Le diesel dans le collimateur ?

Le diesel dans le collimateur ?

Respire se réjouit de l’enquête, réalisée par trois journalistes du Parisien / Aujourd’hui en France publiée sur une double page le mardi 5 juin 2012, qui pointe du doigt les risques sanitaires liés au diesel. Même si les médias s’attachent à parler de pollutions de l’air (Cf article « Les médias parlent plus de pollutions de l’air, statistiques depuis 10 ans »), le sujet est loin d’être compris et pris au sérieux par tous. En effet la pollution de l’air est un sujet qui a du mal à émerger dans le débat public à la hauteur de ses risques avérés pour notre santé.

Depuis ses débuts, l’association Respire alerte sur les dangers de ce carburant (cf. voir article sur le Diesel), nourris aux avantages fiscaux (voir le reportage sur le Diesel du mercredi 5 juin 2012) et si ancré dans notre mode de consommation d’énergie automobile. Mais attention, le risque sanitaire à grande échelle n’est pas si loin malgré les appareillages visant à réduire les pollutions atmosphériques comme les pots catalytiques et les filtres à particules de nos voitures.

Diesel, un futur scandale sanitaire ?

« Oui » affirme Bruno Guibeaud, Président d’Europe Qualité Expertise, association composée d’experts en automobile et en matériel industriel.  À ce sujet, nous vous rappelons que Respire avait participé au Sénat, en avril dernier, à l’interpellation des candidats à la présidentielle aux côtés d’autres associations pour partager nos inquiétudes (voir notre article Respire interpelle les candidats à la présidentielle sur les scandales sanitaires). Bruno Guibeaud l’exprime avec assurance, la pollution de l’air par le diesel est extrêmement préoccupante et les pots catalytiques ainsi que les filtres à particules n’y changeront rien. Pourquoi cela ? Ces équipements sont inefficaces, car au-delà des particules fines, le diesel est émetteur d’oxydes d’azote qui ne sont pas captés par les filtres. Autre défaut, précisé par Bruno Guibeaud, l’action des pots catalytiques n’est effective qu’à partir d’une certaine température, ce que la circulation en ville ne permet pas d’atteindre. S’ajoute à cela l’augmentation accrue du parc automobile diesel, qui en centre urbain se révèle être pour la Président d’Europe Qualité Expertise « une gigantesque bombe à retardement ».

Diesel et santé

Mais qu’est-ce qui explose ? La route ne fait pas que des accidentés, elle provoque aussi des maladies respiratoires. Plus l’on habite près d’un axe routier dense, plus les maladies telles que l’asthme, les bronchiolites, les maladies pulmonaires obstructives chroniques (MPOC), les risques infarctus et autres cancers apparaissent. Nous avions fait, à Respire, un tour des études sanitaires sur ces risques pour montrer que les liens de cause à effet sont bien réels et admis par la  communauté scientifique (cf. Sur la route…et à côté…). De plus, l’automobiliste lui-même est exposé bien plus que l’on ne pourrait le penser. Nous sommes tous concernés, et les enfants davantage. L’article prend l’exemple du groupe scolaire Le Vau, littéralement coincé entre la porte de Bagnolet et le boulevard Mortier à Paris. Ces enfants sont exposés la moitié de l’année à des seuils plus hauts que ceux règlementé depuis 2002. La mairie de Paris prend des dispositions sur les locaux de l’école, mais sur la route, que se passe-t-il ? D’autres établissements sont concernés. Respire le périph a fait l’inventaire à Paris, 20 crèches, 11 écoles maternelles, 23 écoles élémentaires, 2 hôpitaux, 27 stades qui sont fortement exposé à la pollution automobile.

Futur scandale sanitaire avez-vous dit ?

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