L’homologation diesel pour les nuls

Après le scandale Volkswagen, l’enquête du gouvernement français révèle que l’ensemble du parc automobile dépasse en fait les seuils d’émissions. Les scandales ne s’arrêtent pas là. Au Japon,  Mitsubishi reconnaît en avril avoir manipulé des tests d’émissions sur au moins 625 000 véhicules puis avoir utilisé des tests non homologués. Et depuis quelques jours, c’est la marque Opel du géant General Motors qui se trouve dans la tourmente. Où s’arrêtera la liste des affaires ? En attendant le prochain épisode, voici quelques explications sur l’homologation des véhicules diesel en France.

Conférence-débat: La chimie au service de la qualité de l’air? Aujourd’hui à 18:30!

Mardi 14 octobre 2014 – 18h30 – ChimieParisTech

Amphithéâtre Friedel,11 rue Pierre et Marie-Curie, 75005 Paris

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La part de polluants rejetés dans l’air par le secteur industriel est importante. A partir des chiffres d’émissions, nous pouvons dresser un portrait du paysage industriel français, du respect de la règlementation et de son niveau de performance. Comment les nouvelles technologies permettent-elles d’éviter d’émettre des polluants dans l’air et quelles solutions pour atténuer les rejets actuels ?

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Intervenants:

  • Sylvain GILAT, Chargé du cours de Chimie Verte à l’ESPCI Paris Tech
  • Alain PINCHART, Directeur de Chimex
  • André CICOLELLA, Chimiste, Président du Réseau Environnement Santé
  • Christophe DOUKHI-DE BOISSOUDY, Directeur général Novamont
  • Solène DEMONET, Coordinatrice réseau risques et impacts industriels, FNE

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Animé par: Sébastien VRAY, président de l’association Respire

En partenariat avec :

La pollution de l’air, c’est comme une mauvaise série

La pollution de l’air, c’est comme une mauvaise série à la téloche. Ça fonctionne en épisodes, on sait ce qui va se passer, même après quelques mois de diffusion, et c’est toujours la même chose. On utilise le terme épisode, qui introduit à la fois un caractère incidentiel et temporel. Or à force d’épisodes, il va bien falloir se résoudre à considérer que le caractère surprenant de ce phénomène constitue bien une série, un fil conducteur permanent et que nos décideurs politiques vont devoir commencer à envisager (pour ne pas trop blesser leur ego) le changement de logiciel.

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Respire de retour du Tribunal de Grande Instance de Paris

Rendez-vous était donné à 13h avec une journaliste et un caméraman d’Envoyé Spécial, pour discuter de notre action juridique contre la société Peugeot. Assis sur les marches du Tribunal de Grande Instance de Paris, nous montrons la publicité au cœur de notre action. À 13h50, notre avocate,  Maître Stéphanie Zaks arrive. Nous la suivons dans le bureau du juge, Monsieur le Président Jacques Gondran de Robert. L’audience est publique. Nous nous asseyons et écoutons attentivement le débat.

Nous partons de loin

Voilà, nous voilà physiquement au Tribunal pour notre première audience, un an et demi après la création de l’association. Nous savourons donc ce moment symbolique puisqu’après avoir tant invoqué l’action juridique comme moyen d’action judiciaire, nous entrons enfin dans l’arène.

Assignée par l’association RESPIRE, la FNAUT et Écologie sans Frontières le 31 mai dernier, la société Automobile Peugeot est représentée par son avocat à l’audience des référés de ce mardi 19 juin, à 14h.Vous trouverez tous les éléments de l’histoire dans les articles précédents.

Thèse et antithèse

Monsieur le Président a mené les débats avec intelligence. Notre avocate, Maître Stéphanie Zaks a très bien plaidé et nous la remercions d’ailleurs publiquement pour son travail de qualité. L’argumentaire repose pleinement sur la directive. Selon elle, les informations sur les émissions des CO2 et sur la consommation de carburant doivent être « facilement lisibles et AUSSI lisibles que la partie principale de la documentation promotionnelle ». L’information principale dans le cas de la publicité de Peugeot, c’est la reprise argus de 5000 euros. Ce tarif est mis en avant, parce que l’annonceur veut qu’il soit vu. S’il veut qu’il soit vu, c’est parce que c’est l’information principale et qu’il ne faut pas que le consommateur passe à côté de celle-ci. Donc les mentions sur le CO2 et la consommation de carburant, affichées en bas dans la publicité en petit caractère ne sont manifestement pas AUSSI lisibles que cette reprise argus. Logique nous direz-vous. Sur ce point, toutes les personnes à qui nous présentons ce texte règlementaire sont d’accord. Nous le pensons fortement et sincèrement. C’est même pour nous de l’ordre de l’évidence. Pas pour tout le monde apparemment.

L’argumentaire de l’avocat de Peugeot, quant à lui, porte sur :

  • l’absence du trouble au moment de l’audience,
  • la subjectivité de l’expression « lisibles et visibles »,
  • et l’incapacité pour le juge des référés de se prononcer sur cette affaire, qui est de l’ordre de l’interprétation alors qu’il est le « juge de l’évidence ».

Selon l’avocat de Peugeot, le juge ne peut plus faire cesser l’éventuel trouble puisque la publicité n’est plus diffusée. D’ailleurs, pour lui, la diffusion s’arrête à la date de la publication. Pourtant, les journaux et magazines sont encore vendus dans les points de vente jusqu’à la fin du mois de juillet. Nous lui prouvons que trois magazines, mensuels (achetés le matin même), sont encore en diffusion à l’heure actuelle. Dont acte.

Sur le cas de la lisibilité et de la visibilité, il argumente que les mentions de CO2 et de la consommation de carburant sont inscrites en gras, donc que cela tranche avec le fond blanc. Pourtant, la taille de la police est peut-être 10 fois moins grande et que les mentions se trouvent en bas de la publicité. Pour lui, la taille pour rendre une information visible et lisible n’est pas un élément prépondérant. Chez l’opticien pourtant, plus c’est gros et plus c’est visible et lisible. C’est pour cela que la directive nous précise que les mentions doivent être « aussi » lisibles que l’information principale. L’information principale étant celle qui est la plus grosse, pour être certain qu’elle soit vue par le plus grand nombre, les mentions de CO2 et de carburant devraient être de la même taille. La directive ne précise pas de dispositions a prendre concernant une taille de police, mais une taille par rapport a une information principale. Ajoutons que des membres du Parlement européen se sont prononcés en 2007 sur un espace de 20% à conserver pour ce type de mentions.

Contre argumentaire

L’avocat de Peugeot a commencé par évoquer un commentaire sur le site de Yahoo news. Commentaire d’une certaine Paulette (le 27ème en 24 heures sur ce même site … ), que c’était pour moi, Sébastien Vray et Président de l’association Respire, un moyen de me faire de la publicité pour notre société de « business vert » (dont Thibaut Vonthron, trésorier de l’association, est co-gérant). Nous ne travaillons pas professionnellement sur cette question de pollution de l’air. Respire est une action citoyenne et bénévole. Prévenir les médias de notre action juridique et faire de la publicité ? Évidemment pardi ! Et alors ? L’affaire est trop importante pour rester cantonnée à un cercle d’initiés, surtout que cette directive existe depuis 13 ans. L’avocat de Peugeot a ensuite parlé de la société qu’il défend en disant qu’elle avait le parc automobile qui émet le moins de CO2 en moyenne en France. Le Président lui a indiqué que ce n’est pas l’objet du jour.

Verdict
 mardi 26 juin 2012

Monsieur le Président Jacques Gondran de Robert rendra son ordonnance mardi prochain, le 26 juin. La décision qu’il prendra sera historique. Nous avons confiance dans l’argumentaire de notre avocate.

Diesel : les gaz d’échappement classés cancérogènes par l’OMS

Et bien voilà. Ce qui devait arriver depuis longtemps arriva. Les gaz d’échappement des véhicules diesels viennent d’être classés cancérogènes par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). L’association RESPIRE se réjouit de cette décision, qui fait l’effet d’une bombe et alimente l’ensemble des journaux d’aujourd’hui.

Le Diesel: un danger sanitaire latent

Depuis ses débuts, l’association Respire alerte sur les dangers de ce carburant (cf. voir article sur le Diesel), nourris aux avantages fiscaux (voir le reportage sur le Diesel du mercredi 5 juin 2012 sur TF1) et si ancré dans notre mode de consommation d’énergie automobile. Mais attention, le risque sanitaire à grande échelle n’est pas si loin malgré les appareillages visant à réduire les pollutions atmosphériques comme les pots catalytiques et les filtres à particules de nos voitures.

En effet, malgré ce que vous pourrez entendre sur la réduction totale d’émission de particules avec les filtres à particules (FAP), leur action n’est effective qu’à partir d’une certaine température, que la circulation en ville ne permet pas d’atteindre. Autre effet des moteurs Diesel, ils rejettent du Dioxyde d’Azote un gaz très irritant.

« Les preuves scientifiques sont irréfutables et les conclusions du groupe de travail ont été unanimes : les émanations des moteurs diesel causent des cancers du poumon », a déclaré le Dr Christopher Portier, qui le présidait. « Etant donnés les impacts additionnels pour la santé des particules diesel, l’exposition à ce mélange chimique doit être réduite dans le monde entier », a-t-il ajouté.

Un procès du Diesel en France, comme au Japon ?

S’il fallait ce classement par le CIRC pour déclencher des procès, c’est chose faite. Seulement, quand on suit le procès des victimes de l’amiante en France, a qui on a demandé de rembourser les indemnités que l’État leur a versé, et celui des deux dirigeants de la plus grosse société italienne de production d’amiante, condamnés à 16 ans de prison ferme, on imagine la longueur et les impasses des victimes du Diesel. En tout cas, certains constructeurs ont éventuellement du soucis à se faire.

Il serait de bon ton de penser à poursuivre plus rapidement le processus législatif pour faire adopter en France le « recours collectif » (sorte d’équivalent des « class action » américaines), abandonné par l’ancien Président de la République, Nicolas Sarkozy, en 2007. Respire s’y attèle et est déjà bien avancé sur le sujet.

Le petit plus du Diesel sur le cerveau

Les effets des gaz du Diesel reconnus de longue date sur le système respiratoire, le sont toutefois moins reconnus par l’OMS, dont on espère que la décision récente de les classer cancérigènes pour l’homme entrainera également la reconnaissance de ses effets directs sur le cerveau.

Car ni l’Institut de Veille Sanitaire (InVS), ni l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) n’ont songé à prendre en compte (ce qui ajouterait aux deux millions de décès prématurés dénombrés dans le monde chaque année) les décès liés aux atteintes neurocérébrales des particules. Ainsi l’OMS, consciente que « les particules en suspension ont plus d’effets sur la santé que tout autre polluant », ne relève leur impact qu’en termes d’affections respiratoires, de cardiopathies et de cancers pulmonaires. Pourtant les effets sur le cerveau sont connus depuis les années 1980, en particulier chez les garagistes exposés aux particules émises par les moteurs Diesel. Le lien entre les maladies neurodégénératives et l’exposition aux particules fines de la pollution urbaine a été établi chez le chien, puis chez l’homme.

Le petit plus du Diesel sur le système cardio-vasculaire et respiratoire

Nous aurons entendu peu d’instances publiques depuis 40 ans crier haut et fort les dangers du Diesel. Pourtant, cancérogène aujourd’hui, neurotoxique depuis 30 ans, le Diesel et les particules fines qu’il émet sont impliqués dans d’autres incidents sanitaires.

Vivre à proximité de routes pourrait être responsable de 15 à 30% de nouveaux cas d’asthme chez les enfants, de maladies pulmonaires obstructives chroniques (MPOC) et de maladies coronariennes chez les personnes de 65 ans et plus.

Dans certaines écoles, à Springfield, dans le Massachusetts, avoisinant Amherst, la ville natale des Brandt, au moins 40% des étudiants souffrent d’asthme, de sifflement dans la respiration, de toux, d’essoufflement dans la poitrine. La région est bordée par deux grandes autoroutes et est à proximité de l’usine thermique de Mount Tom alimentée au charbon.

Des chercheurs ont rapporté dans the Journal of Epidemiology and Community Health que les personnes asthmatiques exposées à des niveaux plus élevés d’ozone et de particules sont beaucoup plus susceptibles de moins contrôler leur asthme.

L’exposition au trafic routier est le plus important facteur déclenchant d’infarctus en population générale. C’est ce qui ressort de l’étude d’une équipe belge du Centre de Sciences Environnementales de l’Université de Hasselt (Diepenbeek, Belgique), qui a évalué l’impact en population des facteurs déclenchant d’infarctus (IDM) à partir de 36 études épidémiologiques.

Voir l’article complet ici.

Diesel: histoire d’une starisation d’état

Le moteur à huile est resté longtemps cantonné aux tracteurs et aux poids lourds, même si d’autres professionnels de la route, comme les taxis s’y convertissent. À l’époque, il n’était pas prévu que Monsieur Tout-le-monde le choisisse. Jusque dans les années1990, le moteur Diesel pâlit d’une mauvaise réputation. Au delà du bruit et des vibrations, ses rejets de fumées noirâtres attisent les critiques ; des poisons possiblement mortels, liés à son fonctionnement. À commencer par les particules de suie, qui se forment en raison de la combustion hétérogène du carburant.

Les constructeurs automobiles vont faire des efforts et accomplir de grands progrès techniques. Entre 1986 et 1996, le développement du système d’injection directe à haute pression (HDi), éliminera les bruits et une bonne partie des fumées les plus visibles. Plus tard, cette innovation ne suffisant pas à redorer l’image du « diesel à papa », PSA Peugeot-Citroën mobilise plusieurs dizaines d’ingénieur en 1997 sur un projet de filtre à particules. Et ça marche, d’autant plus que la préoccupation naissante des années 2000 que représente la baisse des émissions de CO2 saura jouer en sa faveur et occulter toutes les autres considérations.

Aujourd’hui, 65% du parc automobile est équipé de moteur Diesel. 80% du carburant vendu chaque année en France est du Diesel, faisant de notre pays le plus équipé de ce type de moteur. Pas étonnant que les constructeurs, et notamment le groupe Peugeot ait du soucis à se faire.

Le bonus malus, reflet de l’incompétence de nos élites

L’escroquerie à un milliard d’euros qu’est le programme du bonus-malus, orchestrée par le Gouvernement précédent suite au Grenelle de l’environnement aura eu deux effets pervers, dont le coût, supplémentaire, sanitaire sera un jour chiffré. Le principe : moins votre nouvelle voiture émet de CO2, et plus vous avez de réduction sur le coût du véhicule.

Premier effet pervers, celui d’avoir augmenté le nombre de voitures en circulation, réduisant d’autant plus les gains liés aux moindres émissions de CO2 qu’elles sont censées générer.

Le deuxième effet pervers arrive. Quels sont les véhicules qui émettent le moins de CO2 ? Nous vous le donnons dans le mille : celles équipées d’un moteur diesel, y compris ceux qui ne sont pas équipés d’un filtre à particules (obligatoire sur les véhicules neuf depuis le 1er janvier 2011). Ces moteurs émettent ensemble 95% des particules fines du parc automobile français. La question épineuse qui soit-disant oppose la problématique du dérèglement climatique à celle des répercussions sur la santé de la population trouve au moins une réponse commune à laquelle peu de médias s’intéressent : la baisse du parc automobile et le développement des transports en commun.

L’homme a longtemps pensé …

L’Homme a longtemps pensé que la terre était d’une immensité telle qu’il n’aurait pas à s’en soucier. Il en a pourtant modifié la surface dans un laps de temps infiniment court, comme aucune autre espèce avant lui.

L’Homme a longtemps pensé que les océans étaient d’une immensité telle qu’il n’aurait pas non plus à se préoccuper des conséquences de sa pêche. 75% des stocks de poissons commercialisés ont été surexploités jusqu’à la limite de l’épuisement.

L’Homme a longtemps pensé que l’atmosphère était d’une immensité telle qu’il n’aurait pas à s’essouffler pour le protéger. Pourtant, il s’asphyxie lui et ses semblables, tranquillement mais surement. « Bien sûr que c’est dangereux pour la santé », répond plein de bon sens l’interrogé. Mais « on y peut rien », pourrait-il enchaîner. La pollution de l’air en ville est devenue, peu à peu, une donnée avec laquelle il faut composer, rangée dans la catégorie du « il faut faire avec ».

Respirer un air pur est un droit: défendez-le avec Respire

Des millions de citoyens en France sont exposés à des seuils de polluant bien au delà de la règlementation parce que le problème n’a jamais réellement été pris au sérieux. Respire a besoin de vous pour que nous soyons de plus en plus nombreux à défendre ce droit à un air sain, comme nous le dit la loi et que ce mouvement se pérennise.

Si la pollution de l’air fait partie des préoccupations sanitaires majeures, l’exposition aux polluants aériens échappe en partie au contrôle individuel et nécessite que les autorités publiques fassent appliquer la loi (il est étrange d’avoir à demander le respect de la loi à celui qui la fait). C’est ce pourquoi nous travaillons chaque jour à Respire. Faire respecter la loi. Ne pas attendre que l’Europe nous condamne à 40 millions d’euros parce que les Gouvernements français successifs n’ont jamais écouté ni pris les mesures nécessaires pour protéger les citoyens.

Si les mesures de protection ne s’appliquent pas pour les citoyens, qui protègent-elles alors?

RESPIRE agit en justice contre PEUGEOT (communiqué de presse)

L’association «RESPIRE» intente une action en justice à l’encontre de la société « automobiles PEUGEOT », qui devra comparaitre le mardi 19 juin prochain au tribunal de Grande Instance de Paris.

La Planète a bon dos ! Après avoir utilisé l’argumentaire du bonus écologique pour servir les arguments marketing du moment, il semblerait que la célèbre marque au lion ait perdu de son intérêt pour la question environnementale, cette dernière méconnaissant l’obligation de lisibilité et de visibilité de l’affichage des informations relatives à la consommation de carburant et aux émissions de CO2 des véhicules particuliers neuf
Reléguées au dernier plan de l’information publicitaire, Peugeot semble s’accommoder d’une pratique généralisée en la matière.

Dans une période bientôt estivale où les pics de pollution de l’air sont chaque année dépassés et nous poussent à retenir notre souffle, la période de passivité a maintenant expiré. RESPIRE, lassée d’entendre les autorités jouer sur le sentiment de culpabilité de l’automobiliste en le contraignant à des mesures non efficaces de limitation de vitesse par grande chaleur, considère qu’il est temps de responsabiliser les constructeurs, seuls capables de réduire de manière significative les émissions de CO2.

C’est pourquoi « RESPIRE », association citoyenne militant pour l’amélioration de l’air, avec Ecologie Sans Frontière et la Fédération Nationale des Associations des Usagers des Transports, et le soutien de L’Observatoire Indépendant de la Publicité, a décidé d’engager pour la première fois une action en justice à l’encontre du constructeur PEUGEOT pour sa campagne publicitaire de ses nouveaux modèles de la gamme Family. Dans le cadre de cette action en justice, conduite par Maître Stéphanie ZAKS, Avocat à la Cour, la société Automobiles Peugeot devra se présenter à l’audience des référés du Tribunal de Grande Instance de Paris le jeudi 19 juin prochain.

« Nul n’est censé ignorer la loi. En vertu de quel argument PEUGEOT peut décider de se passer de son application ? Il existe des textes depuis 10 ans et nous n’entendons qu’à les faire respecter1» souligne Sébastien VRAY, Président de l’association RESPIRE.

« Avec cette campagne de publicité, Peugeot revient à l’âge de glace de la communication environnementale. L’argument écologique semble avoir disparu des préoccupations des constructeurs depuis la fin du bonus/malus instaurée par le Grenelle de l’Environnement », ajoute encore Sébastien Vray. »

Pour RESPIRE, l’enjeu de cette action n’est donc pas d’affaiblir l’économie générée par le marché de l’automobile. Nous souhaitons faire émerger une jurisprudence qui inciterait les marques à respecter cette Directive.
En effet, il s’agit d’initier une « concurrence verte », une nouvelle éconologie, pour réduire la pollution de l’air, sans pour autant délaisser le critère commercial de prix auquel le consommateur restera indéniablement attaché.
1 Selon la directive 1999/94/CE, les informations de consommation de carburant et les émissions de dioxyde de carbone doivent être « facilement lisibles et au moins aussi visibles que la partie principale des informations ».
Respire a pour objet la lutte contre la pollution atmosphérique et la protection des victimes de pollution atmosphérique quelle qu’en soit la source. L’association a aussi vocation à garantir, protéger, diffuser et améliorer l’information, l’éducation et les droits des consommateurs dans leurs rapports avec les professionnels en lien direct ou indirect avec la pollution atmosphérique et la qualité de l’air, par tous moyens y compris par voie d’actions en justice.

www.respire-asso.org

Contact Presse : Thibaut Vonthron / 06 98 49 28 22 / 09 81 37 78 48 / thibaut.v@respire-asso.org

Pollution de l’air: automobilistes, vous êtes les plus exposés [ CLIP Vidéo ]

Lorsque l’on marche à proximité d’un axe routier, on tousse et on se dit qu’on serait mieux dans sa voiture à l’abri de la pollution, protégé par son habitacle. Malheureusement pour les automobilistes qui pensent se protéger, ceux-ci sont de manière générale plus exposés à la pollution atmosphérique lorsqu’ils sont dans leurs voitures que les piétons à proximité d’un axe routier.

Un chiffre clé facile à retenir : deux fois plus de pollution dans la voiture que sur le trottoir (source Airparif). Un autre article lié à une autre étude d’Atmo Nord-Pas-de-Calais : Quelle pollution de l’air dans les voitures ?

Pour que les articles sur l’association et la pollution de l’air vous parviennent: Fan page Facebook : Association Respire / Et même un twitter : @respireasso

Pollution de l’air et particules fines : deux mois et déjà hors la loi

La pollution de l’air, la France, elle connaît. A peine deux mois se sont écoulés et déjà quelques stations de mesures commencent à dépasser les seuils, au delà de la règlementation.

Deux mois, soit 60 jours seulement après le début de l’année 2012, c’est le temps qu’il aura fallu à l’État français pour se mettre hors la loi, sur le dépassement des seuils de particules fines (PM10). Limité à 35 jours pour les PM10, le nombre de dépassement vient d’être atteint fin février et ne cesse de grimper. Sachant qu’environ 40 000 personnes décèdent chaque année prématurément à cause d’un air de mauvaise qualité, l’enjeu de la réduction de la pollution de l’air est sérieux. Les représentants de l’État ont sûrement d’autres priorités.

Pollution de l’air et particules fines : la règlementation

Petit rappel pour les néophytes. Les particules fines sont de très petites poussières émises par le trafic routier, les industries et les particuliers (notamment le chauffage). Plus elles sont petites et plus elles pénètrent en profondeur dans les poumons. Les conséquences sanitaires sont multiples et l’étude APHEKOM de mars 2011 dernier parle de 40 000 décès prématurés chaque année en France. Le problème est donc sérieux.

Il existe une règlementation européenne, la Directive cadre sur l’air (2008/50/CE). Le décret du 21 octobre 2010 relatif à la qualité de l’air transpose cette directive dans le droit français. Elle a pour objet de réduire les émissions de polluants pour améliorer la qualité de l’air et de protéger la santé humaine. Ce décret met en avant le plan de protection de l’atmosphère (PPA) comme outil juridique et de planification pour atteindre les objectifs de seuils fixés. S’en suivent actuellement la mise en place d’expérimentations de Zones d’Action Prioritaire sur l’Air (ZAPA) et du rabaissement des seuils de PM10 pour le déclenchement des procédures d’information et d’alertes.

Pollution de l’air en France : l’exception devient la règle

Les 35 jours de dépassement autorisés par la règlementation européenne viennent d’être dépassés, en Île-de-France à la station Autoroute A1 – Saint-Denis et à la station Boulevard Péripherique Auteuil ainsi qu’à Marseille au niveau d’une station (Rabatau ; voir le site d’Airparif). C’est à dire que les seuils fixés à 50 microgrammes par mètre cube d’air, sur une durée de 8 heures, ont déjà été dépassés plus de 35 jours, soit plus d’une fois tous les deux jours. Pour un suivi de règlementation, on est bien loin du compte. Comme si l’exception devenait la règle.

D’autres stations en France ont déjà enregistré des dépassements de plus 20 jours. Et l’été n’est pas encore arrivé … A titre de comparaison, en 2011, les deux stations d’Île-de-France en question ont relevé des dépassements de 176 jours et 146 jours le long du périphérique. Les habitants proches sont littéralement asphyxiés.

Airparif au sujet de ces dépassements : «Ce début d’année 2012 démontre que la qualité de l’air quotidienne reste insatisfaisante en Ile-de-France pour certains polluants, et notamment les particules. Chaque année, ce sont toujours plusieurs millions de Franciliens qui sont potentiellement exposés à des niveaux de pollution qui ne respectent pas la réglementation, principalement le long du trafic et dans le cœur de l’agglomération parisienne.»

Qui a la charge du suivi et du respect de la règlementation et combien cela va coûter ?

L’État et ses préfectures, tout simplement. Comme la France est hors la loi, la Commission Européenne a déposé une plainte l’année dernière. La sanction de la Cour de Justice ne devrait pas tarder à tomber. Les pénalités financières devraient être calculées sur la base d’une amende forfaitaire (10,9 millions d’euros pour la France, plus un montant journalier multiplié par le nombre de jours de persistance de l’infraction) et d’une astreinte journalière (entre 10 000 et 100 000 euros par jour, calculée par jour de retard, en prenant en compte un coefficient de gravité et de durée, et par un facteur fixe par pays). De quoi rembourser la dette et financer de beaux projets de société…

« Respire incarne une nouvelle génération », Interview sur Radio Classique

In breath we trust*…  pourrait être le leitmotiv de l’association Respire. En la respiration nous croyons pourrait-on traduire. Nous croyons en l’application de la réglementation, simplement, pour des raisons sanitaires. Parce que la mauvaise qualité de l’air nous affecte tous et surtout les personnes les plus fragiles. La mauvaise situation du début de l’année nous confirme dans notre utilité, à sensibiliser, à ester en justice pour faire rétablir le droit commun.

Respire sur Radio classique

Ce matin, nous avons été interviewé sur Radio classique. Il nous semble tout d’abord important d’apporter quelques précisions. Nous respirons en moyenne, chaque jour, 15 000 litres d’air … pas d’oxygène. Un peu plus tard (toujours dans l’enregistrement), la plainte au civil de l’association Respire concerne l’affichage du CO2 ET la consommation de carburant dans la publicité automobile. Cet affichage est existant. Nous ne demandons qu’il soit affiché donc, mais qu’il soit affiché en plus grand, selon une règlementation européenne bien précise. Concernant les effets sur la santé de la pollution de l’air, vous pouvez en lire davantage dans la rubrique dédiée.

Pour notre implication dans l’amélioration de la qualité de l’air, elle est bien celle sonorisée par la radio qui nous a interviewé. Comme évoqué, nous incarnons une vision de la jeunesse, une façon de faire, de penser la société et le vivre ensemble. Nous avons nos activités respectives, nos moments partagés dont celui de consacrer un peu de temps pour l’intérêt général, par plaisir. Allier l’utile à l’agréable.

Pour écouter l’entretien, cliquer sur lecture ci-dessous :

 

La pollution de l’air, c’est comme une série B …

La pollution de l’air, c’est un peu comme une série B. Ça fonctionne en épisodes et c’est toujours la même chose. Les médias utilisent ce terme, qui introduit à la fois un caractère incidentiel et temporel. Or à force d’épisodes, il va bien falloir se résoudre à considérer que le caractère surprenant de ce phénomène constitue bien une série, un fil conducteur permanent.

« Épisodes » de pollution de l’air

Carte nationale de la pollution de l'air, le mardi 7 février 2012 - Source : Chaîne météo

Si vous avez raté le dernier épisode de la pollution de l’air, ne vous inquiétez pas, il y aura une rediffusion et un nouvel épisode bientôt, sensiblement identique. C’est un peu comme les Feux de l’amour. Si vous manquez un épisode, vous allez vite raccrocher le scénario de l’histoire trois ou douze épisodes plus tard. On se moque, gentiment, mais c’est parce qu’à Respire, on aime bien le mot « Épisode ». C’est comme dans une série.

« T’en es à quelle saison de Damages (gros cabinet d’avocats et de juristes qui démontent des méchants. Dans la saison deux, Patty Hewes* s’attaque à des pollueurs de l’eau) ? À quel épisode de Plus belle la vie en es-tu (ma maman et ma sœur ne manquerait pas un épisode si elles le pouvaient) ? ».

La pollution de l’air, c’est un peu comme une série B. Il y a des « épisodes », c’est toujours la même chose et si on en rate un on peut se rattraper sur le prochain.

Sauf que ce n’est pas drôle. Si l’on reprend sa définition, l’épisode, (Du grec ancien ἐπεισόδιον / epeisόdion signifiant intervention) désigne, en général, l’énonciation du sujet au début d’une œuvre littéraire. Dans une œuvre littéraire, poème ou roman, comme dans un tableau ou toute autre composition artistique, ce terme désigne également une action incidente qui est liée à l’action principale et qui semble former un tableau à part entière, dont l’étendue ou le relief attire particulièrement l’attention. On peut ainsi dire par boutade qu’un épisode est à la fois une partie et un tout (Wikipédia).

Comme nous le disions en introduction, ce terme introduit à la fois un caractère incidentiel et temporel. Sauf qu’à force de parler à répétition d’épisodes, on se demande s’ils ne constituent pas eux-mêmes la normalité et qu’un air de qualité serait lui, un épisode, bienvenu.

Pollution de l’air généralisée en France

Indices de la qualité de l’air dans les Bouches du Rhône, mardi 7 février 2012

Le caractère incidentiel des épisodes de mauvaise qualité de l’air est, depuis le début 2012, un peu inapproprié dans la mesure où leur fréquence est très élevée (peu importe les raisons, nous constatons simplement). La carte de la chaîne météo ci-dessus est explicite. La pastille orange est majoritaire (air de qualité moyenne), accompagnée de la pastille rouge (air de qualité mauvaise) et de titrer : « Pic de pollution quasiment généralisé ». L’air est pollué en France au delà des normes règlementaires. Encore et encore. Retrouvez l’ensemble des association agrées de surveillance de la qualité de l’air sur le site d’ATMO. A titre d’exemple, voici celle du jour dans les bouches du Rhône.

Voyez plutôt les revues de web Respire que nous vous proposons, plus souvent chargées d’annonces de pics de pollution que d’habitude. Nous aborderons dans un prochain article les raisons de cette actuelle pollution aux particules fines issues à la fois du trafic routier et de la combustion de bois des particuliers, ainsi que la façon dont est abordé le sujet par les médias et les recommandations rengaines qu’ils affichent.

* Glenn Close

Party Cool Fine (*) le 16 février 2012 – L’association RESPIRE fête ses 1 an

Pratiquement un an d’existence officielle en France. L’occasion de célébrer, pour une soirée, le 16 février prochain, cette association Respire dont l’objet premier est la prévention et l’amélioration de la qualité de l’air. L’occasion de rendre visible, dans un cadre détendu, ce que nous défendons et la façon dont nous le défendons.

Car Respire est née d’un constat simple. La pollution de l’air n’est pas considérée par les pouvoirs publics comme un sujet prioritaire alors qu’elle engendre un certain nombre de conséquences très sérieuses pour la société entière. Faisons respecter la loi, simplement. Il n’y aucune raison inverse à invoquer. Tout le monde s’en portera mieux, c’est certain.

Quand à l’esprit Respire, il peut être détaillé ainsi: cinq personnes ont décidé de créer une structure associative, parce que le fond de l’air effraie. Chacun a sa vie personnelle (famille, amis, loisirs), sa vie professionnelle et chacun a choisi de participer simplement et efficacement à une activité dite d’intérêt général. Chacun y apporte ses compétences et s’engage volontairement dans les idées qu’il souhaite développer. Nous pensons que notre génération a le devoir de participer à la protection de la santé humaine et de l’environnement. Nous le faisons sans pression et espérons avec un peu de style.

Venez boire un coktail Respire (avec modération) et discu-danser au bar la Droguerie Moderne, dans le 11ème arrondissement de Paris, à partir de 19H (voir détails sur l’affiche).

Inscrivez-vous sur la page Facebook de l’association RESPIRE (si vous en avez une, ce n’est pas une obligation) pour que l’on s’organise mieux.

Revue de web Respire #11 – 3 novembre 2011

CHINE

Pékin se dit prêt à mieux évaluer la pollution atmosphérique

Les autorités de Pékin, suspectées de sous-estimer la dangerosité de la pollution atmosphérique, sont prêtes à adopter un nouveau système d’évaluation de la qualité de l’air, a rapporté mercredi la presse officielle.

lci et voir l’article de l’association RESPIRE à ce sujet

La « macro réalité » et la « micro sensation » vues à travers la brume

La capitale chinoise Beijing est enveloppée ces derniers jours d’un brouillard dense et épais qui non seulement dissimule le ciel bleu, mais surtout suscite l’angoisse et la préoccupation des habitants qui se demandent : cela signifie-t-il que la pollution de l’air s’accentue et s’aggrave dans la ville ?

Considéré à travers le brouillard et la brume, certains y voient la pollution, alors que d’autres insistent sur l’amélioration et le progrès ; certains tiennent compte de la macro statistique, tandis que d’autres s’obstinent dans l’idée du micro sentiment.

peopledaily

La qualité de l’air souffre du smog

Dimanche, le bureau météorologique de la capitale a lancé sa première alerte au brouillard épais de l’hiver, tandis que la faible visibilité a forcé la fermeture de six autoroutes et causé des retards et annulations pour plus de 200 vols vers ou au départ de Beijing. Mais en dépit de l’appellation « alerte au brouillard », Ma Jun, directeur de l’Institut des affaires publiques et environnementales, estime que les brumes qui ont recouvert Beijing correspondent à du «smog».

Le brouillard résulte de la liquéfaction de vapeur dans l’air, qui devrait être de couleur transparente, alors que la brume dont nous souffrons est du smog, un mélangede polluants et de brouillard, explique-t-il. Lu Bin, un employé de CITIC Trust qui s’était rendu à l’aéroport pour prendre un vol à destination de Kunming, a déclaré au China Daily avoir acheté des masques au supermarché, «afin de se protéger contre la forte pollution ». «Les jours brumeux n’étaient pas si fréquents dans le passé, et le ciel n’était pas si sombre», affirme ce natif de Beijing.

frenchchina

UK

Londres fait la chasse aux vieux véhicules au diesel

Un Européen du continent qui veut conduire à Londres doit déjà s’adapter à la conduite à gauche. S’il veut utiliser son propre véhicule, il devra aussi s’assurer que celui-ci, s’il roule au diesel, ne pollue pas trop: à partir du 3 janvier 2012, les gros véhicules d’un certain âge seront bannis de la plupart des rues du Grand Londres.

smartplanet

FRANCE

Lyon, le trafic auto dans le viseur

Un environnement trop pollué et trop bruyant pour les Villeurbannais. C’est en substance ce qui ressort de l’enquête d’opinion réalisée cet été par la direction de la Santé ­publique (DSP) de Villeurbanne auprès de 840 personnes, interrogées sur l’impact de leur environnement sur la santé. Selon les premiers résultats de l’étude, qui doit servir de base au plan local de santé environnementale de 2012, la circulation est à l’origine des principales nuisances citées par les habitants.

20minutes

Oui au nitrate d’ammonium : « Nous sommes étonnés »

En ce qui concerne les rejets atmosphériques de toutes les usines, l’épisode avec les fortes odeurs émises par LBC met en évidence l’absence de captage de vapeurs lors d’opérations de transfert avec navires, wagons ou camions. La population boucalo-tarnosienne, plus largement celle de l’agglo, est soumise aux rejets de LBC et autres unités voisines. La réglementation de 2001 sur les composés organo volatils n’est pas respectée.

sudouest

La France est en retard en matière de respect de l’environnement

Cette situation est reconnue dans un rapport établi par la commission des finances du Sénat, présenté par la sénatrice Fabienne Keller du Bas-Rhin et rendu public la semaine écoulée, qui traite de l’application du droit communautaire en matière d’environnement.

risskassur-hebdo ou voir l’article que consacre RESPIRE

Eau, qualité de l’air et bruit : la France sous surveillance de la Commission

17% des contentieux engagés par l’Union européenne contre la France concernent des infractions dans le domaine de l’environnement, affirme la sénatrice Fabienne Keller, dans son quatrième « Rapport sur l’application du droit communautaire de l’environnement : de la prise de conscience à la mobilisation des acteurs », présenté le 26 octobre 2011. Ce qui situe la France dans la moyenne communautaire.

courrier des maires

Autun : La qualité de l’air, source de bien-être

Dans le cadre d’une action sur la prévention et la santé, une mutuelle autunoise a organisé, jeudi, un après-midi d’information sur la qualité de l’air intérieur.

En moyenne, une personne passe 16 heures et 10 minutes dans des endroits fermés, habitations, bureaux, usines, lieux publics. Il s’avère même qu’un quart de la population passe plus de vingt heures. Ces locaux abritent des polluants qu’il est possible de maîtriser par des gestes simples

lejsl

SENEGAL

Augmenter les espaces verts dans la capitale : la mairie de Dakar débloque 400 millions Cfa

C’est la somme investie par la mairie de Dakar pour faire de la capitale une ville verte. Ce projet, appelé ‘Dakar ville verte’, vise à lutter contre la pollution atmosphérique. Pour y arriver, le projet ambitionne de planter, chaque année, un million d’arbres à travers les rues et écoles de la ville. Ce, pour une période de cinq ans.

walf

S’il n’y avait que l’air: les contentieux entre la France et l’Europe

L’association Respire suit avec beaucoup d’intérêt les échanges par médias interposés entre tous les bords politiques … Deux tribunes, parues le même jour dans la presse nationale, remettant en question l’action gouvernementale et le bilan du Grenelle de l’environnement, arrivent au moment de la sortie du 4ème « Rapport sur l’application du droit communautaire de l’environnement : de la prise de conscience à la mobilisation des acteurs« , porté par la sénatrice UMP Fabienne Keller présenté le 26 octobre 2011. Pour dire quoi ? Que la France a des progrès à faire sur la transposition des directives dans le domaine environnemental et des progrès sur l’eau, l’air et le bruit.

La France sous surveillance de la Commission européenne

Le nombre total d’infractions au droit de l’Union européenne de l’environnement s’élève à 21 en 2010 pour la France, sur 440 procédures d’infraction ouvertes. Pour en connaître la liste précise, nous vous renvoyons sur le site du Sénat.
Pour l’eau, le bruit et la qualité de l’air, la France est en retard. Les contentieux dans le domaine environnemental concernent ainsi 17% des contentieux engagés par l’Union Européenne (Pour la France, le mépris des règles vertes a un prix, La France risque une condamnation européenne (La Croix, jeudi 27 octobre 2011), Eau, qualité de l’air et bruit : la France sous surveillance de la Commission. Mais même si le rapport de la sénatrice Fabienne Keller constate que la création d’un grand ministère de l’Écologie a favorisé l’intégration des problématiques environnementales au sein des politiques publiques et permis d’améliorer la transposition des directives, des points noirs demeurent, sur l’eau, la qualité de l’air et le bruit.

Aux termes de ses investigations, votre rapporteur constate que l’embellie précédemment constatée s’est confirmée, puisque le nombre d’infractions n’a pas augmenté (sic. !)

L’eau, le bruit …

Disposant de nombreux outils de planification pour améliorer la qualité de l’eau, la France a pris depuis 20 ans un retard très important dans l’application de la directive 91/271/CEE sur les eaux résiduaires urbaines. Et maintenant, c’est la directive cadre sur l’eau de 2000 (DCE) établissant une structure réglementaire pour une politique globale communautaire dans ce domaine qui ne sera probablement pas tenue. Cette directive vise à prévenir et réduire la pollution des eaux, promouvoir son utilisation durable, protéger l’environnement, améliorer l’état des écosystèmes aquatiques (zones humides) et atténuer les effets des inondations et des sécheresses. L’objectif pour 2015 est le « bon état écologique » des milieux aquatiques et du bassin versant. On lira le rapport argumenté du WWF-France sur l’Etat des eaux pour se convaincre que l’objectif de 2015 sera difficilement atteignable, tant en terme de qualité que de volonté politique (nous serions tenté de parler de la directive européenne nitrate et des « fameuses » et historiques algues vertes en Bretagne, dont le triste volume de 66 000 m3 a été ramassé au 25 octobre dernier).

Concernant le bruit, alors que la directive sur le bruit de 2002 exige l’élaboration d’une cartographie autour des principales infrastructures et agglomérations, seul un tiers des cartes a été réalisé. La problématique n’est pas anodine : 16% des habitants de l’Union souffrent d’une déficience auditive. Nous pourrions nous permettre un trait d’esprit sur l’automobile. En réduisant le trafic quand cela est possible, on réduirait à la fois le bruit … et l’odeur.

Toutefois, si l’implication des acteurs dans la mise en œuvre des directives doit être saluée, la fragilité des résultats acquis dans le domaine de l’eau est préoccupante. Il en est de même de l’émergence de nouveaux dossiers à risques, tels que l’air et le bruit. (extrait du rapport)

Visionner l’interview de Fabienne Keller et de Gérard Miquel présentant le rapport sur le droit communautaire de l’environnement.

… et l’air.

L’association Respire, dont l’objet principal d’action est la pollution de l’air, et pour le moment principalement la pollution atmosphérique générée par les véhicules à moteur thermique, a déjà évoqué le contentieux sur les particules fines de type PM 10. La loi européenne prévoit qu’un seuil de 50 μg/m3 (microgrammes par mètre cube) ne doit pas être dépassé, en moyenne journalière, plus de 35 fois par an, ce qui n’est pas le cas pour un certain nombre d’agglomérations.

Reste également que les sources d’émissions de particules, soyons honnêtes :

  • sont multiples : chauffage au bois, activités agricoles, trafic automobile, industries ;
  • en proportions variables : le résidentiel et le trafic automobile sont les principaux émetteurs ;
  • générées pour des raisons contradictoires entre elles : on demande d’utiliser plus d’énergie renouvelable comme le bois, mais les résidus de sa combustion incomplète génère beaucoup de particules fines et d’hydrocarbures aromatiques polycyclique -(HAP). L’exemple des filtres à particules (FAP) sur les véhicules diesel est également révélateur de ces contradictions. Ceux-ci ont vocation à agir sur les PM 10. Cependant, les FAP dits « catalysés » engendrent deux effets négatifs. D’une part, ils ne filtrent pas les très fines particules, qui s’avèrent pourtant les plus dangereuses sur la santé. D’autre part, ils engendrent davantage de dioxyde d’azote, autre polluant atmosphérique nocif pour la santé ;
  • pourraient être diminuées si la législation au niveau européen était plus stricte quand à la protection des citoyens. La norme EURO 6, la plus sévère, ne sera applicable qu’à compter de 2016. La norme EURO 5 n’est elle-même applicable que depuis 2011, et ne concerne que les nouveaux véhicules.
Bas les masques : l’exposition de l’association RESPIRE

La découverte de l’exposition photographique de l’association RESPIRE a crée, on peut le dire, la surprise. Installée dans la salle de concert du Trianon, à Paris, lors de la première édition de la Greenpride.

Remerciements

Nous profitons de ce post pour remercier chaleureusement les participants qui ont donné de leur temps et de leur cœur à cette œuvre collective. Une pensée spéciale au photographe de renom, Antonin Guidicci, aux organisatrices/teurs (Appel de la jeunesse) de la Greenpride, qui nous ont offerts l’espace d’exposition.

L’esthétique de la problématique

Comme nous en parlions dans un précédent article (rendre visible et esthétique l’invisible), la pollution de l’air est insuffisamment visible. Nous avons voulu, simplement, à travers le masque, montrer si ce n’est la pollution de l’air sa présence, par l’intermédiaire d’un objet qui sert à s’en protéger.

Tribune de RESPIRE dans L’express.fr

Faut-il s’arrêter de respirer pour ne plus s’empoisonner?

Tribune publiée le 19 octobre 2011 dans L’Express.fr, avec Franck Laval, Président d’Écologie Sans Frontières

L’Homme a longtemps pensé que la terre était d’une immensité telle qu’il n’aurait pas à s’en soucier. Il en a pourtant modifié la surface dans un laps de temps infiniment court, comme aucune autre espèce avant lui.

L’Homme a longtemps pensé que les océans étaient d’une immensité telle qu’il n’aurait pas non plus à se préoccuper des conséquences de sa pêche. 75% des stocks de poissons commercialisés ont été surexploités jusqu’à la limite de l’épuisement.

L’Homme a longtemps pensé que l’atmosphère était d’une immensité telle qu’il n’aurait pas à s’essouffler pour le protéger. Pourtant, il s’asphyxie lui et ses semblables, tranquillement mais surement. « Bien sûr que c’est dangereux pour la santé », répond plein de bon sens l’interrogé. Mais « on y peut rien », pourrait-il enchaîner. La pollution de l’air en ville est devenue, peu à peu, une donnée avec laquelle il faut composer, rangée dans la catégorie du « il faut faire avec ».

 

Les conséquences sanitaires de la pollution atmosphérique sur la population, en France comme ailleurs, sont maintenant connues de tous. De la communauté scientifique premièrement, qui génère un immense champ de connaissance sur ses conséquences. Des fabricants automobiles qui résistent dans leur technologie en réduisant le concept de modernité au seul moteur thermique. Des autorités sanitaires qui diffusent insuffisamment les données scientifiques. De nos représentants politiques qui savent, mais qui ne considèrent l’enjeu que du point de vue de l’acceptabilité du risque et qui faillissent à faire respecter la loi (Loi sur l’air – Charte de l’Environnement dans la Constitution…) Et enfin, d’une majorité de citoyens, dont la dépendance maladive à l’automobile nous fait penser que le droit de conduire est mieux défendu et plus utilisé que le droit de vote.

La pollution de l’air précipite le décès d’environ 40 000 personnes en France. C’est ce que nous révèle l’étude Aphekom de mai dernier. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), prévient encore et toujours de l’impact sanitaire grave d’une exposition forte et prolongée aux particules fines (PM) émises notamment par les millions de moteurs diésels. Les mesures faites par les capteurs nous alarment sur ceux qui subissent la « double peine » en matière de pollution: les centaines de milliers de français qui vivent proche des rocades, autoroutes, et autres grands axes.

La souffrance physique (asthme, insuffisance respiratoire, maladies cardio-vasculaires jusqu’aux cancers du poumon, etc.) des personnes les plus fragiles indiffèrent, à l’évidence, puisqu’elles ont à se protéger d’un tort dont elles ne sont pas (en partie) responsables. Pendant les pics d’ozone, restez chez vous. Comprenez, nous ne pouvons pas décemment demander aux autres citoyens de ne pas se déplacer autrement qu’en voiture.

Les coûts de santé pour la collectivité sont exorbitants. Le bien être au quotidien est affecté. L’OMS alarme. L’Institut National de Veille Sanitaire (INVS) confirme. Les médias s’en émeuvent. Les fabricants de véhicules thermiques se vantent de progrès à la marge dans des publicités où l’air nous semble bien pur à côté de la réalité. Les décideurs ne décident pas. La Commission européenne porte plainte contre la France. Enfin, ne soyons pas malhonnête envers nous-mêmes en dévoilant que cet aveu d’impuissance peut également relever d’une résignation confortable et insensible. Entendons par ces termes que faire différemment, pour un mieux collectif, relève d’un effort, d’une construction, d’un dépassement de soi. C’est s’arracher, un peu de son confort personnel et entrer en sensibilité avec son environnement. C’est ce qu’on appelle vivre en société.

Reste la question suivante: si les mesures de protection ne s’appliquent pas pour les citoyens, qui protègent-elles alors?

Pourtant la pollution de l’air est bien un problème de santé publique majeur qui préoccupe les citoyens. Au sein des préoccupations environnementales, les baromètres réguliers indiquent que qu’elle se place au 1er rang des situations à risque parmi une liste évoquées au cours des enquêtes. Cependant, l’impression d’impuissance provoque résignation. Il semble qu’on ne sache pas comment avoir une emprise sur elle.

Si la pollution de l’air fait partie des préoccupations sanitaires majeures, l’exposition aux polluants aériens échappe en partie au contrôle individuel et nécessite que les autorités publiques fassent appliquer la loi (il est étrange d’avoir à demander le respect de la loi à celui qui la fait).

Reste la question suivante: si les mesures de protection ne s’appliquent pas pour les citoyens, qui protègent-elles alors?