Le conseil général des Hauts-de-Seine a décidé de supprimer la subvention de 80 000 euros qu’il versait à Airparif. Un geste idéologique maladroit, selon l’association Respire, qui devrait interroger les habitant des Hauts-de-Seine sur l’air que leur joue leur Président, Patrick Devedjian, à l’heure où la France sera probablement condamnée pour non respect de la règlementation sur la qualité de l’air.

Une petite vengeance idéologique

Dans une lettre de quelques lignes sans arguments, Patrick Devedjian met fin sèchement à l’aide du département des Hauts-de-Seine à l’organisme de surveillance de la qualité de l’air, Airparif. Pourtant, après 30 ans de  présence d’un élu des Hauts-de-Seine dans le Conseil d’Administration d’Airparif, aucune des critiques émises par Patrick Devedjian dans la presse n’avait auparavant été formulées. Cette décision, qui ressemble à une petite vengeance idéologique, alors que la France commence tout juste à s’intéresser à la question de la qualité de l’air, de ses effets sur la santé et sur l’économie du pays, creuse un peu plus encore le fossé entre ceux qui se préoccupent de la santé de leurs administrés et les autres.

« Quand M. Devedjian stoppe la participation du département (alors qu’il aurait pu la baisser) à Airparif, alors qu’il s’agit de participer à la mesure de l’air que tout le monde respire, c’est comme s’il coupait des aides financières qui serviraient à mesurer la potabilité de l’eau distribuée aux habitants de son département« , explique Sébastien VRAY, Président de l’Association Respire.

La qualité de l’air dans les Hauts-de-Seine

Cartographie des émissions de dioxyde d’azote dans les Haut-de-Seine en 2011 – Source : Airparif

L’association Respire rappelle la situation de la qualité de l’air en se plongeant dans les données d’Airparif, qui ne s’arrêtera pas pour autant d’informer tout le monde de l’air qu’il respire.

En attendant avec impatience le rapport sur la qualité de l’air en 2012 dans les Hauts-de-Seine, voilà quelques données tirées de celui de 2011. Environ 500 000 personnes sur 1,15 millions d’habitants ont potentiellement été exposées à des valeurs concernant le dioxyde d’azote supérieures à la règlementation (40%), 400 000 pour les particules fines PM10.Pour la protection de la santé, l’objectif de qualité définit pour l’ozone (120 microgrammes par m3 en moyenne sur 8 heures à ne pas dépasser une seule journée) est dépassé sur toutes les stations du département. Au final, pendant près de 80 jours, l’air a été de moyen à médiocre. Il y a eu 13 déclenchements de procédures d’informations et d’alertes.

Loin d’être rose, la situation de l’air cette année devrait sinon se stabiliser, s’aggraver un peu plus, aucune mesure sérieuse n’ayant été prise pour l’améliorer. Peut-être qu’après tout, M. Devedjian a raison : à quoi bon savoir si on ne fait rien ensuite ?