Pourquoi nous sommes favorables à l’augmentation du prix du gazole

La grogne monte en France contre l’augmentation du prix du carburant. Respire, association nationale pour l’amélioration de la qualité de l’air, affirme haut et fort qu’elle soutient l’augmentation du prix du gazole et son rattrapage par rapport au prix de l’essence : une mesure qu’elle demande même depuis des années. En effet, en matière de pollution de l’air, et donc de santé publique, gazole et essence ne sont en rien de comparables.

 

Dans ce débat, la voix des automobilistes, très organisée, forte de réseaux étendus et d’amitiés puissantes, se fait entendre largement.

Respire, qui lutte contre la pollution de l’air, porte une autre voix, celle des victimes de la pollution. Les parents qui passent leurs nuits à l’hôpital au chevet de leur enfant malade n’ont ni le temps ni les moyens de manifester leur colère ou leur douleur. Les victimes n’aspirent souvent qu’à sortir de leur condition. Souvent, elles n’accusent personne. Et pas même la pollution de l’air.

Pourtant, la pollution de l’air tue en France 48 000 personnes par an. Et ceux qu’elle ne tue pas, elle les blesse. La France compte 4 millions d’asthmatiques et 2 millions de BPCO (insuffisance respiratoire chronique). Leur état de santé est aggravé par la pollution de l’air. Qui écoute leur souffrance ? Qui tient compte de leurs difficultés ?

Les automobilistes contestent une hausse du prix des carburants. L’augmentation de la TICPE sur le gazole est de 6 centimes. Combien vaut une vie ? Combien valent 48000 vies arrêtées en plein vol chaque année. Combien valent les millions de vies gâchées des malades ?

L’augmentation du prix du gazole (nous ne parlerons que de cela) est présentée comme un abus. Tout d’abord, il ne s’agit pas d’un impôt en plus, mais d’une niche fiscale en moins. Depuis des années, le gazole bénéficie en effet d’un avantage fiscal sur l’essence. Or cet avantage est scandaleux. Il a été mis en place à une époque où on croyait que le diesel émettait moins de gaz à effet de serre (environ 15% de moins) et qu’il fallait donc l’encourager pour lutter contre le réchauffement climatique. On sait aujourd’hui que ces chiffres sont faux. On sait aussi que les moteurs diesel peuvent émettre 4000 % de plus d’oxydes d’azote que les moteurs essence, et que ces oxydes sont toxiques. [1]

Respire, comme de nombreuses autres associations, demande depuis longtemps la fin de cet avantage fiscal. Le gouvernement a mis en place un rattrapage progressif : une augmentation d’environ 6 centimes par an. Tandis que le prix du gazole est passé d’environ 1 euro en 2016 à près de 1,6 euro aujourd’hui, seuls 15% environ sont liés à ce rattrapage fiscal. Le reste est dû à l’augmentation des cours du pétrole. Mais les automobilistes préfèrent critiquer le gouvernement français plutôt que l’Arabie saoudite et les exportateurs pétroliers. Quelle est la logique ?

Dans le débat, les automobilistes ou leurs représentants auto-proclamés invoquent un enjeu de pouvoir d’achat pour les citoyens les plus modestes.

Ceux qui sont sincères devraient réfléchir à 2 séries de chiffres importants. Les premiers portent sur le coût global moyen d’une voiture en France : environ 6000 euros par an. Quelle que soit l’évolution du prix du carburant, le budget voiture est considérable pour les familles les plus modestes. Une vraie alternative est de ne pas acheter de voiture. C’est plus facile à faire en zone urbaine qu’en zone rurale, plus facile pour les célibataires que pour les familles nombreuses… Quoi qu’il en soit, encourager les alternatives comme la location, l’auto-partage, les transports en commun et les mobilités douces et peu onéreuses, c’est aussi une façon de lutter contre la pauvreté.

Ensuite, pour celles et ceux qui continuent à utiliser un véhicule, la véritable solution face à la montée des prix du pétrole, consiste à diminuer leur consommation de carburant. Or, sur ce point, la situation est très insatisfaisante. Entre 1990 et 2017, en presque 30 ans donc, la consommation n’a diminué que de 15 % environ. Pourtant les motorisations se sont améliorées. Mais les voitures sont de plus en plus lourdes. Cette année un tiers des véhicules vendus étaient des SUV, plus lourds et plus consommateurs. Les constructeurs automobiles ont leur part de responsabilité : ils dépensent chaque année près de 600 millions d’euros en publicité pour inciter les consommateurs à les suivre dans une course inutile à la taille; ils favorisent ainsi une évolution qui va à l’encontre des intérêts des citoyens les plus modestes. [2]

Sans même parler des véhicules électriques, encourager les petites cylindrées essence serait un premier pas. Car la meilleure manière de payer moins, c’est bien sûr de consommer moins de carburant ![3]

Il y a un véritable problème de pouvoir d’achat et de justice sociale en France. Malheureusement, la plupart des gens qui utilisent cet argument le font à contre-emploi. Car finalement, lutter contre la pollution de l’air, c’est non seulement protéger la santé de tous les automobilistes et de leur famille. C’est aussi défendre leur niveau de vie.

Olivier Blond

 

[1] chiffres ADEME pour un véhicule Euro5 – https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/avis-ademe_emissions_transport_routier_2018-05.pdf

[2] https://www.caradisiac.com/les-constructeurs-depensent-toujours-plus-en-publicite-168529.htm

[3] https://www.la-croix.com/Economie/France/En-30-ans-consommation-moyenne-voitures-peu-baisse-2018-09-19-1200969972

Pollution de l’air : une leçon pour le gouvernement

Faute d’avoir pris les mesures nécessaires pour lutter contre la pollution atmosphérique, la France vient d’être renvoyée devant la Cour de justice de l’Union. Elle risque 11 millions d’euros d’amende et une astreinte journalière de 240.000 euros. Cette décision était attendue et il faut s’en féliciter, car la pollution de l’air tue chaque année 48.000 personnes dans le pays, soit 20 fois plus que les affaires du sang contaminé et du Médiator, ou 300 fois plus que celle de la vache folle. Elle est à l’origine du plus grand scandale sanitaire français ; pourtant, rien, ou presque, n’est fait.

Le plus grand scandale sanitaire français

Ce n’est pas seulement la faute du gouvernement actuel. Depuis vingt ans, les équipes se succèdent et se ressemblent dans leur immobilisme sur le sujet. De leur côté, les premières mises en demeure de l’Union datent de 2009. Mais alors que Nicolas Hulot « sonne le tocsin » pour la biodiversité menacée, on attend toujours un geste similaire pour les 48.000 citoyens que la pollution assassine chaque année. À ce rythme, pourtant, un quinquennat d’inaction fait 250.000 morts : c’est l’équivalent d’une ville comme Bordeaux ou Nantes qui disparaît. Et sur ce point, le silence des ministres de la Santé est tout aussi scandaleux. Car laisser la pollution de l’air au ministère de l’Écologie, c’est comme laisser la cigarette et l’alcool au ministère de l’Agriculture sous prétexte qu’il s’agit de vignes ou de plants de tabac. À l’inverse, les experts de l’Organisation mondiale de la santé ont choisi d’en faire un de leurs principaux combats dans le monde.

L’équivalent dune ville comme Bordeaux ou Nantes qui disparaît

Cette inaction contraste également avec le volontarisme de municipalités comme Paris et Grenoble, ou avec l’éventail des initiatives déployées localement, en France ou à l’étranger. Les solutions existent ; elles sont nombreuses et variées. Manque la volonté politique globale qui pourra les mettre en œuvre et fédérer les différentes initiatives locales pour leur donner l’ampleur nécessaire. Finalement, la pollution est un problème politique. Non pas au sens d’une opposition gauche-droite mais au sens où elle mobilise les moyens de l’État et notre projet en tant que nation.

Il fallait donc réagir. Espérons que la décision européenne encourage Nicolas Hulot et Emmanuel Macron à proposer enfin le grand plan national d’action contre la pollution de l’air dont la France a besoin. Si les alertes des experts et des militants n’y ont pas suffi, la menace d’une condamnation pourrait y contribuer.

Espérons également que la décision européenne incite le gouvernement à changer de paradigme en matière d’écologie. Car son inaction sur le sujet de la pollution de l’air signe une vision périmée, qui s’investit avec raison sur la biodiversité et le changement climatique, mais qui néglige les questions de santé environnementale qui émergent actuellement. Pollution de l’air, perturbateurs endocriniens, pesticides : telles sont les grandes préoccupations d’aujourd’hui. Et on attend toujours des mesures décisives

Olivier Blond

(Texte publié initialement dans le Journal du Dimanche)

Voies sur berge : il faut davantage d’“oasis d’air sain” en Ile-de-France

Le débat sur les berges de Seine a rebondi récemment avec la décision du tribunal administratif [Le tribunal administratif de Paris a annulé la fermeture des voies sur berges le 21 février], et on pourrait croire que tout recommence comme il y a deux ans, lors de la mise en place de la piétonisation. Mais il n’en est rien. Car tout a changé depuis la mise en place de la mesure. Tout, sauf le ton houleux des discussions.

En effet, l’ensemble des partis politiques, y compris la droite, s’est désormais rallié à la lutte contre la pollution de l’air. C’est ainsi une victoire considérable de ces deux dernières années, et des premières mobilisations autour de la piétonisation, que d’avoir participé à ce changement majeur. Plus personne n’ose sérieusement contester ni l’importance des enjeux, ni la nécessité d’agir.

Le contexte international montre qu’il s’agit là d’une évolution profonde : la pollution automobile est désormais un enjeu majeur partout dans le monde, de Leipzig jusqu’à Rome, villes qui pourraient prochainement interdire les véhicules diesel.

En France, le gouvernement fait face à deux injonctions majeures : la première est celle de la Commission européenne, qui menace d’une action contre la France pour non-respect des normes de pollutions (notamment à Paris) et pourrait imposer des millions d’euros d’amende. La seconde provient du Conseil d’Etat, qui a sommé le gouvernement de produire un plan d’action vigoureux au plus tard à la fin de ce mois.

Ralliement décisif

Au niveau régional, les oppositions sont toujours aussi rugueuses, mais la position de Valérie Pécresse a évolué radicalement. Elle critique certes la méthode et le timing de la mesure d’Anne Hidalgo, mais elle soutient désormais qu’il faudrait (certes en 2021) des voies piétonnisées. C’est un ralliement décisif.

Enfin, au niveau local, le soutien à la mesure dans l’opinion s’est accru, malgré les attaques contre le projet. Ainsi, la pétition que l’association Respire fait circuler sur change.org en faveur de la piétonisation a recueilli plus de 38 000 signatures en un peu plus de quinze jours, alors qu’en 2016, il avait fallu trois mois pour en obtenir 20 000. Un sondage récent montre que 55 % des Parisiens soutiennent la mesure. Et 62 % des moins de 35 ans.

Forts de ces succès, nous pouvons désormais aller plus loin et poser autrement le problème. Au début, il s’agissait d’être pour ou contre la pollution de l’air. Aujourd’hui, ce qui divise c’est le moyen d’y parvenir. Et donc l’efficacité de la mesure.

La piétonisation des berges est contestée au regard de l’étude d’Airparif (l’Observatoire de la qualité de l’air en Ile-de-France, autorité à peu près incontestée en la matière). Cette étude a observé une baisse de la pollution sur les quais fermés à la circulation mais une (légère) augmentation alentour. En additionnant le pour et le contre, Airparif établit un bilan à peu près nul. Ce bilan, la région et la mairie l’ont interprété de manière opposée.

La fameuse « évaporation »

Mais les mesures les plus récentes du trafic réalisées par la préfecture montrent une diminution des embouteillages et de la circulation : la fameuse « évaporation » commence à se manifester. Il est probable que le bilan global vienne à s’améliorer dans les mois à venir, et cela d’autant plus que seront mis en place des dispositifs pour fluidifier le trafic.

Mais une fois que ce débat sera, à son tour, tranché par les faits, on pourra discuter d’une autre dimension du problème, peut-être plus importante encore. Car les berges ne représentent que 3,3 kilomètres de voirie (sur plus de 1 000 à Paris) et seulement 0,16 % du kilométrage parcouru en Ile-de-France. Il est ridicule de vouloir lui attribuer, en positif ou en négatif, un impact décisif sur la circulation ou la pollution au niveau de la région ! Au mieux, ou au pire, ce ne peut être que négligeable.

C’est d’autant plus vrai que la pollution de l’air possède une dimension extrêmement locale. Les concentrations de polluants peuvent varier du simple au double à quelques mètres de distance.

La piétonisation s’inscrit dans une logique globale de lutte contre la pollution automobile. Mais l’enjeu de la piétonisation des berges est local. Il est d’offrir aux citoyens un espace de détente et de bien-être pour se balader en famille, à pied ou en vélo, avec les poussettes, et sans respirer de pollution, ou le moins possible. Pour les Parisiens et les Parisiennes, qui vivent dans une ville beaucoup trop polluée, l’enjeu est de disposer d’« oasis d’air sain ».

Stratégie de mitigation

Au Sahara, ou ailleurs, la présence d’oasis ne change rien à la terrible aridité moyenne des lieux. Mais, localement, pour les voyageurs assoiffés qui s’y désaltèrent, ils représentent des haltes précieuses, et parfois vitales.

De la même manière, les oasis d’air pur dans une ville polluée ne changent, malheureusement, pas grand-chose à la concentration globale des polluants. Mais localement, elles permettent de mieux respirer et en attendant des évolutions plus fortes – mais bien plus difficiles à faire accepter – de supporter un peu mieux la pollution.

Organiser la résilience de la ville

Face à la pollution comme au changement climatique, il faut organiser la résilience de la ville. Pour faire un parallèle avec la canicule : il faut lutter contre le réchauffement et diminuer le risque d’événements catastrophiques, mais, face à un épisode de chaleur, il faut organiser des oasis de fraîcheur pour aider les plus fragiles à survivre.

Face à la pollution comme au changement climatique, il faut organiser la résilience de la ville. Et cette résilience est aussi sociale : en tissant du lien, en recréant de la convivialité. Et, sur ce point encore, des oasis comme les berges de Seine contribuent à améliorer la qualité de vie des citoyens.

Pour utiliser un vocabulaire un peu plus technique, dans le cadre de la pollution de l’air comme pour le changement climatique, une stratégie de mitigation, c’est-à-dire la diminution des émissions ne suffit pas. II faut également mettre en place une stratégie d’adaptation ou de résilience.

Si les gens vont courir sur ces berges plutôt que sur les bords de routes embouteillées, si les jeunes vont faire du skate ou boire des verres sur les berges plutôt qu’au fond de bouges enfumés, si les familles peuvent y promener leurs poussettes plutôt que le long du périphérique, ce sera toujours ça de gagné. Pour la santé de tous.

Il faut d’autres oasis. Il faut d’autres voies sur berges en Ile-de-France et dans toutes les zones menacées par la pollution. Il faut le faire intelligemment, en concertation avec toutes et tous. Mais il faut le faire !

Olivier Blond

Signez la pétition : Laissez-nous les berges

 

Article publié initialement dans le journal Le Monde

http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2018/03/20/voies-sur-berge-a-paris-il-faut-davantage-d-oasis-d-air-sain-en-ile-de-france_5273684_3232.html

La livraison collaborative au service de la qualité de l’air

Courseur, la livraison collaborative de courses à domicile entre particuliersChers lecteurs de Respire. Il y a 7 ans, Sébastien Vray a fondé Respire avec plusieurs amis. Depuis, l’ONG devenue spécialiste de la qualité de l’air en France a bien oeuvré à placer ce sujet au coeur du débat. En parallèle, depuis plus d’un an, Sébastien dirige Courseur, une startup de livraison collaborative de courses à domicile qu’il a fondé. L’ objectif est double. Diminuer le nombre de voitures sur la route dans les zones péri-urbaines et rurales tout en se rendant service entre voisins. Car le chiffre est impressionnant. 56 milliards de kilomètres sont parcourus chaque année en automobile pour faire les courses. Une idée simple, mais qui a besoin de soutien. C’est pour ça que nous vous demandons d’aider Sébastien et Courseur en votant  pour cette belle idée d’avenir. Ce projet fait sens dans la lutte contre la pollution de l’air car il a un impact social et environnemental fort. Votons pour lui et disons lui merci pour son engagement depuis ces nombreuses années.

Non au retour des voitures sur les berges !

 

Berges - parc rives de Seine - Paris
Parc Rives de Seine – C Jean-Baptiste Gurliat et Mairie de Paris

Le tribunal administratif vient d’annuler la piétonisation des berges. Mais nous ne voulons pas qu’on nous reprenne cet espace que la mairie de Paris nous a donné ! Respire lance une nouvelle pétition. Signez-là, faites la circuler autour de vous !

 

Nous organisons également, avec un collectif d’associations, un événement convivial samedi 10 mars, sur les berges. Rejoignez-nous !

Les quais de Seine ont été transformés en parc. Avec les beaux jours, les enfants jouent, les amoureux dansent, les badauds flânent aux pieds de Notre-Dame, au cœur de cette ville que nous aimons tant et que le monde nous envie.

Laissez-nous danser !

La métamorphose n’en est encore qu’à son commencement. Il faut planter des fleurs et des arbres ;  il faut semer des projets, des espoirs et des rêves sur ce site magnifique. Et non les écraser sous les roues des voitures.

Les bonnes idées sont les bienvenues d’un coté ou de l’autre du périphérique et d’un bord à l’autre de l’échiquier politique. Mais sans revenir au monde d’hier, à cette vieille idéologie racornie qui défigurait les centres-villes avec des autoroutes et qui voulait recouvrir la nature de béton.

Laissez-nous rêver !

Cette piétonisation fait partie d’une grande transformation de Paris pour la rendre plus conviviale, plus respirable et plus moderne. Pour diminuer la pollution qui tue chaque année des milliers de Franciliens. Il faut persévérer dans cette direction et non réintroduire des véhicules polluants !

Laissez-nous respirer !

On a reproché beaucoup de chose à ce parc. Mais la fermeture récente de quelque 3,3 km de voies n’est pas responsable des embouteillages que la région connait depuis des décennies. Et il n’est pas raisonnable d’accuser la fermeture d’une voie qui accueillait quelques milliers de voitures par jour de bloquer les millions de Franciliens qui prennent leur voiture le matin. Surtout quand l’enjeu est de renforcer les transports en commun et les mobilités douces.

Laissez-nous vivre – Laissez-nous les quais !

Manifestons pour défendre le parc des Rives de Seine

Samedi 10 mars, à 15h, sur les quais.

Infraction sur l’air, que faire ?

La directrive de 2008 sur la qualité de l’air en Europe n’a jamais été respectée, tant sur les particules fines que sur le dioxyde d’azote. Cette infraction règlementaire, parmi tant d’autres dans les champs de l’environnement et de la santé, est régulièrement rappelée par les instances européennes, que ce soit par la voix de la Commission Européenne que par celle de la Cour de Justice de l’Union Européenne. Doit-on croire à une possible exécution de la sentence ? En tout cas, cette injonction peut permettre de valider la politique du ministre de l’environnement Nicolas Hulot, dont on attend beaucoup sur ce sujet.

Péage urbain ou pas de péage urbain. Quelle est la question ?

Dans le cadre de la futur loi sur la mobilité, le Gouvernement vient d’annoncer qu’il souhaite favoriser l’émergence de péages urbains dans les grandes villes de France. Les automobilistes sont contre, normal. Les asphyxiés du quotidien salue la déclaration. Quelle est donc la question au juste ? Savoir si l’on va taxer les automobilistes ou savoir si l’on va protéger la santé de milliers de personnes ? Certains s’offusquent des taxes, pendant que d’autres se soucient de santé publique.

©PHOTOPQR/VOIX DU NORD – autoroute. telepeage.
LE 04 11 2013 Photo Bruno Fava La Voix Du Nord
Cyclistes, protégez-vous

La pollution de l’air tue 10 fois plus que les accidents de la route en France : 48000 personnes par an contre 3700. Dans les grandes villes polluées, c’est pire. A Paris, elle tue 60 fois plus ! Vous faites attention au code de la route ? Faites attention à la pollution ! L’association Respire vous propose quelques explications et quelques conseils.

 

Vous pouvez télécharger notre superbe flyer : TRACT VELO RESPIRE et le diffuser autour de vous !

 

Voies de bus et pistes cyclables

Rouler sur les voies de bus – donc légèrement décalé par rapport au trafic principal, c’est respirer 30 % de pollution en moins. Rouler sur les pistes cyclables, c’est respirer 50 % de pollution en moins ! Vous vous protégez contre les accidents de la route et contre la pollution !

Feux rouges

Aux feu rouge, arrêtez-vous DEVANT les voitures et les motos, pour ne pas respirer les pots d’échappement, plus chargés, quand elles redémarrent.

Itinéraire

Choisissez votre itinéraire aussi en fonction de la pollution. Préférez des axes larges dans lesquels les vents peuvent dissiper la pollution, ceux où existent des voies cyclables séparées, évitez les grands carrefours embouteillés, etc. Plusieurs applications smartphone existent pour vous aider, comme itin’air de AirParif.

Horaires

Choisissez, quand vous le pouvez, vos horaires : la circulation varie grandement au cours de la journée, et ainsi fait la pollution automobile. Roulez aux heures creuses, si vous lepouvez. En milieu rural, surveillez les épandages…

Enfants

Les enfants sont plus petits, leur système respiratoire et immunitaire n’est pas arrivé à maturité, ils respirent davantage… Ils sont plus vulnérables encore que les adultes (asthme, mais aussi des retard développementaux et cognitifs, etc. Donc si vous amenez vos petits à l’école en triporteur, faites doublement attention.

Les masques

Les masques sont peu efficaces : trop fins (masques de chirurgie), ils ne servent à rien. Trop gros, ils gênent votre respiration et l’air aura tendance à rentrer par les fuites : le masque ne servira à rien. Pire, comme vous serez en hyperventilation, vos poumons seront encore plus sensibles à la pollution… Une petite remarque, si vous optez pour un vélo à assistance électrique, et donc que vous ne risquez pas l’essoufflement, le masque est plus intéressant…

 

Téléchargez notre superbe flyer : TRACT VELO RESPIRE et diffusez le autour de vous )

  • Carte pic ozone France

Et voilà, il revient. L’ozone. Il fait les gros titres car il est partout. Faîtes attention à ce polluant qui s’avère très nocif pour la santé et regardez les indices de qualité de l’air sur l’AASQA de votre région. Mais au fait c’est quoi l’ozone ?

Carte pic ozone France

Première plainte d’une victime de la pollution de l’air – CP

Demander réparation du préjudice que l’on subit, en tant que personne, à cause de la pollution de l’air, c’est possible et c’est ce que demandent plusieurs citoyens – dont Clotilde Nonnez. C’est une action remarquable en France, qui opère un tournant historique dans la reconnaissance de toutes ces personnes, victimes de la polluiton de l’air. Plusieurs dizaines de dossiers sont en cours de dépôt.

Les explications de Maître Lafforgue sur le fondement de cette action judiciaire.

Les associations Respire, Rassemblement pour la Planète, Ecologie sans Frontière et Générations Futures ont tenu une conférence de presse le mercredi 7 juin à 16 h 30 au Solar Hôtel, 22 rue Boulard 75014 Paris (métro Denfert-Rochereau), à l’occasion du recours en indemnisation contre l’Etat, pour carence fautive, formé par Madame Clotilde NONNEZ, victime de la pollution de l’air, devant le Tribunal Administratif de Paris.

 

Contacts presse :

Olivier BLOND – Président de Respire – 06 37 73 24 39

Franck LAVAL – Président délégué d’Ecologie sans Frontière – 06 20 55 80 60

Nadir SAIFI – Vice-Président d’Ecologie sans Frontière – 06 19 33 16 56

Des poussettes contre la pollution de l’air

Plus encore que nous-mêmes, nos enfants sont vulnérables à la pollution.

Leur système respiratoire et immunitaire est immature, ils respirent plus vite, ils sont plus petits – plus proches des pots d’échappements.

Asthmes, pneumopathies, retards cognitifs, les conséquences sanitaires sont nombreuses et les organisations internationales comme l’OMS ou l’UNICEF sonnent l’alarme.

Protégeons nos enfants

Respire invite les parents et les citoyens concernés par la qualité de l’air à venir avec leur poussette dimanche 14 mai pour un rassemblement convivial sur les Champs-Elysées, qui seront piétonisés. L’Etat et les collectivités doivent protéger nos enfants de la pollution !

Dimanche 14 mai à 15H sur les Champs-Elysées.

Venez dire que vous ne voulez pas d’un environnement qui nuise à la santé de vos enfants. Venez en famille – des animations seront prévues pour les enfants. Venez comme vous êtes, avec poussette ou sans.

 

Le dieselgate fera plus de 1200 décès prématurés en Europe

Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et de 2 autres institutions scientifiques ont étudié les conséquences des émissions dues aux moteurs truqués de Volkswagen. Leur conclusion : ces émissions vont tuer 1200 personnes en Europe.

 

En septembre 2015 le groupe Volkswagen, premier fabricant automobile mondial, a admis avoir installé des ‘logiciels trompeurs’ sur 11 millions de voitures vendues à travers le monde entre 2008 et 2015.

Les logiciels étaient conçus pour détecter et s’adapter aux tests des voitures en laboratoire, permettant de faire croire qu’elles satisfaisaient les standards environnementaux alors qu’en fait elles émettaient des polluants appelés oxydes d’azote, ou NOx, à des niveaux en moyenne 4 fois supérieurs au plafond autorisé.

Alors que Volkswagen a lancé des rappels des voitures concernées aux Etats-Unis et en Europe, les chercheurs du MIT, de Harvard University et de l’Université de Hasselt (Belgique) ont analysé l’impact sur la santé des 2.6 millions de voitures vendues en Allemagne sous les marques VW, Audi, Skoda et Seat, en croisant leurs calculs avec des informations médicales et démographiques des Nations Unies.

Dans un rapport publié le 3 mars dans le journal Environmental Research Letters, l’équipe rend ses conclusions : 1200 personnes vont mourir prématurément en Europe, chacune perdant l’équivalent d’une décennie de sa vie, conséquemment aux excès d’émissions polluantes dues aux voitures concernées vendues en Allemagne entre 2008 et 2015. Les frais de santé occasionnés sont évalués à 1,9 milliards d’euros.

Sur ces 1200 morts prématurées, 500 auront lieu en Allemagne, 160 en Pologne, 84 en France, 72 en République Tchèque, et le reste réparti sur les autres pays européens.

« La pollution de l’air est largement transfrontalière. » explique un des signataires, Steven Barrett, un professeur associé d’aéronautique et astronautique au MIT. « Ainsi une voiture vendue en Allemagne peut facilement causer des dommages importants également dans les pays voisins, particulièrement dans les zones à forte densité de population comme l’est le continent européen. »

 Eric

Manifestation contre la pollution

Ce samedi, alors que la pollution dépasse à nouveau les seuils d’information, nous vous invitons à une manifestation contre la pollution.

Le lieu du rdv  est à 14h30 place du Châtelet à Paris.

Nous organiserons à cette occasion une distribution humoristique de bouteilles d’air plus ou moins pollué.

Venez nombreux !

Pour en savoir plus, regardez sur la page facebook de l’évenement

Les chiffres effarants de la centrale au fioul de Porcheville

Porcheville
Centrale de Porcheville – DR

En plein pic de pollution, alors qu’on met en place la circulation alternée, personne ne bronche sur la pollution industrielle. Il y a pourtant du souci à se faire. Il n’y a pas que les citoyens qui doivent faire des efforts. Les collectivités et les industriels aussi !

En région parisienne, le plus gros émetteur industriel de particules fines PM10, polluant majeur responsable du pic actuel de pollution, est la centrale électrique de Porcheville, dans les Yvelines. Cette centrale au fioul – très polluant ! – émettait, en 2010, 80 000 kilos de particules fines PM10, selon les inventaires officiels (Registre français des émissions polluantes). Il n’y a aucun chiffre récent, mais la centrale fonctionne actuellement, d’autant plus avec l’arrêt provisoire de plusieurs centrales nucléaires. Combien émet-elle aujourd’hui ? C’est un secret ? Ou bien on peut savoir ?

En tout cas, un petit calcul s’impose : 80 000 kilos par an, ça fait 200 kilos par jour.

A titre de comparaison, une voiture récente classique de type euro5 émet au maximum 5 mg/ kilomètre.

200 kilos, ca fait 40 millions de kilomètres, ou encore 7 millions de trajets moyens (6,1 km en moyenne). C’est-à-dire près de la moitié des trajets en Ile-de-France !

Et on laisse faire ? Le pic dure depuis des jours, les gens commencent à aller aux urgence, et de toute façon, on sait que la pollution de l’air tue.  Et on laisse Porcheville nous polluer ?

Il faut vérifier les chiffre –  faites nous signe si vous avez des infos.