Les seuils d’information et d’alertes au delà des seuils d’émissions …

Les seuils d’information et d’alertes au delà des seuils d’émissions …

 

En début de semaine nous étions invités par l’Ineris (Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques) à une rencontre de l’institut avec des ONG dont l’objectif était de nous présenter leurs outils de surveillance de la qualité de l’air en situation de crise.

Nous avons passé en revue les différents outils de prélèvements et de mesure ainsi que les différents calculs et modélisations de la pollution atmosphérique dans l’air. RESPIRE s’interroge …

Prévisions, modélisations pour les prochains jours et corrections a posteriori

Un des outils présentés était le site Internet prevair.org dans lequel est compilé l’information des prévisions et d’observations de la qualité de l’air.  Le site propose une cartographie des prévisions des niveaux de pollution des jours à venir pour les polluants suivants : l’ozone, le dioxyde d’azote et les particules fines.

Prevair.org propose aussi des cartes de niveaux de pollutions corrigées après les prévisions par les mesures disponibles provenant des prélèvements in situ, afin d’établir si les modélisations étaient justes. C’est grâce à la comparaison de ces deux cartes que l’on peut constater qu’il y a certes assez régulièrement des différences entre ce qui est prévu et ce que l’on respire vraiment, mais que ces différences sont suffisamment faibles et homogènes pour ne pas remettre en question les méthodes de modélisation.

Les pics plutôt que les moyennes

Concernant ces moyennes, comme l’a très bien fait remarquer une des ONG présentes à cette table ronde, le risque sanitaire vis-à-vis de l’inhalation des polluants ne se mesure pas tellement sur la base des moyennes annuelles et journalières mesurées mais plutôt à l’exposition à des pics de pollution répétitifs. Le niveau de cette exposition est justement « entre les mains » des autorités qui dispose de systèmes d’informations et de systèmes d’alertes, destinés aux citoyens respectivement pour les informer et les protéger.

Les seuils d’information et d’alertes au-delà des seuils d’émissions …

Encore faut-il que les seuils d’information et d’alerte des populations soient fixés en adéquation avec les seuils d’émissions. Par exemple, l’OMS conseille de ne pas dépasser, pour les particules fines PM 10, une émission de 50 µg/m3 sur une durée de 24h, seuil d’émission retenu par la loi en France. Le seuil d’information pour le même polluant est quant à lui fixé a 80 µg/m3 et le seuil d’alerte fixé à 125 µg/m3 (la page du site d’Airparif mentionnant les seuils d’alertes et d’informations). Pourquoi ces deux seuils sont fixés bien au-delà des limites à ne pas dépasser ?

Les systèmes de mesure et de prévision des polluants semblent être efficaces et correctement rodées entre les différents acteurs. Cependant, ces mesures sont des moyennes à l’échelle d’un territoire. Il ne faut donc pas oublier, comme nous l’a montré « l’étude poussette« , qu’elles ne donnent pas (à moins d’aller chercher sur le site de votre région pour chaque station les données les plus proches de chez vous, si elles existent) des résultats assez proche du terrain et ne sont pas révélatrices de la réelle qualité de l’air respirée à un instant t. De plus, et ce sera notre conclusion sous forme d’interrogation, pourquoi avons-nous en France un système de mesure et de prévisions technologiquement fiable si celui-ci ne sert pas de base pour déclencher les mesures d’information et d’alerte, ou quand les seuils sont largement dépassés ?

 

 

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