Des particules particulières dans les tempêtes de sable

Des particules particulières dans les tempêtes de sable

Tour télévisé de la Perle Orientale le 5 mai 2011 (à gauche). La même (à droite) le 2 mai. - Photo de Niu Yixin

Les particules dont nous parlons souvent ici proviennent des véhicules diesels, de l’érosion des pneus, des poussières soulevés par le passage des véhicules. Pourtant il ne faut pas oublier que les poussières émanent également des unités et complexes industriels (incinérateur par exemples), du chauffage au bois des particuliers et parfois, des tempêtes de sables. Lundi 2 mai dernier à Shanghai, deux d’entre elles ont ainsi affolé les appareils de mesure et révélé quelques surprises. (source: Shanghai Daily)

Record

Des niveaux de pollution records ont été enregistrés à Shangai les 3 et 4 mai 2011. L’Air Pollution Index (API), l’indice de pollution de l’air utilisé en Chine (et dans d’autres pays comme les États-unis et le Canada) a atteint sont plus haut niveau depuis 2007 en atteignant le peu glorieux score de 500. La faute à deux tempêtes de sables printannières provenant du Nord qui ont plongé les habitants dans un flou jaunâtre trois jours durant, les obligeant à porter des masques et, pour les plus fragiles, à rester cloîtré chez eux.

Certains commentaires disent que ce phénomène se serait aggravé par l’essor de l’industrialisation et la désertification de régions à l’Ouest du pays. « For years the desertification that besets North China has been used to justify foot dragging on proactive environmental protection, especially at the local level. » (voir l’article Sandstorms carry toxic heavy metals, not just grit)

Le système d’alerte qui n’alerte pas

Une chose est certaine, les habitants alertés seulement le soir aux infos télévisées, sont peut-être habitués à vivre dans une ville qui sent bon la pollution de l’air (quelques photos récentes de Shanghai nous bercent dans un univers sordide) mais on peut se permettre de regretter le manque de prévention dont les autorités ont fait preuve. En effet, d’une manière générale les autorités ne cherchent pas à préparer la population à ce type de situation. « While our weathermen may well throw up their hands and say that they are powerless before the formidable power of sandstorms — they indeed are — doing little to get the public ready for a health menace can only be equated with inaction. »

Après ces quelques jours de brouillard toxique, les pluies ont lessivé la ville, déposant sur les immeubles, voitures et mobilier urbain une fine couche de poussière, quelques fines particules dans les yeux des habitants … qui s’en souviendront. « Many people’s eyes are still red, throats sore and memories raw. »

La tempête révèle quelques surprises

Cette tempête a également permis de remettre au goût du jour des travaux de recherche sur le contenu invisible de ces tempêtes de sables. Depuis 2000, les recherches de Zhuang Guoshun, Professeur au département de science et d’ingénierie de l’environnement de l’Université de Fudan ont porté sur des échantillons de tempêtes prélevés sur 12 sites différents du pays. Hormis la poussière provenant du plateau de Loess (zone aride) et des steppes de Mongolie, les échantillons contiennent des niveaux plus élevés de métaux lourds tels que de l’arsenic, du plomb et du sélénium. Les métaux lourds accrochés dans les poumons après inhalation prennent de nombreuses années avant d’être excrétés, contribuant à augmenter le risque de cancers du poumon. « Ils ne peuvent venir que de la combustion du charbon« , dit Zhuang.

Malheureusement, les poussières de charbon, classées comme des PM 2,5 (parce qu’elles mesurent effectivement moins de 2,5 microns) ne sont pas mesurées par le système de surveillance, qui a dressé la liste des polluants à surveiller il y a maintenant 10 ans.

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Et voilà, il revient. L’ozone. Il fait les gros titres car il est partout. Faîtes…

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