Pétition RESPIRE / Pollution de l’air en Île-de-France: il ne faut pas casser le thermomètre

Pétition RESPIRE / Pollution de l’air en Île-de-France: il ne faut pas casser le thermomètre

Alors que les préoccupations sanitaires liées à la pollution de l’air grandissent, partout en France, des collectivités ont décidé de ne plus verser leur contribution financière, pourtant inscrite dans la loi sur l’Air, à Airparif, chargée de surveiller la qualité de l’air en Ile-de-France. Mais mesurer la pollution est nécessaire pour pouvoir réagir et prévenir les citoyens. Qui nous alertera lors des prochains pics de pollution ? Respire, en tant qu’association dédiée à la préservation et à l’amélioration de la qualité de l’air en France, demande – au moins – le rétablissement des dotations des Conseils Généraux des Hauts-de-Seine, de Seine et Marne et des Yvelines, ainsi que la subvention de l’État.

Plus de 2,3 millions de Franciliens restent toujours exposés à des niveaux de pollution qui ne respectent pas la réglementation (Bilan de la qualité de l’air 2014 Airparif). Les dépassements de la norme se suivent et se ressemblent. Nous avons tous en mémoire les pics de pollution aux particules fines en mars 2014 et 2015 (quand la tour Eiffel a disparu sous un épais brouillard de pollution) et même chaque hiver.

Pour surveiller la qualité de l’air, l’Etat a créé des AASQA : des association agréée de surveillance de la qualité de l’air. En Ile-de-France, c’est Airparif. Elle est reconnue dans le monde entier pour son expertise. Quand vous entendez parler d’un pic de pollution aux particules fines, au dioxyde d’azote ou à l’ozone dans les médias, l’information vient d’elle.

Son financement (de l’ordre de 6 millions d’euros), est mutualisé et assuré à parts égales entre:

  • l’État,
  • les collectivités grâce aux contributions de tous les départements d’Ile-de-France, de la Ville de Paris et de la Région,
  • les industriels au titre de leur paiement d’une taxe sur les activités polluantes.

Les outils de mesure de la pollution sont indispensables pour faire face. Il faudrait meme les développer, pour mieux comprendre encore les causes et les conséquences de cette pollution que nous subissons tous.

Car d’ores et déjà, les études sur les dangers sanitaires de la pollution de l’air s’accumulent :

  • cancers du poumons (exposition à long terme),
  • exacerbation de l’asthme (exposition à court terme),
  • bronchiolite, écoulement nasal, mal de tête, yeux qui pleurent, sinusite, etc.
  • augmentation des infarctus (exposition à court terme),
  • augmentation des naissances de prématurés pour les femmes vivants à proximité des axes routiers, et baisse du QI

Diminuer le budget d’AIRPARIF – alors que la gestion de l’équipe actuelle n’est pas contestée – est donc incompréhensible. On peut casser le thermomètre. Mais cela n’améliorera pas la situation. Pire cela privera les citoyens d’Ile-de-France d’un outil d’alerte précieux, en particulier lors des pics, quand il faut prendre des mesures particulières pour limiter son exposition. Et les alertes d’AIRPARIF sont indispensables pour aiguillonner la réaction des pouvoirs publics, qui continue à se faire attendre.

Quand on y pense, le budget d’AIRPARIF n’est pas très élevé. Il représente environ 50 centimes par Franciliens par an. Par les temps qui courent, il est logique de vouloir faire des économies, ou de privilégier la lutte contre le chomage, ou de maintenir la sécurité de tous, mais cette réduction est de courte vue. Elle est contre-productive. Car si on veut economiser de l’argent, il faut plutot diminuer la pollution de l’air.

En effet, c’est elle qui coute cher ! Une commission d’enquête parlementaire du Sénat a évalué le cout de la pollution de l’air chaque année en France a environ 100 milliards d’euros. Une étude de l’INSERM a calculé que le coût de la pollution de l’air sur la Sécurité Sociale est situé entre 1 et 2 milliards d’euros par an. Elle confirme les premiers chiffres avancés par le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) en novembre 2013.

Alors que nous recevons chaque jour de nombreux témoignages de personnes souffrants de la pollution de l’air (www.temoins.respire-asso.org), l’association Respire demande à l’État et aux collectivités locales de restaurer leur dotation. Elle demande aussi plus largement, à l’État et aux collectivités de prendre enfin les mesures qui s’impose face à la pollution de l’air.

En effet, après l’annonce de la baisse de subvention de l’état en avril 2015, le désengagement financier du conseil départemental des Hauts-de-Seine en 2013 (80 000€) et de celui de Seine-et-Marne en 2015 (40 000€), le département des Yvelines a décidé de ne pas renouveler sa subvention à l’association de surveillance de la qualité de l’air en 2016. Ces décisions sont en totale contradiction avec les principes de la Loi sur l’Air qui appelle l’ensemble des collectivités à concourir à une politique dont l’objectif est le droit reconnu à chacun de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé (Charte de l’Environnement annexée à la Constitution française), et qui prévoit un financement mutualisé de la surveillance et de l’information.

M. les Présidents des Conseils généraux des Hauts-de-Seine (Patrick Devedjian), de Seine-et-Marne (Jean-Jacques Barbaux) et des Yvelines (Pierre Bédier), Mme la Ministre de l’Environnement Ségolène Royale,

  • quel message adressez-vous à vos 4 millions concitoyens qui vivent dans vos départements, en allant à l’encontre d’une meilleure mesure de la qualité de l’air ?
  • A qui vous adressez-vous si ce n’est justement à ceux qui souffrent chaque fois que l’air est de mauvaise qualité ?

Ce n’est pas parce que vous souhaitez casser le thermomètre que la température ne va pas continuer de monter. Notre demande est simple. Rétablissez vos crédits à Airparif. Prenez part à cette responsabilité qui est la votre.

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