AirQ +, un logiciel pour quantifier les impacts sanitaires de la pollution de l’air

Les preuves scientifiques convaincantes sur les effets sanitaires de la pollution atmosphérique et le fardeau sanitaire significatif associé ont conduit l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à prendre de nouvelles mesures pour réduire les émissions et d’améliorer la qualité de l’air, notamment par la création d’un outil de quantification des impacts sanitaires de la pollution de l’air, par polluant et par ville.

L’homologation diesel pour les nuls

Après le scandale Volkswagen, l’enquête du gouvernement français révèle que l’ensemble du parc automobile dépasse en fait les seuils d’émissions. Les scandales ne s’arrêtent pas là. Au Japon,  Mitsubishi reconnaît en avril avoir manipulé des tests d’émissions sur au moins 625 000 véhicules puis avoir utilisé des tests non homologués. Et depuis quelques jours, c’est la marque Opel du géant General Motors qui se trouve dans la tourmente. Où s’arrêtera la liste des affaires ? En attendant le prochain épisode, voici quelques explications sur l’homologation des véhicules diesel en France.

Victimes des pesticides, une carte pour vous identifier

logo generations futuresLes pesticides, c’est vraiment de la m****. C’est très mauvais pour la santé et pour l’environnement. Tout le monde le sait, mais ça ne change pas radicalement. Heureusement, il y a des gens très biens, très intelligents, qui trouvent des moyens astucieux de convaincre de plus en plus de gens en France pour qu’on arrête de se leurrer. Génération Futures fait partie de ces associations qui envoient du bois sur le sujet. Leur dernière campagne consiste à récolter les témoignages de personnes qui ont été touchées par les pesticides et à les afficher sur une carte.

Expérience de déplacement en ville : qui va le plus vite ?

Cette petite vidéo du Parisien TV est vraiment pas mal. Traverser Paris du sud au nord, sans voiture. Soit en vélo, en vélo à assistance électrique (VAE), en bus ou en métro. Chronométrer le tout pour obtenir un classement.

Les sites ou applications mobiles pour nous guider en France sont nombreux. Tout le monde connaît Google maps ou Mappy. Ils comparent les moyens de transports entre eux et vous indiquent le temps de parcours. Ils sont plutôt fiables. Chaque grande ville et chaque région disposent aussi d’outils pour nous aider à aller d’un point A à un point B. De nouveaux entrants sur le marché ont ouvert des perspectives nouvelles sur la mobilité telles Citymapper (qui propose des combinaisons de transport) ou Waze (qui indique le meilleur itinéraire à prendre en voiture grâce aux indications de perturbations que remontent collaborativement les automobilistes – même hélas les contrôles de police).

Dans les grandes villes, certains utilisent encore leur voiture … C’est vrai, c’est plus confort. Mais quand on se prend des bouchons en permanence et qu’en plus on participe à l’asphyxie de ses copains de trottoirs, il y a de quoi réfléchir. Le soucis, c’est que notre « addiction » à la voiture, alors qu’elle nous coute chère, n’est pas vraiment rationnelle. Cette expérimentation assez simple réalisée par le Parisien TV est très concrète et révélatrice des temps de parcours entre les alternatives, pour vous aider à choisir ce qui sera le remplaçant, une journée voire plusieurs, de votre voiture.

On ne vous dira pas qu’elle participant à gagné, sans appel, mais on est quand même bien tenté de vous dire qu’il n’a pas d’auréole sous les bras. On pourra aussi rigoler du pauvre perdant, qui a vraiment perdu son temps. Pour ceux qui voudrait prolonger la lecture et en savoir un peu plus sur l’endroit où l’on respire le mieux en ville, vous pouvez aller regarder ensuite cette courte vidéo.

La pollution de l’air dans les livres scannés par Google

Nous avions déjà sur la page d’accueil de l’ancien site montré l’évolution des tendances de recherche de l’expression pollution de l’air. On vient de me parler à l’instant de Google Ngram Viewer, qui offre la possibilité de voir l’évolution de l’utilisation des mots ou expressions dans les livres scannés par Google. C’est toujours intéressant. Je vous écris donc rapidement un court article sur le sujet en intégrant des expressions, en Anglais, car en Français je n’arrive pas à afficher l’image.

Je vous mets le graphique généré sur Google Trends pour les expressions Air Pollution et Air Quality.

Et pour l’expression Pollution de l’air.

Des poussières toxiques dans la Nièvre : le tourbillon Harsco

Quand on parle de pollution de l’air, on pense d’abord aux voitures. Mais vous savez parce que vous lisez régulièrement Respire que les sources de pollutions sont multiples et que le problème est bien plus complexe. Parmi les sources mentionnées, il y en a une qu’on ne connaît pas bien: les poussières générées par des activités économiques, comme des chantiers de déconstruction, de construction, de transformation. L’exemple suivant est particulièrement grave, autant que la réaction des pouvoirs publics pour traiter le problème.

Les poussières sont des particules fines et elles peuvent être dangereuses

Les particules fines PM 10 et PM2,5 sont en fait des poussières qui, respectivement, mesure moins de 10 micromètres et 2,5 micromètres. Ces poussières peuvent être issues de l’érosion naturelle mais aussi humaine (érosion des plaquettes de freins, du caoutchouc, etc., soulèvement de ces poussières dans l’air). Elles peuvent être des particules de carbones rejetées dans l’atmosphère car elles n’ont pas été brûlées complètement (on appelle ça des combustions incomplètes). Ces particules de carbones sont ainsi des transporteurs de d’autres polluants, notamment chimiques.

Harsco, une société qui soulève des poussières métalliques toxiques dans l’air

La multinationale américaine Harsco recycle des vieux métaux de l’industrie sidérurgique, sur le site de Sauvigny-les-Bois en Bourgogne. Ce type de site est appelé crassier. Le problème, c’est que le ballet des camions transportant la poudre issues du recyclage des métaux, le fait que les tas de matières ne soient pas protégés du vent génèrent des nuages de poussières métalliques, qui se dispersent autour du site.

Les maladies respiratoires autour du site

Seulement, près de ce site, il y a des gens qui y habitent. Ils n’ont rien demandé à personne. Personne ne les écoute d’ailleurs. Les dirigeants d’Harsco aurait bien évidemment renforcés les procédures pour éviter à cette pollution de prendre le vent. « Ils font des surinfections bronchiques récidivantes et de l’asthme. Même le bébé était sous ventoline à 6 mois alors qu’il n’y a aucun antécédent dans la famille», déplore le jeune père de famille, Alexandre Chinard, qui fait partie d’un collectif de riverains de 17 personnes : Stop pollutions Imphy.

Lyon Capitale a eu accès aux derniers relevés de poussières réalisés à l’été 2015 à Imphy. Ceux-ci prouvent que le crassier est chargé de métaux lourds comme le chrome VI, le plomb, le nickel ou le molybdène. La Direction régionale de l’environnement, de l’Aménagement et du logement (DREAL), fidèle à elle-même et à son immobilisme légendaire, avoue que ces poussières sont chargées de métaux lourds mais prend ses précautions quant à leur nocivité autour du site … Nous les invitons à dormir chez M. Chinard et M. Martin pour voir.

Nous vous invitons à lire l’article de Lyon Capitale à ce sujet.

Citizencase, un outils de collecte juridique pour les citoyens

Stop pollutions Imphy/Sauvigny-les-bois et DECAVIPECont décidé de financer par un appel à don collectif un recours contre la société Harsco afin de faire valoir ses droits. Découvrez leur projet de financement participatif juridique sur Citizencase. Si vous vous sentez mal en lisant cette histoire, nous vous invitons à la diffuser autour de vous afin de les soutenir.

Dans le contexte actuel de multiples crises et amorces de transitions : énergétique, environnementale, mais aussi économique et sociale, développer le vélo aurait bien des atouts. Sobre en énergie et n’émettant aucune particule, le vélo combattrait  efficacement l’épidémie de sédentarité. Accessible et simple, il  réduirait les inégalités face à la mobilité quotidienne. Convivial et ouvert, il favoriserait l’attractivité de nos territoires. Économe en matières premières, il permettrait de réduire les importations (notamment de produits pétroliers) et de créer des emplois locaux. Bon marché, il démultiplierait l’efficacité des transports en commun en périphérie et contribuerait à les désengorger en ville dense. Présidente de la COP 21, la France doit prendre la mesure de la solution vélo

Le Plan d’Actions en faveur des Mobilités Actives (PAMA)

Partageant cette analyse sur la pertinence et l’aspect transversal du vélo, le gouvernement a lancé, en mars 2014, le « PAMA », Plan d’Actions en faveur des Mobilités Actives. Les très bonnes idées n’y manquent pas : le plan annonce une trentaine de mesures pertinentes à adopter, dont certaines uniques au monde. Mais être en avance sur certaines idées n’est pas toujours répercuté dans les actes. Par ailleurs, les orientations des ordonnances issues de la loi Macron tendent à supprimer l’obligation de qualification pour les réparateurs de cycle, une mesure allant potentiellement à l’encontre de la sécurité des usagers, au moment de l’explosion attendue du marché du Vélo à Assistance Electrique.

La Loi de Transition Énergétique, adoptée le 13 août, a franchi un pas important en créant une « indemnité kilométrique vélo » (IKV) pour les salariés se rendant au travail, mettant ainsi fin à une discrimination du vélo vis-à-vis des autres modes de transports. Cette mesure pourrait contribuer à doubler le nombre de cyclistes si son montant était fixé à un niveau suffisamment incitatif, comme l’a montré l’expérimentation menée par l’ADEME.

Coup de théâtre sur l’indemnité kilométrique vélo

Coup de théâtre. Si le site du ministère continue de parler de 35 € par mois, un amendement adopté le 1er décembre en limite le montant exonéré d’impôt sur le revenu à 200 € par an et précise son caractère facultatif, resté ambigu jusque là. Ainsi, le cycliste qui dépasse les 800 kilomètres dans l’année, soit à peine 2 km aller et 2 km retour sur 10 mois, verra une partie de son indemnité imposée.

Plus grave encore, l’exonération de charges sociales pour l’employeur se limite également aux 200 premiers euros. En conséquence, au delà de 800 km par an, le coût kilométrique pour l’employeur passe de 25 centimes à environ 38 centimes. Le dispositif devient donc à la fois plus cher pour l’entreprise, moins attractif pour elle, moins intéressant pour le salarié… et facultatif. L’Etat, qui compte pourtant sur la « responsabilité sociale et environnementale des entreprises », ne pourra même pas donner le bon exemple puisqu’un employeur public ne peut verser d’indemnité facultative.

Nous nous indignons de ce revirement en pleine COP21, alors que le transport est, en France, à l’origine de 27% des émissions de GES. Il est symptomatique de la politique vélo française : on a de bonnes idées, mais on ne se donne pas les moyens de réellement les mettre en place.

Heureusement, la loi n’a toujours pas été votée de manière définitive. Nous comptons sur les sénateurs pour déposer un amendement et soutenir le rétablissement de la mesure dans sa forme pertinente : Amendement 1 : caractère obligatoire de l’indemnité kilométrique vélo pour les entreprises et les employeurs du service public ;

Amendement 2 : plafond de défiscalisation et d’exonération de charges sociales correspondant à une pratique réaliste (par exemple de 2×5=10 km par jour, soit 500 euros par an).

Nous rappelons que doubler le nombre de déplacements à vélo pourrait contribuer à une réduction considérable des dépenses de santé, la pratique actuelle représentant déjà une économie de 6 milliards d’euros par an, liée aux non-dépenses de santé des cyclistes. S’y ajoute d’autres externalités positives (réduction de la pollution atmosphérique et sonore, des émissions de gaz à effet de serre, usure moindre des infrastructures, développement local).

Nous demandons à toute structure, association, fédération, entreprise de nous témoigner de leur soutien en rejoignant l’Inter Koalition Vélo (IKV). Nous dévoilerons tous ensemble, mercredi 16 décembre, nos propositions pour une politique cyclable efficace, en vue du lancement du PAMA2.

Nous demandons également à tous les Français de continuer à signer massivement la pétition pour la mise en place d’une IKV.

Nous sommes convaincus que la France ne manque pas d’atouts pour développer le vélo :  longue histoire de l’industrie du vélo, innovation sociale avec le réseau des ateliers de recyclage et d’autoréparation, richesse du monde associatif, récentes innovations en terme de code de la route, institutions nationales très compétentes : CEREMA et CIDUV (coordination interministérielle pour le développement de l’usage du vélo), potentiel de l’IKV et des Plans de mobilité, développement exponentiel de l’apprentissage du vélo, potentiels quotidien, touristique, loisir et sportif exceptionnels, gisement considérable d’emploi local, qualité de nos constructeurs nationaux et compétence de nos réparateurs.

Il est l’heure de prendre le vélo au sérieux, la France mérite des solutions simples et efficaces : le retour sur investissement est incroyable, mais encore faut-il réellement investir pour bénéficier de l’effet de levier !

Tous à vélo !

La Pologne assignée devant la Cour de justice de l’UE pour infraction aux particules fines

La Commission européenne a décidé d’assigner la Pologne devant la Cour de justice de l’UE. En cause, les niveaux constamment élevés de particules fines.

En Pologne, les valeurs limites journalières pour les particules en suspension (PM10) ont été constamment dépassées dans 35 des 46 zones de qualité de l’air, au moins pendant les cinq dernières années, y compris en 2014. En outre, dans neuf zones, les valeurs limites annuelles ont également été constamment dépasséess. La pollution par les PM10 en Pologne est principalement causée par le chauffage des ménages. Les mesures législatives et administratives prises jusqu’ici pour limiter cette infraction ont été jugées insuffisantes par la Commission.

Les infractions à la qualité de l’air ailleurs en Europe

Pour info, la Commission poursuit actuellement pour infractions aux valeurs réglementaires de particules fines 16 autres États membres européens (Belgique, Bulgarie, République tchèque, Allemagne, Grèce, Espagne, France, Hongrie, Italie, Lettonie, Portugal, Pologne, Roumanie, Suède, Slovaquie, et Slovénie). Un procès a même été porté devant la Cour contre la Bulgarie.

La Commission a également entamé une action en justice sur la base d’un autre polluant, le dioxyde d’azote (NO2), pour lequel la Directive européenne sur la qualité de l’air ambiant (2008/50 / CE) a fixé des normes depuis 2010. L’exposition au NO2 est associée à des maladies cardiovasculaires et respiratoires . La plupart des émissions proviennent de la circulation et des voitures diesel en particulier. Des procédures d’infraction ont déjà été engagées contre le Royaume-Uni, le Portugal, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne et la France. D’autres actions contre d’autres États membres peuvent suivre.

Voir le communiqué de presse de la Commission Européenne

Respire donne la parole aux témoins de la pollution de l’air, à travers un site dédié: temoins.respire-asso.org. Parents, seniors, travailleurs, voisins, sportifs, hommes, femmes, ils s’expriment pour nous raconter en quoi, à certains moments dans l’année et même quotidiennement, la pollution de l’air est un vrai problème pour leur santé. Parmi plus de 400 messages reçus, nous en avons sélectionné une petite trentaine. Ils sont variés, de toute la France et abordent des situations représentatives. Le point commun de tous ces témoignages ? Le sentiment d’impuissance et d’injustice.

Un site dédié, pour quoi faire ?

Parce que le droit de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé est un droit fondamental. Un droit de base qu’il faut malheureusement réclamer, presque mendier auprès de nos élus, en France, en 2015.

Parce que la pollution de l’air a trouvé une place forte dans le débat public à travers de grands chiffres, nous souhaitons désormais donner un visage aux gens derrières ces chiffres et quels sont leurs difficultés. En effet, 40 000 décès prématurés en France chaque année. 6, 7, 8, 9 mois d’espérance de vie en moins pour les Français. Entre 1 et 2 milliards d’euros de dépenses annuelles pour la sécurité sociale pour traiter en partie les malades de la pollution de l’air. 100 milliards d’euros par an, c’est le coût estimé par une Commission d’enquête du Sénat de la pollution de l’air en France. Il y aurait dans notre pays environ 3,5 millions d’asthmatiques, dont un tiers ont moins de 15 ans (en augmentation de 40% en 20 ans).

Parce qu’un témoignage en cache des milliers d’autres beaucoup de lecteurs se retrouveront certainement dans les lignes que nous publions et sentiront peut-être moins seuls. Auront-elles envie de partager leur expérience, nous le souhaitons. Ce site leur permettra de le faire.

Parce que souffrance physique ne rime pas avec fatalisme, nous ouvrons un forum d’échange afin que les expériences positives des uns servent celles des autres. Pour que ceux qui ont entamé des démarches pour faire cesser une pollution bien identifiée puissent guider ceux qui se trouvent dans une situation similaire.

Parce que nous souhaitons mieux comprendre le lien entre pollution de l’air et santé à un niveau individuel, nous élaborons avec des chercheurs un questionnaire que nous souhaitons diffuser. Nous souhaitons également mettre à disposition de ceux qui voudraient bien les remplir, des questionnaires précis élaborés par nos partenaires comme l’Institut Pasteur ou l’Inserm, sur la qualité de l’air intérieur, sur la perception de la pollution de l’air, etc.

On vous donne la parole, prenez la et diffusez autour de vous

Raconter que l’on a le nez qui coule ou les yeux qui piquent, ce n’est peut-être rien, mais c’est déjà beaucoup. Pour nous, à Respire, cela signifie que vous vous êtes posés quelques minutes devant votre téléphone ou un ordinateur pour participer. Cela signifie également que vous n’êtes pas résignés, que non, ce n’est pas comme ça et qu’on ne peut rien n’y faire.

Sur ce site dédié, vous pouvez donc nous écrire, simplement, avec vos mots. Essayez de nous décrire avec précision ce que vous ressentez dans une situation où vous pensez que la pollution de l’air fait partie de la cause de votre/vos symptômes. Que faîtes vous dans cette situation ? Que vous dit le médecin ? Prenez-vous des médicaments ? etc.

Vous connaissez des gens autour de vous qui ont des difficultés respiratoires, de l’asthme, des symptômes probablement liés à la pollution de l’air ? Dites leur que ce site existe, qu’ils peuvent s’exprimer. Nous nous chargerons de publier.

Un dispositif en construction

Nous sommes bien entendu preneurs de toute suggestion pour améliorer ce dispositif. Nous n’avons pas, à Respire, la prétention de savoir comment faire au mieux. Nous faisons et restons à l’écoute de bons conseils.

En tout cas, si vous souhaitez nous suivre, abonnez-vous à notre newsletter, likez notre page Facebook, suivez nous sur Twitter, faites un don. Tout est permis !

Pétition RESPIRE / Pollution de l’air en Île-de-France: il ne faut pas casser le thermomètre

Alors que les préoccupations sanitaires liées à la pollution de l’air grandissent, partout en France, des collectivités ont décidé de ne plus verser leur contribution financière, pourtant inscrite dans la loi sur l’Air, à Airparif, chargée de surveiller la qualité de l’air en Ile-de-France. Mais mesurer la pollution est nécessaire pour pouvoir réagir et prévenir les citoyens. Qui nous alertera lors des prochains pics de pollution ? Respire, en tant qu’association dédiée à la préservation et à l’amélioration de la qualité de l’air en France, demande – au moins – le rétablissement des dotations des Conseils Généraux des Hauts-de-Seine, de Seine et Marne et des Yvelines, ainsi que la subvention de l’État.

Plus de 2,3 millions de Franciliens restent toujours exposés à des niveaux de pollution qui ne respectent pas la réglementation (Bilan de la qualité de l’air 2014 Airparif). Les dépassements de la norme se suivent et se ressemblent. Nous avons tous en mémoire les pics de pollution aux particules fines en mars 2014 et 2015 (quand la tour Eiffel a disparu sous un épais brouillard de pollution) et même chaque hiver.

Pour surveiller la qualité de l’air, l’Etat a créé des AASQA : des association agréée de surveillance de la qualité de l’air. En Ile-de-France, c’est Airparif. Elle est reconnue dans le monde entier pour son expertise. Quand vous entendez parler d’un pic de pollution aux particules fines, au dioxyde d’azote ou à l’ozone dans les médias, l’information vient d’elle.

Son financement (de l’ordre de 6 millions d’euros), est mutualisé et assuré à parts égales entre:

  • l’État,
  • les collectivités grâce aux contributions de tous les départements d’Ile-de-France, de la Ville de Paris et de la Région,
  • les industriels au titre de leur paiement d’une taxe sur les activités polluantes.

Les outils de mesure de la pollution sont indispensables pour faire face. Il faudrait meme les développer, pour mieux comprendre encore les causes et les conséquences de cette pollution que nous subissons tous.

Car d’ores et déjà, les études sur les dangers sanitaires de la pollution de l’air s’accumulent :

  • cancers du poumons (exposition à long terme),
  • exacerbation de l’asthme (exposition à court terme),
  • bronchiolite, écoulement nasal, mal de tête, yeux qui pleurent, sinusite, etc.
  • augmentation des infarctus (exposition à court terme),
  • augmentation des naissances de prématurés pour les femmes vivants à proximité des axes routiers, et baisse du QI

Diminuer le budget d’AIRPARIF – alors que la gestion de l’équipe actuelle n’est pas contestée – est donc incompréhensible. On peut casser le thermomètre. Mais cela n’améliorera pas la situation. Pire cela privera les citoyens d’Ile-de-France d’un outil d’alerte précieux, en particulier lors des pics, quand il faut prendre des mesures particulières pour limiter son exposition. Et les alertes d’AIRPARIF sont indispensables pour aiguillonner la réaction des pouvoirs publics, qui continue à se faire attendre.

Quand on y pense, le budget d’AIRPARIF n’est pas très élevé. Il représente environ 50 centimes par Franciliens par an. Par les temps qui courent, il est logique de vouloir faire des économies, ou de privilégier la lutte contre le chomage, ou de maintenir la sécurité de tous, mais cette réduction est de courte vue. Elle est contre-productive. Car si on veut economiser de l’argent, il faut plutot diminuer la pollution de l’air.

En effet, c’est elle qui coute cher ! Une commission d’enquête parlementaire du Sénat a évalué le cout de la pollution de l’air chaque année en France a environ 100 milliards d’euros. Une étude de l’INSERM a calculé que le coût de la pollution de l’air sur la Sécurité Sociale est situé entre 1 et 2 milliards d’euros par an. Elle confirme les premiers chiffres avancés par le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) en novembre 2013.

Alors que nous recevons chaque jour de nombreux témoignages de personnes souffrants de la pollution de l’air (www.temoins.respire-asso.org), l’association Respire demande à l’État et aux collectivités locales de restaurer leur dotation. Elle demande aussi plus largement, à l’État et aux collectivités de prendre enfin les mesures qui s’impose face à la pollution de l’air.

En effet, après l’annonce de la baisse de subvention de l’état en avril 2015, le désengagement financier du conseil départemental des Hauts-de-Seine en 2013 (80 000€) et de celui de Seine-et-Marne en 2015 (40 000€), le département des Yvelines a décidé de ne pas renouveler sa subvention à l’association de surveillance de la qualité de l’air en 2016. Ces décisions sont en totale contradiction avec les principes de la Loi sur l’Air qui appelle l’ensemble des collectivités à concourir à une politique dont l’objectif est le droit reconnu à chacun de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé (Charte de l’Environnement annexée à la Constitution française), et qui prévoit un financement mutualisé de la surveillance et de l’information.

M. les Présidents des Conseils généraux des Hauts-de-Seine (Patrick Devedjian), de Seine-et-Marne (Jean-Jacques Barbaux) et des Yvelines (Pierre Bédier), Mme la Ministre de l’Environnement Ségolène Royale,

  • quel message adressez-vous à vos 4 millions concitoyens qui vivent dans vos départements, en allant à l’encontre d’une meilleure mesure de la qualité de l’air ?
  • A qui vous adressez-vous si ce n’est justement à ceux qui souffrent chaque fois que l’air est de mauvaise qualité ?

Ce n’est pas parce que vous souhaitez casser le thermomètre que la température ne va pas continuer de monter. Notre demande est simple. Rétablissez vos crédits à Airparif. Prenez part à cette responsabilité qui est la votre.

Incendie amianté à Rancé, les autorités locales muettes

A Rancé (01 390), une malheureuse histoire est en train de se dérouler, sans que rien ne choque les autorités locales. Un incendie à ravagé un local agricole, bourré d’amiante. Malgré les demandes rapides d’interventions de la part de riverains, les autorités restent muettes, comme ci tout cela n’avait pas d’importance. Rappel des faits.

Le 28 avril dernier, un local agricole appartenant à un particulier a été incendié sur une longueur de 45 mètres environ. Cet incendie a nécessité l’intervention d’une trentaine de pompiers.

Le propriétaire de ce local, vétuste, avait pourtant été plusieurs fois alerté à ce sujet sans que ce dernier ne prenne de mesure pour rénover ce bâtiment et empêcher les agissements dangereux de ses locataires.
Ce local et a été construit à partir de matériaux composés d’amiante pour la toiture et les murs.  Une habitation est construite en mitoyenneté de ce bâtiment. A 10 mètres près l’incendie se serait propagé sur cette habitation.

Les autorités locales muettes

Sur une longueur de 45 mètres, des tonnes de débris dangereux sont laissés à l’abandon, à proximité des habitations alentours. Depuis 15 jours, malgré des démarches engagées auprès de la mairie, de la Préfecture et de l’Agence Régionale de la Santé, pas de réponses.
Le 5 mai,  un courrier en recommandé a été envoyé au maire, lui demandant d’exercer son pouvoir de police afin de couvrir les débris, de veiller à leur évacuation du site et de fermer définitivement le local. Pas de réponse.
Le 6 mai, un courrier en recommandé a été adressé au préfet afin de l’informer de l’insalubrité du local agricole et des agissements irresponsables de la part du propriétaire qui continuait de louer les lieux, reste à ce jour sans réponse. Le même jour, le Maire reçoit également un courrier en recommandé  l’informant que le local était loué à titre de bail commercial alors qu’il s’agit d’un local de stockage.
Un autre point surprenant dans cette histoire, c’est que des usagers du local « commercial » non détruit après l’incendie faisait du feu à l’intérieur. Une demande à la mairie d’exercer son pouvoir de police reste à ce jour sans réponse.

De l’amiante partout

Les habitants ont dû enlever des débris de l’incendie à l’intérieur de leurs jardins. Ils ont peur pour la santé de leurs enfants. Nous n’avons pas de peine à les croire puisque les effets de l’amiante, sous formes de débris et de poussières sont très largement prouvés. Une contamination du sole est aussi fortement probable. La prise au vent de ses déchets fait également craindre une dispersion dans l’air de particules d’amiante.
Les demandes du voisinage sont pourtant simples : couvrir les 45 mètres de débris et des locaux encore debout, faire expertiser l ‘état des matériaux contenant de l’amiante pour l’ensemble du bâtiment afin de s’assurer qu’il ne représente aucun risque pour leur santé et l’environnement.

Concernant le préjudice financier, si certaines personnes du voisinage voulaient vendre, elles ne le pourraient pas pendant longtemps.en effet nous envisagions de nous rapprocher de nos lieux de travail (Lyon) et actuellement les débris et les traces de l’incendie nous empêcheront  de trouver acquéreur pour l’année à venir voir les prochaines années.

L’année dernière à la même période en mars, on a eu des pics extrêmement forts […] donc on pouvait déjà prévoir des mesures à mettre en place. Si Ségolène Royal pense que [la circulation alternée] est une privation de se transporter, il faudrait peut-être penser à la privation d’état de santé des gens qui ont suffoqué. Peut-être les 3 millions d’asthmatiques en France.

Pollution de l’air, état des lieux .
Mardi 14 avril, Frédéric Bouvie directeur de l’association Airparif, Sabine Host chargée d’études Santé Environnement à l’Observatoire régional de santé Île-de-France; Gilles Aymoz chef du Service évaluation de la qualité de l’air de l’Ademe à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie et Sébastien Vray coordinateur de l’ONG Respire,

Le Tétrachloréthylène, ou perchloroéthylène, ou tout simplement le perchlo, quésaco ?

C’est un Composé Organique Volatil (COV) utilisé principalement dans le processus de nettoyage à sec par les pressings ou comme dégraissant de métaux. C’est plus simplement un solvant. Ce mot vous dit quelque chose ? C’est peut être parce qu’il fait beaucoup parler de lui ces dernières années !

Le perchlo est un solvant très volatil, on le retrouve dans les locaux l’utilisant, mais aussi dans les espaces reliés par des systèmes d’aérations ou couloirs et parties communes à proximité, parfois jusqu’au dernier étage des immeubles mitoyens et directement dans les appartements à proximité des pressings. On le retrouve aussi dans les foyers non contigus car il peut être transporté par le biais des vêtements nettoyés à sec. Et pour finir on trouve aussi sa trace dans les sols pollués par d’anciennes installations artisanales ou industrielles.

Pour les données les plus récentes en France le concernant, on peut consulter l’OQAI (Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur) qui a réalisé une étude sur environ 560 logements en France, mais aussi le Laboratoire central de la Préfecture de Police (LCPP) à Paris qui a mené une campagne de mesures dans le cadre d’une enquête technique. Pour cette seconde étude, les logements ont été identifiés  suite à des plaintes enregistrées ou après relevés de non-conformité dans le fonctionnement de certaines Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE). Cette étude du LCPP concernait environ 30 établissements et plus de 120 logements parisiens. Nous pouvons donc considérer que nous disposons de valeurs toxicologiques de référence (VTR) fiables en la matière.

Quels sont les effets identifiés de ce solvant ?

Le perchlo est beaucoup utilisé, souvent en plein centre ville, à proximité des logements et il a pourtant des effets cancérogènes selon le Centre International de Recherche contre le Cancer (CIRC). Il figure en effet sur la liste des cancérogènes du groupe 2A du CIRC et peut causer des troubles neurologiques, rénaux et hépatiques notamment ! Il est quasi inodore et pourtant, les services de l’Etat ont reçu beaucoup de plaintes à son sujet. Le Plan Régional Santé Environnement II de la région Ile de France, l’a même intégré dans ses travaux.

Effet moins connus, le percho est aussi un corrosif et attaque ainsi les systèmes d’aération, gaines métalliques et autres tuyaux, dont notamment ceux d’évacuation du gaz, ce qui permet de craindre des effets en cascade,  comme les intoxications au monoxyde de carbone en cas de dégradation ou rupture de ces systèmes.

Les avancées récentes

Il y a eu plusieurs campagnes de mesures, sa prise en compte dans certains PRSE,  et plus récemment une déclaration de  Delphine Batho. La ministre de l’écologie a en effet annoncé le jeudi 6 décembre dernier,  la signature de l’arrêté prévoyant son interdiction progressive dans les pressings et organisant son remplacement par d’autres types de solvants considérés comme moins dangereux. « Il est désormais interdit, à compter du 1er mars 2013, d’installer toute nouvelle machine de nettoyage à sec fonctionnant au perchloroéthylène dans des locaux contigus à des locaux occupés par des tiers » a déclaré Mme Batho.

Les machines existantes fonctionnant au perchlo dans ce type de locaux seront progressivement interdites, en fonction de leur ancienneté. Par exemple, à partir du 1er septembre 2014, celles de plus de 15 ans devront être remplacées. Et cette durée maximale d’utilisation diminuera ensuite pour qu’à partir de 2022 maximum toutes les machines situées dans des locaux  « contigus à des locaux occupés par des tiers » ne puissent plus utiliser ce solvant. Il a aussi été fixé des concentrations maximales de rejet.

Est-ce suffisant ? Non bien sur, tout d’abord parce-que ce texte intervient bien tardivement mais aussi et surtout parce qu’il ne concerna pas toutes les installations utilisant du perchlo et ne protège donc pas tout le monde, et en tout premier lieu les travailleurs qui devront encore attendre. La France est un des premiers pays à mettre en place cette interdiction certes, mais elle a encore quelques progrès à faire…

Petit cours sur la pollution de l’air par l’Union Européenne (en anglais)

Mercredi 19 novembre, a été publié le rapport 2014 de l’Agence Européenne pour l’Environnement (AEE) sur la qualité de l’air en Europe de 2003 à 2012. Ce rapport rappelle que la pollution de l’air reste le premier facteur environnemental de mort prématurée en Europe! Il illustre aussi très bien les différents enjeux de la qualité de l’air au niveau européen.

 

Petit cours sur la pollution de l’air par l’Union Européenne en images:

 Les effets sur la santé des différents polluants

Les effets sur l’environnement de ces polluants

Et les effets sur le climat

Les concentrations annuelles en PM2.5

Les concentrations annuelles en PM10

Les concentrations annuelles en O3

Les concentrations annuelles en NO2

Les émissions des différents polluants sont en baisse…

(notez cependant l’augmentation du BaP)

… Mais la population européenne reste surexposée

Les valeurs limites fixées par l’Union Européenne…

…Restent pourtant moins strictes que celles de l’OMS (fixées pour notre santé) et même moins strictes que celles des États-Unis!

Et pour finir, pour les passionnés, la législation Européenne en détail!

Pour plus d’informations sur la qualité de l’air en Europe de 2003 à 2012 : Rapport Air Quality in Europe 2014 (en anglais)

Pour plus d’informations sur la qualité de l’air en France de 2003 à 2012 : Fiche pays pollution de l’air – France (en anglais)

Et maintenant contrôle surprise!