Emplois contre smog – Obama ne respire plus

Emplois contre smog – Obama ne respire plus

Par voie de dépêche Reuters, nous avons appris que l’administration américaine – à l’initiative de Barack Obama – allait retirer un projet de loi visant à lutter contre la pollution de l’air provenant de source industrielle. Ce texte de loi devait inciter les industriels à limiter leurs rejets gazeux et donc permettre de réduire les nuages de smog surplombant beaucoup de villes américaines. La American Lung Association a estimé dans un rapport sur l’état de l’air aux États-Unis – State of the Air 2011 – que la moitié de la population américaine était exposée à un air de mauvaise qualité et donc à des risques sanitaires accrus.

Il y a eu de nombreuses manifestations devant le Maison Blanche ces derniers jours. Des organisations environnementales ainsi que de nombreuses célébrités ont pris part à des sits-in pour signifier leur indignation par rapport aux pressions auxquelles a fait face l’administration américaine. En effet les lobbyistes industriels ont fait pression sur l’administration tout au long de l’été arguant que ce texte de loi allait les obliger à payer des charges supplémentaires inutiles (selon eux) et donc aurait comme conséquence d’augmenter le chômage. Les industriels précisent que ces charges limitent leurs possibilités d’embauche.

Comme le dit Robert Redford, dans une tribune publiée sur Huffington Post, a choisir entre la qualité de l’air garantissant un bon état de santé des concitoyens et l’emploi, l’administration américaine à cause des lobbyistes a choisi l’emploi. Malheureusement, ce n’est pas un choix judicieux car le smog coûte cher à la société. D’un côté les lobbyistes industriels disent que ces réglementations vont mettre 7.3 millions de personnes en situation de chômage économique. D’un autre côté l‘Agence de Protection de l’Environnement américaine a estimé que ces lois anti-smog pourraient prévenir le risque de décès anticipé de 12 000 personnes et des problèmes aggravés d’asthmes pour 58 000 personnes. Par la réduction des externalités négatives, les lois anti-smog auraient comme effets de réduire la facture médicale américaine de 100 milliards de dollars.

En creusant un peu, on se rend bien compte que l’argument économique ne tient pas. Les industriels réfléchissent à leurs entreprises respectives dans un environnement économique fermé : ils ne pensent pas à l’impact que leurs décisions ont. Ils mettent uniquement en avant le fait que cela va leur coûter cher et que cela apportera peu en terme d’amélioration de la qualité de l’air. Citant un rapport de l’administration présidentielle américaine faite pour le Congrès, Robert Redford met en avant les frais et les bénéfices économiques et sociaux d’une diminution de la pollution atmosphérique. Toutes les mesures engagées depuis 10 ans pour améliorer la qualité de l’air ont générée jusqu’à 655 milliards de dollars de bénéfices (économiques, sociaux, sanitaires, …) tout en ne coûtant que 62 milliards de dollars à l’industrie. On voit donc bien qu’il y a un réel bénéfice à lutter contre le smog et qu’il est justifié de demander aux pollueurs de payer.

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