Classement de la qualité de l’air en Europe – Méthodologie

L’association RESPIRE, spécialiste des questions de qualité de l’air, vient de publier un classement sur la qualité de l’air des 100 plus grandes villes européennes. Nous vous livrons la méthodologie utilisée, qui reste relativement simple pour qui veut bien s’attarder un peu sur le sujet.

A l’instar des classements effectués en 2010 par l’Institut National Italien de Statistiques (ISTAT) ou en 2011 par l’ONG allemande BUND (Sootfreecities), l’association Respire a utilisé la base publique de données européennes Airbase et a été aidée par Philippe Maison, directeur du cabinet conseil CIDD. Comme les deux organisations européennes, nous avons retenu le nombre de dépassements des seuils réglementaires et non la moyenne annuelle de concentration des polluants.

Nous présentons ici un classement général, résultant de l’addition du nombre de dépassements des seuils réglementaires pour l’année 2011 de trois polluants : les particules fines d’un diamètre inférieur à 10 micron (PM10), le dioxyde d’azote (NO2), ainsi que l’ozone (03). Ils ont été volontairement additionnés.

Cette carte pose la question de la performance du réseau européen de mesure de la qualité de l’air et de la volonté politique de traiter le problème de la pollution.

La base de données AirBase (plus de 2 millions de lignes), pilotée par l’Agence Européenne de l’Environnement regroupe les données de surveillance de la qualité de l’air provenant des réseaux des stations européennes qui mesurent la pollution de l’air ambiant, la pollution proche des lieux industriels et celle des transports des grandes agglomérations.

Afin de lire plus distinctement les résultats de ce classement, nous avons volontairement choisi, avec le magazine We Demain, de distinguer les villes en trois couleurs, vert, orange et rouge.

Avertissements

Nous mettons en garde quiconque voudrait tirer des conclusions rapides à partir de ce classement. Les données utilisées sont certes réelles car provenant de la base de données publique européenne Airbase. Cependant, si cette carte montre que certaines villes respectent la réglementation alors qu’elles n’ont pas de politique particulière de réduction de la pollution de l’air, c’est que le nombre de stations par villes, les polluants qu’elles mesurent et leur position dans la ville ne reflètent pas la situation réelle ou que la météo ou la typographie leur est particulièrement favorable.

La première ville du classement est Cluj-Napoca en Roumanie, si l’on se fie aux dépassements. Mais cette jolie ville de 324 000 habitants n’est pourvue que de 2 capteurs, qui n’ont pas l’air de fonctionner, ni de mesurer les particules fines …

Respire propose son billet de train à Delphine Batho (vidéo)

Respire, présent au 37ème Congrès de France Nature Environnement, sur la mobilité de demain, propose un billet de train à la Ministre Delphine Batho, qui a fait l’aller-retour Clermont-Ferrand … en avion.

Devant tant de cohérence, celle-là même qui place un Ministre des finances en possession d’un compte non déclaré en Suisse, nous avons voulu lui sauver la mise. Elle a décliné notre proposition mais nous restons néanmoins disposé à assurer sa logistique transport et à calculer ses émissions de polluants évités.

 


Respire propose un billet de train à la… par Association_respire

2013 année de l’air

L’union européenne a fait de 2013 l’année de l’air. Respire s’investit pour défendre une position française de la société civile. La suite, bientôt sur Repsire.

We wish you and our environment a healthy and happy New Year. As the European Year of Air, 2013 provides an excellent opportunity to make this wish come true.
Air pollution is a major problem in Europe. It is responsible for nearly half a million premature deaths, allergies, respiratory and cardiovascular diseases. Air pollution also affects Europe’s nature and biodiversity and contributes to climate change.

We therefore ask you to strive for a European strategy for truly healthy air. Standards for harmful pollutants such as fine particles, black carbon, nitrogen dioxide and ground level ozone should reflect the need for the protection of both humans and the environment. We also need measures to solve the root causes of the problem, making sure that all construction machines, vehicles, ships, industries and stoves stop polluting our air.

Amoureux de mon Hexagone

Ils s’abreuvent de bals populaires,
D’feux d’artifice et de flonflons ;
Ils pensent oublier dans la bière
Qu’ils sont gouvernés comme des pions,

 

En ce bon mois de juillet, l’État nous ressort une fois de plus son couplet préféré de Renaud mis au placard il y a un an pour nous en resservir une louchée. Tandis qu’une bonne partie de nos concitoyens se trouvent en repos bien mérité loin des frasques de la politique française, un décret du 12 juillet, dont seule Corinne Lepage s’offusque sur Rue89, réduit quasi à néant le rôle et le poids des petites associations à but environnemental. En effet, ce décret,  qui modifie l’article R.141-21 du code de l’environnement revoit les conditions de participation de l’ensemble des associations et fondations à certains débats et instances publics.

Plus précisément, une association devra compter au moins 2 000 adhérents pour avoir le droit d’être représentée. Plus grave encore, les associations reconnues d’utilité publique par l’État devront être présentes au moins sur la moitié des régions françaises et bénéficier de 5 000 donateurs ou plus pour pouvoir se faire entendre. Comme si cela ne suffisait pas, le peu d’associations correspondant à ces critères pourront se voir vérifier par l’État la source de leur financement pour s’assurer de leur indépendance.

Lorsqu’on connait l’importance capitale qu’ont les petites associations pour porter la voix des citoyens, l’État, par ce décret, minimise une nouvelle fois le peu de contre-pouvoir en France et le droit aux citoyens à se faire entendre dans le domaine de l’écologie.

Sont ainsi directement menacées les associations ayant bâti leur action sur la lutte contre un projet local néfaste pour l’environnement mais aussi les associations d’experts qui ont œuvré à faire progresser considérablement la recherche ces dix dernières années sur des sujets aussi primordiaux que le réchauffement climatique et les effets de la pollution des sols, de l’eau, de l’air et des aliments (pesticides et OGM) sur la santé publique.

Encore une fois et par ce décret, la voix des lobbies augmente encore davantage sa portée lorsque, dans le même temps, le nombre de voies de secours des citoyens se réduit à vue d’œil.

Mais qu’importe !! Revenons plutôt au chanteur préféré des décideurs de notre douce France, dont les paroles ont encore quelques beaux jours devant elles, et chantons tous en cœur avec lui :

Ecoutez-moi, vous les ringards,
écologistes des grands soirs,
la pollution n’est pas dans l’air,
elle est sur vos visages blêmes.
Moi j’aime encore les pissotières,
J’aime encore l’odeur des poubelles,
J’me parfume pas à l’oxygène,
Le gaz carbonique c’est mon hygiène.