Explosion des maladies du cerveau : quelle prévention et quel impact sur notre système de santé ?

Explosion des maladies du cerveau : quelle prévention et quel impact sur notre système de santé ?

Comme nous vous l’avions annoncé, l’association RESPIRE a animé une conférence organisée par l’Appel de la Jeunesse dans le cadre du cycle de Conférence Greenpride et relative à l’explosion des maladies du cerveau, présentée par les auteurs de l’enquête « menace sur nos neurones » (Marie Grosman et Roger Lenglet, édition  Actes sud).

Voici en résumé, l’essentiel de leur intervention, qui n’a pas vocation à refléter l’intégralité de leur ouvrage et de leur intervention mais bien d’en saisir quelques données et principes généraux. En espérant que cela vous donne l’envie d’en savoir plus via leur livre.

Une pandémie dans le monde occidental

Les auteurs parlent aujourd’hui d’une pandémie pour caractériser l’explosion des maladies neurodégénératives. En effet, le monde scientifique connaît les causes de ces pathologies depuis plusieurs décennies. Le vieillissement de la population couplée à l’amélioration du diagnostique amplifie cet état de fait. Comment ces maladies sont-elles prises en compte par les pouvoirs publics et le monde médical français ?

Prise de conscience

En 1994, le journal Le Monde titre « La maladie d’Alzheimer, nouvelle peur des Françaises « . En effet, la maladie est repérée, intuitivement, par les citoyens (ce que l’on pourrait qualifier de « sensibilité collective »), d’autant plus que certaines célébrités en sont atteintes et communiquent sur leur maladie, relayée dans les médias pendant cette décennie (Rita Hayworth, Ronald Reagan). Cette mise en lumière d’une maladie encore peu connue ne poussera cependant pas le corps médical à s’en soucier véritablement. En effet, les « leaders du milieu médical » présentent encore cette maladie comme le simple revers du privilège d’une société où l’on meurt de plus en plus vieux (p.18). Faute de toxicologues et d’épidémiologistes français pour étudier cette problématique, les chiffres officiels stagnent à 350 000 malades de 1994 à 2002. Sauf qu’en 2003, l’INSERM effectue une première étude qui porte le nombre de personnes atteintes à 750 000.

A ce jour, quelques 800 000 à 1 million de personnes sont atteintes par la maladie d’Alzheimer en France. Ce nombre augmente chaque année de 200 000 cas. En Union européenne, 38% de la population est touchée par une maladie neurodégénérative. La faute au vieillissement de la population et à l’amélioration du diagnostique nous dit-on officiellement. Encore faudrait-il y remédier ! Des plans de santé publique émergent (dont celui sur Alzheimer) mais ne prennent jamais en considération la prévention, pourtant capital pour lutter contre ces maladies.

La prévention aux abonnés absents

Les auteurs nous expliquent que ce dénigrement de la prévention par le monde médical français trouve sa source par exemple au niveau des études de médecine, puisque aucune filière relative à la toxicologie n’existe aujourd’hui. Cette filière permettrait pourtant de former des spécialistes qui travailleraient en amont de ces maladies, sur les causes connues depuis plusieurs décennies, les fameux neurotoxiques. Cette absence globale de considération de la prévention (et donc de son enseignement) trouverait son origine dans le pasteurisme qui influence le cursus de formation des médecins (tout s’explique par le virus et la seule prévention recommandée est le vaccin -alors qu’il ne s’agit que d’une prévention secondaire). Ainsi, l’intervention médicale ne doit se réaliser que sur un patient atteint par un virus, afin d’en traiter les conséquences. De ce fait, l’action de neurotoxiques sur l’homme n’est pas prise en compte par une éventuelle prévention. De plus, l’origine des maladies neurodégénératives est multifactorielle (ingestion, réactions en chaîne, accumulation), à la différence du virus responsable identifié d’une maladie.

Est-on égaux génétiquement face à ces maladies ?

Des études ont pris pour base le Japon où la population compte 3 fois moins de pathologies neurodégénératives qu’en Europe, alors que la population est plus vieille. Ce premier constat ébranle une première cause mise en avant par les autorités sanitaires en France (vieillissement de la population). Cependant, certains y voient la résultante d’un code génétique propre aux japonnais qui leur permettrait d’être moins récepteurs à ces neurotoxiques. Aussi, les chercheurs ont étudié les immigrants japonnais installés aux USA. Quelle surprise de constater que sur une seule génération, le taux de japonnais vivant aux USA atteint de pathologies neurologiques rejoint celui de la population américaine. Ceci prouve que les causes sont dans les modes de vie, dans notre environnement chargé de neurotoxiques plus ou moins puissants.

Neurotoxiques et pollution de l’air

Les neurotoxiques sont plus ou moins néfastes. Néanmoins, certains comme les particules fines (rejet des moteurs à gazole notamment) pénètrent directement par le nez et s’accumulent directement dans le lobe frontal. Il en va de même pour les polluants de l’air qui arrivent dans nos poumons, organe plus perméable que le tube digestif (il convient donc pour se protéger d’avaler plutôt que de respirer…!). Les auteurs, très renseignés par les sources d’études scientifiques nous expliquent ni l’Institut de Veille Sanitaire (InVS), ni l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) n’ont songé à prendre en compte (ce qui ajouterait aux deux millions de décès prématurés dénombrés dans le monde chaque année) les décès liés aux atteintes neurocérébrales des particules. Ainsi l’OMS, consciente que « les particules en suspension ont plus d’effets sur la santé que tout autre polluant », ne relève leur impact qu’en termes d’affections respiratoires, de cardiopathies et de cancers pulmonaires. Pourtant les effets sur le cerveau sont connus depuis les années 1980, en particulier chez les garagistes exposés aux particules émises par les moteurs Diesel. Le lien entre les maladies neurodégénératives et l’exposition aux particules fines de la pollution urbaine a été établi chez le chien, puis chez l’homme (on ne vous ment pas, tout est sourcé).

[…] après avoir remonté le long du nerf olfactif, les Pufs (Particules ultra-fines) traversent sans grande difficulté la barrière hémato-encéphalique et profitent de leur taille microscopique pour s’installer au cœur des cellules du cerveau […]

Afin de mettre tout le monde sur un pied d’égalité, sachez que 25% des médicaments en vente en France contiennent des neurotoxiques, il y en aura donc pour tous.

Action publique

Les pathologies sont connues, les études confirment les liens entre pollution aux neurotoxiques et les maladies identifiées. Pourquoi les pouvoirs publics, face à une telle épidémie, ne réagissent-ils pas ? Un peu par peur des procédures judiciaires qui ne manqueraient pas de voir le jour, comme cela fut le cas pour l’affaire du sang contaminé, ou l’amiante ainsi que des indemnisations à verser. Il est donc plus aisé de tenter de traiter les effets de ces maladies (qui de toute façon sont dues au vieillissement de la population et l’amélioration du diagnostique …!). Ajoutons, comme mentionné plus haut, que la culture française repose sur le tout chimique (4ème pays consommateur de médicaments dans le monde …).

Ainsi, la santé publique en France propose 4 médicaments pour le traitement de la maladie d’Alzheimer par exemple. Après étude indépendante, il s’avère que ces « médicaments » sont non seulement inefficaces mais aussi dangereux pour les patients. Le remboursement des médicaments anti-Anti-Alzheimer a coûté en 2009 plus de 262 millions d’euros selon l’Assurance maladie (l’Union généraliste avance la somme de 400 millions d’euros par an).

L’initiative du ministère de la santé dénommée « train Alzheimer » est révélateur de toute cette mascarade. Les auteurs se sont déplacés à ce rendez-vous itinérant proposé par l’État afin de se renseigner sur l’action officielle des pouvoirs publics français pour lutter contre les maladies neurodégénératives dont Alzheimer. Les  mots d’ordre sont : comprendre, vivre avec et accompagner … Mais jamais prévenir !

Le premier wagon propose une mise en bouche avec accueil du Président de la République en voix off annonçant la lutte engagée au nom de l’État français contre la maladie d’Alzheimer et l’attribution de fonds conséquents pour mener à bien cette mission (dont le « train Alzheimer » fait bien entendu partie). Les wagons suivant sont réservés aux « partenaires ». Vous êtes alors accueillis par de charmantes personnes en blouses blanches qui travaillent pour … Nestlé ou AG2R. En effet, pour lutter contre ces maladies, l’État français ne recule devant rien et vous propose donc d’améliorer votre quotidien de malade en dégustant des produits diététiques spécialement pensés pour vous et vos co-patients. Les wagons suivants sont à l’avenant avec assureurs et autres maisons de retraites pensées pour vous, patient atteint d’Alzheimer. La preuve est donc bien vivante (ou plutôt itinérante) que l’explosion de ces maladies en France profite conséquemment au monde politico-économique, notamment par des partenariats public-privé, et bien sûr aux entreprises du médicament.

Ainsi, une fois achevé la lecture de cet ouvrage, vous ne verrez plus vos troubles de la mémoire de la même manière. Bonne lecture.

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