Un quinquennat d’inaction = 250 000 morts

Un quinquennat d’inaction = 250 000 morts

Avec l’élection du nouveau Président de la République et la nomination de Nicolas Hulot, il faut rappeler que la lutte contre la pollution de l’air n’est pas seulement un problème environnemental, c’est la troisième cause de mortalité en France : elle tue chaque année 48 000 personnes dans le pays. Espérons donc que la nouvelle équipe se penchera sur ce sujet vital car un quinquennat d’inaction correspondrait à environ 250 000 morts, soit une ville comme Nantes rayée de la carte.

Une crise sanitaire majeure : selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la pollution de l’air cause un tiers des AVC et un tiers des infarctus dans le monde. Les enfants sont également  touchés.  Chacun se souvient que l’hiver dernier, les écoliers de la vallée de l’Arve n’avaient plus le droit de jouer dans la cour, tant la pollution était élevée. Malheureusement, les enfants sont concernés dans tout le pays. En Ile-de-France, AirParif a ainsi observé le dépassement des trois principales normes légales de pollution de l’air (PM10, PM2,5 et NO2) pour 125 écoles maternelles et primaires rassemblant près de 28 000 élèves et pour 85 crèches accueillant 3250 enfants !

Ainsi, la France ne respecte pas les lois qu’elle a elle-même édictée. Ou plutôt, parce que la pollution est un phénomène très marqué géographiquement, de nombreuses parties du territoire ne le font pas. Ces zones de non-droit écologique et sanitaire sont souvent des zones défavorisées socialement. C’est le cas en région parisienne, où les zones autour du Périphérique et en banlieue nord-est sont particulièrement touchées. Il faut faire respecter l’état de droit : faites respecter les normes légales de qualité de l’air sur tout le territoire !

Les solutions existent ; elles sont bien connues des spécialistes. Elles portent sur le trafic automobile mais aussi sur les émissions industrielles et agricoles et celles liées aux combustions (cheminées et chauffage au fuel). Ce n’est pas un problème technologique : nous disposons déjà des outils nécessaires, ou presque. Ce n’est pas un problème économique non plus : certaines mesures coûtent cher, mais certaines représentent également des opportunités économiques. Toutes participeraient à résoudre un fléau évalué à 100 milliards par an par une commission sénatoriale.

Toutefois, ces mesures nécessitent une volonté politique globale pour les fédérer et leur donner l’ampleur nécessaire. Les quelques maires qui s’attaquent courageusement au problème ne pourront pas, seuls, le résoudre. La pollution est un problème politique au sens où cela mobilise les moyens de l’Etat et notre projet en tant que nation. La vie de dizaines de milliers de personnes dépend ainsi, au sens strict, des décisions que prendra la nouvelle équipe.

Il faut invoquer deux exemples qui pourraient inspirer l’action publique. Tout récemment, le gouvernement britannique a publié un projet de plan d’action national doté de 4,7 milliards de livres. Ce plan a été soumis à l’avis et aux commentaires du public avant d’entrer en vigueur. De la même manière, la France pourrait se doter d’un plan national pluriannuel, doté d’objectifs quantitatifs et d’un budget adéquat.

Plus loin dans le temps, il y a presque 40 ans, la France a créé un Comité interministériel à la sécurité routière. Grâce à une action soutenue et collégiale, la mortalité a été divisée par presque 5 en quelques décennies. Aujourd’hui, la pollution de l’air tue dix fois plus que les accidents de la route. Faire moins contre la première que contre les seconds serait à la fois injuste et inapproprié. Créer un comité interministériel à la qualité de l’air doté de moyens et d’ambitions similaires à son modèle sur la sécurité routière marquerait l’importance de ce sujet et enclencherait les dynamiques qui permettront sinon de résoudre au moins de contenir fortement le problème.

Les enjeux sont immenses. Espérons donc que la nouvelle équipe prêtera attention à ces quelques suggestions, et surtout, au destin des victimes que fait la pollution dans le pays

Olivier Blond

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2 Comments on “Un quinquennat d’inaction = 250 000 morts

  • Bonjour,

    J’habite Malo Les Bains 59240, département du Nord. Ville à côté de Dunkerque
    J’ai 69 ans, depuis plusieurs années je dois subir la pollution des entreprises celle-ci ne font rien afin de ne plus polluer l’atmosphère. Tous les jours je vois de la pollution sur la mer. Lorsque les vents sont contraires je ne sais même plus balader sur la plage, je suffoque, toux, crise d’asthme, cette devient invivable.
    Monsieur le maire ne veut pas entendre parler du sujet, il donne comme réponse que les entreprises vont quitter Dunkerque et que cela va créer du chômage……………..
    Les hôpitaux de Dunkerque sont débordés par des malades avec des crises en tout genre, aucune pression sur les entreprises, les habitants sont résignés.
    Moi même à longueur de journée, je suis avec des inhalateurs, j’en possède un dans tous mes sacs à mains, je n’ose pas sortir sans.
    Lorsque je pars en vacance ou que je quitte Malo Les Bains pour une raison ou une autre, je ne suis pas malade de la journée et je ne dois pas me servir de mon inhalateur………….
    J’espère que mon expérience servira, j’aimerai porter plainte contre le gouvernement afin que mes maux et cet inconfort journalier sont reconnus, je ne sais pas comment faire?
    Pouvez-vous m’indiquer le parcourt à suivre.
    Bien cordialement madame Anne-Thérèse Florquin

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