Respire foule le pavé de Paris pour le Semi

Dimanche dernier avait lieu le Semi de Paris. Une course de 21 km qui traverse l’est parisien en passant par le Bois de Vincennes, la place de la Bastille et l’Hôtel de Ville.

Après le marathon l’année dernière, l’équipe Respire s’en est mis plein les poumons et a affiché de bons chronos à l’arrivée : Thibaut (trésorier de l’association) en 1h51 et Matthieu (frère du trésorier) en 1h46 !

L’air était médiocre ce jour là selon les prélèvements communiqués par Airparif avec un coefficient de 4/10. Au moins nous n’avons pas connu d’épisode de pollution lors de cette journée sportive.

Ci dessous des photos des coureurs juste avant le passage du 17e km.

PROCHAIN RENDEZ-VOUS : LE 15 AVRIL POUR LE MARATHON DE PARIS !

 

 

 

Pollution de l’air et particules fines : deux mois et déjà hors la loi

La pollution de l’air, la France, elle connaît. A peine deux mois se sont écoulés et déjà quelques stations de mesures commencent à dépasser les seuils, au delà de la règlementation.

Deux mois, soit 60 jours seulement après le début de l’année 2012, c’est le temps qu’il aura fallu à l’État français pour se mettre hors la loi, sur le dépassement des seuils de particules fines (PM10). Limité à 35 jours pour les PM10, le nombre de dépassement vient d’être atteint fin février et ne cesse de grimper. Sachant qu’environ 40 000 personnes décèdent chaque année prématurément à cause d’un air de mauvaise qualité, l’enjeu de la réduction de la pollution de l’air est sérieux. Les représentants de l’État ont sûrement d’autres priorités.

Pollution de l’air et particules fines : la règlementation

Petit rappel pour les néophytes. Les particules fines sont de très petites poussières émises par le trafic routier, les industries et les particuliers (notamment le chauffage). Plus elles sont petites et plus elles pénètrent en profondeur dans les poumons. Les conséquences sanitaires sont multiples et l’étude APHEKOM de mars 2011 dernier parle de 40 000 décès prématurés chaque année en France. Le problème est donc sérieux.

Il existe une règlementation européenne, la Directive cadre sur l’air (2008/50/CE). Le décret du 21 octobre 2010 relatif à la qualité de l’air transpose cette directive dans le droit français. Elle a pour objet de réduire les émissions de polluants pour améliorer la qualité de l’air et de protéger la santé humaine. Ce décret met en avant le plan de protection de l’atmosphère (PPA) comme outil juridique et de planification pour atteindre les objectifs de seuils fixés. S’en suivent actuellement la mise en place d’expérimentations de Zones d’Action Prioritaire sur l’Air (ZAPA) et du rabaissement des seuils de PM10 pour le déclenchement des procédures d’information et d’alertes.

Pollution de l’air en France : l’exception devient la règle

Les 35 jours de dépassement autorisés par la règlementation européenne viennent d’être dépassés, en Île-de-France à la station Autoroute A1 – Saint-Denis et à la station Boulevard Péripherique Auteuil ainsi qu’à Marseille au niveau d’une station (Rabatau ; voir le site d’Airparif). C’est à dire que les seuils fixés à 50 microgrammes par mètre cube d’air, sur une durée de 8 heures, ont déjà été dépassés plus de 35 jours, soit plus d’une fois tous les deux jours. Pour un suivi de règlementation, on est bien loin du compte. Comme si l’exception devenait la règle.

D’autres stations en France ont déjà enregistré des dépassements de plus 20 jours. Et l’été n’est pas encore arrivé … A titre de comparaison, en 2011, les deux stations d’Île-de-France en question ont relevé des dépassements de 176 jours et 146 jours le long du périphérique. Les habitants proches sont littéralement asphyxiés.

Airparif au sujet de ces dépassements : «Ce début d’année 2012 démontre que la qualité de l’air quotidienne reste insatisfaisante en Ile-de-France pour certains polluants, et notamment les particules. Chaque année, ce sont toujours plusieurs millions de Franciliens qui sont potentiellement exposés à des niveaux de pollution qui ne respectent pas la réglementation, principalement le long du trafic et dans le cœur de l’agglomération parisienne.»

Qui a la charge du suivi et du respect de la règlementation et combien cela va coûter ?

L’État et ses préfectures, tout simplement. Comme la France est hors la loi, la Commission Européenne a déposé une plainte l’année dernière. La sanction de la Cour de Justice ne devrait pas tarder à tomber. Les pénalités financières devraient être calculées sur la base d’une amende forfaitaire (10,9 millions d’euros pour la France, plus un montant journalier multiplié par le nombre de jours de persistance de l’infraction) et d’une astreinte journalière (entre 10 000 et 100 000 euros par jour, calculée par jour de retard, en prenant en compte un coefficient de gravité et de durée, et par un facteur fixe par pays). De quoi rembourser la dette et financer de beaux projets de société…

Lutte contre la pollution de l’air : difficile mise en oeuvre des ZAPA

Deux décrets sur les ZAPA ont été publiés au Journal Officiel le 22 février 2012. Rien n’est encore acquis, il reste beaucoup à faire pour lutter contre la pollution atmosphérique et permettre à nos concitoyens de respirer un air de qualité.

L’association Respire avait pris position lors de la consultation publique relative aux deux décrets qui ont été publiés la semaine dernière. A Respire, nous nous réjouissons de la publication des décrets qui permettront aux communes volontaires de s’engager dans les projets d’implantation de zones d’actions prioritaires pour l’air (ZAPA).

Le gouvernement français applique tardivement les directives européennes permettant aux collectivités de mener des actions pour lutter contre la pollution atmosphérique. Ceci a pour effet principal le dépassement par la France des seuils de pollutions autorisés. Pour contrecarrer ce rabaissement du niveau de qualité de l’air, l’État met en place les ZAPA. Aujourd’hui alors qu’à peine deux mois de l’année se sont écoulés, deux stations de mesure du réseau Airparif ont cumulé 34 jours de dépassements de seuils de pollution de l’air. Ces deux stations sont celles de la Porte d’Auteuil et de l’autoroute A1 à Saint Denis. Ceci revient à dire que les habitants de ces quartiers, dans un rayon de 500m autour de la station de mesure, sont exposés un jour sur deux à un air de mauvaise qualité : cette situation est dangereuse pour la santé de nos concitoyens.

Les deux décrets présentent des avancées permettant aux collectivités de mettre en place les ZAPA. Ils définissent les sanctions applicables et les véhicules autorisés à circuler dans les zones définies. Le décret sur les sanctions permets aussi d’harmoniser les différentes flottes de véhicules par rapport à leurs émissions polluantes. Néanmoins, sur ce point là, le décret renvoie à un arrêté interministériel le soin d’établir la nomenclature de véhicules en fonction de plusieurs critères : date d’immatriculation et norme euro.

L’application des ZAPA n’est donc que partielle pour le moment car la crédibilité de ce texte dépendra de la publication de l’arrêté interministériel qui se fait attendre. L’arrêté a fait l’objet d’une consultation publique au début 2011 ainsi que d’un avis du Conseil National de l’Air mais n’est toujours pas publié à ce jour.

Enfin, un troisième décret doit être publié. Celui-ci aurait pour objectif d’autoriser les projets ZAPA. Or le Gouvernement estime que la publication du décret est prématuré aujourd’hui et celui-ci envisage de le faire au cours du premier trimestre 2013 ….

Il faudra donc faire sans les ZAPA pour continuer à lutter pour l’amélioration de la qualité de l’air.