La France tente de reprendre son souffle

La France tente de reprendre son souffle

La France communique beaucoup ces derniers temps sur les actions engagées dans les ZAPA et les PPA. Le gouvernement tente de prouver sa bonne foi à la Commission Européenne. La plainte de la Commission Européenne contre la France pour non respect des règles sur la qualité de l’air est toujours d’actualité. La France a beaucoup de retard pour la mise en place d’actions permettant de limiter un niveau de pollution trop élevé et donc un risque sanitaire important. La pollution de l’air coûte cher.

Rappels

Nous le rappelions dans un article publié au printemps dernier, la France est poursuivie par la Commission Européenne pour non respect des règles européennes de la qualité de l’air. Le point principal de cette plainte repose sur le fait qu’il y a eu de nombreux dépassements de seuils pour les émissions de particules fines dans les agglomérations françaises au cours des dernières années. De nombreuses villes et régions ont connus plus d’épisodes de pollutions qu’il n’est autorisé par la loi et qu’il n’est acceptable d’un point de vue sanitaire.

Le fait que le gouvernement ait mis du temps à appliquer en droit français les ZAPA et que les collectivités locales ne déploient pas les PPA, induit une qualité de l’air mauvaise. Pour Martial Sadier, président du Conseil National de l’Air, l’objectif est clair, il est nécessaire de « faire la preuve que nous avons pris le dossier au sérieux ».

Les PPA

Un PPA (Plan de Protection de l’Atmosphère) est un outil à disposition des collectivités locales pour « fixer des objectifs de réduction de polluants atmosphériques pouvant nécessiter la mise en place de mesures contraignantes spécifiques à la zone couverte par le plan. Il vise à ramener les concentrations en polluants à un niveau inférieur aux valeurs limites fixées sur la base des connaissances scientifiques, dans le but d’éviter, de prévenir ou de réduire les effets nocifs de ces substances pour la santé humaine ou pour l’environnement » (Actu-environnement.com, 19/07/2006).

Action/Réaction

La France, depuis plusieurs années, ne respecte pas les seuils de la qualité de l’air fixés par l’UE. Cependant, lorsqu’elle se voit condamnée à payer une amende conséquente, le gouvernement s’active et fait passer comme message qu’il engage des actions significatives pour la lutte contre la pollution atmosphérique.

Le gouvernement met en avant le fait que les expérimentations sur les ZAPA vont commencer, ce qui est déjà le cas depuis plusieurs années à Londres et à Berlin. Au niveau Français il faut encore attendre trois ans avant que ce dispositif ne soit mis en place. De plus les émissions de CO2 des véhicules ne seront, en théorie, pas prises en compte dans les critères de notation des véhicules. Le gouvernement veut montrer à la Commission Européenne que celui-ci a pris le sujet au sérieux mais le manque d’action des préfectures lors d’épisodes de pollution aux particules fines est toujours aussi prégnant. Rien n’est effectué à court terme, rien n’est mis en place pour éviter ces pics à long terme. On ne fait que constater et informer les usagers.

La question des moyens

Le manque de moyens des organismes de la qualité de l’air est aussi une preuve du manque d’ambition de l’État pour s’atteler à cette problématique sanitaire importante. Airparif, organisme de mesure de la qualité de l’air en région parisienne, gère un réseau de stations de mesures de la qualité de l’air. Il n’existe qu’une seule station de mesure à proximité du périphérique de Paris. Une seule station pour une voie rapide qui est longue d’une trentaine de km et qui voit passer son lot de véhicules journaliers : selon l’Institut de d’Aménagement et d’Urbanisme d’Ile de France, le trafic quotidien oscille entre 1,1 et 1,2 millions de véhicules. Auxquelles viennent s’ajouter les 100 000 personnes qui habitent à proximité du périphérique. Cela fait beaucoup de monde pour une station.

Quand on connait le coût partiel de la pollution atmosphérique en Europe en 2009 qui s’élève à 169 milliards d’euros pour les citoyens européens, Cela représente beaucoup d’argent pour ne rien faire et laisser les citoyens respirer un air de mauvaise qualité et dangereux pour la santé.

Seuils

Face à ces questionnements sur les moyens techniques pour mesurer la qualité de l’air et au coût sanitaire que la pollution atmosphérique représente, on peut aussi se poser des questions sur les seuils définis pour les polluants atmosphérique. L’association « Pour une Ville sans voiture » a fait un tableau récapitulatif des recommandations de l’OMS et des niveaux de seuils d’alertes et d’informations pour l’Europe et la France. On peut juste constater et se demander pourquoi les réglementations françaises et européennes ne sont pas assez sévères concernant le dioxyde de souffre, les particules fines PM10 et l’ozone. Enfin l’OMS recommande un seuil limite pour les particules fines PM2.5 mais on ne peut que déplorer le fait que ce seuil n’existe pas dans la réglementations française.

Enfin, comme le dit que le président du Conseil National de l’Air, il est indispensable « faire la preuve que nous avons pris le dossier au sérieux ». Respire attend des actes et pas uniquement des paroles.

 

Paroles, Paroles – Dalida et Alain Delon

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