Certains n’ont pas pu retenir leur souffle le 11 septembre

Certains n’ont pas pu retenir leur souffle le 11 septembre

Aujourd’hui de nombreuses personnes se joignent aux New Yorkais et aux familles de victimes pour commémorer les 10 ans des attentats du 11 septembre. Ces commémorations ont un sens particulier surtout depuis les soulèvements démocratiques dans les certains pays arabes. Chez Respire on voudrait rendre hommage et avoir une pensée pour les sauveteurs pompiers, policiers et volontaires qui ont pris part aux actions de premiers secours et aussi au déblayage des gravats sur le site des Tours Jumelles.

L’air qu’ils respirent

Ces sauveteurs pour la plupart volontaires ont été exposés à des poussières et des fumées très toxiques. 40,000 secouristes volontaires ou non ont participé aux opérations de sauvetages et de déblayage. Très souvent sans masque, ces volontaires n’ont pas été prévenus du risque qu’ils encouraient. « Il faut dire que la poussière qui s’est répandue dans les quartiers avoisinants les tours jumelles contenait un cocktail peu sympathique de produits chimiques, dont certains sont répertoriés comme cancérigènes. Le carburant des avions a relargué dans l’atmosphère du benzène et des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). De l’amiante, des dioxines, du plomb, du mercure, des PCB et bien d’autres substances toxiques provenant des bâtiments ont été libérées dans l’atmosphère au moment où les tours se sont écroulées » (Le Journal de l’Environnement). De nombreuses études médicales ont suivi la fin des opérations de sauvetage. Celles-ci avaient pour but de suivre l’état de santé des milliers de sauveteurs. Selon ces études publiées dans la revue médicale The Lancet : 20% des sauveteurs souffrent d’asthme, 70% des sauveteurs souffrent de problèmes respiratoires sérieux et les secouristes ont un risque accru de 20% de développer un cancer par rapport à une personne qui n’a pas respiré ces poussières.

Un risque de cancer accru et aucune couverture médicale

Il a fallu 9 ans pour que les secouristes volontaires puissent bénéficier d’une couverture médicale. Cette couverture est actée depuis début 2011 par la signature du Président Barack Obama du « Zadroga Compensation Act ». Le site web du gouvernement de l’Etat de New-York présente la prise en charge médicale apportée aux secouristes. Le Docteur David Prezant du Département des Pompiers de la Ville de New York a réalisé une étude établissant un  lien clair entre les opérations de sauvetage et le pourcentage accru de cancer détecté chez les secouristes. Ceux-ci ont été exposés à des « facteurs de cancer bien connus comme les hydrocarbures aromatiques polycycliques, les biphényles polychlorés et les dioxines ». Le gouvernement américain n’a toujours pas reconnu le lien de causalité et donc les cancers des secouristes impliqués dans les opérations du 11 septembre ne sont toujours pas couverts par un service d’assurance maladie. Le Dr John Howard, directeur de l’Institut National de Sécurité et Santé Professionnelle, a conclu en Juillet dans un rapport « qu’il n’y avait pas encore assez de preuves établies pour financer le traitement de cancers potentiellement liés au 11 Septembre ».

L’inaction mène à l’indignation

John Delvin, secouriste volontaire sur le site des Tours Jumelles a passé 9 mois sur les décombres pour déblayer les gravats. En plus de nombreux problèmes respiratoires, ce volontaire a été diagnostiqué d’un cancer de la gorge.

 

Jeff Stoehlein, pompier secouriste sur le site des Tours Jumelles, a lui été diagnostiqué d’une tumeur au cerveau. Il n’est pas couvert par le service d’assurance maladie mise en place au niveau fédéral. Comme le dit Jeff : « Comment peut-on faire l’éloge des gens après le 11 septembre et ensuite leur tourner le dos? »

Il y a 5 ans déjà de nombreux secouristes volontaires s’indignaient de la non prise en charge de leurs frais médicaux. Beaucoup de ces volontaires n’étant pas assurés , ils se retrouvent complètement délaissés et abandonnés. Certains ont la chance de bénéficier d’un suivi médical, d’autres non. Ce qui est frappant c’est la vitesse à laquelle 40,000 personnes se sont portées volontaires dans une situation de crise et de désespoir total Comparé à la lenteur de réaction du gouvernement pour venir en secours aux malades. Le gouvernement américain a mis 10 ans à reconnaitre (partiellement) les maladies des secouristes.

De nombreux secouristes volontaires qui ont été atteints de maladies respiratoires ont du arrêter leurs métiers dans les années qui ont suivi les attentats sur les Tours Jumelles. A partir de là nombreux sont ceux qui ont perdus leurs couvertures médicales et qui n’ont pas reçu d’aides compensatoires de l’Etat.

Comme le disent tout les secouristes indemnisés ou non: « Ne nous oubliez pas! ».

 

Related Post

One Comment on “Certains n’ont pas pu retenir leur souffle le 11 septembre

Leave a Reply

Your email address will not be published.