Voies sur berge à Paris, fermeture ou pas fermeture ?

Le sujet de la piétonnisation des voies sur berge dans le centre de Paris fait parler de lui. Cette promesse de campagne de l’actuelle Maire de la ville, Anne Hidalgo, subit des critiques argumentées de part et d’autres. Une commission d’enquête publique, sollicitée pour donner un avis (consultatif), a publié un rapport et s’est prononcée défavorablement. Nous avons lu le rapport en entier. Voilà notre retour.

La Commission européenne savait déjà pour Volkswagen depuis 2010

Le Diesel Gate n’en finit plus de livrer ses informations toujours plus choquantes les unes que les autres, suite à la révélation de tricherie du groupe automobile Volkswagen. Cette fois, on apprend par le journal anglais The Guardian que la Commission européenne a été avertie il y a 6 ans déjà, en 2010, par son propre Centre de Recherche Scientifique, le Joint Research Center, qu’un constructeur utilisait possiblement un logiciel de fraude pour masquer les émissions de dioxyde d’azote pendant les tests d’homologation.

Incendie amianté à Rancé, les autorités locales muettes

A Rancé (01 390), une malheureuse histoire est en train de se dérouler, sans que rien ne choque les autorités locales. Un incendie à ravagé un local agricole, bourré d’amiante. Malgré les demandes rapides d’interventions de la part de riverains, les autorités restent muettes, comme ci tout cela n’avait pas d’importance. Rappel des faits.

Le 28 avril dernier, un local agricole appartenant à un particulier a été incendié sur une longueur de 45 mètres environ. Cet incendie a nécessité l’intervention d’une trentaine de pompiers.

Le propriétaire de ce local, vétuste, avait pourtant été plusieurs fois alerté à ce sujet sans que ce dernier ne prenne de mesure pour rénover ce bâtiment et empêcher les agissements dangereux de ses locataires.
Ce local et a été construit à partir de matériaux composés d’amiante pour la toiture et les murs.  Une habitation est construite en mitoyenneté de ce bâtiment. A 10 mètres près l’incendie se serait propagé sur cette habitation.

Les autorités locales muettes

Sur une longueur de 45 mètres, des tonnes de débris dangereux sont laissés à l’abandon, à proximité des habitations alentours. Depuis 15 jours, malgré des démarches engagées auprès de la mairie, de la Préfecture et de l’Agence Régionale de la Santé, pas de réponses.
Le 5 mai,  un courrier en recommandé a été envoyé au maire, lui demandant d’exercer son pouvoir de police afin de couvrir les débris, de veiller à leur évacuation du site et de fermer définitivement le local. Pas de réponse.
Le 6 mai, un courrier en recommandé a été adressé au préfet afin de l’informer de l’insalubrité du local agricole et des agissements irresponsables de la part du propriétaire qui continuait de louer les lieux, reste à ce jour sans réponse. Le même jour, le Maire reçoit également un courrier en recommandé  l’informant que le local était loué à titre de bail commercial alors qu’il s’agit d’un local de stockage.
Un autre point surprenant dans cette histoire, c’est que des usagers du local « commercial » non détruit après l’incendie faisait du feu à l’intérieur. Une demande à la mairie d’exercer son pouvoir de police reste à ce jour sans réponse.

De l’amiante partout

Les habitants ont dû enlever des débris de l’incendie à l’intérieur de leurs jardins. Ils ont peur pour la santé de leurs enfants. Nous n’avons pas de peine à les croire puisque les effets de l’amiante, sous formes de débris et de poussières sont très largement prouvés. Une contamination du sole est aussi fortement probable. La prise au vent de ses déchets fait également craindre une dispersion dans l’air de particules d’amiante.
Les demandes du voisinage sont pourtant simples : couvrir les 45 mètres de débris et des locaux encore debout, faire expertiser l ‘état des matériaux contenant de l’amiante pour l’ensemble du bâtiment afin de s’assurer qu’il ne représente aucun risque pour leur santé et l’environnement.

Concernant le préjudice financier, si certaines personnes du voisinage voulaient vendre, elles ne le pourraient pas pendant longtemps.en effet nous envisagions de nous rapprocher de nos lieux de travail (Lyon) et actuellement les débris et les traces de l’incendie nous empêcheront  de trouver acquéreur pour l’année à venir voir les prochaines années.
Ségolène Royal, la circulation alternée et la santé punitive. Les réponses de Respire

Apostrophée par l’actuelle Maire de Paris sur la non mise en place de la circulation alternée en région Parisienne, Ségolène Royal répond que qu’il faut « prendre des décisions respectueuses et raisonnables ». Pour qui ? Pas pour ceux qui font de l’asthme, qui ont des problèmes cardiovasculaires, enfants en bas âge, personnes âgées, sportif. Connue pour sa phrase sur l’écologie punitive, Mme Royale devient la championne de la santé punitive.

Ségolène Royal fait de la politique. Avec cette phrase prononcée ce matin sur Europe 1, elle nous plonge, à Respire, dans un profond désarroi. Il faut prendre des décisions respectueuses et raisonnables. Demander, du jour au lendemain, que l’on impose la circulation alternée à des gens qui habitent loin de Paris, qui doivent amener leurs enfants à l’école, aller travailler, faire des démarches pour trouver du travail, ce n’est ni raisonnable ni respectueux.

« Des décisions respectueuses et raisonnables »

Faire de la politique, c’est prendre en compte le plus petit dénominateur commun et non en faire une variable d’ajustement, surtout quand il s’agit de santé.

Les actions publiques doivent elles satisfaire les uns et priver les autres de leur droit a rester en bonne santé ? Cette question demande des réponses complexes quand on fixe le cap avec la boussole économique. L’autre réponse, qui prendrait la santé de tous comme critère d’évaluation, serait bien moins ambivalente. Si certains doivent souffrir, alors il devient impensable de ne pas mettre en place des mesures franches. Pour ceux qui ne pourraient pas se déplacer comme d’habitude, la raison vient d’une décision politique, qui peut se comprendre. Pour ceux qui doivent souffrir parce que rien n’est fait, comment leur expliquer que la raison, c’est que l’on s’en fout ?

« Demander, du jour au lendemain »

Faire de la politique, c’est prévoir.

Non, Madame Royale, mettre en place la circulation alternée n’est pas une demande qui se prend du jour au lendemain. Faire de la politique ce n’est pas avoir la mémoire courte. L’année dernière, à l’exacte même période, la France était plongée dans un brouillard de pollution. La Tour Eiffel avait disparu. Les urgences et les cabinet de pédiatrie plus remplis que d’habitude. On appelle ça un épisode printanier. Les années précédentes, c’était la même chose. Vous savez, Mme Royale, qu’il existe en France une fédération des Associations Agréées de Surveillance de la qualité de l’Air et que la France ne respecte pas la règlementation sur les particules fines et le dioxyde d’azote ?

« Impose la circulation alternée »

Faire de la politique, c’est expliquer et avoir du courage. La démagogie pour satisfaire les uns au détriment des autres ne fait que renforcer le sentiment d’injustice. D’ailleurs, de quel côté est l’injustice ici ? Du côté de ceux qui sont calfeutrés chez eux parce qu’ils ne peuvent pas sortir, ou du côté de ceux qui ne peuvent pas prendre leur voiture ? Vous qui lisez ces lignes, où vous situez-vous ? A Respire, nous avons tranché. Nous n’avons pas le droit, par conscience morale, de laisser des millions de personnes dans une situation sanitaire pareil.

Mme Royale est revenue sur les feux de cheminée à foyer ouvert, sur la mise en place d’une surveillance de la qualité de l’air dans les Etablissement Recevant du Public (ERP) et critique la circulation alternée.

Mme Royale, ne vous étonnez pas si des gens portent plainte contre vous.

Le paquet air menacé de retrait par la Commission Européenne!

Les négociations sur les standards de qualité de l’air en Europe sont en danger. La Commission menace de mettre un terme aux négociations sur la révision du Paquet Air.

Mme Royal, M. Junker et la qualité de l’air

Ségolène Royal, Ministre de l’environnement en France et Jean-Claude Junker, Président fraîchement élu de la Commission Européenne semblent reculer, tous les deux en même temps, devant la pollution de l’air. Péage gratuit le week-end, suppression de l’éco-taxe, suppression des mesures de la qualité de l’air intérieur dans les lieux publics, suppression de l’interdiction des feux de cheminées à foyer ouvert en région Île de France pour l’une. Retrait du paquet Air en discussion pour l’autre.

Le Paquet Air qu’est-ce que c’est?

Les propositions du paquet Air incluent notamment un abaissement plus ambitieux des limites d’émissions des principaux polluants.

Alors que la qualité de l’air reste la première cause environnementale de mort prématurée dans le monde, les standards européens sur l’air sont encore moins strictes que les standards américains et bien loin des recommandations de l’OMS.

Les négociations du paquet air permettraient de rendre ces standards plus strictes et d’améliorer concrètement la qualité de l’air des villes européennes. Pourtant, les discussions risquent fort de tourner court.

Quel avenir pour le Paquet Air?

Respire, membre du Bureau Européen de l’Environnement (EEB), a co-signé une lettre à l’attention de M. Juncker et de M. Timmermans leur demandant de poursuivre les négociations sur la révision du Paquet Air et de maintenir l’ambition environnementale de l’Union Européenne. Une seconde lettre faisant la même demande a été signée par 16 ministres européens de l’environnement dont Ségolène Royal.

L’avenir du paquet Air sera discuté ce matin lors de la conférence des Présidents des Commissions avec M. Juncker, M. Timmermans, M. Schultz et les présidents des différents groupes politiques.

Respire et le Bureau Européen de l’Environnement demandent au Parlement de s’opposer à cette négation du processus démocratique qui empêcherait toute discussion ou négociation autour des engagements pour améliorer la qualité de l’air en Europe.

 Et vous que pouvez vous faire?

Comme nous, interpellez vos députés européens pour insister sur l’importance de sauvegarder le paquet air.

Et signez les pétitions en ligne:

https://secure.avaaz.org/en/petition/The_European_Commission_European_Commission_Dont_poison_our_air_and_our_politics/?sukmNib

https://www.change.org/p/european-commission-president-jean-claude-juncker-don-t-scrap-the-eu-s-clean-air-package

Chauffage au bois, feux de cheminée, oui ça émet beaucoup de polluants dans l’air

Jusqu’où peut reculer Ségolène Royal lorsqu’il s’agit d’améliorer la qualité de l’air des français? Après avoir annulé au dernier moment l’obligation de mesurer la qualité de l’air dans les crèches et les écoles, Ségolène Royal souhaite cette fois-ci annuler l’interdiction des feux de cheminée sur Paris, 22 jours avant sa date prévue d’application.

L’interdiction des feux de cheminée à Paris réduirait de 14% les émissions de particules en IDF

Selon Airparif, en hiver le chauffage au bois résidentiel représente 23% des émissions totales de PM10 et 32% des émissions totales de PM2,5 en Île de France (2010), quasiment autant d’émissions que le secteur des transports!

Avez-vous remarqué que les épisodes de pollution aux particules fines ont lieu majoritairement l’hiver? Ce n’est pas un hasard. L’hiver, les fortes émissions de particules dues majoritairement au chauffage au bois et au transport peuvent s’accumuler longtemps au dessus de la ville selon les conditions météorologiques et créer des épisodes de pollution.

L’application totale de l’interdiction remise en question par Ségolène Royal permettrait donc de réduire de 61% les émissions de particules du secteur résidentiel francilien en 2020 par rapport à 2008. Sur l’ensemble des secteurs (transport, résidentiel, industrie, agriculture) cela représenterait une diminution de 14% des émissions de particules fines. Autant de bénéfices qui seraient donc perdus pour la santé des 2 millions de franciliens surexposés aux particules PM10.

Pourquoi un foyer ouvert pollue plus?

Quand le bois brûle à l’air libre, la combustion est très incomplète:

Alors que les combustions des différents modes de chauffage deviennent de plus en plus efficaces, celles des foyers ouverts restent très polluantes à la fois pour l’air extérieur mais également pour l’air intérieur. Ces sur-concentrations à l’intérieur se retrouvent également dans d’autres pièces de la maison et persistent même après l’arrêt du feu.

Source DRIEE IDF

Que contient réellement cette interdiction?

Depuis 2007, il est déjà interdit d’utiliser un foyer ouvert à Paris. Il existe cependant deux exceptions, le chauffage d’appoint et le feu d’agrément. Ces deux exceptions doivent disparaître pour 2015 et selon la zone, être élargies à tous les feux de cheminée.

Pour cette nouvelle règlementation, une « zone sensible » a été crée. Elle couvre 24% de l’Ile de France et 87% de sa population.

En 2015, tout feu de cheminée devait donc être interdit dans la zone rouge (sauf dérogation pour installation très performante).

Et les foyers ouverts devaient être interdits dans la zone verte.

Il existe des aides financières pour installer des équipements plus performants.

Ce type d’interdiction existe déjà à Londres, au Québec, en Suisse et en Californie.

Ségolène Royal condamne cette interdiction qui « ne va pas dans le bon sens ». Il est vrai que cette interdiction, elle, ne recule pas.

 

Pour en savoir plus:

Sur l’interdiction: http://www.driee.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Questions-reponses-Foyers_ouverts_IDF-mars_2014_cle261e12.pdf

Sur la pollution de l’air par le chauffage domestique: http://www.airparif.asso.fr/actualite/detail/id/125

Plan national santé-environnement 3 : Pour le Rassemblement pour la planète le compte n’y est pas !

Jusqu’au 17 octobre inclut, le PNSE-3 est ouvert aux observations du public. L’association Respire, avec les autres membres sur RPP, a donc proposé des pistes d’amélioration.

 

 

Le PNSE-3 qu’est-ce que c’est?

Le PNSE-3, c’est le Plan National Santé-Environnement. C’est à dire, le document qui doit servir de référence à l’orientation des politiques Santé-Environnement en France. Ce plan est renouvelé tous les 5 ans. Le PNSE-3 porte ainsi sur la période 2014-2018 et devra être adopté par les Ministres concernés début décembre 2014. A savoir, le PNSE n’est pas contraignant juridiquement. Le PNSE est ensuite décliné au niveau régional dans des PRSE.

Le PNSE-3 est donc le troisième Plan National de Santé Environnement.

Le premier a été élaboré à la suite de la conférence interministérielle de Londres en 1999, puis celle de Budapest en 2004 organisées par l’OMS et en cohérence avec la stratégie en santé-environnement élaborée par la Commission Européenne (SCALE). Portant sur la période 2004-2008, il était construit sur une approche intégrée et globale de l’ensemble des polluants et milieux de vie pour répondre aux enjeux de prévention des risques sanitaires-environnementaux.

Le PNSE-2, s’articulait sur deux axes: la réduction des expositions responsables de pathologies à fort impact sur la santé et la réduction des inégalités environnementales en cohérence avec d’autres plans (plan cancer, plan santé travail et plan national nutrition santé).

Une approche plus transversale pour le PNSE-3

Le nouveau PNSE, donc le PNSE-3, propose une nouvelle approche de la santé-environnementale autour du concept d’exposome.

La notion d’exposome implique de prendre en considération les diverses sources de pollution susceptibles de concourir à l’altération de la santé des individus, à la fois en considérant la totalité des voies d’exposition à un polluants ou une nuisance et, quand c’est possible, les interactions entre polluants.

Ce changement de paradigme permet donc on PNSE-3 d’être beaucoup plus transversal entre les différentes thématiques en analysant les interactions entre polluants mais aussi beaucoup plus large en prenant en compte les effets chimiques, biologiques et toxicologiques des polluants tout au long de la vie d’un individu.

… Mais trop peu ambitieuse

Respire salue les volontés d’intégrer une transversalité entre les problématiques ainsi que l’approche de l’exposome.

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Cependant, nous regrettons le manque de solutions concrètes dans le PNSE-3, axé surtout sur la recherche et l’amélioration des connaissances dont une sérieuse base est pourtant aujourd’hui disponible pour agir. Nous soutenons la recherche et l’importance de l’amélioration des connaissances dans le domaine de la qualité de l’air mais elle doit être couplée avec des recommandations ambitieuses ayant pour objectif d’obtenir des résultats concrets à court terme et de cultiver les élus à la problématique centrale de la santé-environnement.

 

Pour lire le communiqué de presse du RPP avec les commentaires apportés par les associations membres:

http://www.generations-futures.fr/2011generations/wp-content/uploads/2014/10/CP161014_PNSE3-1-VF.pdf

Pour lire les propositions de Respire:

Commentaires Respire

 

Et vous, qu’en pensez-vous?

 

 

Chers parlementaires européens, il serait temps d’améliorer la qualité de l’air! (vidéo)

La pollution de l’air est un gros problème en Europe. Chaque année, des centaines de milliers de personnes meurent prématurément à cause de la mauvaise qualité de l’air dans l’Union Européenne. Les parlementaires européens ont entre leurs mains, le pouvoir de changer les choses.

Les euro-députés vont bientôt revoir les directives européennes sur la qualité de l’air

Dans les mois à venir, les euro-députés vont redéfinir les directives européennes sur la qualité de l’air. Parmi celles-ci:

La directive relative aux plafonds nationaux d’émission (NEC) qui fixe les limites d’émissions nationales annuelles autorisées pour le dioxyde de soufre (SO2), l’oxydes d’azote (NOx), les composés organiques volatiles (COV) et l’ammoniaque (NH3). Ces 4 polluants sont responsables des phénomènes d’acidification, d’eutrophisation et de formation d’ozone troposphérique.

La directive NEC impose également aux États membres l’élaboration de programmes de réduction progressive de leurs émissions.

La directive relative aux installations de combustion de taille moyenne (MCP) qui aura pour objectif de fixer les limites d’émissions provenant des installations de combustion moyennes pour certains polluants. Pour le moment la législation européenne ne concerne pas encore ce type d’installations. Seules les installations de grande taille sont règlementées (directive LCPD).

Ou encore la directive relative aux émissions des engins mobiles non routiers avant leur commercialisation. Il s’agit par exemple de machines utilisées pour les travaux (bulldozers, …).

Cette vidéo montre la nécessité de renforcer la législation sur l’air au niveau européen

Vidéo: MEPs, it’s time for cleaner air!

Cette vidéo, produite par le Bureau Européen de l’Environnement, illustre la qualité de l’air que respirent les euro-députés dans le quartier européen de Bruxelles.

Les mesures relevées dans le quartier montrent de préoccupantes concentrations de particules ultra-fines (<PM1 – entre 20 nanomètres et 1 micromètre) par centimètre cube d’air (cm³). Les particules ultra-fines sont les plus dangereuses pour la santé et restent pourtant toujours non-règlementées dans l’UE.

En les confrontant à la pollution de leur air, cette vidéo invite les euro-députés à agir pour renforcer la législation sur l’air au niveau européen.

 

 

Vous avez 5 minutes ? Parlons PNSE et Conférence Environnementale

La santé-environnement à l’honneur ? A peu près. De 15H à 16H, ce 21 juillet 2014, Ségolène Royal reçoit 11 personnalités de la santé-environnement pour une discussion on ne peut plus courte sur le prochain Plan National Santé Environnement et la prochaine Conférence Environnementale.

Chacun aura donc le loisir de parler pendant 5 minutes de ce problème central qu’est le lien entre l’environnement pollué et les impacts sur la santé humaine. La pollution de l’air sera bien évidemment au menu du jour, vu l’intérêt que cette thématique représente en terme d’impact sanitaire et économique.

Seront présents aujourd’hui :

  • Gérard Bapt, député de la 2ème circonscription de Haute-Garonne
  • Jean-Félix Bernard, Président d’Airparif
  • Francelyne Marano, Présidente de la société française de santé-environnement
  • Bernard Swynghedauw, directeur de recherches émérite à l’INSERM
  • Robert Barouki, service de biochimie métabolique à l’hôpital Necker Enfants Malades, membre du conseil scientifique de l’INSERM
  • Alain Grimfeld, professeur de médecine à l’Université Pierre-et-Marie-Curie et chef de service à l’hôpital Armand-Trousseau à Paris
  • Serge Morand, Directeur de recherche CNRS à l’Institut des Sciences de l’Evolution de Montpellier
  • André Cicollela, Président et porte-parole du Réseau environnement Santé (RES)
  • Sophie Fleckenstein, Coordinatrice du réseau santé environnement de France Nature Environnement (FNE)
  • Dominique Gombert, Directeur de l’Evaluation des Risques de l’ANSES
  • Raymond Cointe, Directeur de l’INERIS

Vu le classement des plus grandes villes françaises en matière de qualité de l’air, l’enquête préliminaire suite à la plainte déposée contre x pour « mise en danger de la vie d’autrui », le pic de pollution extraordinaire de mars dernier, les pics de pollutions à l’ozone qui commencent à arriver, le manque de moyen de la police de l’environnement (DREAL) qui laissent dans l’impunité ces entreprises et industriels dépasser les normes de qualité de l’air, la surveillance de la commission européenne sur les dépassements de la France des seuils réglementaires de particules fines (PM10) et du dioxyde d’azote (NO2), les coûts exorbitants que cette pollution fait peser sur la société et son système de santé, les nombreuses personnes qui souffrent au quotidien de ne pouvoir respirer un air propre, nous nous interrogeons réellement sur la pertinence de réunions de ce type.

Nous attendons avec impatience le retour de cette discussion. Mme Royal ne saurait passer à côté de ce sujet si sensible et même, pour aller plus loin, marquer une vraie rupture dans la politique santé-environnement menée alors jusque là. Elle évitera à coup sur d’être identifiée comme la ministre de la pollution de l’air et des perturbateurs endocriniens … entre autres.

Mme Royal, le 12 juin, ayez l’air de nous défendre

95% des Européens vivant en milieu urbain sont exposés à des niveaux de pollution de l’air considérés comme dangereux pour la santé humaine (OMS). Chaque année, plus de 400 000 décès résultent de la pollution de l’air dans l’UE. La carte que propose l’association Respire est révélatrice du manque d’ambition européen, soumis aux lobbies en tout genre et à des États-membres peu soucieux de bons résultats.

Suite aux pics de pollution historiques qu’a connus la France en mars dernier, la plainte contre X déposée par Ecologie sans frontière, l’élection d’un nouveau Parlement et le prochain Conseil de l’Europe qui aura lieu le 12 juin prochain à Bruxelles, Respire propose le dernier classement de la qualité de l’air en Europe.

La Directive NEC en discussion le 12 juin prochain

Parmi les dossiers à traiter par les ministres présents à Bruxelles, le dossier de la qualité de l’air sera au centre des discussions, et notamment la directive NEC (National Emission ceiling) qui fixe les nouveaux plafonds d’émissions de polluants à atteindre à partir de 2020 et 2030. Elle est l’un des principaux outils pour réduire cette pollution. Malheureusement, la Commission européenne a fixé des objectifs vraiment bas et nous nous inquiétons une fois de plus, de voir que la qualité de l’air et donc la santé des citoyens, n’est pas un objectif qui oriente l’ensemble des politiques publiques.

Pourtant, l’objectif des valeurs cibles définies par l’OMS a été introduit dans la politique de l’UE pour la première fois dans les années 1980 (dans le 5ème programme d’action environnementale). Il a été réaffirmé et accepté par les États membres de l’UE et le Parlement l’année dernière (7ème programme d’action environnementale). Avec les propositions actuelles, nous sommes loin d’atteindre cet objectif.

La pollution de l’air nous coûte cher

La pollution atmosphérique a un coût élevé pour la santé et les systèmes de soins nationaux (le développement des maladies chroniques constitue une véritable épidémie des temps modernes). Elle représente également des coûts environnementaux importants. Si le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) avait en octobre et novembre publié une estimation du coût exorbitant de la pollution de l’air en France (entre 800 millions et 1,8 milliard d’euros à la sécurité sociale et entre 20 et 30 milliards d’euros à la société), de nouvelles estimations sont proposées dans une étude commanditée par la Commission européenne.

Selon le scénario appelé “MTFR” (meilleures techniques disponibles) une réduction significative de la pollution de l’air par des moyens techniques acceptables coûterait à l’Europe environ 51 milliards d’euros, pour des avantages pour la santé estimés entre 58 et 200 milliards d’euros. Pour la France, le coût est estimé à 7,8 milliards d’euros pour un bénéfice variant entre 6,2 et 22,2 milliards d’euros.

Il est à noter que le scénario MTFR ne prend en compte que des améliorations techniques actuellement disponibles. Celles-ci sont souvent les plus onéreuses et leurs bénéfices n’ont été calculés que sur la base des particules fines. Il ne prend pas en compte des mesures structurelles aussi simples que la réduction de la consommation d’énergie ou un usage accru du vélo. Il en ressort des chiffres qui gonflent fortement les coûts et sous-estiment les bénéfices.

Et pourquoi pas une Europe sans mercure ?

Disons le clairement, le mercure est une saloperie. Pourtant il n’existe pas de norme générale qui en évite l’émission dans l’air. Cela semble absurde, compte tenu du fait que ce perturbateur endocrinien semble toxique pour toutes les espèces connues et fait partie des neurotoxiques reconnus pour l’humain.

Lire la recommandation du Bureau Européen de l’Environnement (BEE) sur l’opportunité de réduire les émissions de mercure en l’incluant dans la future Directive NEC.

Inscris-toi sur les listes électorales

On nous demande régulièrement comment agir pour améliorer la qualité de l’air. La première chose à faire, classique, est de voter, surtout pour ceux qui s’en soucient. En 2014, deux scrutins : les municipales (élire le Maire) et les européennes (élire les députés français qui nous représentent au Parlement européen). Pour voter, il faut avoir une carte d’électeur. Pour obtenir cette carte, il faut s’inscrire. Facile.

 

Élections municipales

Les dimanches 23 et 30 mars 2014, nous allons glisser un bulletin de vote pour élire les conseillers municipaux (par liste), qui eux-mêmes éliront le Maire de chaque commune en France, pour six ans. Notons dès maintenant que de cette décision dépend également l’élection des sénateurs puisqu’ils sont choisis par les conseillers municipaux (ou les délégués des conseillers municipaux), que l’on appelle « grands électeurs ». La prochaine est prévue en septembre 2014 et elle remplacera la moitié des sénateurs. Tout ça pour dire qu’il est très important de voter. Même si les élections, c’est comme le coiffeur, tu y vas plein d’espoir et tu ressors déçus, tu ne peux pas rester les cheveux trop long trop longtemps. Bref, il faut voter.

Voter aux élections municipales, c’est choisir un groupe d’élus et un Maire qui va mettre en place une politique de gestion du territoire, à l’échelon local mais également à l’échelle inter-communale (autour de sa commune, avec d’autres communes). La question de l’aménagement du territoire local est donc directement liée à cette élection, à travers les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU) et les Plans Locaux d’Urbanismes Intercommunaux (PLUI). Les orientations sur la place des transports, la place des habitations, des activité économiques influent directement sur la qualité de l’air. Sachons le.

Comment s’inscrire sur les listes électorales ?

Super simple. Tu vas à la Mairie et tu remplis un formulaire. Sinon, tu vas sur le site mon.service-public.fr, tu te créés un compte, tu remplis le formulaire et tu joins un document d’identité. Tout cela est à faire avant le 31 décembre 2013. Facile non ?

 

Conférence environnementale – 2ème

L’année dernière avait eu lieu la 1ère Conférence environnementale, suite socialiste du Grenelle de l’environnement 5 ans auparavant. Si l’association Respire avait bien été conviée à partager ses connaissances sur la qualité de l’air, il semblerait que cette année soit bien différente et nous maintienne sur le bas-côté. Si Nicolas Sarkozy avait dit en son temps: « L’écologie, ça comme à bien faire », l’adage de la rentrée pour le Gouvernement de François Hollande sonne comme un : « La santé-environnement, ça commence à bien faire ».

La « crise environnementale » dont parlait le Président l’année dernière semble avoir disparue des écrans radars. Pourtant, la sincérité dont il avait fait preuve était exprimée en des termes limpides. Ce sujet devait être « mis au cœur des politiques publiques pour répondre à la fois à la crise écologique et à la crise sociale ». Le lien entre santé et environnement était manifestement assumé. Le Centre Internationl de Recherche sur le Cancer nous y aidait, en classant les fumées de Diesel cancérogènes pour l’homme quelques jours avant. La une de Libération sur le sujet, au premier jour d’ouverture de la Conférence était propice a empêcher d’esquiver l’évidence, pourtant scientifiquement renforcée depuis de nombreuses années. Le Diesel émet des particules, qui pénètrent dans nos poumons et nous « aident » à mourir. Le Diesel est une technologie sciemment favorisée en France pour contenter le constructeur automobile Peugeot, alors pourtant reniée par la majorité des autres pays depuis très longtemps. Voilà comment les décisions politiques et le manque de courage aboutissent à des dissonances cognitives telles que l’évolution paraît si difficile.

Fiscalité … alitée

La conférence environnementale version 2012 ouvrait ses portes sur la fiscalité écologique, autre engagement de campagne de François Hollande (la France « connaît un grand retard notamment avec les controverses sur la taxe carbone »). On s’interroge une nouvelle fois sur le pourquoi d’un tel décalage de taxe entre le diesel et l’essence, exception fiscale bien française, injustifiée d’un point de vue sanitaire, environnemental et … fiscal.

A Respire, une partie de la solution était envisagée par l’alignement de la TIPP du Diesel sur l’essence … déjà demandée et débattue régulièrement depuis 15 ans lors des votes du budget. Las. Nouvelle cacophonie du Gouvernement entre les pros et les contres. L’argument santé pèse peu devant un mécontentement probable. Elle ne sera pas effective en 2014.

Pas de Rassemblement pour la Planète et de Respire à la Conférence environnementale … et pourtant.

Comme nous ne serons pas à la Conférence environnementale, car pas invité. Le RPP, que nous avons fondé avec Ecologie sans Frontière, Générations Futures, le Réseau Environnement Santé et Robin des Toits, n’y sera pas. Il faut croire que les enjeux de santé environnementale ont à nouveau disparu. Ce n’est pas une différence de culture, c’est belle et bien une intention. Pourtant, à la vue des tables rondes (1. ECONOMIE CIRCULAIRE / 2. EMPLOIS ET TRANSITION ECOLOGIQUE / 3. POLITIQUE DE L’EAU /4. BIODIVERSITE MARINE, MER ET OCEAN /5. EDUCATION A L’ENVIRONNEMENT ), la prévention des risques sanitaires par la préservation de l’environnement a toute sa place à chaque table ronde.

L’économie circulaire, poussée au plus près de la théorie, évite l’utilisation de produits chimiques. Rien en entrée, rien en sortie. Plus de 100 000 molécules chimiques sont utilisées au quotidien dans nos produits. Pensant bien faire, on les utilise alors qu’ils nous coûtent chers au final. Pas étonnant que, exposés à long terme et même à court terme pour certains, ils nous rendent malade. Pas étonnant que, brûlés en incinérateur ou laissés en décharges, ils empoisonnent l’air, l’eau et le sol.

Concernant l’emplois et la transition écologique, le dernier rapport DARES de septembre 2013, nous révèle que 10% de l’ensemble des salariés, soit près de 2,2 millions de salariés, ont été exposés à au moins un produit chimique cancérogène au cours de la dernière semaine travaillée.

Concernant la politique de l’eau, tous nos cours d’eau sont pollués, aux produits chimiques domestiques, aux pesticides et engrais agricoles, aux médicaments, etc.

Les pollutions marines, si nombreuses en mer et sur les côtes, mettent en péril les habitats et la biodiversité qu’ils abritent.

Quant à l’éducation à l’environnement, si « prévenir » plutôt que « guérir » est bien l’essence même de la philosophie de tous les acteurs de la santé-environnement, pourquoi le rassemblement qui justement réunis les acteurs de la santé environnement n’est pas présent ?

 

  La pollution atmosphérique, par les dommages qu’elle cause sur la santé, l’environnement et le climat, entraîne des coûts non compensés, c’est-à-dire imposés à des tiers en dehors de toute transaction volontaire : c’est ce qu’on appelle des externalités négatives. De nombreuses études ont développé différentes approches depuis les années 90 afin d’estimer ces coûts et révéler les impacts économiques d’une mauvaise qualité de l’air, principalement en termes de santé publique.

Les liens entre pollution de l’air et problèmes de santé révélés par les études épidémiologiques

Le diagnostic d’un problème de santé est fait sur la base d’études épidémiologiques, allant de la surveillance épidémiologique à la recherche et les essais cliniques, selon différentes approches. Une étude descriptive permettra de collecter et d’interpréter l’information sur le nombre de cas et les caractéristiques d’une pathologie ainsi que de surveiller la fréquence sanitaire d’une maladie, tandis qu’une étude analytique recherchera les déterminants de cette pathologie et mettra en évidence des relations causales entre des facteurs de risques et des maladies. Les études évaluatives, elles, vont mesurer l’impact d’une action ou politique de santé.

Les études épidémiologiques menées en France et en Europe (ERPURS, PSAS, APHEIS…) indiquent d’une part que les augmentations quotidiennes de la pollution de l’air ont des effets en quelques jours (crises d’asthme, hospitalisations pour causes respiratoires ou cardiovasculaires, décès anticipés) et d’autre part que des effets à long terme surviennent après une exposition cumulative de plusieurs années à des niveaux moyens de pollution atmosphérique (décès prématurés, affections chronique, cancers).

Par exemple, en France le programme PSAS-9, coordonné par l’InVS, étudie depuis 1997 les risques sanitaires à court terme liés à la pollution de l’air en couvrant 9 grandes villes françaises, et portant sur plus de 11 millions de personnes. Elle montre que le nombre annuels de décès anticipés attribuables à des concentrations de polluants atmosphériques supérieures à 10µg/m3 est de l’ordre de 2 800 pour la mortalité totale, dont 1 100 pour la mortalité cardiovasculaire et 300 pour la mortalité respiratoire.

Les impacts sanitaires dus à une exposition de long terme aux polluants sont le plus souvent étudiés dans des études de cohortes, qui se basent sur un suivi dans le temps d’individus exposés à différents niveaux de pollution (mesurés ou modélisés). Ces études comparent des groupes exposés et un groupe témoin non exposé et mettent en évidence les relations entre des indicateurs d’exposition aux polluants atmosphériques et l’apparition d’événements sanitaires en excès dans la population.

 

Valorisation monétaire des effets externes de court et long terme

Pourquoi établir une évaluation monétaire des impacts de la pollution de l’air ? Après tout si les études permettent de quantifier les cas de maladies, de décès et de symptômes, cela n’est-il pas suffisant ?

On peut trouver plusieurs intérêts à cette monétarisation. Premièrement, les externalités négatives sont de différente nature, agissent à différentes échelles et la valeur monétaire est perçue comme une transformation de ces effets en une valeur commune. Deuxièmement, elle permet de révéler les coûts de ces impacts pour les intégrer dans les prix des biens de consommation et ainsi refléter les vérités environnementales, définir des améliorations technologiques pour diminuer les effets de la pollution de l’air et réaliser des analyses coût/avantage pour les politiques et mesures visant à réduire ces impacts.

Et finalement, afficher un prix des dommages sanitaires et environnementaux permet, à l’heure où le pouvoir d’achat est au cœur des débats, de montrer le gâchis que l’on fait en ne respectant pas la réglementation qui est là pour nous faire du bien.

Principales méthodologies

Comment arrive-t-on à transposer ces effets externes en termes monétaires ? On identifie deux grands types de méthodes d’évaluation des coûts de la pollution atmosphérique dans les différentes études menées depuis plus d’une dizaine années.

La méthodologie descendante ou top-down est basée sur l’estimation du coût global de la pollution de l’air due à une source (transports, industrie…) et l’utilisation de modèles d’émission ; et la méthodologie ascendante, dite bottom-up, est fondée sur les caractéristiques particulières de chaque source et l’utilisation de modèles de dispersion (i.e. prend en compte la diffusion de ces polluants dans l’atmosphère).

Quel que soit le principe retenu, la suite de l’évaluation est assez similaire. Une fois les données déterminées, on utilise des fonctions appelées fonctions dose-réponse (ou exposition-risque) qui permettent de passer des doses de polluants absorbées par le récepteur (population, bâtiments, cultures…), aux dommages physiques (sur la santé publique, les écosystèmes etc.).  Celles concernant la santé sont établies à partir des études épidémiologiques.

Une fonction exposition – réponse peut avoir plusieurs comportements, et ça ressemble à ça :

Les impacts sont ensuite généralement monétarisés selon l’une des approches suivantes :

La première, appelée évaluation du capital humain, repose sur des évaluations des pertes de ressources économiques réelles: les dépenses de traitements et les coûts de l’absentéisme associés à la morbidité, les pertes de consommation liées aux décès prématurés. Les pertes de vies humaines et les jours d’incapacité à travailler sont donc transposés en termes économiques en utilisant les flux actualisés des revenus perdus.

La seconde, l’évaluation contingente, prend en compte les désagréments occasionnés relatifs à la réduction de la qualité de vie en termes psychologiques et physiques (angoisse, douleur, peine, impossibilité d’exercer certaines activités…). Si cela parait plus abstrait, on arrive à faire une évaluation économique à partir des consentements à payer (CAP). C’est ce que chacun est prêt à payer pour réduire le risque de mortalité, de morbidité, et de perte de bien-être. Cela se traduit par une enquête auprès d’un échantillon représentatif de la population. Cette méthode est très utilisée et les résultats d’études bien menées sont considérés suffisamment fiables.

http://www.setra.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/1017w_Rapport_monetarisation_externalites_enHYPERLINK « http://www.setra.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/1017w_Rapport_monetarisation_externalites_environnementales.pdf »vHYPERLINK « http://www.setra.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/1017w_Rapport_monetarisation_externalites_environnementales.pdf »ironnementales.pdf

http://www.ummto.dz/IMG/pdf/Les_Etudes_Epidemiologiques_cle052764.pdf

http://www.airparif.asso.fr/pollution/effets-de-la-pollution-sante

http://www.sante-environnement-travail.fr/minisite.php3?id_rubrique=907&id_article=3704

http://www.invs.sante.fr/surveillance/psas9/

La RTM ne répond pas

L’air dans l’enceinte du métro marseillais est pollué. Le roulement des rames de métro, le système de freinage et la pollution extérieure en sont responsable. En novembre dernier, nous vous faisions part d’une action auprès de la Régie des Transports Marseillais (RTM) concernant la qualité de l’air dans le métro marseillais.

Pour rappel le seuil maximum d’exposition pour les agents du métro est de 5 milligramme par m3 d’air sur une durée de 8 heures. 5 milligramme est égal à 5 000 microgramme par m3 d’air (µg/m3). L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) préconise un niveau d’exposition maximum de 25 μg/m3 en moyenne sur 24 heures pour les particules 2,5 et 50 μg/m3 moyenne sur 24 heures pour les particules 10. Il est donc légalement acceptable pour les agents du métro de respirer un air 100 fois plus pollué que n’importe quel autre Homme qui utilise le métro marseillais.

Pour atteindre notre objectif, qui est de protéger les usagers et les agents du métro, nous avons écrit à la Direction Générale de la RTM.  Pour que toute les parties prenantes soient au courant de nos démarches, nous avons mis en copie la CFDT et Karim Zéribi, député européen du sud-est de la France et président du conseil d’administration de la RTM. L’objectif de notre action est de faire part aux parties prenantes de notre inquiétude concernant l’exposition des salariés et usagers à un air de mauvaise qualité et d’être force de proposition pour faire évoluer la loi dans le bon sens.

Nous n’avons à ce jour pas reçu de réponse ni de la RTM, ni de Karim Zéribi. Nous leur avons donc renvoyé un courrier les enjoignant de nous répondre.

M. Pierre Reboud, ne vous réfugiez pas derrière une législation lacunaire. Prenez vos responsabilités et agissez pour protéger les employés et usagers du métro. L’association Respire vous rappelle que l’article 1er de la Charte de l’Environnement précise que

Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé.

Notre dernier courrier en date à l’attention de M. Reboud.

M. Karim Zéribi, soyez audacieux et proposez des textes de loi qui protège vos administrés et améliore leur vie au jour le jour.

Ne sacrifiez pas vos convictions politiques pour être dans l’air du temps. JFK

Notre dernier courrier en date à l’attention de M. Zéribi.

Pour conclure je cite Stéphane Hessel, un jeune indigné, qui écrit dans « Danse avec le siècle »

Rien n’est impossible à la volonté des hommes pourvu qu’elle soit intense.

Chers habitants des Hauts-de-Seine, si vous saviez …(communiqué de presse)

Le conseil général des Hauts-de-Seine a décidé de supprimer la subvention de 80 000 euros qu’il versait à Airparif. Un geste idéologique maladroit, selon l’association Respire, qui devrait interroger les habitant des Hauts-de-Seine sur l’air que leur joue leur Président, Patrick Devedjian, à l’heure où la France sera probablement condamnée pour non respect de la règlementation sur la qualité de l’air.

Une petite vengeance idéologique

Dans une lettre de quelques lignes sans arguments, Patrick Devedjian met fin sèchement à l’aide du département des Hauts-de-Seine à l’organisme de surveillance de la qualité de l’air, Airparif. Pourtant, après 30 ans de  présence d’un élu des Hauts-de-Seine dans le Conseil d’Administration d’Airparif, aucune des critiques émises par Patrick Devedjian dans la presse n’avait auparavant été formulées. Cette décision, qui ressemble à une petite vengeance idéologique, alors que la France commence tout juste à s’intéresser à la question de la qualité de l’air, de ses effets sur la santé et sur l’économie du pays, creuse un peu plus encore le fossé entre ceux qui se préoccupent de la santé de leurs administrés et les autres.

« Quand M. Devedjian stoppe la participation du département (alors qu’il aurait pu la baisser) à Airparif, alors qu’il s’agit de participer à la mesure de l’air que tout le monde respire, c’est comme s’il coupait des aides financières qui serviraient à mesurer la potabilité de l’eau distribuée aux habitants de son département« , explique Sébastien VRAY, Président de l’Association Respire.

La qualité de l’air dans les Hauts-de-Seine

Cartographie des émissions de dioxyde d’azote dans les Haut-de-Seine en 2011 – Source : Airparif

L’association Respire rappelle la situation de la qualité de l’air en se plongeant dans les données d’Airparif, qui ne s’arrêtera pas pour autant d’informer tout le monde de l’air qu’il respire.

En attendant avec impatience le rapport sur la qualité de l’air en 2012 dans les Hauts-de-Seine, voilà quelques données tirées de celui de 2011. Environ 500 000 personnes sur 1,15 millions d’habitants ont potentiellement été exposées à des valeurs concernant le dioxyde d’azote supérieures à la règlementation (40%), 400 000 pour les particules fines PM10.Pour la protection de la santé, l’objectif de qualité définit pour l’ozone (120 microgrammes par m3 en moyenne sur 8 heures à ne pas dépasser une seule journée) est dépassé sur toutes les stations du département. Au final, pendant près de 80 jours, l’air a été de moyen à médiocre. Il y a eu 13 déclenchements de procédures d’informations et d’alertes.

Loin d’être rose, la situation de l’air cette année devrait sinon se stabiliser, s’aggraver un peu plus, aucune mesure sérieuse n’ayant été prise pour l’améliorer. Peut-être qu’après tout, M. Devedjian a raison : à quoi bon savoir si on ne fait rien ensuite ?