Mme Royal, le 12 juin, ayez l’air de nous défendre

Mme Royal, le 12 juin, ayez l’air de nous défendre

95% des Européens vivant en milieu urbain sont exposés à des niveaux de pollution de l’air considérés comme dangereux pour la santé humaine (OMS). Chaque année, plus de 400 000 décès résultent de la pollution de l’air dans l’UE. La carte que propose l’association Respire est révélatrice du manque d’ambition européen, soumis aux lobbies en tout genre et à des États-membres peu soucieux de bons résultats.

Suite aux pics de pollution historiques qu’a connus la France en mars dernier, la plainte contre X déposée par Ecologie sans frontière, l’élection d’un nouveau Parlement et le prochain Conseil de l’Europe qui aura lieu le 12 juin prochain à Bruxelles, Respire propose le dernier classement de la qualité de l’air en Europe.

La Directive NEC en discussion le 12 juin prochain

Parmi les dossiers à traiter par les ministres présents à Bruxelles, le dossier de la qualité de l’air sera au centre des discussions, et notamment la directive NEC (National Emission ceiling) qui fixe les nouveaux plafonds d’émissions de polluants à atteindre à partir de 2020 et 2030. Elle est l’un des principaux outils pour réduire cette pollution. Malheureusement, la Commission européenne a fixé des objectifs vraiment bas et nous nous inquiétons une fois de plus, de voir que la qualité de l’air et donc la santé des citoyens, n’est pas un objectif qui oriente l’ensemble des politiques publiques.

Pourtant, l’objectif des valeurs cibles définies par l’OMS a été introduit dans la politique de l’UE pour la première fois dans les années 1980 (dans le 5ème programme d’action environnementale). Il a été réaffirmé et accepté par les États membres de l’UE et le Parlement l’année dernière (7ème programme d’action environnementale). Avec les propositions actuelles, nous sommes loin d’atteindre cet objectif.

La pollution de l’air nous coûte cher

La pollution atmosphérique a un coût élevé pour la santé et les systèmes de soins nationaux (le développement des maladies chroniques constitue une véritable épidémie des temps modernes). Elle représente également des coûts environnementaux importants. Si le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) avait en octobre et novembre publié une estimation du coût exorbitant de la pollution de l’air en France (entre 800 millions et 1,8 milliard d’euros à la sécurité sociale et entre 20 et 30 milliards d’euros à la société), de nouvelles estimations sont proposées dans une étude commanditée par la Commission européenne.

Selon le scénario appelé “MTFR” (meilleures techniques disponibles) une réduction significative de la pollution de l’air par des moyens techniques acceptables coûterait à l’Europe environ 51 milliards d’euros, pour des avantages pour la santé estimés entre 58 et 200 milliards d’euros. Pour la France, le coût est estimé à 7,8 milliards d’euros pour un bénéfice variant entre 6,2 et 22,2 milliards d’euros.

Il est à noter que le scénario MTFR ne prend en compte que des améliorations techniques actuellement disponibles. Celles-ci sont souvent les plus onéreuses et leurs bénéfices n’ont été calculés que sur la base des particules fines. Il ne prend pas en compte des mesures structurelles aussi simples que la réduction de la consommation d’énergie ou un usage accru du vélo. Il en ressort des chiffres qui gonflent fortement les coûts et sous-estiment les bénéfices.

Et pourquoi pas une Europe sans mercure ?

Disons le clairement, le mercure est une saloperie. Pourtant il n’existe pas de norme générale qui en évite l’émission dans l’air. Cela semble absurde, compte tenu du fait que ce perturbateur endocrinien semble toxique pour toutes les espèces connues et fait partie des neurotoxiques reconnus pour l’humain.

Lire la recommandation du Bureau Européen de l’Environnement (BEE) sur l’opportunité de réduire les émissions de mercure en l’incluant dans la future Directive NEC.

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