La pollution de l’air dans les médias. Une approche quantitative. L’association Respire vous propose dans cet article d’aborder la question du traitement médiatique de ce thème, sous l’angle quantitatif. Tout d’abord, c’est plus simple parce qu’il existe des outils informatiques de veille informationnelle. Ensuite, cela nous donne un aperçu, sinon de la façon dont le sujet est traité, de l’intérêt pour ce sujet, au fil des années.

Méthodologie

Il existe des outils de veille informationnelle, des bases de données presse (appelées aussi parfois des solutions de Recherche, Veille et Knowledge Management, si on veut faire son zippo) qui offrent la possibilité de trouver les articles en fonction de recherches par mots-clés, par expression (avec tout un tas de variables d’ajout et d’exclusion de mots-clés). Par exemple, Lexis Nexis, l’Européenne des données, Factiva.

Nous avons choisi l’expression « pollution de l’air » parce qu’elle nous paraît recouvrir un domaine de la pollution suffisamment restreint pour ne pas être confondu avec un autre champ de pollution (eau, terre) et suffisamment large pour y englober toute la sémantique, tout le champ lexical des polluants rejetés dans l’air (Co2, particules fines, Ozone, COV, HAP, dioxyde d’azote, etc.) et des entités qui les émettent (transports, systèmes de chauffage des particuliers, usines). Entendons par là, que lorsqu’un médias aborde les rejets de polluants, il y a de très fortes  chances pour que l’expression « pollution de l’air » soit également utilisée.

Le bouquet de médias français mis à notre disposition pour cette recherche est composé de 488 sources (publications et sources web). La recherche a porté sur l’expression entière « pollution de l’air », entre les années 2000 et 2011. Le nombre d’occurrences recueillies, par année, nous offre une évolution de l’utilisation de l’expression « Pollution de l’air » dans les médias français.

Nous cherchons simplement à savoir si la thématique est plus ou moins traitée, depuis environ dix ans, d’apercevoir s’il existe une tendance générale, s’il y a des soubresauts.

Pour les expliquer les résultats, nous ne pourrons qu’émettre des hypothèses. Une étude qualitative de l’ensemble du corpus ainsi dégagé par la recherche serait nécessaire pour isoler les facteurs qui font varier la quantité, ainsi qu’une mise en perspective des autres sujets qui auraient éventuellement éclipsé le thème de notre recherche. Ajoutons pour finir que seule une analyse qualitative des articles pourraient nous renseigner sur la proportion de sujets de fond et la simple reprise des dispositifs d’information et d’alerte à la pollution existant sur le territoire, lancés localement par les organismes de surveillance de la qualité de l’air.

Ceci n’est qu’un simple début, une amorce, une façon d’appréhender l’écho médiatique, pour savoir s’il y a déjà une plus grande prise en compte du thème de la pollution de l’air dans l’actualité depuis dix ans. Espérant que cette toute petite recherche vous plaise.

Forte progression du thème de la pollution de l’air dans les médias

 

Nombre d’occurrences de l’expression « pollution de l’air » dans les médias français entre 2000 et 2011

Les données récoltées, par année, nous donnent ce beau graphique (n’est-ce pas ?) :

  1. Entre les années 2000 et 2011, il y eu une forte progression de l’utilisation de l’expression « Pollution de l’air ». Hormis le mouvement de yo-yo entre 2007 et 2010, on peut dire que l’emploi de cette expression a été multiplié par 7 en dix ans.
  2. Nous pouvons considérer qu’il y a une forte progression à partir de l’année 2003 et ce, jusqu’en 2007. Y a t-il un lien avec la canicule de 2003 ? Cela n’est en tout cas pas improbable.
  3. Une problématique peut être mise en exergue : pourquoi 2008 et 2010 présentent des niveaux d’intérêt au niveau de 2005 ?
  4. Enfin, 2011 établit une nouvelle poussée de ce thème. Étude Aphekom ? Plainte de la Commission européenne ? Mise en place des Zapa ? Année exceptionnellement soumise aux pics de pollution , etc.

L’air, nouvel enjeu environnemental

L’Homme a longtemps pensé que la terre était d’une immensité telle qu’il n’aurait pas à s’en soucier. Il en a pourtant modifié la surface dans un laps de temps infiniment court, comme aucune autre espèce avant lui.

L’Homme a longtemps pensé que les océans étaient d’une immensité telle qu’il n’aurait pas non plus à se préoccuper des conséquences de sa pêche. 75% des stocks de poissons commercialisés ont été surexploités jusqu’à la limite de l’épuisement.

L’Homme a longtemps pensé que l’atmosphère était d’une immensité telle qu’il n’aurait pas à s’essouffler pour la protéger. Pourtant, il s’asphyxie lui et ses semblables, tranquillement mais sûrement. Les médias abordent plus le thème de la pollution de l’air, c’est certain. Nous nous en réjouissons. C’est déjà en diffusant la connaissance sur ce problème que l’on génère ensuite une prise de conscience, donc une action correctrice.