Le prix (d’une partie) de la pollution de l’air en Europe : 169 milliards d’euros

Le prix (d’une partie) de la pollution de l’air en Europe : 169 milliards d’euros

Voilà qui tombe à propos. L’Agence Européenne pour l’Environnement (AEE) révèle que la pollution atmosphérique a coûté quelques 169 milliards d’euros aux citoyens européens en 2009. Ce chiffre n’incluant « que » les coûts relatifs aux émissions de polluants déclarées par quelque 10 000 établissements de production.

Une estimation qui tombe à propos

À propos, parce que depuis plus de 10 jours maintenant, la région lyonnaise vit dans les particules fines. Dépassements constatés à Paris, en Haute Normandie, en Rhône-Alpes. Le gratin du jour ? La Pologne se trouve également, comme la France, devant la justice pour non respect des seuils de pollution au particules fines.

Les émissions des centrales électriques représentent la plus grande part des coûts, près de la moitié. Les autres sources de coûts proviennent des processus de production et la combustion intervenant pendant les phases de fabrication. Les trois quarts des coûts totaux résultent des émissions de 622 établissements industriels seulement, soit 6 % du nombre total.

Les émissions de dioxyde de carbone (CO2) représentent la majeure partie de l’ensemble des coûts, à savoir environ 63 milliards d’euros en 2009. Les polluants atmosphériques qui contribuent aux pluies acides et susceptibles de provoquer des problèmes respiratoires, par exemple le dioxyde de soufre (SO2), l’ammoniac (NH3), les particules (PM10) et les oxydes d’azote (NOx), sont responsables de dommages à hauteur de 38 à 105 milliards d’euros par an.

Un coût sans le transport

L’analyse de l’AEE ne tient pas compte des transports, du secteur des ménages et de la plupart des activités agricoles. C’est à dire que la fourchette haute de l’estimation de l’impact économique de la pollution de l’air en Europe est loin de représenter ce que coûte in fine la pollution atmosphérique. Plus de 200 milliards d’euros ? 300 milliards d’euros ? J’en ai la tête qui tourne … comme en période de pic de pollution !

CO2, PM 10, O3, NOx, tous polluants ?

L’association RESPIRE remercie l’Agence Européenne pour l’Environnement d’inclure le dioxyde de carbone (CO2) comme faisant partie de la pollution de l’air. Qu’une institution comme celle-ci le reconnaisse va probablement faire avancer le débat sur la reconnaissance de cette molécule dans cette famille. Il n’y a aucune raison de l’en exclure dans la mesure où la définition qui est faite d’une pollution n’est pas liée à la nature de l’émission, mais bien à sa quantité et aux incidences que cet excès génèrent sur la santé et l’environnement. Simple à comprendre non ?

L’AEE ne fait que confirmer ce que la loi, à travers l’article L220-2 du Code de l’Environnement détaillait déjà : « Constitue une pollution atmosphérique au sens du présent titre l’introduction par l’homme, directement ou indirectement ou la présence, dans l’atmosphère et les espaces clos, d’agents chimiques, biologiques ou physiques ayant des conséquences préjudiciables de nature à mettre en danger la santé humaine, à nuire aux ressources biologiques et aux écosystèmes, à influer sur les changements climatiques, à détériorer les biens matériels, à provoquer des nuisances olfactives excessives. » (Voir notre article sur le CO2 et la pollution de l’air)

 

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