Enfants et pots d’échappements : un nez à « nez » dangereux

Enfants et pots d’échappements : un nez à « nez » dangereux

Logo ASEFSuite à la publication d’une étude sur la pollution de l’air dans 25 villes européennes, l’étude Aphekom menée par l’Institut National de Veille Sanitaire, l’Association Santé Environnement France (ASEF) a mené une expérience scientifique de terrain pour mesurer ce que nos enfants respirent dans leur poussette pendant un trajet en ville, et sensibiliser les mères de famille.

L’expérience a consisté en la réalisation de trajets à pied en zone urbaine dans deux parties distinctes de la ville, aussi bien le matin que le soir. L’objectif étant d’avoir une photo à un instant « T » de ce que respirent nos enfants. L’ASEF a choisi de mesurer les PM 2,5 car ce sont les particules de pollution les plus fines, celles qui pénètrent le plus profondément dans les poumons. Elles sont à l’origine du développement de maladies chez l’enfant comme l’asthme, les infections ORL et les maladies respiratoires.

L’ASEF a réalisé ces prélèvements d’air à hauteur de visage en installant le dispositif de mesure dans une poussette, captant ainsi précisément les rejets des pots d’échappement présents à cette même hauteur. L’étude Aphekom a démontré que la proximité au trafic augmentait le risque sanitaire pour la personne imprégnée. Un piéton sur le trottoir par exemple est moins exposé qu’un cycliste dans la circulation et un bébé en poussette est plus exposé qu’un adulte aux pots d’échappement.

Parcours Jas de Bouffan / Encagnane de 8H01 à 9H46 - Jeudi 10 mars 2011 - Aix en Provence

 

Le dossier de presse édité par l’ASEF contient des schémas récapitulatifs des niveaux de pollutions mesurés à intervalle régulier sur chaque trajet. Il est donc très intéressant de voir qu’a aucun moment de l’expérience le niveau de PM 2,5 était en deçà du seuil de l’OMS fixé à 10 µg/m3 et dans très peu de cas en deçà du seuil de l’Union Européenne fixé à 20 µg/m3.

Rappelons que l’une des conclusions de l’étude Aphekom était de calculer l’amélioration de l’espérance de vie si le taux de particules fines dans l’air était ramené au seuil des 10 µg/m3. Ce gain est potentiellement de 22 mois chez les personnes âgées de 30 ans (en fonction de la ville et du niveau moyen de pollution). Si déjà les seuils de l’UE étaient respectés …

Selon nous, cette expérience de terrain nous donne des éléments pour revoir les manières de mesurer la pollution en ville :
1.    La mesure de la masse des particules fines n’est pas suffisante, celle-ci n’étant pas un critère d’évaluation fiable. Les dernières études à ce sujet montrent que c’est plutôt leur nombre et leur réactivité de surface qui représentent le véritable risque sanitaire.
2.    Le mécanisme d’accumulation ainsi que de l’effet « cocktail » n’est pas évalué : sur une journée nous respirons tout un cocktail de polluants sur une durée plus ou moins longue.

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