Le péage urbain n’a pas amélioré la qualité de l’air à Londres

Le péage urbain n’a pas amélioré la qualité de l’air à Londres

Photo de Guillaume Lemoine - Flickr

Respire s’interroge sur les systèmes de régulation du trafic. Le péage urbain est un système qui limite l’accès aux véhicules à l’intérieur de la ville, comme c’est le cas à Londres depuis son instauration en 2003. Certes, le trafic à bien diminué, mais selon une étude du Health Effect Institute, la pollution de l’air persiste. Nous nous posions récemment la question depuis que la ville a dépassé pour la 35ème fois depuis le début de l’année le seuil de concentration de particules fines en suspension fixé par l’Europe.

 

L’étude intitulée « L’impact du plan de réduction du trafic sur la qualité de l’air à Londres » du Health Effect Institute a été menée par le Professeur Frank Kelly du Collège Royal de Londres sur l’amélioration de la qualité de l’air londonien depuis la mise en place du bien connu système de décongestion par l’instauration d’un péage à l’entrée du centre-ville. L’expression « little evidence » (peu de preuves) du titre du communiqué de presse est radical. Bien que la mise en place d’une régulation ait pour objectif premier la diminution du trafic, certaines projections pouvaient a priori laisser penser que la qualité de l’air en serait améliorée. Cependant, malgré les techniques d’analyses de pointe mises en place, les chercheurs n’ont pu identifier de preuves évidentes d’une quelconque amélioration.

Explications

Tout repose sur la difficulté d’identifier les améliorations apportées sur une petite partie de territoire sujette à la régulation du trafic, au sein de l’espace bien plus large que représente la ville entière et de l’isoler des conditions météorologiques régionales et des polluants émis à sa périphérie. De plus, l’ajustement des comportements de la population par l’utilisation plus fréquente de taxis et de bus roulant au diesel pourrait avoir éventuellement annulé les bénéfices de ce programme de péage.

Equation

Les Congestion Charging Scheme (CSS) ont été les premières mesures mises en place dans de grandes villes d’Europe et aux États-Unis, mais la pollution de l’air ne connaît précisément pas de frontières. C’est d’ailleurs l’une des critiques les plus simples et les plus élémentaires formulée à l’encontre des Zones d’Actions Prioritaires pour l’Air (ZAPA). Les éventuels bénéfices sont pour ainsi dire perdus dans un plus large bouillon de polluants. Le Health Effect Institute confirme que le type d’études menées par le Professeur Kelly est nécessaire, d’une part pour évaluer les bénéfices d’une action politique, d’autre part, pour faire au moins comprendre que la mise en place de plans de réduction du trafic dans d’autres grandes villes ne devra pas considérer comme acquise l’équation « plan de réduction du trafic = diminution de la pollution de l’air ». Des mesures multiples, plus globalisantes, plus nettes devront nécessairement être envisagées.

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