Effluents d’élevages et pollution de l’air

Effluents d’élevages et pollution de l’air

Nous écrivons pour vous sensibiliser à la pollution rurale et en particulier à la pollution de l’air en Bretagne. Celle-ci a de nombreuses sources. Aujourd’hui nous rappelons les difficultés des populations exposées aux effluents d’élevages de porcs et de traitement de lisiers.

Les installations concentrent des milliers de porcs et rejettent des effluents dans l’eau bien sûr, de moins en moins sous la pression de l’UE, et de plus en plus dans l’air (H2S, méthane, etc……). Le Canada a autrefois connu le problème du transfert de la pollution des élevages, de l’eau vers l’air.
Les rejets peuvent être réduits moyennant des études d’impacts sérieuses et des adaptations techniques qui existent (filtres puissants). [50% de la production de porc est située en Bretagne]

Mais en France, les arrêtés d’exploitation et les autorités ne soumettent pas leurs accords d’exploitation à l’installation de filtrations sévères et à la règle du 0 rejet atmosphérique polluant. Par ailleurs, les études d’impact demandées pour les plus importantes exploitations sont régulièrement insuffisantes. Enfin la population agricole a obtenu d’augmenter les seuils de nombre d’animaux élevés auxquels une autorisation administrative est nécessaire. La supervision administrative des élevages est donc réduite, de fait. La consultation des populations aussi.

Sans contrainte, les rejets atmosphériques augmentent

Il en résulte une Bretagne impactée par des odeurs de lisiers, avec des pics difficilement soutenables lors des épandages sur les terres et des pollutions chroniques près des exploitations bien sûr mais aussi dans de nombreuses communes. Et même au niveau du littoral.

La stratégie des agriculteurs qui consiste à éloigner les habitants des zones cultivables et de concentrer les habitants autour des clochers est en route. Il faut toutefois constater que beaucoup d’agriculteurs et autres propriétaires terriens ont trouvé leur bonheur en vendant des terres agricoles pour le bâti il y a 40 ans et plus. Ils continuent de le faire. Le territoire rural est donc mité et les gens qui y sont installés ont des droits. Par ailleurs, la stratégie de concentration des habitants autour du clocher ne peut être efficace pour limiter les impacts au niveau de l’air car il n’existe pas de frontières étanches aux atmosphères entre le centre des communes rurales et leur périphérie. Principe de la continuité écologique. Ajoutons que les seuls apports financiers des agriculteurs, aux territoires, ne permettraient pas de faire vivre les territoires et de les équiper.
Il n’y a donc pas d’autre solutions, pour ces régions, de viser une cohabitation intelligente et que les pollutions soient annulées.

Par conséquent, nous recommandons de :

  1. légiférer pour que l’autorisation de développer des installations d’élevages soumises à déclaration et autorisations soient subordonnées à des traitements très sévères des effluents et rejets dans l’atmosphère. Ce point est prioritaire.
  2. plus légiférer sur les seuils d’émissions et pratiques d’élevage.
  3. s’organiser pour inventer et mettre en place des capteurs qui enregistrent le niveau des principales molécules émises heure après heure, L’INRA a commencé à appréhender la question. Ces capteurs permettront d’objectiver et de quantifier les rejets,

Au bout du bout c’est la France, la Bretagne et les agriculteurs eux-mêmes qui gagneraient aux plans sanitaires et économiques.

Le prix à payer pour les agriculteurs est tout à fait soutenable. Ils sont subventionnés et leur contribution serait un maigre retour aux populations imposées pour qu’ils bénéficient de généreuses subventions au point que dans les milieux informés, des exploitants sont appelés les « salariés de la PAC ».

Pour finir nous précisons notre état d’esprit :
 » Installer des exploitations et entreprises dans les différents territoires français, c’est formidable, le faire au détriment de la santé des populations et d’autres activités économiques, c’est minable, en particulier lorsque les moyens d’éviter cela existent aux plans technique et financier.  »

 

Contribution externe reçue à Respire

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