Et les autres polluants alors ?

Et les autres polluants alors ?

Si notre carte montre un classement à partir de trois polluants (PM10, NO2, O3), nous aurions tout autant pu établir, toujours à partir de la base de donnée Airbase, un classement des villes en fonction d’un grand nombre d’autres polluants, tels que l’arsenic, les PCB, le benzène, le souffre, les métaux lourds tels que le mercure, les composés organiques volatils, etc.

Effectivement, on parle peu des émissions dans l’air de mercure, des vapeurs de phtalates de plastiques et du PVC, des émissions issues des adjuvants des pesticides utilisés en agriculture, du paraben dans les cosmétiques. Qui connaît le Benzo(a) pyrène, cancérogène-mutagène issu des industries des enrobés routiers ? Ce même polluant organique persistant n’est que très peu surveillé en France.

De nombreux autres polluants devraient attirer notre attention, surveillés officiellement ou non, ils reflètent pourtant l’état de notre industrie, ancrée dans le pétrole et la chimie de synthèse. Les Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE) françaises ne sont pas toutes de bons élèves et des exemples d’innovations. Les manquements à la règlementation sont courants, les mises en demeure des préfectures sont nombreuses et les autorités compétentes (DREAL par exemple) peu pourvues de moyens d’actions.

Les perturbateurs endocriniens dans l’air

Les perturbateurs endocriniens font partie des molécules préoccupantes car elles affectent notre système de production des hormones, donc notre fertilité et la régulation des grands cycles du corps (température, humeur, croissance, stress). Relargués en masse dans l’eau et dans les sols, ils sont également volatils et nous les respirons chaque jour. Les perturbateurs endocriniens, très mobiles, se diffusent dans l’air. Certains par la combustion (les HAP, par exemple, sont issus de la combustion des voitures et des usines) alors que d’autres sont très volatiles (phtalates et bisphénol A sont issus des matières plastiques, les PBDE sont issus des retardateurs de flamme, etc.).

Le rapport Endocrin’air, issu du programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens (PNRPE), a analysé la contamination de l’air par ces molécules dans la région parisienne. Tous les perturbateurs endocriniens recherchés ont été décelés sur l’ensemble des sites étudiés et ont presque toujours pu être quantifiés. La comparaison des concentrations de ces polluants dans l’air intérieur avec celles de l’environnement urbain montre que tous les contaminants (à l’exception des HAP et du BPA) présentent des concentrations 10 à 80 fois supérieures dans l’air intérieur.

Les 7 micropolluants retenus pour l’étude Endocrin’air
Alkylphénols (AP) : adjuvants
Bisphénol A (BPA) : plastifiant
Éthers de biphényles polybromés (PBDE) : retardateurs de flamme
Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) : contaminants issus notamment de la combustion
Phtalates : plastifiants
Polychlorobiphényles (PCB) : fluide diélectrique autrefois très utilisé
Tétrabromobisphénol A (TBBPA) : retardateur de flamme

Related Post

Ozone Ozone Ozone

Ozone Ozone Ozone

Et voilà, il revient. L’ozone. Il fait les gros titres car il est partout. Faîtes…

Leave a Reply

Your email address will not be published.