Pollution de l’air par les cars de tourisme

Pollution de l’air par les cars de tourisme

Crédit photo : Cyrill Plapied - flickr

Le car est un moyen de transport collectif qui émet, quand il est rempli de façon optimale, le moins de CO2 au kilomètre par personne. Cependant, les cars de tourisme qui déboulent dans la capitale, surtout en période chaude d’été, sont soumis à une règlementation jugée trop légère. À l’approche de l’été, Respire s’interroge sur la pollution de l’air qu’ils engendrent, beaucoup plus en tout cas que les défenseurs du tourisme de l’hôtellerie et de la restauration.

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Des cars de plus en plus nombreux à Paris

D’immenses cars avancent à la queue leu-leu rue Soufflot dans le 5ème arrondissement de Paris. Ils viennent de faire le tour du Panthéon et se dirigent maintenant vers le jardin du Luxembourg. Situé en tête de cortège, un car immatriculé en Espagne transporte, à plus de trois mètres du sol, des touristes qui semblent abrutis par l’ennui. Certains dorment alors que d’autres, visiblement peu intéressés par ce que raconte leur guide, font des signes aux passants en gloussant. Dans le car qui suit moins d’un mètre derrière, immatriculé lui en Russie, la scène se répète à l’identique à ceci près que le car est à moitié vide. Quelques mètres plus bas, les passants eux ne gloussent pas. Ils se retiennent juste de respirer pour ne pas inhaler les fumées d’échappement rejetées par des engins qui ne sont bien évidemment pas conçus pour être là.

Une réglementation ultra-light

On estime à environ 2 000 le nombre de cars qui sillonnent les rues de la capitale quotidiennement pour un tour de Paris effectué en deux heures chrono.  Contrairement à certaines grandes municipalités européennes (Berlin, Rome, Zurich, Copenhagen, etc.) qui ont mis en place des LEZ (Low émission zone) et pris des mesures pour limiter voire interdire ce type d’excursions en centre-ville, les responsables parisiens n’ont pas jugé utile de réglementer cette pratique. Seules quelques règles de stationnement, d’ailleurs rarement respectées, sont imposées par la Préfecture aux chauffeurs de ces mastodontes dont certains spécimens sont de véritables poubelles ambulantes.

Une activité protégée par un lobby puissant

Malgré les nombreuses protestations d’associations de riverains qui dénoncent l’aberration de cette situation, les responsables politiques ne paraissent pas disposés à apporter des réponses satisfaisante à ce qui est devenu un véritable enjeu de santé publique. Dans la confidence, certains responsables dénoncent l’influence du puissant lobby du tourisme de l’hôtellerie et de la restauration. Bien rodés pour invoquer les conséquences socioéconomiques négatives d’une réglementation qui viendrait imposer des contraintes à leur activité, les représentants de ce lobby perçoivent Paris comme un gigantesque fond de commerce et se soucient peu du bien-être des riverains. Sous la pression de syndicats professionnels influents, la Mairie et la Préfecture de Paris maintiennent un statu quo irresponsable préférant sacrifier, en toute connaissance de cause, la santé de leurs administrés au bénéfice de quelques ‘‘Tour Operators’’.

Une situation devenue critique en terme de santé publique

Aujourd’hui, dans plusieurs zones de la capitale, la situation est devenue très préoccupante. Certains quartiers résidentiels à forte densité de population où l’on compte des écoles et des lycées en nombre ne sont pas épargnés. C’est le cas rive gauche du 5ème, 6ème et 7ème arrondissements tandis que rive droite se sont les quartiers de Pigalle et de la Butte Montmartre qui sont fortement exposés. Des autorisations semblent avoir été délivrées en dépit du bon sens. Face au Lycée Montaigne (Paris 6ème), un emplacement de stationnement a été dédié aux cars de touristes. Voir cette rangée de cars parqués, moteurs en marche (en dépit du code de la route), parmi les lycéens à qui l’on rabâche que ‘’Fumer tue’’ est un spectacle profondément consternant. Est-ce par cynisme, par malhonnêteté ou bien par irresponsabilité et incompétence que ceux à qui nous donnons mandat pour nous administrer autorisent ce type d’aménagement et ce type de pratiques ?

Pour une mobilisation citoyenne

Nous sommes plusieurs millions à vivre à Paris. Nous pouvons faire entendre nos voix et obliger les responsables à prendre les mesures qui s’imposent pour que l’air que nous respirons soit moins nocif. C’est un droit. Il y va de notre santé à tous.

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