La pollution de l’air près des routes

La pollution de l’air près des routes

Sur la route, dans sa voiture, on respire vraiment très mal. Les automobilistes sont les plus exposés à la pollution de l’air. Mais au bord de la route, que se passe-t-il ? Et bien les habitants des axes routiers sont exposés à des risques bien plus importants que les habitants éloignés du trafic automobile et des sites industriels. Asthme, maladie cardio-vasculaire, autisme, voilà quelques problèmes de santé graves qui peuvent survenir. Comme vous êtes des lecteurs attentifs aux arguments, voilà quelques études et renvois bibliographiques pour vous en convaincre.

Aphekom confirme le lien entre asthme et proximité d’un axe routier

L’étude Aphekom dont nous avons parlé en 2011 déjà, faisait état de l’augmentation des cas d’asthmes pour les personnes vivant à proximité d’un axe routier très emprunté. D’après cette étude, plus de 50% de la population des villes étudiées vivent à moins de 150 mètres de routes par lesquelles voyagent chaque jours 10 000 véhicules ou plus, et seraient donc exposés à des niveaux de polluants toxiques notables. Dans les villes étudiées, vivre à proximité de routes pourrait être responsable de 15 à 30% de nouveaux cas d’asthme chez les enfants, de maladies pulmonaires obstructives chroniques (MPOC) et de maladies coronariennes chez les personnes de 65 ans et plus.Vue intérieur de voiture du périphérique parisien

L’asthme est (toujours) plus développé à proximité des axes routiers

Nous répèterons toujours la même chose sur le site de Respire. La pollution de l’air a des effets graves sur la santé. Nous le dirons à chaque fois que nous trouverons une autre source d’informations qui en parle. Comme celle-ci par exemple, sur le Huffington post :

In some schools in Springfield, Mass., which neighbors the Brandts’ hometown of Amherst, as much as 40 percent of the student body suffers from asthma and the wheezing, coughing, breathlessness and chest tightness that come with it. The area is bordered by two major highways and is in close proximity to the Mount Tom coal-burning power plant.

Dans certaines écoles, à Springfield, dans le Massachusetts, avoisinant Amherst, la ville natale des Brandt, au moins 40% des étudiants souffrent d’asthme, de sifflement dans la respiration, de toux, d’essoufflement dans la poitrine. La région est bordée par deux grandes autoroutes et est à proximité de l’usine thermique de Mount Tom alimentée au charbon.

Des chercheurs ont rapporté dans the Journal of Epidemiology and Community Health que les personnes asthmatiques exposées à des niveaux plus élevés d’ozone et de particules sont beaucoup plus susceptibles de moins contrôler leur asthme. L’exposition à l’ozone à long terme augmente la probabilité qu’un patient asthmatique déclenche de façon non contrôlée une crise de 69%, tandis que l’exposition prolongée aux particules augmenterait le risque de 35%. Lire l’article de Respire à ce sujet.

L’exposition au trafic routier et le déclenchement d’infarctus

L’exposition au trafic routier est le plus important facteur déclenchant d’infarctus en population générale. C’est ce qui ressort de l’étude d’une équipe belge du Centre de Sciences Environnementales de l’Université de Hasselt (Diepenbeek, Belgique), qui a évalué l’impact en population des facteurs déclenchant d’infarctus (IDM) à partir de 36 études épidémiologiques.

« En terme de fraction attribuable en population (FAP), l’exposition au trafic représente le facteur déclenchant le plus important (7,4 %), suivi par l’exercice physique (6,2 %), l’alcool (5 %), le café (5 %), la pollution (4,8 %), les émotions négatives (3,9 %), la colère (3,1 %), les repas lourds (2,7 %), les émotions positives (2,4 %), l’activité sexuelle (2,2 %), la cocaïne (0,9 %), le cannabis (0,8 %) et les infections respiratoires (0,6 %) », résument les auteurs.

Vous pouvez également lire l’article « La pollution de l’air nous brise le cœur » sur le sujet plus large des Accidents Vasculaires Cérébraux (AVC).

Nous vous conseillons également l’article sur le site The Heart concernant l’étude ONSET (Determinant of Myocardial Infarction Onset study), financée par l’Environmental Protection Agency américaine et le National Institute of Health : Vivre près d’un grand axe routier majore la mortalité à 10 ans après un IDM.

Vivre à proximité d’un axe routier augmente le risque d’autisme chez les nouveaux nés

S’il fallait étendre encore la liste des risques sanitaires liés à la proximité de l’habitation, nous parlerions de cette étude, présentée par le site Carfree en mars 2011 dernier et menée par une équipe de chercheurs du Children’s Hospital Los Angeles, de la Keck School of Medicine de l’ University of Southern California (USC) et du UC Davis MIND Institute.

«Les enfants nés de mères vivant dans les 300 mètres à proximité d’une autoroute semblent en effet être deux fois plus susceptibles d’avoir l’autisme», déclare Heather Volk.

Proximité du trafic et accouchements prématurés

Nous ne pensions pas aborder autant de problèmes concernant le fait de vivre près d’une route, mais nous terminerons par cette étude sur les accouchements prématurés des femmes vivant à proximité d’une route.

Les chercheurs constatent que vivre à moins de 200 mètres d’un axe routier à circulation intense s’accompagne d’un risque accru de 50% d’accouchement prématuré avant la 37e semaine. Le risque d’accouchement prématuré à la 32e semaine est, lui, augmenté de 60%, et de 80% pour la prématurité avant la 28e semaine.

Happy end ?

Alors, M. Kerouac, nous sommes dans l’obligation de tempérer vos propos … :

« Une fois de plus, nos valises cabossées s’empilaient sur le trottoir; on avait du chemin devant nous. Mais qu’importe : la route, c’est la vie.  » (sur la route de Jack Kerouac)

*  voyages par la route

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