In your Asthme *

 

Respirer quand on est asthmatique n’est pas une partie de plaisir. Il y en a de plus en plus en France et dans le monde. Logique ? Malheureusement oui. Les facteurs déclenchant sont plus nombreux.

La qualité de l’air en fait partie, c’est ce que nous prouve une étude sur les niveaux d’ozone et de particules ainsi que leur incidence pour les asthmatiques.

L’asthme en France

Depuis vingt ans, le nombre d’allergies et d’asthme est en augmentation en France, mais également un peu partout dans le monde.
• L’asthme touche en France plus de 3 millions de personnes, dont un tiers sont âgés de moins de quinze ans ;
• 8% des adultes et 6 à 10 % des enfants sont asthmatiques ;
• 10 à 18% des adolescents sont asthmatiques ;
• 1500 personnes environ, dont plus du tiers sont des adolescents, meurent encore d’asthme en France et ceci malgré des traitements très efficaces ;
• l’asthme est responsable de 600 000 journées d’hospitalisation.

(…)  >> lire plus de statistiques sur l’asthme en France

L’asthme

L’asthme est une maladie inflammatoire chronique des bronches qui associe plusieurs processus :
•    une hyper-réactivité des bronches ;
•    une inflammation locale et un épaississement des parois bronchiques accompagnant la formation de mucus ;
•    une diminution du diamètre des bronches, appelée bronchoconstriction.

On perçoit donc plus clairement le lien entre pollution de l’air et inflammation des bronches.

Le lien entre asthme incontrôlé, ozone et particules

Des chercheurs ont rapporté dans the Journal of Epidemiology and Community Health que les personnes asthmatiques exposées à des niveaux plus élevés d’ozone et de particules sont beaucoup plus susceptibles de moins contrôler leur asthme. L’exposition à l’ozone à long terme augmente la probabilité qu’un patient asthmatique déclenche de façon non contrôlée une crise de 69%, tandis que l’exposition prolongée aux particules augmenterait le risque de 35%. Ces résultats significatifs pour pouvoir être revendiqués ont été calculés après avoir pris en compte des facteurs de risque liés à l’asthme mal contrôlé, comme l’obésité, l’utilisation de corticoïdes inhalés, et le tabagisme.

>> Article disponible sur le site de Medical News Today
>> L’étude est disponible sur le site de The Journal of Epidemiology and Community Health

Cet été

L’été, comme toujours à cette période, nous allons assister à des pics d’ozones et de particules, ainsi qu’à des épisodes prolongés de taux élevés de ces polluants. Comme chaque année, on en parlera dans les médias (cela a déjà commencé, Le thermomètre grimpe, la pollution aussi, Pic d’ozone dans l’air : prenez vos précautions, etc.). Les crises d’asthmes non contrôlées vont augmenter consécutivement.

(*) « in your asthme » est une jeu de mot utilisant l’expression anglophone « in your ass », qui veut dire littéralement en français « dans ton cul ».

Où respire-t-on le mieux en ville ?

L’air que l’on respire n’est pas le même partout, même dans une grande ville comme Londres, tel est le résultat de l’étude présentée dans cette vidéo par Healthy Air Campaign, Kings’ College et la municipalité de Camden.

L’expérience a consisté à mesurer les expositions respectives d’un passager de bus, d’un cycliste, d’un piéton et d’un automobiliste sur un axe principal aux heures de pointe et de les comparer avec celles d’un cycliste et d’un piéton dans une rue faiblement empruntée. Les volontaires ont été équipé de capteurs servant à mesurer les particules fines émises par les voitures. Résultats :

  • L’automobiliste est 3,5 fois plus exposé que le du piéton, 5 fois plus que le cycliste, et 2,5 fois plus que le passager du bus sur l’axe de circulation importante. La raison à cela est double : les voitures et le bus (et a fortiori les 2 roues motorisés) se situent juste au niveau des flux de particules émis par les pots d’échappement, et en outre, l’air se renouvelle moins vite dans un habitacle fermé.
  • Dans une rue faiblement fréquentée, un cycliste est en moyenne exposé 30 % moins que dans une rue principale et un piéton 4 fois moins.
  • Conclusion : changer de mode de transport et de trajet permet à chacun de réduire significativement son exposition à la pollution (et d’améliorer la qualité de l’air !)

 

http://healthyair.org.uk

À Paris aussi ! Des études similaires menées par Airparif en 2009 ont montré qu’en moyenne, l’exposition sur une piste cyclable séparée est 2 fois moins élevée qu’au milieu de la route, et 30 % moins que dans un couloir de bus partagé.

L’Observatoire Régional de Santé de l’Île-de-France a cependant souligné les limites de ces expériences dans un rapport sur les risques et les bénéfices de la pratique du vélo. En effet, ces études ne mesurent pas toutes les mêmes polluants et ne prennent pas toujours en compte l’inhalation (ce que l’on respire et non seulement ce à quoi on est exposé). En effet, lorsque l’on prend en compte ce dernier, les résultats sont légèrement modifiés en défaveur du cycliste qui roule en plein milieu de la circulation dans la mesure où son taux d’inhalation est augmenté par l’effort qu’il doit fournir (ce que soulignent eux-mêmes les auteurs de la vidéo). Cependant, comme l’indique l’ORS, les bénéfices de la marche et du vélo (forme physique, bien-être, etc.) excèdent largement les risques liés aux accidents et à la pollution atmosphérique ; en outre, plus on marche et on fait de vélo, et moins on s’essouffle ! Et en cas de pic de pollution, il suffit de rouler à vitesse modérée ou de ne pas courir dans la rue, ou de se rabattre sur les transports en commun.

Agissons :

  • Chacun à son niveau peut agir en évaluant son trajet et son exposition, mais les pouvoirs publics doivent aussi agir pour modifier les modes de déplacements et de circulation en ville.
  • On ne peut que s’étonner des dernières recommandations du Ministère de la Santé en cas de pic de pollution qui s’adressent principalement aux personnes vulnérables ou sensibles auxquels il est déconseillé la pratique de l’effort physique (certes). Et bien, non, que ce soit en cas de pic ou au quotidien dans un univers pollué, mieux vaut abandonner sa voiture pour le vélo, la marche ou les transports publics, pour réduire son exposition à des polluants reconnus cancérigènes par l’OMS et générateurs de maladies chroniques telles que l’asthme. Un problème sanitaire qui concerne donc tout le monde, les piétons et les cyclistes, tout comme les automobilistes !
  • Un élément auquel devrait aussi réfléchir la Mairie de Paris alors qu’elle élabore son plan vélo et qui plaide en faveur de la généralisation de pistes cyclables séparées et de trajets hors axes principaux (soit tout le contraire des itinéraires conseillés actuels…).

http://votreair.airparif.fr/ (encore au stade du prototype)
http://healthyair.org.uk/healthiest-transport-option-video/

http://www.ors-idf.org/index.php/component/content/article/642-les-benefices-et-les-risques-de-la-pratique-du-velo-evaluation-en-ile-de-france
http://www.airparif.asso.fr/_pdf/publications/NUMERO32.pdf

http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/03/13/auto-metro-ou-velo-ou-respire-t-on-le-moins-d-air-pollue_4382697_3244.html

http://transports.blog.lemonde.fr/2014/09/17/exclusif-la-ville-de-paris-devoile-son-plan-velo/#xtor=RSS-3208

http://www.sante.gouv.fr/pollution-de-l-air-recommandations-sanitaires.html

http://www.paris.fr/pratique/deplacements-voirie/velo/carte-des-principaux-amenagements/rub_9931_stand_64244_port_24784

Le Tétrachloréthylène, ou perchloroéthylène, ou tout simplement le perchlo, quésaco ?

C’est un Composé Organique Volatil (COV) utilisé principalement dans le processus de nettoyage à sec par les pressings ou comme dégraissant de métaux. C’est plus simplement un solvant. Ce mot vous dit quelque chose ? C’est peut être parce qu’il fait beaucoup parler de lui ces dernières années !

Le perchlo est un solvant très volatil, on le retrouve dans les locaux l’utilisant, mais aussi dans les espaces reliés par des systèmes d’aérations ou couloirs et parties communes à proximité, parfois jusqu’au dernier étage des immeubles mitoyens et directement dans les appartements à proximité des pressings. On le retrouve aussi dans les foyers non contigus car il peut être transporté par le biais des vêtements nettoyés à sec. Et pour finir on trouve aussi sa trace dans les sols pollués par d’anciennes installations artisanales ou industrielles.

Pour les données les plus récentes en France le concernant, on peut consulter l’OQAI (Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur) qui a réalisé une étude sur environ 560 logements en France, mais aussi le Laboratoire central de la Préfecture de Police (LCPP) à Paris qui a mené une campagne de mesures dans le cadre d’une enquête technique. Pour cette seconde étude, les logements ont été identifiés  suite à des plaintes enregistrées ou après relevés de non-conformité dans le fonctionnement de certaines Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE). Cette étude du LCPP concernait environ 30 établissements et plus de 120 logements parisiens. Nous pouvons donc considérer que nous disposons de valeurs toxicologiques de référence (VTR) fiables en la matière.

Quels sont les effets identifiés de ce solvant ?

Le perchlo est beaucoup utilisé, souvent en plein centre ville, à proximité des logements et il a pourtant des effets cancérogènes selon le Centre International de Recherche contre le Cancer (CIRC). Il figure en effet sur la liste des cancérogènes du groupe 2A du CIRC et peut causer des troubles neurologiques, rénaux et hépatiques notamment ! Il est quasi inodore et pourtant, les services de l’Etat ont reçu beaucoup de plaintes à son sujet. Le Plan Régional Santé Environnement II de la région Ile de France, l’a même intégré dans ses travaux.

Effet moins connus, le percho est aussi un corrosif et attaque ainsi les systèmes d’aération, gaines métalliques et autres tuyaux, dont notamment ceux d’évacuation du gaz, ce qui permet de craindre des effets en cascade,  comme les intoxications au monoxyde de carbone en cas de dégradation ou rupture de ces systèmes.

Les avancées récentes

Il y a eu plusieurs campagnes de mesures, sa prise en compte dans certains PRSE,  et plus récemment une déclaration de  Delphine Batho. La ministre de l’écologie a en effet annoncé le jeudi 6 décembre dernier,  la signature de l’arrêté prévoyant son interdiction progressive dans les pressings et organisant son remplacement par d’autres types de solvants considérés comme moins dangereux. « Il est désormais interdit, à compter du 1er mars 2013, d’installer toute nouvelle machine de nettoyage à sec fonctionnant au perchloroéthylène dans des locaux contigus à des locaux occupés par des tiers » a déclaré Mme Batho.

Les machines existantes fonctionnant au perchlo dans ce type de locaux seront progressivement interdites, en fonction de leur ancienneté. Par exemple, à partir du 1er septembre 2014, celles de plus de 15 ans devront être remplacées. Et cette durée maximale d’utilisation diminuera ensuite pour qu’à partir de 2022 maximum toutes les machines situées dans des locaux  « contigus à des locaux occupés par des tiers » ne puissent plus utiliser ce solvant. Il a aussi été fixé des concentrations maximales de rejet.

Est-ce suffisant ? Non bien sur, tout d’abord parce-que ce texte intervient bien tardivement mais aussi et surtout parce qu’il ne concerna pas toutes les installations utilisant du perchlo et ne protège donc pas tout le monde, et en tout premier lieu les travailleurs qui devront encore attendre. La France est un des premiers pays à mettre en place cette interdiction certes, mais elle a encore quelques progrès à faire…

Quel air respire-t-on dans le métro?

Si vous habitez à Paris ou dans une autre grande ville française, il y a de grandes chances que vous passiez beaucoup de temps dans le métro. Les arrêts, la foule, le doux son de la fermeture des portes de la rame, vous connaissez bien n’est-ce pas ? Mais vous êtes-vous déjà demandé – pendant vos longues réflexions méditatives dans une rame bondée à regarder les stations défiler – « Quel air respire-t-on dans le métro ? ». Respire a levé le nez pour y voir de plus près !

La ventilation du métro en image

Aération à l'intérieur d'une rame de métro

Ce n’est pas parce que Respire invite à prendre les transports en commun, que l’association ne se penche pas sur la qualité de l’air en « milieu confiné ».

Avez-vous déjà remarqué les systèmes d’aération dans les rames du métro ? Nous non plus avant hier en fait. Il en existe de tout type. Bouche d’aération circulaire, rail tout le long, diffuseur dans les coins, etc. Celle que nous avons auscultée est une bouche d’aération en long (1ère photo) dont on ne voit qu’une grille, vissée, sale. Il ne semble pas y avoir de filtre juste derrière, mais peut-être y en a-t-il un plus loin dans le mécanisme (à confirmer).

Aeration sale dans le métroQuand on approche sa main, l’air est soufflé. Il semble qu’il provienne de l’aspiration au dessus de la rame (2ème photo). Ces bouches d’aspiration, comme vous pouvez le voir, sont très noires. Ce n’est pas leur couleur naturelle vous vous en doutez. Le ménage ne doit pas être fait si souvent …

Revenons à ces grilles d’aération à l’intérieur de la rame. Nous avons voulu savoir si elles sont propres, ou au moins entretenues un minimum. Nous avons donc simplement passé dessus un mouchoir blanc. Rendre visible l’invisible permet de se rendre un peu plus compte de ce que nous respirons. Quelle ne fût pas notre surprise de le voir noir, très noir, contenant même des petits tas de poussières.

Saleté accumulée dans l'aération du métroNous ne pouvons pas encore vous dire ce que c’est, mais nous allons demander à la RATP. Dans le même temps nous allons envoyer des échantillons à un laboratoire spécialisé pour qu’il nous indique la composition de ce mélange.

 

Composition de l’air du métro

La composition de l’air du métro est une addition des polluants émis à l’extérieur, qui s’engouffrent naturellement dans les enceintes souterraines. Dioxyde d’azote, particules fines, monoxyde de carbone, ozone et autres. L’air du métro est donc à peu près pollué par les mêmes polluants que l’air extérieur, certes en moindre mesure pour le dioxyde d’azote, comme l’indiquent les résultats de l’étude menée par la RATP en collaboration avec l’organisme de surveillance de la qualité de l’air en région parisienne, Airparif, en 2008.

Sauf que pour les particules fines (PM10) la concentration explose aux heures de pointe et dépasse largement les concentrations mesurées à l’extérieur. Cette différence de concentration s’explique par le fait que le métro en lui-même produit des particules fines. En effet, la qualité de l’air du métro est affectée par les particules fines issues de l’usure des pneus mais surtout des frottements du système de freinage, quand celui-ci est mécanique. Ces particules métalliques sont un vrai problème. La RATP à Paris indique sur son site qu’elle prend ce sujet au sérieux en remplaçant peu à peu les rames par des systèmes de freinage électrique.

Pour les particules fines produites à l’extérieur, beaucoup d’études établissent un lien direct entre leur niveau de concentration et leur impact sur la santé (asthme, infarctus, autres maladies respiratoires). Les incidences de ces particules métalliques ultra-fines sur la santé  semblent peu étudiées, comme nous le livre un article du Figaro le 3 mai 2013 dernier.

Surveillance de l’air du métro

La RATP mesure en permanence la qualité de l’air circulant dans le métro.  Le 6 janvier 2014 dernier par exemple (jour choisi au hasard), le seuil de 50µg/m3 a été dépassé 21 heures sur 24. C’est entre 3h et 6h du matin seulement qu’il a été respecté, quand le métro était fermé au public. Pire, certaines heures atteignent une concentration très élevée, jusqu’à 190µg/m3 ce jour là, soit presque 4 fois ce que recommande l’OMS pour la qualité de l’air extérieur.

Selon le journal Le Monde, ces concentrations peuvent même atteindre 500µg/m3 sur les quais de RER – soit 10 fois la limite recommandée par l’OMS !

Alors que l’OMS recommande un seuil maximal de 50µg/m3 en moyenne sur 24 heures, les données de la RATP affichent des concentrations bien supérieures. Mais le problème, c’est que tout ceci est légal, car la règlementation est bien différente pour les seuils de particules fines en milieu confiné et à l’extérieur.

Une règlementation différente pour le même air

Comme nous l’expliquions dans un article sur le métro marseillais, il existe une énorme différence entre les règlementations définissant les seuils de concentration en particules fines en milieu confiné et à l’extérieur.

La réglementation fixe à 5000µg/m3 (si si) la limite de concentration en particules à respirer. C’est-à-dire 100 fois la limite recommandée par l’OMS. Les agents du métro seraient donc des super-héros avec des poumons 100 fois plus performants que les nôtres ? Ils sont les premiers concernés par la pollution de l’air du métro et demandent à en être protégés.

La pollution de l’air classée cancérogène par le CIRC

L’année dernière, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), dépendant de l’Organisation Mondiale de la Santé, classait les fumées de diesel cancérogène pour l’homme (groupe 1). Aujourd’hui 17 octobre 2013, cette même institution classe la pollution de l’air également cancérogène pour l’homme. Un élargissement du spectre de risque qui doit une nouvelle fois nous interroger sur notre façon de vivre en société.

L’association Respire fait état depuis ses débuts des liens de cause à effet entre les fumées de diesel et des impacts sanitaires avérés sur l’homme. Agissant directement sur le cerveau, les poumons et le coeur, ce sont les particules fines et le dioxyde d’azote qui sont depuis longtemps incriminées. Mais les fumées de diesel ne sont pas les seules sources de pollution de l’air. Toutes les combustions incomplètes, non filtrées ou mal filtrées rejettent un cocktails de polluants qui restent dans l’air ou sont remises en suspension en permanence par les vents.

L’OMS qui avait donc déclaré les fumées de diesel cancérogène étend aujourd’hui la pollution de l’air au sens général comme cancérogène pour l’homme, posant ainsi officiellement à l’ensemble de la planète un problème d’une ampleur immense. Selon l’OMS, 223 000 morts par cancer du poumon en 2010 serait causé par la pollution de l’air. Une raison suffisante pour s’intéresser à notre énergie, nos déplacements, nos produits du quotidiens.

 “The air we breathe has become polluted with a mixture of cancer-causing substances,” says Dr Kurt Straif, Head of the IARC Monographs Section. “We now know that outdoor air pollution is not only a major risk to health in general, but also a leading environmental cause of cancer deaths.”

La pollution de l’air, comme la pollution à de nombreux produits chimiques, aux ondes électromagnétiques sont des problèmes de la modernité, ce mot qui résonne comme autant d’avancées mais qui comporte son lot de conséquences, aux premiers rangs desquelles les problèmes sanitaires pour l’homme.

Quelle pollution de l’air dans les voitures ?


Lille : ATMO a mesuré la qualité de l’air… par France3Nord-Pas-de-Calais

Atmo Nord-Pas-de-Calais, l’association régionale pour la surveillance et l’évaluation de l’atmosphère, une association agréée par le Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, a mesuré la qualité de l’air dans les habitacles de voiture du 22 octobre 2010 au 28 janvier 2011.

Résultats : ces habitacles concentrent et stockent les polluants, monoxyde de carbone, dioxyde d’azote… en quantité. Les trajets les plus pollués sur l’autoroute : Douai-Lille et Valenciennes-Lille pendant les heures de pointe.

 

Le risque d’infarctus augmente avec l’exposition à la pollution du trafic automobile

Par Audrey Chauvet – 20minutes.fr

SANTE – Selon une étude britannique, les fumées dégagées par la circulation routière auraient un effet sur le risque d’infarctus jusqu’à six heures après l’exposition…

S’énerver au volant dans les embouteillages peut s’avérer mauvais pour le cœur, mais respirer les gaz d’échappement serait encore pire, selon une étude parue ce mardi dans le British Medical Journal. Les médecins britanniques ont mis à jour un lien entre les pics de pollution atmosphérique en ville et la survenance d’infarctus chez les personnes exposées. Jusqu’à six heures après avoir respiré des particules fines et du dioxyde d’azote, le risque de faire un infarctus serait augmenté d’un peu plus de 1%.

La pollution épaissit le sang

Si l’accroissement du risque d’infarctus est faible (1,2 % à chaque augmentation de 10 μg de particules fines par m3 d’air, et +1,1% pour 10 μg de dioxyde d’azote par m3), les médecins pensent que la pollution pourrait accélérer la survenance d’un infarctus qui aurait eu lieu dans les heures ou les jours suivants.

Pour parvenir à ces conclusions, ils ont étudié 79.288 cas de crises cardiaques dans 15 villes anglaises entre 2003 et 2006. «Cette étude à grande échelle démontre que le risque de crise cardiaque augmente pendant les six heures suivant l’inhalation de gaz d’échappement, commente Jeremy Pearson, professeur à la British heart foundation, qui a co-financé l’étude. Nous savons que la pollution peut avoir des effets majeurs sur la santé cardiaque, car elle peut épaissir le sang et provoquer des caillots. Nous conseillons aux personnes qui ont des problèmes cardiaques d’éviter les zones où le trafic est intense.»

A.C.

  La pollution atmosphérique, par les dommages qu’elle cause sur la santé, l’environnement et le climat, entraîne des coûts non compensés, c’est-à-dire imposés à des tiers en dehors de toute transaction volontaire : c’est ce qu’on appelle des externalités négatives. De nombreuses études ont développé différentes approches depuis les années 90 afin d’estimer ces coûts et révéler les impacts économiques d’une mauvaise qualité de l’air, principalement en termes de santé publique.

Les liens entre pollution de l’air et problèmes de santé révélés par les études épidémiologiques

Le diagnostic d’un problème de santé est fait sur la base d’études épidémiologiques, allant de la surveillance épidémiologique à la recherche et les essais cliniques, selon différentes approches. Une étude descriptive permettra de collecter et d’interpréter l’information sur le nombre de cas et les caractéristiques d’une pathologie ainsi que de surveiller la fréquence sanitaire d’une maladie, tandis qu’une étude analytique recherchera les déterminants de cette pathologie et mettra en évidence des relations causales entre des facteurs de risques et des maladies. Les études évaluatives, elles, vont mesurer l’impact d’une action ou politique de santé.

Les études épidémiologiques menées en France et en Europe (ERPURS, PSAS, APHEIS…) indiquent d’une part que les augmentations quotidiennes de la pollution de l’air ont des effets en quelques jours (crises d’asthme, hospitalisations pour causes respiratoires ou cardiovasculaires, décès anticipés) et d’autre part que des effets à long terme surviennent après une exposition cumulative de plusieurs années à des niveaux moyens de pollution atmosphérique (décès prématurés, affections chronique, cancers).

Par exemple, en France le programme PSAS-9, coordonné par l’InVS, étudie depuis 1997 les risques sanitaires à court terme liés à la pollution de l’air en couvrant 9 grandes villes françaises, et portant sur plus de 11 millions de personnes. Elle montre que le nombre annuels de décès anticipés attribuables à des concentrations de polluants atmosphériques supérieures à 10µg/m3 est de l’ordre de 2 800 pour la mortalité totale, dont 1 100 pour la mortalité cardiovasculaire et 300 pour la mortalité respiratoire.

Les impacts sanitaires dus à une exposition de long terme aux polluants sont le plus souvent étudiés dans des études de cohortes, qui se basent sur un suivi dans le temps d’individus exposés à différents niveaux de pollution (mesurés ou modélisés). Ces études comparent des groupes exposés et un groupe témoin non exposé et mettent en évidence les relations entre des indicateurs d’exposition aux polluants atmosphériques et l’apparition d’événements sanitaires en excès dans la population.

 

Valorisation monétaire des effets externes de court et long terme

Pourquoi établir une évaluation monétaire des impacts de la pollution de l’air ? Après tout si les études permettent de quantifier les cas de maladies, de décès et de symptômes, cela n’est-il pas suffisant ?

On peut trouver plusieurs intérêts à cette monétarisation. Premièrement, les externalités négatives sont de différente nature, agissent à différentes échelles et la valeur monétaire est perçue comme une transformation de ces effets en une valeur commune. Deuxièmement, elle permet de révéler les coûts de ces impacts pour les intégrer dans les prix des biens de consommation et ainsi refléter les vérités environnementales, définir des améliorations technologiques pour diminuer les effets de la pollution de l’air et réaliser des analyses coût/avantage pour les politiques et mesures visant à réduire ces impacts.

Et finalement, afficher un prix des dommages sanitaires et environnementaux permet, à l’heure où le pouvoir d’achat est au cœur des débats, de montrer le gâchis que l’on fait en ne respectant pas la réglementation qui est là pour nous faire du bien.

Principales méthodologies

Comment arrive-t-on à transposer ces effets externes en termes monétaires ? On identifie deux grands types de méthodes d’évaluation des coûts de la pollution atmosphérique dans les différentes études menées depuis plus d’une dizaine années.

La méthodologie descendante ou top-down est basée sur l’estimation du coût global de la pollution de l’air due à une source (transports, industrie…) et l’utilisation de modèles d’émission ; et la méthodologie ascendante, dite bottom-up, est fondée sur les caractéristiques particulières de chaque source et l’utilisation de modèles de dispersion (i.e. prend en compte la diffusion de ces polluants dans l’atmosphère).

Quel que soit le principe retenu, la suite de l’évaluation est assez similaire. Une fois les données déterminées, on utilise des fonctions appelées fonctions dose-réponse (ou exposition-risque) qui permettent de passer des doses de polluants absorbées par le récepteur (population, bâtiments, cultures…), aux dommages physiques (sur la santé publique, les écosystèmes etc.).  Celles concernant la santé sont établies à partir des études épidémiologiques.

Une fonction exposition – réponse peut avoir plusieurs comportements, et ça ressemble à ça :

Les impacts sont ensuite généralement monétarisés selon l’une des approches suivantes :

La première, appelée évaluation du capital humain, repose sur des évaluations des pertes de ressources économiques réelles: les dépenses de traitements et les coûts de l’absentéisme associés à la morbidité, les pertes de consommation liées aux décès prématurés. Les pertes de vies humaines et les jours d’incapacité à travailler sont donc transposés en termes économiques en utilisant les flux actualisés des revenus perdus.

La seconde, l’évaluation contingente, prend en compte les désagréments occasionnés relatifs à la réduction de la qualité de vie en termes psychologiques et physiques (angoisse, douleur, peine, impossibilité d’exercer certaines activités…). Si cela parait plus abstrait, on arrive à faire une évaluation économique à partir des consentements à payer (CAP). C’est ce que chacun est prêt à payer pour réduire le risque de mortalité, de morbidité, et de perte de bien-être. Cela se traduit par une enquête auprès d’un échantillon représentatif de la population. Cette méthode est très utilisée et les résultats d’études bien menées sont considérés suffisamment fiables.

http://www.setra.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/1017w_Rapport_monetarisation_externalites_enHYPERLINK « http://www.setra.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/1017w_Rapport_monetarisation_externalites_environnementales.pdf »vHYPERLINK « http://www.setra.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/1017w_Rapport_monetarisation_externalites_environnementales.pdf »ironnementales.pdf

http://www.ummto.dz/IMG/pdf/Les_Etudes_Epidemiologiques_cle052764.pdf

http://www.airparif.asso.fr/pollution/effets-de-la-pollution-sante

http://www.sante-environnement-travail.fr/minisite.php3?id_rubrique=907&id_article=3704

http://www.invs.sante.fr/surveillance/psas9/

Respire intervient comme expert

L’association Respire a été sollicitée par les représentants du personnel de la RATP (section métro) pour prendre part à une réunion extraordinaire du CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail). Cette réunion extraordinaire a été demandée par les élus du syndicat SUD-RATP. Il a été constaté qu’en certains points du métro les concentrations en particules fines sont 7,5 fois plus élevées qu’à l’extérieur. Ce niveau élevé de concentrations en particules n’est pas généralisable dans toute l’enceinte du métro. 

Les représentants du personnel de la RATP section métro ont considéré que les agents du métro et les employés travaillant dans l’enceinte du métro travaillaient dans des conditions sanitaires risquées : la pollution atmosphérique (intérieure ou extérieure) et spécifiquement la pollution due aux particules fines est la source de maladies cardio-vasculaires et de pathologies cancéreuses. Les sources de pollution sont connues, les risques sont connus, les remèdes pour y remédier sont connus mais pas toujours mis en œuvre.

Pour éviter que les agents du métro soient trop exposés à un air présentant un risque sanitaire, deux actions peuvent être mises en œuvre :

  1. Eviter l’exposition directe et prolongée et « protéger » les travailleurs (remède à court terme)
  2. Réduire les sources d’émissions et ventiler le métro plus régulièrement (solution long terme).

La RATP exerce en permanence une activité de veille et d’expertise sur la qualité de l’air circulant dans les enceintes ferroviaires souterraines. Les résultats de ces campagnes de surveillance peuvent être téléchargés ici et . A partir du moment où les niveaux de pollution et le risque sanitaire sont connus, il est important d’agir. C’est tout le sens de l’action des représentants du personnel de la RATP.

Les représentants syndicaux SUD  de la RATP ont déposé un droit d’alerte sur leurs conditions de travail. Ils demandent à la direction de prendre des mesures immédiates afin d’atteindre une concentration en PM10 ne dépassant pas les 50 µg/m3 d’air. Nous soutenons les représentants des employés dans leur demande. Cette demande est en droite ligne avec nos revendications juridiques concernant l’exposition des travailleurs à un air de mauvaise qualité.

Un vide juridique pour l’air que nous respirons

Qu’en est-il de la législation justement ? Pour faire simple, il existe deux textes de loi régissant le niveau de polluants atmosphériques que les agents et les usagers du métro respirent. Pour les usagers du métro, on mesure l’exposition finale de ceux-ci en tenant compte du temps de résidence moyen dans le métro. La circulaire du ministère de la santé date de 2003 : Circulaire DGS/SD 7 B n° 2003-314 du 30 juin 2003 relative à la qualité de l’air dans les enceintes ferroviaires souterraines. Le fait de tenir compte du temps de résidence dans le métro permet de pondérer les niveaux de pollution élevés auquel l’usager fait face dans le métro (milieu confiné) en partant de l’hypothèse que sorti du métro l’usager ne sera plus exposé à un air pollué.  Ce n’est bien entendu pas le cas, mais l’usager sorti du métro ne dépend plus juridiquement de la RATP.

Toutefois la loi ne prend pas en compte l’exposition des agents du métro. Bien qu’ils respirent le même air que les usagers, et qu’ils soient par conséquent exposés aux mêmes risques, le calcul – pour mesurer le niveau d’exposition des agents et donc le risque auquel ils font face – n’est pas le même que pour les usagers. Leur exposition est régie par le code du travail et les articles concernant les émissions de particules fines (articles R. 4222-10 à R. 4222-17). L’INRS précise les conditions d’expositions des agents du métro :

Les concentrations moyennes en poussières totales de l’atmosphère inhalées par une personne ne doivent pas dépasser 10 mg/m3 d’air (sur une période de 8 heures, durée moyenne d’une journée de travail). Et la concentration en poussières alvéolaires (susceptibles de pénétrer dans les voies pulmonaires jusqu’aux alvéoles, de s’y déposer et d’y rester durablement, en créant une surcharge pulmonaire néfaste pour l’organisme) ne doit pas dépasser 5 mg/m3 d’air.

Pour rappel le seuil maximum d’exposition pour les agents du métro est de 5 milligrammes par m3 d’air sur une durée de 8 heures. 5 milligrammes est égal à 5 000 microgrammes par m3 d’air (µg/m3). L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) préconise un niveau d’exposition maximum de 25 μg/m3 en moyenne sur 24 heures pour les particules 2,5 et 50 μg/m3 moyenne sur 24 heures pour les particules 10. Il est donc légalement acceptable pour les agents du métro de respirer un air 100 fois plus pollué que n’importe quel autre Homme qui utilise le métro parisien et les transports franciliens.

Les demandes du CHSCT à la direction

La direction de la RATP a accepté certaines des mesures et préconisations demandées par les représentants du personnel pour veiller à respecter les normes en vigueur et la santé des salariés.

Les représentants du personnel ont demandé à la direction de veiller à l’adaptation des mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes, de proposer et mettre en œuvre des solutions techniques pour réduire les concentrations de particules, de réaliser et pérenniser des mesures et analyse d’air au poste de conduite des salarié(e)s sur l’ensemble des lignes et de mesurer en continue des PM2,5 par le réseau Squales tel que fait sur le RER à la station Auber.

L’association Respire soutient ces demandes et s’assurera du bon suivi dans l’application des mesures correctives.

 

Ci dessous-vous trouverez le communiqué de presse rédigé avec le syndicat SUD-RATP suite à notre participation au CHSCT en tant qu’expert.

Communiqué de presse Syndicat SUS – Association Respire

La RTM ne répond pas

L’air dans l’enceinte du métro marseillais est pollué. Le roulement des rames de métro, le système de freinage et la pollution extérieure en sont responsable. En novembre dernier, nous vous faisions part d’une action auprès de la Régie des Transports Marseillais (RTM) concernant la qualité de l’air dans le métro marseillais.

Pour rappel le seuil maximum d’exposition pour les agents du métro est de 5 milligramme par m3 d’air sur une durée de 8 heures. 5 milligramme est égal à 5 000 microgramme par m3 d’air (µg/m3). L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) préconise un niveau d’exposition maximum de 25 μg/m3 en moyenne sur 24 heures pour les particules 2,5 et 50 μg/m3 moyenne sur 24 heures pour les particules 10. Il est donc légalement acceptable pour les agents du métro de respirer un air 100 fois plus pollué que n’importe quel autre Homme qui utilise le métro marseillais.

Pour atteindre notre objectif, qui est de protéger les usagers et les agents du métro, nous avons écrit à la Direction Générale de la RTM.  Pour que toute les parties prenantes soient au courant de nos démarches, nous avons mis en copie la CFDT et Karim Zéribi, député européen du sud-est de la France et président du conseil d’administration de la RTM. L’objectif de notre action est de faire part aux parties prenantes de notre inquiétude concernant l’exposition des salariés et usagers à un air de mauvaise qualité et d’être force de proposition pour faire évoluer la loi dans le bon sens.

Nous n’avons à ce jour pas reçu de réponse ni de la RTM, ni de Karim Zéribi. Nous leur avons donc renvoyé un courrier les enjoignant de nous répondre.

M. Pierre Reboud, ne vous réfugiez pas derrière une législation lacunaire. Prenez vos responsabilités et agissez pour protéger les employés et usagers du métro. L’association Respire vous rappelle que l’article 1er de la Charte de l’Environnement précise que

Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé.

Notre dernier courrier en date à l’attention de M. Reboud.

M. Karim Zéribi, soyez audacieux et proposez des textes de loi qui protège vos administrés et améliore leur vie au jour le jour.

Ne sacrifiez pas vos convictions politiques pour être dans l’air du temps. JFK

Notre dernier courrier en date à l’attention de M. Zéribi.

Pour conclure je cite Stéphane Hessel, un jeune indigné, qui écrit dans « Danse avec le siècle »

Rien n’est impossible à la volonté des hommes pourvu qu’elle soit intense.

L’Europe consulte les citoyens

La Commission Européenne consulte les citoyens européen dans le cadre du renouvellement de la politique européenne pour la lutte contre la pollution atmosphérique.

La Direction Générale Environnement organise sur son site la consultation des citoyens et des acteurs de la vie publique et économique. Voila bien deux ans que la Commission Européenne travaille au renouvellement des politiques publiques de lutte contre la pollution de l’air. Cette consultation clôt le travail de la Commission et le texte qui sortira du travail préparatoire et de la consultation sera proposé au Parlement ensuite pour un vote.

Pour prendre part à la consultation, rendez-vous ici.

Respire répondra à la consultation et fera part de ses préconisations pour améliorer la qualité de l’air et la santé de nos concitoyens.

 

Un syndicat de la RTM interpelle les ministres sur la qualité de l’air intérieur

Il y a un mois nous présentions sur le site de Respire un cas de pollution de l’air entrainant une surexposition d’une population à un air de mauvaise qualité : le cas du métro marseillais et de l’exposition des agents du métro. Au mois de novembre nous prenions connaissance de la situation alarmante d’un point de vue sanitaire et juridique. Pour rappel, selon le Code du Travail il est légalement acceptable pour les agents du métro de respirer un air 100 fois plus pollué que n’importe quel autre Homme qui utilise le métro.

Nous en avons donc informé la direction de la RTM pour leur demander quelles actions elle comptait mener pour remédier à ce problème. Le courrier envoyé à la direction de la RTM était aussi envoyé en copie au député européen de la circonscription en question, Karim Zeribi, ainsi qu’au syndicat qui porte ce dossier depuis de nombreuses années.

Le syndicat FGTE-CFDT a lui aussi mené une action de communication pour faire connaître les problèmes auxquels ils sont confrontés. Étant donné que le syndicat n’a reçu aucune réponse de la part de sa direction et que celle-ci (semble-t-il) tarde à prendre des actions correctives, la FGTE-CFDT a jugé bon d’écrire aux instances ministérielles concernées par leur dossier. La FGTE-CFDT a donc écrit aux Ministres du Travail, de la Santé et de l’Environnement.

Ci-dessous la lettre que nous publions pour faire connaître leurs revendications.

Les deux points qui nous semblent primordiaux pour que cesse cette situation grave et qui sont des revendications du syndicat sont :

  • la mise en place pour les salariés exposés d’un système de traçabilité des expositions professionnelles accompagné d’un suivi,
  • une révision du Code du Travail afin d’obtenir que le taux d’exposition des salariés aux PM10 soit cohérent avec le niveau toléré pour protéger la population.
Do it yourself ! Les capteurs citoyens de Respire sur OWNI

Le site d’information OWNI publie un reportage de Sylvain Lapoix sur l’expérience des capteurs citoyens de Respire et Appliculteurs.

Tout est ouvert et disponible pour l’amélioration et la réappropriation

Le projet des capteurs citoyens encourage, à faible coût, la réappropriation politique et la participation citoyenne. Le concept de « full open hardware » permet une totale transparence et une ouverture quant au fonctionnement et autorise chacun, grâce à une licence ouverte et réutilisable, à faire ses propres mesures de la qualité de l’air.

Do it yourself

Les capteurs citoyens vont permettre de produire une information sur la qualité de l’air depuis la base : « placer des capteurs dans des poussettes, simuler des trajets ou, tout simplement, mettre des capteurs chez les “pauvres” pour pouvoir établir le lien entre précarité sociale et précarité environnementale ».

Quelques photos d’ l’engin ci-dessous.

 

 

Nous avons été contacté au courant du mois de juillet par des résidents de la ville de Bosc le Hard en Haute Normandie. Ceux-ci se plaignaient des odeurs désagréables qui émanent de l’usine Green Pack située à 500mau nord du cœur du bourg.

La société Green Pack exploite une usine dont l’activité est la rénovation d’emballages métalliques et plastiques, souillés ou non par des substances dangereuses. Cette activité est réglementée au titre de la législation sur les installations classées pour la protection de l’environnement. Les résidents se plaignent de maux de têtes et de nausées. L’odeur qui émane de l’usine et qui serait à l’origine de ces désagréments est semblable à une odeur de gaz ou de produits pétrochimiques, comme rapporté par les résidents.

Ci dessous vous pourrez consulter l’arrêté préfectoral de l’usine Green Pack à Bosc le Hard : 2009 Arrete Prefectoral GREENPACK.

Ce n’est pas la première fois que nous sommes alertés par des citoyens de pollutions atmosphériques avérées : la démarche est la même à chaque fois. Nous alertons les représentants de l’Etat ainsi que l’entreprise concernée (si un acteur privé est à l’origine de la pollution éventuelle), et nous publions nos demandes ainsi que les réponses des représentants de l’Etat sur notre site.

Ces résidents veulent connaître la dangerosité des émanations auxquels ils sont exposés tout les jours.

Ci-dessous la lettre que nous avons envoyés ce jour à la DREAL Haute Normandie qui a la charge de vérifier la conformité avec la loi des émissions polluantes des activités industrielles de la Région. La société Green Pack recevra aussi une copie du courrier.

20120803 Lettre de Respire, à l’attention de la DREAL (en copie Greenpack)

Nous publierons leur réponse lorsque nous l’aurons reçue.