Pétition RESPIRE / Pollution de l’air en Île-de-France: il ne faut pas casser le thermomètre

Alors que les préoccupations sanitaires liées à la pollution de l’air grandissent, partout en France, des collectivités ont décidé de ne plus verser leur contribution financière, pourtant inscrite dans la loi sur l’Air, à Airparif, chargée de surveiller la qualité de l’air en Ile-de-France. Mais mesurer la pollution est nécessaire pour pouvoir réagir et prévenir les citoyens. Qui nous alertera lors des prochains pics de pollution ? Respire, en tant qu’association dédiée à la préservation et à l’amélioration de la qualité de l’air en France, demande – au moins – le rétablissement des dotations des Conseils Généraux des Hauts-de-Seine, de Seine et Marne et des Yvelines, ainsi que la subvention de l’État.

Plus de 2,3 millions de Franciliens restent toujours exposés à des niveaux de pollution qui ne respectent pas la réglementation (Bilan de la qualité de l’air 2014 Airparif). Les dépassements de la norme se suivent et se ressemblent. Nous avons tous en mémoire les pics de pollution aux particules fines en mars 2014 et 2015 (quand la tour Eiffel a disparu sous un épais brouillard de pollution) et même chaque hiver.

Pour surveiller la qualité de l’air, l’Etat a créé des AASQA : des association agréée de surveillance de la qualité de l’air. En Ile-de-France, c’est Airparif. Elle est reconnue dans le monde entier pour son expertise. Quand vous entendez parler d’un pic de pollution aux particules fines, au dioxyde d’azote ou à l’ozone dans les médias, l’information vient d’elle.

Son financement (de l’ordre de 6 millions d’euros), est mutualisé et assuré à parts égales entre:

  • l’État,
  • les collectivités grâce aux contributions de tous les départements d’Ile-de-France, de la Ville de Paris et de la Région,
  • les industriels au titre de leur paiement d’une taxe sur les activités polluantes.

Les outils de mesure de la pollution sont indispensables pour faire face. Il faudrait meme les développer, pour mieux comprendre encore les causes et les conséquences de cette pollution que nous subissons tous.

Car d’ores et déjà, les études sur les dangers sanitaires de la pollution de l’air s’accumulent :

  • cancers du poumons (exposition à long terme),
  • exacerbation de l’asthme (exposition à court terme),
  • bronchiolite, écoulement nasal, mal de tête, yeux qui pleurent, sinusite, etc.
  • augmentation des infarctus (exposition à court terme),
  • augmentation des naissances de prématurés pour les femmes vivants à proximité des axes routiers, et baisse du QI

Diminuer le budget d’AIRPARIF – alors que la gestion de l’équipe actuelle n’est pas contestée – est donc incompréhensible. On peut casser le thermomètre. Mais cela n’améliorera pas la situation. Pire cela privera les citoyens d’Ile-de-France d’un outil d’alerte précieux, en particulier lors des pics, quand il faut prendre des mesures particulières pour limiter son exposition. Et les alertes d’AIRPARIF sont indispensables pour aiguillonner la réaction des pouvoirs publics, qui continue à se faire attendre.

Quand on y pense, le budget d’AIRPARIF n’est pas très élevé. Il représente environ 50 centimes par Franciliens par an. Par les temps qui courent, il est logique de vouloir faire des économies, ou de privilégier la lutte contre le chomage, ou de maintenir la sécurité de tous, mais cette réduction est de courte vue. Elle est contre-productive. Car si on veut economiser de l’argent, il faut plutot diminuer la pollution de l’air.

En effet, c’est elle qui coute cher ! Une commission d’enquête parlementaire du Sénat a évalué le cout de la pollution de l’air chaque année en France a environ 100 milliards d’euros. Une étude de l’INSERM a calculé que le coût de la pollution de l’air sur la Sécurité Sociale est situé entre 1 et 2 milliards d’euros par an. Elle confirme les premiers chiffres avancés par le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) en novembre 2013.

Alors que nous recevons chaque jour de nombreux témoignages de personnes souffrants de la pollution de l’air (www.temoins.respire-asso.org), l’association Respire demande à l’État et aux collectivités locales de restaurer leur dotation. Elle demande aussi plus largement, à l’État et aux collectivités de prendre enfin les mesures qui s’impose face à la pollution de l’air.

En effet, après l’annonce de la baisse de subvention de l’état en avril 2015, le désengagement financier du conseil départemental des Hauts-de-Seine en 2013 (80 000€) et de celui de Seine-et-Marne en 2015 (40 000€), le département des Yvelines a décidé de ne pas renouveler sa subvention à l’association de surveillance de la qualité de l’air en 2016. Ces décisions sont en totale contradiction avec les principes de la Loi sur l’Air qui appelle l’ensemble des collectivités à concourir à une politique dont l’objectif est le droit reconnu à chacun de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé (Charte de l’Environnement annexée à la Constitution française), et qui prévoit un financement mutualisé de la surveillance et de l’information.

M. les Présidents des Conseils généraux des Hauts-de-Seine (Patrick Devedjian), de Seine-et-Marne (Jean-Jacques Barbaux) et des Yvelines (Pierre Bédier), Mme la Ministre de l’Environnement Ségolène Royale,

  • quel message adressez-vous à vos 4 millions concitoyens qui vivent dans vos départements, en allant à l’encontre d’une meilleure mesure de la qualité de l’air ?
  • A qui vous adressez-vous si ce n’est justement à ceux qui souffrent chaque fois que l’air est de mauvaise qualité ?

Ce n’est pas parce que vous souhaitez casser le thermomètre que la température ne va pas continuer de monter. Notre demande est simple. Rétablissez vos crédits à Airparif. Prenez part à cette responsabilité qui est la votre.

Les ONG françaises dénoncent la mise à mort programmée des paquets « Qualité de l’air » et « Economie circulaire » par la Commission européenne

Les ONG françaises dénoncent la mise à mort programmée des paquets « Qualité de l’air » et « Economie circulaire » par la Commission européenne

 

Paris, le 12 décembre 2014 – Les ONG de protection de l’environnement françaises travaillant sur la qualité de l’air et l’économie circulaire tiennent à faire connaître leur soutien à la lettre envoyée par les 10 plus importantes ONG européennes (European Environmental Bureau, Transport&Environment, Birdlife, Greenpeace, WWF, CEE Bankwatch Network, Climate Action Network, Friends of the Earth, Health & Environment Alliance, Naturefriends International) au Vice-Président de la Commission européenne Timmermans pour protester contre le retrait possible des Paquets « Qualité de l’air » et « Economie circulaire ». Selon les récentes informations relayées par la presse européenne, la Commissioneuropéenne a l’intentionde retirerles deuxséries de propositionset d’enfaire l’annoncelors de la présentation de sonprogramme de travail2015la semaine prochaine.

Ces évolutions sont très inquiétantes. Alors que la protection de l’environnement et la durabilité étaient déjà absentes du programme de travail de la Commission européenne pour 2015, le Vice-Président Timmermans prévoit en plus de retirer deux textes fondamentaux qui pourraient apporter des bénéfices majeurs à la santé des citoyens, à l’environnement et à l’économie européenne.

« Si elle retire la proposition sur la qualité de l’air, la Commission européenne va manquer l’opportunité de prévenir 58 000 décès prématurés chaque année. La qualité de l’air reste en effet la première cause environnementale de mort prématurée en Europe. La Commission choisit aussi d’ignorer les énormes bénéfices potentiels pour l’économie européenne que ce paquet pourrait apporter. Il pourrait ainsi fournir des bénéfices en terme de santé allant de 40 à 140 milliards d’euros en coûts externes évités, et 3 milliards d’euros en bénéfices directs liés à une plus grande productivité des travailleurs, une diminution des frais médicaux, des rendements agricoles plus élevés et moins de dégâts sur les bâtiments » déplore Sébastien Vray, président de l’association Respire.

« Retirer le paquet économie circulaire irait à l’encontre de la priorité numéro un de la Commission européenne, car elle échouerait à créer 180 000 nouveaux emplois à travers la prévention et la transformation des déchets en ressources. Les mesures prévues dans ce paquet contribueraient non seulement à rendre les entreprises européennes plus compétitives en réduisant la demande et la dépendance à des ressources rares et couteuses venant d’autres continents, mais également à lutter contre l’impact sur le changement climatique des émissions liées au gaspillage de ressources » regrette Delphine Lévi Alvarès, responsable du Plaidoyer chez Zero Waste France.

Ensemble, Zero Waste France, France Nature Environnement, les Amis de la Terre, Respire, Surfrider Europe, Générations futures, le Réseau Action Climat France, Agir pour l’Environnement, Greenpride, la Fondation Nicolas Hulot et Générations Cobayes demandent donc à la Commission européenne de revenir à la raison et de prendre en compte le soutien quasi unanime apporté à ces textes, y compris par la plupart des Etats membres (voir la lettre de 11 ministres de l’environnement européens à la Commission européenne cosignée, par Ségolène Royal), en maintenant les paquets « Qualité de l’air » et « Economie circulaire » à son agenda de travail, pour le bien des citoyens, de l’économie et de l’environnement européens.

Conférence-débat: Métropoles Quelles opportunités pour améliorer la qualité de l’air ? Ce soir à 19h30!

Lundi 27 octobre 2014 – 19h30 – Sciences Po

Salle Leroy Beaulieu, 27 rue st guillaume, 75007

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La ville est un concentré d’activités formée de l’accumulation historique de décisions politiques. Aménagement du territoire, réseaux de mobilités, qualité et quantité des activités économiques, fiscalité, orientations et applications des règlementations, tout a in fine un impact sur la qualité de l’air que l’on respire. Que fait la France de ses freins et leviers pour faire émerger des solutions à cet enjeux sanitaire de premier ordre ? Quelles innovations les villes du monde pourraient nous inspirer ?

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Intervenants:

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Animé par: Ludovic BU, consultant sénior chez BIO et Nicolas LECONTE, étudiant à Sciences Po

Inscriptions: contact@respire-asso.org

L’Université de l’Air c’est fini !

L’air n’a jamais été aussi présent dans les esprits et dans les médias qu’aujourd’hui. Les pics de pollution extraordinaires de mars 2014 ont conforté sa place importante dans les préoccupations sanitaires des Français. L’air se situe en effet au carrefour de l’ensemble des problématiques sociétales et l’approche climatique qui sera au cœur des discussions tout au long de l’année 2015 s’en fera nécessairement l’écho, tant les deux objectifs sont indissociables.

Tout à un impact sur cet élément vital mais encore trop peu de convergences se font. C’est pourquoi l’association Respire, dans le cadre de la Greenpride et en partenariat avec les grandes universités franciliennes, vous a proposé un cycle de conférences : « L’air dans tous ses états ». Chaque université d’accueil proposait, à partir du 14 octobre, de compléter ses connaissances sur la qualité de l’air en l’approchant par un angle spécifique.

Toutes les conférences étaient gratuites, ouvertes au public. Nous remercions les organisatrices de la Greenpride ainsi que toutes les associations étudiantes qui ont travaillé à vous présenter un contenu de qualité. Nous remercions nos partenaires financiers et médias sans lesquels nous n’aurions pu construire un tel cycle de conférences, ainsi que tous les intervenants, dont l’expertise viendra enrichir encore un peu plus cet enjeu qu’est la qualité de l’air.

>> Découvrez le programme des 10 tables rondes <<

Vous avez 5 minutes ? Parlons PNSE et Conférence Environnementale

La santé-environnement à l’honneur ? A peu près. De 15H à 16H, ce 21 juillet 2014, Ségolène Royal reçoit 11 personnalités de la santé-environnement pour une discussion on ne peut plus courte sur le prochain Plan National Santé Environnement et la prochaine Conférence Environnementale.

Chacun aura donc le loisir de parler pendant 5 minutes de ce problème central qu’est le lien entre l’environnement pollué et les impacts sur la santé humaine. La pollution de l’air sera bien évidemment au menu du jour, vu l’intérêt que cette thématique représente en terme d’impact sanitaire et économique.

Seront présents aujourd’hui :

  • Gérard Bapt, député de la 2ème circonscription de Haute-Garonne
  • Jean-Félix Bernard, Président d’Airparif
  • Francelyne Marano, Présidente de la société française de santé-environnement
  • Bernard Swynghedauw, directeur de recherches émérite à l’INSERM
  • Robert Barouki, service de biochimie métabolique à l’hôpital Necker Enfants Malades, membre du conseil scientifique de l’INSERM
  • Alain Grimfeld, professeur de médecine à l’Université Pierre-et-Marie-Curie et chef de service à l’hôpital Armand-Trousseau à Paris
  • Serge Morand, Directeur de recherche CNRS à l’Institut des Sciences de l’Evolution de Montpellier
  • André Cicollela, Président et porte-parole du Réseau environnement Santé (RES)
  • Sophie Fleckenstein, Coordinatrice du réseau santé environnement de France Nature Environnement (FNE)
  • Dominique Gombert, Directeur de l’Evaluation des Risques de l’ANSES
  • Raymond Cointe, Directeur de l’INERIS

Vu le classement des plus grandes villes françaises en matière de qualité de l’air, l’enquête préliminaire suite à la plainte déposée contre x pour « mise en danger de la vie d’autrui », le pic de pollution extraordinaire de mars dernier, les pics de pollutions à l’ozone qui commencent à arriver, le manque de moyen de la police de l’environnement (DREAL) qui laissent dans l’impunité ces entreprises et industriels dépasser les normes de qualité de l’air, la surveillance de la commission européenne sur les dépassements de la France des seuils réglementaires de particules fines (PM10) et du dioxyde d’azote (NO2), les coûts exorbitants que cette pollution fait peser sur la société et son système de santé, les nombreuses personnes qui souffrent au quotidien de ne pouvoir respirer un air propre, nous nous interrogeons réellement sur la pertinence de réunions de ce type.

Nous attendons avec impatience le retour de cette discussion. Mme Royal ne saurait passer à côté de ce sujet si sensible et même, pour aller plus loin, marquer une vraie rupture dans la politique santé-environnement menée alors jusque là. Elle évitera à coup sur d’être identifiée comme la ministre de la pollution de l’air et des perturbateurs endocriniens … entre autres.

Classement de la qualité de l’air – les 100 plus grandes villes européennes

Une base de données européenne publique, une méthodologie relativement simple, un magazine partenaire pour l’infographie (WE Demain) et un travail de longue haleine (merci Philippe Maison), cela vous donne le classement de la qualité de l’air des 100 plus grandes villes européennes, par Respire. Si les interprétations faciles sont à proscrire, une chose reste sûre : l’Europe n’a pas fait de la qualité de l’air et de la santé des citoyens un de ses objectifs premiers. Espérons que Mme Royal, notre Ministre de l’environnement en fonction, poussera de la voix pour nous chanter un autre air le 12 juin prochain

Cette carte est utilisable par tous. Noubliez-pas de backlinker « Respire, Association Nationale pour la Prévention et l’Amélioration de la Qualité de l’Air.

Comment lire cette carte ?

Mais pourquoi est-ce une ville roumaine qui est première alors que Berlin fait beaucoup plus d’effort dans la réduction de la pollution de l’air ? L’Angleterre semble être un bon élève et Bonn qui ne fait rien, est en vert ? Ces questions sont légitimes et vous allez vous demander, pourquoi une carte dont la réalité est nuancée ? Tout d’abord, nous vous invitons à lire la méthodologie, avant d’analyser les résultats.

Ensuite, nous vous invitons à lire notre analyse, partagée par les ONG européennes concernées par ce sujet.

Pourquoi Cluj-Napoca est première ?

Ce n’est pas la faute des données, issues des machines, mais la faute de ceux qui produisent les données. Si cette carte montre que certaines villes respectent la réglementation alors qu’elles n’ont pas particulièrement mis en place de politiques de réduction de la pollution de l’air, c’est parce que le nombre de stations par villes, les polluants qu’elles mesurent et leur position dans la ville influencent le résultat final.

Par exemple, plus vous avez de stations, bien réparties dans la ville, plus vous avez de « risques » de mesurer des dépassements réglementaires. Berlin, par exemple, possède un réseau de 48 stations. Certes, elles ne mesurent pas toutes les mêmes polluants. Mais au regard des 2 stations de Cluj-Napoca en Roumanie, Berlin dépasse plus souvent les seuils réglementaires. De plus, les 2 stations de Cluj-Napoca ne mesurent même pas les particules fines.

Que nous révèle cette carte ?

Cette carte pose la question de la performance de la mesure du réseau de stations européen et donc de la volonté politique de traiter ce problème, bien différente en fonction des pays. Les données collectées font également le jeu de « tricheries » de la part de certaines villes et d’Etats membres. La polémique soulevée par l’ONG Clean Air London des pratiques mises en oeuvre pour faire « baisser » la pollution… artificiellement et qui, par certains moyens, cherchent à éviter d’être en infraction, est particulièrement grossière.

Second enseignement. Même si les stations de mesures à travers l’Europe ne semblent pas être installées de manière optimum partout, la carte que nous proposons aujourd’hui indique clairement que toutes les grandes villes d’Europe ou presque, dépassent régulièrement les seuils autorisés de pollution de l’air, parfois à des niveaux tels que le danger sanitaire est constant pour les populations qui y vivent. On respire mal dans les grandes villes françaises (Toulouse 47e, Lyon 55e, Nice 70e, Paris 84e et Marseille 94e), italiennes, allemandes et, globalement, dans les villes d’Europe de l’Est.

Troisième enseignement. Certaines villes ont mis en place des politiques de réduction de la pollution de l’air, qui devraient en inspirer d’autres, françaises par exemple. Mais l’efficacité de ces politiques reste toute relative car la pollution n’a pas de frontière et se déplace sur des milliers de kilomètres, rendant nécessaire une politique au niveau européen, voir mondial.

 

L’association Respire a besoin de vous. Soutenez notre travail si vous l’appréciez.

Pollution de l’air – Ecologie sans Frontiere dépose plainte contre X

Le rapport Roussel, sur l’impact des pollutions d’origine automobile, a fait le lien entre particules fines et cancers. C’était en 1983, il y a maintenant plus de 30 ans, commandité par le ministère de la Santé et le ministère de l’environnement. L’ont-ils lu ce rapport, nos représentants politiques de l’époque, et les suivants ?

Difficile d’échapper à ces nouvelles études qui ont été publiées ensuite, en France et dans le monde, par les instituts les plus prestigieux. Et pourtant. Au lieu de prendre les devants, d’accompagner le changement, de prendre des mesures modernes sur les transports, la fiscalité, la R&D sur l’énergie, sur l’aménagement du territoire, nos représentants politiques successifs ont laissé perdurer une situation inadmissible.

Les mentalités changent lentement en France

La loi existe. Elle n’est pas respectée. Les études scientifiques sont unanimes. Les rapports économiques se succèdent, sur les coûts pour la société, sur la sécurité sociale, sur les subventions avantageuses à la pompe, les incitations pour l’achat de véhicule diesel. La police de l’environnement est en sous effectif et les usines hors la loi continuent d’émettre. Les habitants près des axes routiers, d’usines vieillissantes, souffrent en silence, asphyxiés par tant de mépris.

Il fallait donc que cela arrive. La société civile se rebiffe. L’association Ecologie sans frontière porte plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui. L’association Respire a collaboré avec ESF et soutient cette plainte, qui sera déposée mardi matin au pôle santé publique du parquet de Paris.


Quel air respire-t-on dans le métro?

Si vous habitez à Paris ou dans une autre grande ville française, il y a de grandes chances que vous passiez beaucoup de temps dans le métro. Les arrêts, la foule, le doux son de la fermeture des portes de la rame, vous connaissez bien n’est-ce pas ? Mais vous êtes-vous déjà demandé – pendant vos longues réflexions méditatives dans une rame bondée à regarder les stations défiler – « Quel air respire-t-on dans le métro ? ». Respire a levé le nez pour y voir de plus près !

La ventilation du métro en image

Aération à l'intérieur d'une rame de métro

Ce n’est pas parce que Respire invite à prendre les transports en commun, que l’association ne se penche pas sur la qualité de l’air en « milieu confiné ».

Avez-vous déjà remarqué les systèmes d’aération dans les rames du métro ? Nous non plus avant hier en fait. Il en existe de tout type. Bouche d’aération circulaire, rail tout le long, diffuseur dans les coins, etc. Celle que nous avons auscultée est une bouche d’aération en long (1ère photo) dont on ne voit qu’une grille, vissée, sale. Il ne semble pas y avoir de filtre juste derrière, mais peut-être y en a-t-il un plus loin dans le mécanisme (à confirmer).

Aeration sale dans le métroQuand on approche sa main, l’air est soufflé. Il semble qu’il provienne de l’aspiration au dessus de la rame (2ème photo). Ces bouches d’aspiration, comme vous pouvez le voir, sont très noires. Ce n’est pas leur couleur naturelle vous vous en doutez. Le ménage ne doit pas être fait si souvent …

Revenons à ces grilles d’aération à l’intérieur de la rame. Nous avons voulu savoir si elles sont propres, ou au moins entretenues un minimum. Nous avons donc simplement passé dessus un mouchoir blanc. Rendre visible l’invisible permet de se rendre un peu plus compte de ce que nous respirons. Quelle ne fût pas notre surprise de le voir noir, très noir, contenant même des petits tas de poussières.

Saleté accumulée dans l'aération du métroNous ne pouvons pas encore vous dire ce que c’est, mais nous allons demander à la RATP. Dans le même temps nous allons envoyer des échantillons à un laboratoire spécialisé pour qu’il nous indique la composition de ce mélange.

 

Composition de l’air du métro

La composition de l’air du métro est une addition des polluants émis à l’extérieur, qui s’engouffrent naturellement dans les enceintes souterraines. Dioxyde d’azote, particules fines, monoxyde de carbone, ozone et autres. L’air du métro est donc à peu près pollué par les mêmes polluants que l’air extérieur, certes en moindre mesure pour le dioxyde d’azote, comme l’indiquent les résultats de l’étude menée par la RATP en collaboration avec l’organisme de surveillance de la qualité de l’air en région parisienne, Airparif, en 2008.

Sauf que pour les particules fines (PM10) la concentration explose aux heures de pointe et dépasse largement les concentrations mesurées à l’extérieur. Cette différence de concentration s’explique par le fait que le métro en lui-même produit des particules fines. En effet, la qualité de l’air du métro est affectée par les particules fines issues de l’usure des pneus mais surtout des frottements du système de freinage, quand celui-ci est mécanique. Ces particules métalliques sont un vrai problème. La RATP à Paris indique sur son site qu’elle prend ce sujet au sérieux en remplaçant peu à peu les rames par des systèmes de freinage électrique.

Pour les particules fines produites à l’extérieur, beaucoup d’études établissent un lien direct entre leur niveau de concentration et leur impact sur la santé (asthme, infarctus, autres maladies respiratoires). Les incidences de ces particules métalliques ultra-fines sur la santé  semblent peu étudiées, comme nous le livre un article du Figaro le 3 mai 2013 dernier.

Surveillance de l’air du métro

La RATP mesure en permanence la qualité de l’air circulant dans le métro.  Le 6 janvier 2014 dernier par exemple (jour choisi au hasard), le seuil de 50µg/m3 a été dépassé 21 heures sur 24. C’est entre 3h et 6h du matin seulement qu’il a été respecté, quand le métro était fermé au public. Pire, certaines heures atteignent une concentration très élevée, jusqu’à 190µg/m3 ce jour là, soit presque 4 fois ce que recommande l’OMS pour la qualité de l’air extérieur.

Selon le journal Le Monde, ces concentrations peuvent même atteindre 500µg/m3 sur les quais de RER – soit 10 fois la limite recommandée par l’OMS !

Alors que l’OMS recommande un seuil maximal de 50µg/m3 en moyenne sur 24 heures, les données de la RATP affichent des concentrations bien supérieures. Mais le problème, c’est que tout ceci est légal, car la règlementation est bien différente pour les seuils de particules fines en milieu confiné et à l’extérieur.

Une règlementation différente pour le même air

Comme nous l’expliquions dans un article sur le métro marseillais, il existe une énorme différence entre les règlementations définissant les seuils de concentration en particules fines en milieu confiné et à l’extérieur.

La réglementation fixe à 5000µg/m3 (si si) la limite de concentration en particules à respirer. C’est-à-dire 100 fois la limite recommandée par l’OMS. Les agents du métro seraient donc des super-héros avec des poumons 100 fois plus performants que les nôtres ? Ils sont les premiers concernés par la pollution de l’air du métro et demandent à en être protégés.

Inscris-toi sur les listes électorales

On nous demande régulièrement comment agir pour améliorer la qualité de l’air. La première chose à faire, classique, est de voter, surtout pour ceux qui s’en soucient. En 2014, deux scrutins : les municipales (élire le Maire) et les européennes (élire les députés français qui nous représentent au Parlement européen). Pour voter, il faut avoir une carte d’électeur. Pour obtenir cette carte, il faut s’inscrire. Facile.

 

Élections municipales

Les dimanches 23 et 30 mars 2014, nous allons glisser un bulletin de vote pour élire les conseillers municipaux (par liste), qui eux-mêmes éliront le Maire de chaque commune en France, pour six ans. Notons dès maintenant que de cette décision dépend également l’élection des sénateurs puisqu’ils sont choisis par les conseillers municipaux (ou les délégués des conseillers municipaux), que l’on appelle « grands électeurs ». La prochaine est prévue en septembre 2014 et elle remplacera la moitié des sénateurs. Tout ça pour dire qu’il est très important de voter. Même si les élections, c’est comme le coiffeur, tu y vas plein d’espoir et tu ressors déçus, tu ne peux pas rester les cheveux trop long trop longtemps. Bref, il faut voter.

Voter aux élections municipales, c’est choisir un groupe d’élus et un Maire qui va mettre en place une politique de gestion du territoire, à l’échelon local mais également à l’échelle inter-communale (autour de sa commune, avec d’autres communes). La question de l’aménagement du territoire local est donc directement liée à cette élection, à travers les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU) et les Plans Locaux d’Urbanismes Intercommunaux (PLUI). Les orientations sur la place des transports, la place des habitations, des activité économiques influent directement sur la qualité de l’air. Sachons le.

Comment s’inscrire sur les listes électorales ?

Super simple. Tu vas à la Mairie et tu remplis un formulaire. Sinon, tu vas sur le site mon.service-public.fr, tu te créés un compte, tu remplis le formulaire et tu joins un document d’identité. Tout cela est à faire avant le 31 décembre 2013. Facile non ?

 

Vision d’une jeune de 20 ans

Jeune, il est parfois difficile de se préoccuper de sujets alarmants. Et pourtant, si l’on inculquait le savoir vivre écologique dès le plus jeune âge, sans doute que bien des problèmes seraient à cette heure-ci résolus.Pour autant, ce n’est pas le cas. Une jeune de 20ans donne en quelques lignes sa vision du site Internet Respire, une association qui se bat pour un air de meilleur qualité afin de garantir à tous une qualité de vie supérieure.

Laura, 20ans

Je m’appelle Laura, j’ai 20ans. Jusqu’alors peu soucieuse du monde environnant dans lequel pourtant j’évolue, j’ai pris soudain conscience de la fragilité et de la préciosité de notre planète. Conscience de l’impact désastreux que nous affligeons à la nature, à la terre qui nous accueille. Pour soi-même, nos proches mais aussi pour les générations que nous laisserons dernières nous, une meilleure qualité de notre air fait l’objet d’un bon début de combat.

A retenu que …

Le site de l’association Respire tente de nous faire comprendre l’une des parties essentielles de cette fragilité : la qualité de notre air. Alarmant, mais non moins passionnant… De ce site, nous pouvons retenir  3 grandes idées principales que chacun d’entre nous devrait connaître, afin d’aborder en douceur ce sujet.

  1. S’il y a bien une chose qui nous est vital, nous être humain, c’est  de respirer (15 000 litres d’air transitent par jour dans nos voies respiratoires). Or, de nombreux polluants circulent en permanence dans l’air. Les principaux sont appelés Particules en suspension (PM10, PM2,5), Dioxyde d’azote (NO2), Ozone (O3)…  Mais d’où viennent-ils ? De sources fixent et mobiles, crées par l’homme : installations de combustion, activités domestiques, industrielles, agricoles et bien d’autres. Et bien sur, nous ne pouvons nous passer de cet air dégradé néfaste pour notre santé.
  2. Néfaste en quoi ? En déclarant un nombre ahurissant de crises d’asthmes et de maladie respiratoires mais aussi en accentuant le nombre de décès prématurés (soit plus de 30 000 personnes par an). On se dit souvent que cela n’arrive qu’aux autres, mais ils n’y a pas de critères à remplir pour être touché par ces maladies. Les plus sensibles restent tout de même les enfants, les personnes âgées ou encore les personnes déjà malades.
  3. On croit être à l’abri dans notre voiture, dans notre maison… FAUX. Les molécules sont partout, émanant de notre mobilier, de nos produits cosmétiques ou  ménagers, fabriqués et constitués d’éléments  toxiques. C’est  justement dans un espace clos que la pollution est plus menaçante, particulièrement dans les voitures aux heures de forte densité. Pourquoi ? Car il y a une présence accrue de monoxyde de carbone, de dioxyde d’azote et  d’autres polluants. Il n’y a pas de renouvellement d’air donc nous en respirons en plus forte quantité.

Et pense que …

Des lois ont été mises en place, suivant les recommandations de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), mais celle-ci ne sont pas respectées. C’est le combat que mène aujourd’hui l’association Respire. Si la législation était respectée, les coûts pour l’Europe pourrait baisser jusqu’à 135 milliards d’euros.

Le site de Respire est certes passionnant, mais pour nous les jeunes, sans doute un peu barbant. Moins de ligne, plus de phrases chocs voilà je pense, de quoi attirer d’avantage notre minois.

Motivons-nous, un petit geste de chacun devient un grand geste si on le fait  tous. Mais d’ailleurs, où se trouve la rubrique des petits gestes du quotidien pour éviter de nous empoisonner ?

 

Crédit photo- Môsieur J. – Flickr

Respire et le RPP soutenus par 4 anciens Ministres de l’écologie

17 septembre 2013. 10H30. 14ème arrondissement. Début de la conférence de presse du Rassemblement pour la Planète. Respire. Générations Futures, Ecologie sans Frontière, Robin des Toits, Réseau Environnement Santé, Sea Shepherd, 4 anciens ministres de l’écologie, une sénatrice de Paris, une député européenne et de nombreux médias.

L’association Respire remercie Chantal Jouanno, Dephine Batho, Corinne Lepage, Yves Cochet et Leïla Aïchi pour leur soutien affiché ce matin. C’est une reconnaissance assumée de notre travail (même bénévole) dont ils ont fait preuve et qui prouve que  le dialogue environnemental ne saurait  se tenir sans l’avis éclairé d’organisations de la société civile.

La crise économique et la crise sociale sont indissociables de la crise sanitaire et environnementale. Si nous n’éclairons pas le débat économique d’une pensée fondée sur la prévention, nous serons constamment dans l’urgence de devoir réparer. Ne pas polluer coûte moins cher que de dépolluer. Cette notion, fondamentale et si simple à comprendre est une étape intellectuelle préalable à toutes propositions de changement. Ce nouveau paradigme que nous défendons aux côtés des membres du Rassemblement est un credo à Respire. Que ceux qui pensent comme nous se manifestent.

Association Respire à la conférence de presse du 17 septembre 2013

 

La morale version Batho (Communiqué de presse)

Pour se rendre à Clermont-Ferrand au 37ème congrès sur la mobilité de demain, la ministre de l’environnement Delphine Batho prend… l’avion. Un des moyens de transport les plus polluants pour l’air. Air qu’elle a pourtant pour mission de protéger. Respire a calculé les émissions de polluants pour cet aller-retour aisément évitable si elle avait pris le train.

Un avion, propulsé au kérosène détaxé et qui n’a pas la chance d’être pourvu d’un filtre à particules, émet en très grande quantité du monoxyde carbone, des Composés Organiques Volatils, des oxydes d’azote, du dioxyde de souffre et des particules fines. Pour connaître les émissions gazeuses des avions, il suffit de se rendre sur le site du Ministère de l’environnement à la rubrique Direction Générale de l’Aviation Civile.

Delphine Batho emprunte le vol AF7432 à 9:15 au départ d’Orly en direction de Clermont-Ferrand et repart le soir par le vol AF7439 de 18:50. Elle parcourt ainsi environ 800 kilomètres aller/retour. Selon nos calculs, rapportés à un passager et pour un trajet de 800 kilomètres, Mme Batho a émis :

  • 147 000 microgrammes de monoxyde de carbone,
  • 24 000 microgrammes de COV,
  • 22 000 microgrammes de COV non méthanique,
  • 270 000 microgrammes de NOx,
  • 24 500 microgrammes de SO2,
  • 12 300 microgrammes de particules fines.

Soit au total 500 grammes de polluants tous aussi dangereux pour la santé les uns que les autres. Pour mémoire, la France est hors la loi depuis le 28 février 2013 parce qu’elle ne respecte pas les normes « terrestres » sur les particules fines et elle sera bientôt hors la loi sur le dioxyde d’azote.

Rappelons que des épisodes de forte pollution sont actuellement en cours en France.

Pas obligée de respecter la charte du gouvernement pour un trajet qui prendrait plus de 3 heures en train (ici 3h30), la Ministre de l’environnement qui parle de dérèglement climatique dans Libération, se sent sali par M. Cahuzac dans le Figaro et doit (enfin) quitter son logement social évoqué sur Rue 89, devrait plutôt montrer l’exemple sur la qualité de l’air, sujet qu’elle a à sa charge et pour lequel son engouement reste encore à démontrer.

Respire

PS: l’intitulé du congrès est Mobilités de demain : se déplacer moins, mieux, autrement. Organisé par France Nature Environnement
PS 2 : Pour le calcul, la source des émissions est ici, à partir de la page 10.
PS3: la surveillance des avions en IDF