La qualité de l’air européen passée au crible

La qualité de l’air européen passée au crible

Un rapport de l’Agence Européenne de l’Environnement (AEE) publié début novembre confirme que l’état de l’air en Europe ne s’améliore pas : les niveaux de particules fines et d’ozone dans l’air – deux polluants présentant des risques sanitaires – ne diminuent pas.

Le rapport de l’AEE passe en revue et analyse la qualité de l’air dans 38 pays européens. Les données analysées couvrent la période 1990-2009.Le rapport fait un état des lieux de l’air en Europe aujourd’hui et la manière dont la qualité de l’air a évolué depuis 20 ans. L’agence européenne analyse aussi l’atteinte ou non des objectifs fixés par l’Union Européenne et par l’Organisation Mondiale de la Santé. Enfin le rapport liste les impacts des grandes familles de polluants sur la santé, l’environnement et le climat.

L’agence européenne a mesuré que les émissions de dioxyde de souffre et de plombs ont nettement diminué sur la période étudiée. Par contre pour des raisons complexes les niveaux de particules fines et d’ozone dans l’air n’ont pas diminué. L’agence européenne précise que le lien entre l’émission de ces polluants et leur niveau mesuré dans l’air est difficile à établir. Ce pourquoi il est complexe d’agir sur les sources pour garantir des résultats efficaces.

Les particules fines et l’ozone sont deux polluants atmosphériques présentant des risques sanitaires importants. Ceci avait déjà été établi dans l’étude APHEKOM menée par l’INVS. Les particules fines et l’ozone ont des impacts importants sur les écosystèmes et sur la santé humaine. Les particules fines émises en grande partie par les véhicules diesel sont responsables entre autres de nombreux décès (maladies cardio vasculaires) et aggravent les risques d’asthmes pour les personnes habitant à proximité de routes avec un trafic important.

De nombreux pays européens ne respectent pas les seuils limite d’exposition aux particules fines et à l’ozone. Ces seuils préconisés par l’OMS permettent de garantir un air de qualité aux individus. L’étude chiffre à 80-90% le pourcentage de la population urbaine européenne exposé à un air ne respectant les seuils fixé par l’OMS pour les particules fines et à 95% pour l’ozone. Une grande majorité des européens sont exposés à longueur de journée à des niveaux de pollutions importants.

En 2005 l’Union Européenne avait lancé un programme d’action visant à atteindre en 2020 un niveau de qualité de l’air équivalent à l’année 2000. Si cet objectif était atteint il y aurait une diminution de 47% de la réduction de l’espérance de vie due à une exposition importante aux particules fines et une réduction de 10% de la mortalité due à une exposition importante à l’ozone. On voit bien donc l’atteinte des objectifs relève d’un enjeux sanitaire primordial et que l’amélioration de la qualité de l’air (en suivant les objectifs de l’OMS) aurait un impact conséquent sur l’amélioration de la qualité de vie.

Et pourtant …

Le secteur des transports n’engage pas les changements souhaités pour réduire massivement les émission de polluants atmosphériques.

Pour la quasi-totalité des polluants générés par les transports, le niveau des émissions a diminué en 2009 en raison d’une chute de la demande de transport. Cependant, cette baisse est due à la récession économique. Il faut donc maintenant que le système des transports en Europe opère une transition bien plus marquée pour éviter les augmentations d’émissions, y compris en période de forte croissance économique. Professeur Jacqueline McGlade, directrice exécutive de l’AEE.

Selon le dernier rapport annuel sur les émissions dues aux transports publié par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), l’amélioration de l’efficacité énergétique des véhicules a été annihilé par l’augmentation de la demande de transport et par l’augmentation du parc de véhicules.

La dangerosité de la pollution atmosphérique est connue et avérée, l’amélioration de la qualité de l’air est possible : et pourtant le prix du diesel est toujours incitatif par rapport à l’essence, on continue à vendre des voitures et à se reposer sur le modèle de développement « tout voiture », d’autres solutions de transports ne sont pas généralisées et l’amélioration technologique se fait à la marge.

 

Rapport Qualité de l’Air – Agence Européenne de l’Environnement

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