Le coût des émissions provenant des activités industrielles : un bilan lourd pour l’Europe

Le coût des émissions provenant des activités industrielles : un bilan lourd pour l’Europe

Depuis les années 90, le projet ExternE (« External Costs of Energy ») de la Commission Européenne – en collaboration avec le département de l’Energie des Etats-Unis – rassemble plusieurs dizaines d’experts de tous les pays de l’Union Européenne (UE), dans le but d’estimer les coûts externes de l’énergie. Il constitue l’étude de la plus grande envergure, en développant une méthodologie ascendante afin d’apporter plus de précisions sur le coût d’un polluant émis par une source donnée, ainsi que plus de détails quant aux effets sanitaires d’un polluant spécifique. Une référence pour beaucoup de travaux actuels.

Une méthode basée sur la dispersion atmosphérique des polluants

La méthode des voies d’impact (Impact Pathway Approach : IPA) développée par le projet ExternE, est la plus couramment utilisée pour mettre en œuvre l’approche Bottom-up. L’IPA consiste à suivre le parcours des polluants depuis leur source d’émission (centrales électriques par exemple) jusqu’aux récepteurs finaux affectés (bâtiments, agriculture, population), en étudiant leur dispersion dans l’atmosphère et les différents dommages qui en découlent par l’intermédiaire des fonctions dose-réponse.

La dispersion atmosphérique de la plupart des polluants est notable sur des centaines à des milliers de kilomètres, entraînant des effets à l’échelle locale (jusqu’à environ 50km de la source) et régionale. Au-delà de la zone locale, le projet prend en compte les réactions chimiques donnant lieu à une transformation des polluants primaires en polluants secondaires.

L’intérêt de l’approche est de déduire le coût marginal (coût supplémentaire induit par la dernière unité produite) de la pollution atmosphérique à partir des émissions de polluants d’une source isolée.

 

Les effets sanitaires constituent la part la plus importante des dommages causés par la pollution de l’air

En termes de coûts, les impacts sanitaires contribuent à la part la plus large des dommages estimés du projet ExternE : « Un consensus se dessine entre les experts de la santé publique selon lequel la pollution de l’air aggrave les maladies respiratoires et cardiovasculaires et conduise à une mortalité prématurée ». « La majorité des études ont identifié les particules fines comme principales coupables, l’ozone a également  été  directement  impliqué ».

Même si l’on observe des effets sur l’environnement (dégradation des bâtiments, pluies acides…), leur coût reste faible comparé à celui de la santé publique. Cela vient aussi du fait que les effets sur l’environnement sont plus difficiles à quantifier et que les données existantes sont encore trop insuffisantes pour obtenir quelque chose de conséquent.

Afin d’évaluer les coûts de mortalité et morbidité dues à la pollution de l’air, l’apport majeur du projet est de se baser sur la perte d’espérance de vie et la valeur d’une année de vie perdue (Value of a Life Year). Cette valeur est plus adaptée que la « valeur de la vie statique » (VSL) ou le coût d’évitement d’un décès qu’on applique au nombre de morts prématurés (sur le long terme) dans les premiers travaux, qui est fondée sur les morts accidentelles de la route.

Révéler les coûts pour le secteur industriel

C’est grâce à cette méthodologie que l’Agence Européenne de l’Environnement (AEE) a pu évaluer le coût des dommages causés sur la santé et l’environnement résultant des polluants émis par les établissements industriels, tels que les grandes centrales électriques et les raffineries, mais aussi les combustions résultant des activités de fabrication, les processus industriels, les déchets et certaines activités agricoles.

L’analyse a travaillé à partir des données recensées par le registre européen des émissions et transferts (« The European Pollutant Release and Transfert Register » ou E-PRTR) d’un certain nombre de polluants (Particules fines, métaux lourds, Composés Organiques Volatils, Dioxydes de carbone, de soufre et d’azote…). A noter que tous ces établissements n’ont pas déclaré l’ensemble des polluants.

En partant du coût marginal des dommages, on peut estimer les coûts des dommages par tonne de polluant auxquels on multiplie les données d’émission pour quantifier le total des coûts.

Ainsi, le rapport intitulé « Revealing the costs of air pollution from industrial facilities in Europe » révèle que le coût des dommages liés à la pollution atmosphérique générée par les 9 655 établissements étudiés est estimé entre 102 et 169 milliards d’euros en 2009, ce qui revient à un coût de 200 à 300 euros en moyenne pour chaque citoyen européen. Les émissions des centrales électriques représentent la plupart des coûts : de l’ordre de 66 à 112 milliards d’euros, suivies par les processus de production (23 à 28 milliards d’euros) et les combustions des activités de fabrication (8 à 21 milliards d’euros). La part de la France s’élève quant à elle entre 8 et 15 milliard d’euros. Joli score.

http://www.respire-asso.org/2011/11/24/le-prix-dune-partie-de-la-pollution-de-lair-en-europe-169-milliards-deuros/

 

 

 

Les effets sur la santé pris en compte pour les particules fines, l’ozone, métaux lourds et COV

Les impacts sanitaires pour les émissions de PM2,5 et d’ozone pris en considération sont : la mortalité chronique, la mortalité infantile et la bronchite chronique (pour les particules), la mortalité de court terme (pour l’ozone), les journées d’activité restreintes, les admissions à l’hôpital pour problèmes respiratoires et cardiovasculaires, l’usage de médicaments et les symptômes respiratoires. La valeur d’une année de vie perdue est estimée à 54 000 euros pour la mortalité chronique et entre 54 000 et 125 000 euros pour la mortalité de court terme.

Pour les métaux lourds et certains Composés Organiques Volatils la valorisation monétaire passe par la multiplication des impacts physiques de ces polluants (cas de cancers, perte de points de QI) au coût d’un incident. On prend également en compte les doses pouvant être ingérée via la consommation d’aliments et de boissons qui ont subi une contamination par dépôt de ces polluants dans l’eau et les sols.

Les valeurs retenues sont 2 millions d’euros pour un cancer fatal, 500 000 euros pour un incident de cancer non fatal et 9 300 euros pour la perte d’un point de QI. Le coût unitaire pour un cancer fatal inclut les coûts médicaux, les pertes de salaires et de productivité, et le consentement à payer pour éviter la douleur et les souffrances infligées par la maladie.

http://www.externe.info/externe_d7/sites/default/files/methup05a.pdf

http://arirabl.org/Publications_files/Re%CC%81sultatsExternE-PollAtmos.pdfhttp://www.externe.info/brussels/methup05a.pdf

http://www.externe.info/

http://www.setra.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/1017w_Rapport_monetarisation_externalites_enHYPERLINK « http://www.setra.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/1017w_Rapport_monetarisation_externalites_environnementales.pdf »vHYPERLINK « http://www.setra.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/1017w_Rapport_monetarisation_externalites_environnementales.pdf »ironnementales.pdf

http://sfp.in2p3.fr/Debat/debat_energie/websfp/CoutsExternesElectricite.htm

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One Comment on “Le coût des émissions provenant des activités industrielles : un bilan lourd pour l’Europe

  • It continues to be shown to get even more potent when participants are asked to engage in written activities. For every one of the haters out there – they’re irrelevant and acquire no acknowledgement, » said Liddell.

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