous révèle que 10% de l’ensemble des salariés, soit près de 2,2 millions de salariés, ont été exposés à au moins un produit chimique cancérogène au cours de la dernière semaine travaillée.

Concernant la politique de l’eau, tous nos cours d’eau sont pollués, aux produits chimiques domestiques, aux pesticides et engrais agricoles, aux médicaments, etc.

Les pollutions marines, si nombreuses en mer et sur les côtes, mettent en péril les habitats et la biodiversité qu’ils abritent.

Quant à l’éducation à l’environnement, si « prévenir » plutôt que « guérir » est bien l’essence même de la philosophie de tous les acteurs de la santé-environnement, pourquoi le rassemblement qui justement réunis les acteurs de la santé environnement n’est pas présent ?