Le rapport Roussel, sur l’impact des pollutions d’origine automobile, a fait le lien entre particules fines et cancers. C’était en 1983, il y a maintenant plus de 30 ans, commandité par le ministère de la Santé et le ministère de l’environnement. L’ont-ils lu ce rapport, nos représentants politiques de l’époque, et les suivants ?

Difficile d’échapper à ces nouvelles études qui ont été publiées ensuite, en France et dans le monde, par les instituts les plus prestigieux. Et pourtant. Au lieu de prendre les devants, d’accompagner le changement, de prendre des mesures modernes sur les transports, la fiscalité, la R&D sur l’énergie, sur l’aménagement du territoire, nos représentants politiques successifs ont laissé perdurer une situation inadmissible.

Les mentalités changent lentement en France

La loi existe. Elle n’est pas respectée. Les études scientifiques sont unanimes. Les rapports économiques se succèdent, sur les coûts pour la société, sur la sécurité sociale, sur les subventions avantageuses à la pompe, les incitations pour l’achat de véhicule diesel. La police de l’environnement est en sous effectif et les usines hors la loi continuent d’émettre. Les habitants près des axes routiers, d’usines vieillissantes, souffrent en silence, asphyxiés par tant de mépris.

Il fallait donc que cela arrive. La société civile se rebiffe. L’association Ecologie sans frontière porte plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui. L’association Respire a collaboré avec ESF et soutient cette plainte, qui sera déposée mardi matin au pôle santé publique du parquet de Paris.