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20 mesures contre le diesel

pollution air

Alors que le Conseil d’État vient d’ordonner au gouvernement de prendre des mesures contre la pollution de l’air, sous astreinte de 10 millions d’euros par semestre, Respire propose 20 mesures que le gouvernement pourrait prendre rapidement.

Contexte

Suite à une action menée par les Amis de la Terre, le Conseil d’État avait condamné en 2017 la France pour des dépassements répétés des valeurs légales de dioxyde d’azote dans les grandes villes de France. En 2019, la Cour de Justice de l’Union Européenne avait condamné la France pour les mêmes raisons. Malheureusement, cela n’a pas suffit à ce que le gouvernement réagisse. La décision que vient de prendre le Conseil d’Etat suite à la nouvelle action menée par les Amis de la Terre et soutenue par de nombreuses associations dont Respire, devrait changer la donne.

Les dépassements des valeurs légales de pollution impliqués dans cette action en justice concernent les grandes villes ; ils portent essentiellement sur le dioxyde d’azote (NO2). Or, en ville, les véhicules diesel sont la principale cause de la pollution au NO2. « L’enjeu se résume donc à cette question : comment diminuer la présence des véhicules diesel dans les centres-villes », résume Olivier Blond, directeur de Respire.

Toute l’Europe se pose la question de lutter contre le diesel. Paris l’interdira en 2024 ; Londres et plusieurs grandes villes d’Allemagne, du Danemark, de Suède ou des Pays-Bas s’apprêtent à le faire ou l’ont déjà fait.
« La pollution de l’air n’est pas une fatalité. Les solutions existent ! Ce n’est que le manque de volonté des décideurs qui explique qu’elle n’ait pas diminué davantage. La décision du Conseil d’État est un signal clair : il faut en finir avec les tergiversations. Ce sont des dizaines de milliers de vies qui sont en jeu chaque année », déclare Olivier Blond.

« Respire propose au gouvernement 20 mesures pour en finir avec le diesel car nous n’espérons pas tant que l’Etat paie une amende mais plutôt qu’il prenne enfin les mesures nécessaires pour lutter contre ce fléau », déclare Olivier Blond.

20 mesures contre le diesel

Particuliers

La France est le pays le plus dieselisé du monde (68% des véhicules), du fait d’une série d’incitations fiscales qu’il s’agit désormais d’annuler.

  1. Supprimer les avantages fiscaux pour le diesel – voire les attribuer aux véhicules non polluants (à budget constant).
  2. Exclure les véhicules diesels des dispositifs de prime à la conversion.
  3. Encourager le changement de moteur diesel vers l’électrique ou le gaz (GPL, GNV ou hydrogène) pour les véhicules existants.
Transports en commun
  1. Remplacer 100 % des bus diesel par des bus électriques ou gaz – et aider financièrement les autorités de mobilité à le faire (par exemple IDF Mobilité qui est en déficit).
  2. Supprimer les locomotives qui roulent encore au diesel et les remplacer par des motrices électriques en zone urbaine dense.
  3. Interdire l’entrée des cars de tourismes diesel dans les centres-villes.
Taxis et VTC

Selon les chiffres officiels, 90 % des taxis et VTC roulent au diesel en France – et ils roulent principalement en centre-ville

  1. Ne plus accorder aucune nouvelle plaque de taxi à des véhicules diesels.
  2. Ne plus accorder d’autorisation aux plateformes VTC dans les centres-villes à moins qu’ils s’engagent à passer à 100 % électrique. Les études montre que passer à l’électrique permet aux chauffeurs d’économiser jusque 3000 euros.
  3. Mettre en place un grand plan de développement des infrastructures de recharge électrique dans les villes, pour les professionnels et les particuliers.
Autres Professionnels
  1. Encourager les artisans à remplacer leurs utilitaires par des véhicules électriques (divers systèmes existent déjà).
  2. Mettre en place des systèmes de partage de véhicule non polluants pour les professionnels et pour les particuliers (des systèmes existent déjà).
Marchandises
  1. Encourager le transport ferroviaire de marchandises – sa part (10,6 % en 2015) a diminué en France – elle est aujourd’hui moitié moindre de ce qu’elle est en Allemagne.
  2. Développer les entrepôts logistiques en périphérie avec des véhicules électriques pour achalander les centres-villes.
Mobilités
  1. Poursuivre le développement des mobilités actives (pistes cyclables, piétonnisation,…)
  2. Encourager encore le télétravail pour diminuer le besoin de mobilité – mettre en place une véritable politique de « dé-mobilité » : les déplacements qui polluent le moins sont ceux qu’on ne fait pas.
  3. Décentraliser ou dé-métropoliser pour rapprocher les emplois et les services des lieux d’habitation.
  4. Mettre en place des « lignes vertes » : des voies réservées aux véhicules électriques et au covoiturage sur les autoroutes urbaines.
Mesures institutionnelles
  1. Interdire le diesel dans les centres-villes d’ici à 2025-2030 – au moins aux heures de travail – grâce à des ZFE (Zones à faible émission). Si les mesures précédentes sont mises en oeuvre, la dimension « punitive » de cette interdiction sera modeste.
  2. Organiser une convention citoyenne de la qualité de l’air – la pollution de l’air ne se résout pas à la lutte contre le diesel.
  3. Créer une ADEME de la qualité de l’air : il existe des organisations en charge de mesurer la qualité de l’air (les AASQA) mais aucune pour organiser la diminution de la pollution !


Olivier Blond a publié en mars 2019 « Respirez ! Solutions pour lutter contre la pollution de l’air » aux éditions Eyrolles

6 Comments

  1. Mike O'Rinel

    Soutien à vos actions, bravo

  2. Ger

    Vous polluez encore plus la planète avec vos véhicules électriques

  3. merci pour les informations

  4. thank you for the information

  5. merci pour vos efforts

  6. ChristophedeN

    Sauf que le polluant à traiter en priorité ce sont les particules :
    – les particules sont le polluant le plus tueur,
    – 80 % du coût de la pollution du trafic routier est du aux particules,
    – il n’y a pas de seuil d’innocuité pour les particules,
    – sur les véhicules récents (y compris diesel) l’ultramajorité des particules provient des phénomènes d’abrasion,
    – une étude récente indique que les particules d’usure des freins et des pneus seraient les plus toxiques après les particules de combustion du chauffage au bois,
    – une étude récente confirme une étude de 2016 selon lesquelles une voiture électrique plus lourde de 300 kg n’émet pas moins de particules qu’une voiture thermique. Le gain potentiel provenant du freinage régénératif étant soumis à certaines conditions.

    Donc cette focalisation sur le diesel est une monumentale erreur et d’autant plus quand elle arrive à des solutions qui augmentent la pollution aux particules, ce qui est le cas quand on remplace :
    – un bus diesel avec FAP et ralentisseur hydraulique par un bus électrique à batterie, et d’autant plus qu’avec la perte de charge utile il faut 20 % de bus en plus, même au niveau des freins, en SP un bus diesel avec ralentisseur hydraulique émet moins de particules qu’un bus électrique à batterie (du fait que le moteur électrique n’est pas suffisamment puissant pour encaisser le ralentissement),
    – la voiture diesel d’un urbain qu’il n’utilise pas dans ses déplacements de tous les jours par une électrique permettant un usage équivalent,
    – une voiture de segment A par une électrique de segment B (surpoids supérieur à 300 kg),
    – etc.
    Il n’y a que les lobbyistes de l’autosolisme pour vouloir à tout prix faire croire que remplacer les voitures thermiques par des voitures électriques va permettre de réduire la pollution dans les villes et refuser d’admettre que la solution passe par une réduction drastique de la circulation automobile. Seule solution pour atteindre aussi la neutralité carbone.

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