La pollution de l’air et la mucoviscidose

1.La mucoviscidose c’est quoi ?

 

Ce mot est composé de : MUCUS + VISCOSITÉ = MUCOVISCIDOSE

La mucoviscidose est une maladie qui se manifeste le plus souvent dès la naissance ou les premiers mois de vie. Elle touche principalement la fonction respiratoire et gastro-intestinale.

C’est une maladie génétique qui peut provoquer le décès. Touchant autant les femmes que les hommes, la mucoviscidose est plus fréquente dans les populations de type caucasien, alors qu’elle est très rare dans les populations africaines et asiatiques.

Ses symptômes invalidants et les complications infectieuses et fonctionnelles qui en découlent impactent l’espérance de vie des patients.

  • La cause…

cause

 

La protéine CFTR est une protéine présente dans la membrane des cellules de différents muqueuses : respiratoire, digestive… Elle fonctionne comme un canal qui permet l’échange d’ions chlorures entre l’intérieur et l’extérieur de la cellule.

Dans le cas de la mucoviscidose, lorsque son gène est muté, le canal dysfonctionne.

Par le biais de différentes cascades biologiques, il en résulte notamment une diminution de l’eau excrétée au niveau des muqueuses et, en conséquence, une inflammation et un épaississement du mucus qui les recouvre.

Ce phénomène entraîne l’apparition des symptômes habituels de la mucoviscidose.

La mucoviscidose est liée à des mutations du gène de la protéine CFTR, situé sur le chromosome 7. Les différentes mutations identifiées engendrent des dysfonctionnements dont la sévérité est variable. Ainsi, la mucoviscidose est une maladie dont l’expression est plus ou moins sévère selon la nature des mutations portées par le patient.

 

2.Et en France….

 

En France le nombre de patients atteints de mucoviscidose est estimé à 7 000. Il y a autant d’hommes que de femmes.

Bien que l’espérance de vie des individus touchés ait considérablement augmentée ces 40 dernières années, aucun traitement ne permet aujourd’hui de venir à bout de la maladie.

Néanmoins, l’espérance de vie a très nettement augmenté autour de 35, 40 ans, avec les traitements, les greffes pulmonaires. De nouvelles thérapeutiques ciblant CFTR ou son gène sont porteuses d’espoir.

Chaque année, le Registre Français de la Mucoviscidose recueille des données précises pour évaluer les caractéristiques de la population.

  • La répartition sur le territoire

 

La répartition géographique des patients montre une disparité entre les départements comme le montre la carte ci-dessous issue du Registre français de la mucoviscidose – Bilan des données 2015

Hebergeur d'image

 

Il est bien évident que l’origine de la maladie n’a bien entendu aucun lien avec la pollution de l’air étant donné que la mucoviscidose est une maladie génétique.

Mais les pics de pollution ont un impact direct sur les victimes de ce fléau…

3.L’impact des Particules fines sur l’appareil respiratoire

 

D’après les résultats des études toxicologiques et épidémiologiques,

  • Les particules de plus de 10 µm de diamètre restent au niveau de l’appareil respiratoire supérieur.
  • Les particules dont le diamètre est compris entre 3 µm et 10 µm se répartissent entre la trachée et les bronches.
  • Les particules de taille inférieure à 3 µm atteignent les alvéoles pulmonaires.

 

pm respiratoire

Les alvéoles pulmonaires où se nichent les particules inférieures à 3 µm sont de minces sacs creux qui prolongent les voies respiratoires, où se déroulent les échanges gazeux avec le sang

Le sang qui entre dans le capillaire pulmonaire est le sang veineux systémique qui entre dans les poumons par l’intermédiaire de l’artère pulmonaire. Ainsi l’O2 est diffusé dans le sang et le CO2 est expulsé. Le sang qui retourne au cœur a le même taux de dioxygène que l’air alvéolaire.

Plus il y a de capillaires pulmonaires qui participent à ce processus, plus le total de O2 et de CO2 échangés est grand.

 

4.L’étude sur les effets néfastes de la pollution atmosphérique sur la mucoviscidose

 

Grâce aux données exhaustives du registre national américain de la mucoviscidose donnant la surveillance sur les années 1999-2000, des patients âgés de plus de 6 ans et atteints de mucoviscidose, on a pu constater que chaque élévation de 10 microgramme /m³ d’air de microparticules PM 10 et PM 2,5 était associée à une aggravation des symptômes.

–de 8% pour les PM 10

–de 21 %pour les PM 2,5

Chaque augmentation de 10 microgramme /m3 de PM 2,5 est associée à une baisse du VEMS de 24 ml en moyenne (volume expiratoire maximum par seconde).

Chaque augmentation de l’ozone de 10 part par milliard (ppb) est associée à une augmentation de risque de 10 % de subir au moins 2 exacerbations de la maladie.

De plus des niveaux élevés d’ozone ont été associés avec une augmentation de l’exacerbation chez les enfants souffrant d’asthme.

En conclusion, l’exposition aux PM 10, PM 2.5 et à l’ozone peut augmenter le risque d’exacerbation pulmonaire et augmenter le taux de variation de la fonction pulmonaire dans la population atteinte de mucoviscidose.

Cette étude démontre donc que la pollution atmosphérique impacte réellement les patients souffrants d’une affection respiratoire chronique comme la mucoviscidose.

Sur 11484 personnes qui participaient à l’étude, 213 sont décédées au cours de l’année 2000…

5. L’impact de la pollution de l’air sur les transplantés pulmonaires

 

En effet pour les malades atteints de Mucoviscidose, la greffe constitue le dernier recours pour les patients dont le poumon s’est particulièrement dégradé.
greffe_poumon
La récupération d’une fonction respiratoire normale après la greffe est progressive : pendant de nombreux mois, ces sujets sont vulnérables et à risque de rejet de greffe.

Ainsi, dans le cadre d’une étude regroupant plusieurs équipes hospitalo-universitaires et l’Inserm (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale), il a été prouvé qu’auprès de 520 patients transplantés, une hausse des polluants, que sont les NO2 et les particules fines, était associée à une baisse de la CVF (volume total que les patients peuvent expirer au cours d’une expiration forcée).

Chaque fois que la concentration en PM10 augmentait de 5µg/m³, la valeur de la CVF, exprimée en pourcentage de la valeur normalement attendue pour une personne du même sexe, du même âge et de la même taille, était abaissée de 2,56%.

Valérie Siroux, qui a coordonné les travaux de cette étude précise : « Les mesures visant à limiter la pollution atmosphérique liée au trafic autoroutier et aux différents modes de chauffage sont nécessaires pour préserver la santé des populations et notamment des populations particulièrement vulnérables : enfants, sujets âgés, personnes asthmatiques… et, comme l’indique cette étude, les sujets ayant bénéficié d’une transplantation pulmonaire« .

 

Article rédigé par Michael, avec la contribution de Marie-Laure

Sources :

http://fr.medipedia.be/mucoviscidose/comprendre/mucoviscidose-atteinte-de-differents-organes

http://www.infra-transports-materiaux.cerema.fr/IMG/pdf/effets_sante_particules_version_imprimable.pdf

http://www.news-medical.net/news/2004/03/29/24/French.aspx

http://virades-chevreuse.fr/la-mucoviscidose/

http://www.ameli-sante.fr/mucoviscidose/quest-ce-que-la-mucoviscidose.html

http://www.inserm.fr/thematiques/genetique-genomique-et-bioinformatique/dossiers-d-information/mucoviscidose

http://www.vaincrelamuco.org/

http://pharmaweb.univ-lille2.fr/cours_en_ligne/uved/PAetSante/co/03-1-1_toxicologie.html#

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alvéole_pulmonaire

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