Pollution hivernale cela ne fait que commencer

Chaque hiver, la France comme tous les pays d’Europe, connaissent des pics de pollution, notamment aux particules fines (PM 10) et ultra fines (PM 2,5). Les conditions météorologiques, si elles ne permettent pas de disperser les polluants dans l’atmosphère, montrent clairement les zones géographiques d’où sont issus les foyers d’émissions et la diffusion des polluants sur le territoire.

Menace juridique sur la France, chronologie d’un retour

3 mois après la naissance de l’association Respire en février 2011, la Commission Européenne poursuivait la France devant la Cour de justice européenne pour non-respect des valeurs limites de qualité de l’air applicables aux particules fines. Nous avions d’ailleurs écrit un petit article à ce sujet, que vous pouvez lire ici : la France poursuivie pour pollution de l’air. Quelques plans d’urgences peu ambitieux plus tard, les états membres incriminés étaient rappelés à l’ordre par la CJUE 19 novembre 2014. La Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) leur a bien rappelé qu’ils ont une obligation de résultat concernant la qualité de l’air.

Et qu’entendons-nous donc aujourd’hui ? Que la France est à nouveau menacée par la Commission européenne. 4 ans après, rien n’a véritablement changé. Certains discours ont mentionné des erreurs dans la stratégie du tout diésel. On a parlé de particules fines à la conférence environnementale. On a tenté les Zones d’Actions Prioritaires sur l’Air (ZAPA) avant de mettre le dispositif au point mort en juillet 2012. Puis avec Ségolène Royal, on a fait un retour en arrière complet sur cette question. Et on en profite pour baisser les crédits alloués à la surveillance de la qualité de l’air …

Inscris-toi sur les listes électorales

On nous demande régulièrement comment agir pour améliorer la qualité de l’air. La première chose à faire, classique, est de voter, surtout pour ceux qui s’en soucient. En 2014, deux scrutins : les municipales (élire le Maire) et les européennes (élire les députés français qui nous représentent au Parlement européen). Pour voter, il faut avoir une carte d’électeur. Pour obtenir cette carte, il faut s’inscrire. Facile.

 

Élections municipales

Les dimanches 23 et 30 mars 2014, nous allons glisser un bulletin de vote pour élire les conseillers municipaux (par liste), qui eux-mêmes éliront le Maire de chaque commune en France, pour six ans. Notons dès maintenant que de cette décision dépend également l’élection des sénateurs puisqu’ils sont choisis par les conseillers municipaux (ou les délégués des conseillers municipaux), que l’on appelle « grands électeurs ». La prochaine est prévue en septembre 2014 et elle remplacera la moitié des sénateurs. Tout ça pour dire qu’il est très important de voter. Même si les élections, c’est comme le coiffeur, tu y vas plein d’espoir et tu ressors déçus, tu ne peux pas rester les cheveux trop long trop longtemps. Bref, il faut voter.

Voter aux élections municipales, c’est choisir un groupe d’élus et un Maire qui va mettre en place une politique de gestion du territoire, à l’échelon local mais également à l’échelle inter-communale (autour de sa commune, avec d’autres communes). La question de l’aménagement du territoire local est donc directement liée à cette élection, à travers les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU) et les Plans Locaux d’Urbanismes Intercommunaux (PLUI). Les orientations sur la place des transports, la place des habitations, des activité économiques influent directement sur la qualité de l’air. Sachons le.

Comment s’inscrire sur les listes électorales ?

Super simple. Tu vas à la Mairie et tu remplis un formulaire. Sinon, tu vas sur le site mon.service-public.fr, tu te créés un compte, tu remplis le formulaire et tu joins un document d’identité. Tout cela est à faire avant le 31 décembre 2013. Facile non ?

 

L’objectif 2010 de baisse des NOx pas atteint en France

Dioxyde d'azote (NO2), fait partie de la famille des Oxydes d'azote
Dioxyde d'azote (NO2), fait partie de la famille des Oxydes d'azote

« L’objectif 2010 prévu par la directive plafonds d’émissions nationaux (810 kt) ne pourra pas être atteint », indique le Citepa, qui table sur un volume de 1072 kt pour 2010. Le transport routier est le principal contributeur aux émissions de NOx, avec 54 % des émissions en 2009 (contre 62 % en 1990). L’équipement progressif en pots catalytiques depuis les années 1990, puis l’entrée en vigueur des normes Euro-3 et Euro-4 pour les poids lourds en 2002 et en 2007, ainsi que de la norme Euro-4 pour les véhicules particuliers en 2005, a permis de réduire les émissions du secteur de 47 % en 2009 (598 kt) par rapport à 1990. Le Citepa prévoit une baisse de 7 % en 2010 pour le secteur, soit 557 kt.

Principal contributeur aux émissions de COVNM (composés organiques volatils non méthaniques) en 1990, avec 41 % du total, le secteur du transport routier a divisé par 10 ses émissions et ne représente plus que 14 % du total en 2009, grâce aux pots catalytiques et à la part croissante des véhicules diesel, moins émetteurs de COVNM. Leur succès a en revanche doublé la production de HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) du transport routier, entre 1990 et 2010, alors que les émissions globales ont baissé de 52 % sur la période. Également principal producteur de monoxyde de carbone (CO) en 1990, avec 57 % des émissions, le secteur du transport routier ne réalise plus que 19 % du total en 2009 (616 kt).

Les émissions globales de CO2 prévues pour 2010 sont en baisse de 26 % depuis 1980, mais de seulement 4 % depuis 1990. Avec l’augmentation du parc automobile, la part du transport routier dans le total n’a cessé d’augmenter depuis 1960 : 7 % en 1960, 17 % en 1980, 28 % en 1990 et 31 % en 2010. Sa production de CO2 baisse faiblement mais régulièrement depuis 2005, avec une accélération en 2008 (- 5 %), grâce à la prime à la casse et à la diminution des trajets due à la hausse des prix des carburants.

Article disponible sur AUTOACTU.COM