Cyclistes : comment vous protéger de la pollution de l’air

Cyclistes : comment vous protéger de la pollution de l’air

La pollution de l’air tue 10 fois plus que les accidents de la route en France : 48000 personnes par an contre 3700. Dans les grandes villes polluées, c’est encore pire. A Paris, elle tue 60 fois plus ! Et pourtant, les cyclistes sont insuffisamment protégés et aussi insuffisamment préoccupés par ce danger mortel. Pour essayer d’améliorer les choses, voici quelques explications et quelques conseils.

Tout d’abord un petit rappel sur les conséquences de la pollution de l’air. Chacun imagine facilement qu’elle puisse être responsable de problèmes des voies respiratoires : asthme, irritation du nez ou de la gorge, etc. Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. L’essentiel de la mortalité tient aux problèmes cardiovasculaires. Car une fois dans les poumons, les molécules de pollution passent dans la circulation sanguine et irritent nos veines et nos artères. C’est ainsi que la pollution est responsable d’environ un tiers des AVC et d’un tiers des infarctus ! L’organisation mondiale de la santé (OMS) l’appelle « le tueur invisible » !

Risques et Bénéfices

Alors, faut-il arrêter de pédaler ? En fait, non. Car selon les études médicales, les avantages de l’activité physique contrebalancent les inconvénients liés à la pollution. En tout dans la plupart des situations en France, c’est-à-dire quand la pollution reste –même avec les pics – en dessous de certains niveaux. Car dans certaines villes de Chine, d’Inde ou d’Asie, l’air est tellement pollué que les inconvénients dépassent les avantages, et le vélo y est déconseillé

Donc, continuez à pédaler, d’autant plus que les alternatives, quand il faut se déplacer, ne sont pas bonnes. Le métro ? il est très pollué. La voiture ? Vous respirez la même pollution… Mais si vous roulez, allez y doucement, car un effort physique provoque une hyperventilation et aggrave l’effet de la pollution.

Comment se protéger

C’est quand même très injuste que les cyclistes soient des victimes de cette pollution qu’ils n’ont pas causée. Mieux, qu’ils contribuent à réduire. On comprend que les médecins ou les responsables publics essaient de ne pas trop nous décourager… Mais individuellement, comment se protéger ? Que faire pour diminuer les risques ?

Les masques

Vous mettez un casque contre les accidents, vous pourriez mettre un masque à gaz contre la pollution ! Le problème c’est que les masques ne marchent pas, en général…

Pour les masques les plus légers, comme les masque de chirurgie,  ils ne servent à rien, ils ne filtrent pas la pollution. Mais les masques plus efficaces posent un autre problème : celui des fuites. En effet, si vous pédalez un peu fort, vous allez respirer plus intensément. Et si votre masque n’est pas parfaitement adapté à votre morphologie (ce qui n’arrive jamais), quand vous allez inspirer, l’air aura tendance à rentrer par les fuites. Et donc, le masque ne servira à rien. Pire, comme vous serez en hyperventilation, vos poumons seront encore plus sensibles à la pollution… Cela ressemble à une fausse bonne idée.

Une petite remarque, si vous optez pour un vélo à assistance électrique, et donc que vous ne risquez pas l’essoufflement, le masque est plus efficace…

Alors que faire ?

En fait, la meilleure chose à faire, c’est de diminuer son exposition, en d’autres mots, choisir son itinéraire pour passer par les endroits les moins pollués. Et cela n’a rien d’anecdotique. La pollution est un phénomène extrêmement variable géographiquement. Elle peut varier du simple au double à quelques mètres près. Ainsi, rouler sur les voies de bus – donc légèrement décalé par rapport au trafic principal, c’est respirer 30 % de pollution en moins. Rouler sur les pistes cyclables, c’est respirer 50 % de pollution en moins !

En cadeau bonus, se protéger contre les accidents de la route, c’est également se protéger de la pollution !

Il y a de nombreuses autres astuces. Par exemple, au feu rouge, bien s’arrêter DEVANT les voitures, pour ne pas respirer les pots, plus chargés, quand elles redémarrent. Préférer des axes larges dans lesquels les vents peuvent dissiper la pollution, éviter les grands carrefours embouteillés, etc.

Choisissez, quand vous le pouvez, vos horaires : la circulation varie grandement au cours de la journée, et ainsi fait la pollution automobile. Roulez aux heures creuses, si vous pouvez. C’est comme un jogging. Ne vous entrainez pas pour le marathon les jours de pic de pollution…

En milieu rural, surveillez les épandages…

Les enfants

Dernière chose. Les cyclistes sont menacés. Mais il y a des personnes encore plus menacées : les enfants.

Ils sont plus petit, leur système respiratoire et immunitaire n’est pas arrivé à maturité, ils respirent plus…

La pollution cause tout un ensemble de problèmes particuliers chez eux. Bien sur les crises d’asthme, mais aussi des retard développementaux et cognitifs (des points de QI en moins), etc.

Donc si vous amenez vos enfants à l’école en triporteur, et bien vous ne leur faites vraiment pas un cadeau… Alors, avec eux, faites doublement attention à votre itinéraire.

Olivier

Texte (enrichi) d’une conférence faite au congrès de la FUB (Fédération des usagers de la bicyclette) à Nantes

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