Pollution à Lyon, Michel Servet : un cas d’école !

Pollution à Lyon, Michel Servet : un cas d’école !

La pollution de l’air est particulièrement dangereuse pour les enfants. Un collectif de parents, de riverains et d’enseignants, autour de l’école Michel Servet à Lyon, mène un combat important, dont Respire est heureux de se faire l’écho.

 

L’école Michel Servet située dans le 1er arrondissement de Lyon est particulièrement concernée par la pollution puisque le taux, déjà élevé, de multi-polluants du fond urbain est largement aggravé par la circulation automobile sous le tunnel de la Croix Rousse. L’école et ses alentours immédiats se retrouvent ainsi dans un « pic de pollution permanent », y compris les jours où la qualité de l’air est considérée comme bonne sur le reste de la ville.

Le collectif contre la pollution, auquel participent des parents, des enseignants et des riverains, est arrivé, à force de mobilisations à médiatiser cette situation hors-norme (nombreux articles de Presse, radio nationale), et à engager un dialogue avec la Ville et la Métropole dont il semble être devenu un interlocuteur légitime.

Des actions sur l’air intérieur ont été entreprises par la Ville mais manquent de suivi :
Un tuyau a été installé cet été (son filtre en novembre) pour améliorer la qualité de l’air du gymnase, sans pour autant avoir de preuves de son efficacité.
Le protocole d’aération des classes élaboré suite aux recommandations d’Air Rhône Alpes par la Ville et les services de l’Education Nationale n’était toujours pas affiché et donc pas en vigueur, alors que les niveaux de confinement sont trop élevés dans les classes par manque d’aération comme dans toutes les écoles de la ville.
La fermeture de la cour nord nécessite des aménagements, toujours pas réalisés, dans les autres cours afin de compenser la perte d’espace.
Le collectif se démène pour que lui soient communiqués les résultats des mesures réalisées récemment alors que plusieurs rendez-vous ont été annulés au dernier moment par la Ville.
Mais surtout, la diminution du trafic automobile, indispensable pour réduire la pollution à la source, demeure un tabou pour nombre d’élus lyonnais !
Ils ne souhaitent pas agir directement sur le trafic automobile qui, selon eux, serait incompatible avec l’économie.
Ainsi, seuls les hypothétiques bénéfices du déclassement de l’autoroute A6, et les futures performances des véhicules « plus propres » sont mis en avant pour lutter contre le problème, et encore, à l’horizon… 2025.

Pourtant la santé publique exigerait que des mesures fortes soient prises. Nous avons évoqué plusieurs pistes puisque déplacer l’école semble impossible : supprimer purement et simplement la circulation automobile sous le tunnel et lui substituer une ligne de tramway type Duchère/Part Dieu comme cela a été proposé par certains élus., limiter l’usage du tunnel au co-voiturage ou y mettre en place une circulation alternée, déterminer un nombre de véhicules maximum par jour, installer un radar tronçon pour éviter les accélérations, limiter le nombre de voies de circulation, etc.
Toutes les idées constructives ont été systématiquement écartées.

A toutes ces propositions, devrait être associés une politique tarifaire de transports en commun plus attractive, notamment lors des pics de pollution, et un réel effort de sensibilisation des automobilistes.
Bref, un large champ à explorer pour peu que la préoccupation sanitaire et la volonté politique se retrouvent.
Une demande d’enquête de santé prospective pour les enfants qui ont fréquenté et fréquentent l’école a  été demandée  par les conseillers du premier arrondissement, le collectif va également interpeller le nouveau préfet, l’ARS, l’Inspection d’académie ainsi que le nouveau ministre de la santé sur ce sujet.
Le collectif a aussi intégré l’association nationale Respire et s’est rapproché d’associations mobilisées sur la qualité de l’air dans l’agglomération. La piste juridique, puisque les seuils sanitaires prévus par la législation européenne sont largement dépassés, est également envisagée.
Lyon se veut une métropole où il fait bon vivre, pourtant parmi les agglomérations européennes de même taille, elle reste l’une de celles où la part de la voiture dans les trajets domicile/travail est la plus importante et n’a rien à envier à la Capitale en terme de pollution. D’autres villes à travers le Monde s’engagent résolument pour des alternatives à la voiture individuelle. Nous aimerions que Lyon suive cet exemple, et que le cas très particulier de Michel Servet soit réellement pris en compte.

Pour en savoir plus : le groupe Facebook du collectif : https://www.facebook.com/collectif.pollution.servet/

Collectif Michel Servet
Collectif Michel Servet

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