Revue de web Respire #18 – WTF – 3 février 2012

INTRODUCTION

Les particules fines feront parler d’elles cette année

La mesure est passée inaperçue. Elle risque pourtant de faire parler d’elle à plusieurs reprises cette année. Depuis le 1er janvier, les seuils d’information et d’alerte aux pics de pollution par les particules fines ont été abaissés, comme le préconisait l’organisation mondiale de la santé (OMS). Ces poussières invisibles peuvent en effet s’avérer particulièrement nocives lorsqu’elles s’accumulent dans l’air.

20minutes

PETIT RAPPEL HISTORIQUE

La protection de l’environnement

L’idée moderne de protection de l’environnement est née probablement dans les années 1960-1970 devant le spectacle des grandes villes aux murs noirs, empestées par les fumées d’usine et le charbon.

Savoir

DE LA POLITIQUE EN VILLE ET DES POINTS DE VUE MANIFESTES

L’étrange guerre de la mairie de Paris contre les voitures

Le premier ministre, François Fillon, a fort heureusement suspendu les études et travaux relatifs à la transformation d’une partie de la voie sur berge de la rive gauche de Paris. Comme on le sait, la municipalité souhaite supprimer la circulation automobile sur une portion de cette voie et installer un « espace ludique » composé d’un escalier monumental, d’îles flottantes et de diverses installations destinées aux piétons.

Atlantico

Le bonus écologique occasionnerait davantage de pollution à court terme

Le bonus/malus écologique a été instauré en janvier 2008, dans le but de réduire sensiblement les rejets de CO2 dans l’air. Or, si la moyenne d’émission de CO2 par véhicule neuf vendu n’a cessé de baisser, l’augmentation du parc automobile continue de faire croître les émissions globales, selon une étude de l’Insee publiée mercredi 25 janvier.

Droits-finances

AIR INTERIEUR

L’air du métro est pollué

Et c’est là le paradoxe du métro toulousain. Si son fonctionnement n’engendre pas la formation de polluants gazeux, « l’environnement extérieur comme la circulation routière ou le chauffage des particuliers, oui.

Ladépêche

Campagne d’information, pollution de l’air : Un nouvel étiquetage contre la pollution de l’air intérieur

Afin d’informer sur ces marchandises pouvant s’avérer dangereuses, le ministère du Développement durable a lancé une campagne d’information auprès des professionnels de la distribution, mais aussi auprès de la clientèle, via un projet qui avait été mis en pratique dès octobre 2011 : « Respirez mieux, l’étiquette vous guide ».

partenaire-européen

Qualité de l’air : « n’oublions pas que le radon provoque 2000 cancers du poumon chaque année »

Spécialiste de l’ingénierie des stratégies de santé dans les bâtiments, Suzanne Deoux décrypte le nouveau cadre réglementaire sur la qualité de l’air, et pointe le manque de précaution pris vis-à-vis du radon.

Lemoniteur

L’air intérieur de notre voiture est-il pollué?

Airparif, l’association de surveillance de la qualité de l’air en Ile-de-France, vient de lancer « En Voiture » un outil de calcul pour évaluer la qualité de l’air que nous respirons dans notre véhicule. Car non! notre voiture n’est pas un cocoon protégé des pollutions liées au trafic routier.

France3

Nouvelles normes concernant la ventilation dans les ERP

Ainsi, selon un échéancier fixé par décret le 2 décembre 2011, le contrôle de la qualité de l’air devra être réalisé

eti-construction

La pollution de l’air nous brise le coeur

Avec beaucoup de retard, nous revenons sur la campagne de la Fédération Française de Cardiologie. Lancée le 6 octobre dernier par l’agence Limite, je me souviens seulement maintenant de l’affiche dans le métro. Les problèmes liés au cœur provoquent environ 400 morts par jour peut-on lire. Tabac, hypertension artérielle, diabète, cholestérol … Et la pollution de l’air ? A Respire, il nous semble bien que nous avons lu et abordé le fait qu’il y a un lien entre la pollution atmosphérique et les maladies cardiaques.

La campagne de la Fédération Française de Cardiologie

Le 6 octobre 2011 dernier a été donné le coup d’envoi au ministère de la Santé de la troisième édition du Donocœur, campagne d’information et de soutien à la recherche en cardiologie. Initiée en 2009 par la Fédération Française de Cardiologie, la démarche vers un Plan Cœur amène à l’organisation des États Généraux pour une stratégie nationale de prévention, de recherche, de prise en charge et d’accompagnement des personnes touchées ou menacées par une maladie cardiovasculaire.

Les maladies cardio-vasculaires sont les maladies qui concernent le cœur et la circulation sanguine. Dans les pays occidentaux, l’expression la plus courante est la maladie coronaire, responsable de l’angine de la poitrine ou encore des infarctus.

Ces maladies touchent davantage certaines catégories de population (ouvriers, personnes exposées à certaines pollutions, victimes d’obésité, etc) et leur prévalence régionale est marquée (par exemple en France, à la fin du XXe siècle dans le Nord-Pas-de-Calais et en Alsace, deux régions nettement plus touchées que les autres régions et la moyenne nationale, comme pour plusieurs types de cancers). Elles comptent souvent parmi les facteurs qui diminuent le plus l’espérance de vie d’une population.

Qualité de l’air et ses effets sur la santé

La piètre qualité de l’air a également des effets d’une très grande portée sur la santé humaine. Elle affecte surtout l’appareil respiratoire et l’appareil cardio-vasculaire. Les raisons invoquées sont essentiellement sourcées dans les comportements individuels (tabac, hypertension artérielle, diabète, cholestérol, etc.). L’objet de cet article n’est pas de hiérarchiser les origines, mais il est certain que les comportements excessifs ont une incidence importante et directe. Pourtant, si l’on peut réduire, voir éviter le fatalisme de ces maladies, il y a un paramètre plus global qui entre en considération dans l’accentuation de ce phénomène : la pollution de l’air.

Un grand nombre d’études établissent un lien de causalité entre une mauvaise qualité de l’air et les maladies cardio-vasculaires. Les réactions individuelles aux polluants atmosphériques varient selon le type d’agent auquel les personnes sont exposées, le degré d’exposition, ainsi que l’état de santé et le patrimoine génétique de la personne. Pourquoi alors ne pas le mentionner dans cette campagne ?

Pourquoi, justement, ne pas commencer à introduire l’idée qu’au delà des comportements individuels, au delà du patrimoine génétique de chacun rendant les individus plus ou moins sensibles, il y a une raison plus large, celle de la pollution de l’air ? Un facteur environnemental de grande ampleur qui devrait établir un lien entre le comportement de TOUS et les victimes de maladies cardio-vasculaires.

L’appareil cardio-vasculaire humain et la pollution de l’air

Cet appareil compte deux principaux éléments : le cœur et un réseau de vaisseaux sanguins. Il véhicule les nutriments, les gaz respiratoires, les hormones et les métabolites vers les tissus et les cellules de l’organisme et élimine les déchets du métabolisme cellulaire, de même que les corps étrangers. Il a également pour fonction d’assurer l’homéostasie interne optimale du corps et la régulation critique de la température et de l’acidité de l’organisme.

Le cœur est fragilisé par la pollution urbaine. Tant d’études, sur des effets généraux et des effets spécifiques de certains polluants ont permis de mettre en évidence des liens de causes à effet entre cette pollution urbaine si courante et des problèmes cardio-vasculaires.

Les polluants atmosphériques inhalés sont absorbés par le sang et transportés jusqu’au cœur.

Un vaste éventail de substances chimiques et biologiques peuvent affecter directement l’appareil cardio-vasculaire et entraîner des changements structuraux, tels qu’une nécrose dégénérative et des réactions inflammatoires. Certains polluants peuvent aussi affecter la rythmicité et la contractilité du coeur. Si ces altérations fonctionnelles sont suffisamment graves, elles peuvent entraîner des arythmies mortelle sans qu’il n’y ait de signes évidents de lésions structurales du myocarde.

La pollution de l’air fait mal au cœur

S’énerver au volant dans les embouteillages peut s’avérer mauvais pour le cœur, mais respirer les gaz d’échappement serait encore pire, selon une étude parue ce mardi dans le British Medical Journal.

Des chercheurs du CNRS ont publié une étude dans la revue « American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine » qui fait le lien entre pollution urbaine, accidents cardiovasculaires et risque de mortalité cardiaque.

« Les études épidémiologiques relient la pollution atmosphérique au monoxyde de carbone de type urbain à des accidents cardiovasculaires et à un risque accru de mortalité cardiaque, notamment chez des patients fragilisés par une pathologie sous-jacente »

expliquent les chercheurs. Les scientifiques ont observé une modification de la morphologie et de la fonction du cœur chez les rats qui ont respiré l’air pollué : les rongeurs présentent des insuffisances cardiaques, un état de stress, un trouble du rythme et de la contractilité des cellules cardiaques… Leur ventricule gauche est devenu plus gros avec des signes de stress. (Lire l’article de Verdura)

Respirer seulement quelques heures l’air pollué qui sort du moteur des voitures et des usines est une cause de l’augmentation des risques d’infarctus, d’AVC, d’arythmie. Cela exacerbe aussi le problème de l’insuffisance cardiaque. Une vaste étude sur la pollution atmosphérique et les maladies cardiovasculaires, publiée par l’American Heart Association (AHA) dans la revue Circulation le révèle.

« Bien sûr, les facteurs de risque classiques de maladies cardiovasculaires, comme le tabagisme, l’obésité, le diabète ou l’hypertension, demeurent prédominants », dit le Dr François Reeves, cardiologue au CHUM et à la Cité de la santé de Laval. « Mais le rôle de la pollution atmosphérique, longtemps laissé pour compte, doit aussi être considéré. Ce n’est plus une surprise pour les médecins. Les salles d’urgence se remplissent en période de smog.»

 

 

Site Santé Canada sur « La qualité de l’air et ses effets sur la santé »

Pollution de l’air et maladies cardio-vasculaires: l’American Heart Association sonne de nouveau l’alarme. Passeport Sante.

La pollution de l’air fait mal au cœur. Futura Science

Revue de web Respire #14 – 8 décembre 2011

FRANCE

Ile-de-France: la qualité de l’air au tribunal

Le tribunal administratif de Paris a rejeté, le 1er décembre, la requête de l’association des Amis de la terre, visant à faire sanctionner l’Etat pour qu’il améliore la qualité de l’air en Ile-de-France.

journaldelenvironnement

Qualité de l’air intérieur : bientôt une nouvelle obligation pour certains établissements

Les établissements de santé publics, privés et privés d’intérêt collectif seront bientôt concernés par une nouvelle obligation portant sur la qualité de l’air intérieur. Celle-ci sera applicable au plus tard le 1er janvier 2023.

weka

La surveillance de la qualité de l’air dans les crèches

Un récent décret définit les conditions de surveillance de la qualité de l’air intérieur dans les établissements recevant du public. Les premiers concernés sont les établissements d’accueil collectif de jeunes enfants.

weka et lemoniteur

Qualité de l’air : 33 plans de protection de l’atmosphère à boucler pour juillet 2012

Le plan particules, qui a été lancé par le ministère de l’Ecologie pour lutter contre les pollutions atmosphériques, passe par l’élaboration de 33 plans de protections de l’atmosphère. Bilan à mi parcours de cette action initiée il y a plus d’un an et qui implique une déclinaison au niveau territorial.

lagazettedescommunes

Les nouvelles mesures du  » Plan particules  » pour diminuer la pollution de l’air

Les alertes aux particules fines très toxiques pour la santé et l’environnement se sont multipliées cette année. Sous la pression de la Commission Européenne qui a ouvert un contentieux et saisi la Cour de Justice européenne, le ministère de l’Ecologie vient de présenter un ensemble de nouvelles mesures destinées à réduire cette pollution atmosphérique de 30% d’ici 2015.

bioaddict

LOCAL

La qualité de l’air vaut bien quelques mesures

Six ans après sa première venue, l’association Airaq, spécialisée dans la surveillance de la qualité de l’air en Aquitaine effectue une seconde campagne d’étude de six semaines, soit jusqu’au 3 janvier.

sudouest

Un état des lieux sur la qualité de l’air

Jusqu’au 3 janvier prochain, l’association Airaq va mesurer la qualité de l’air à Orthez grâce à sa station mobile installée sur le parking du mur à gauche. Un « laboratoire » qui jugera 24h sur 24 de la pollution de l’air dans cette zone non couverte par les stations du réseau aquitain, comme il en existe déjà à Pau ou sur le bassin de Lacq. Il s’agit ici d’effectuer des mesures de fond pour relever ce à quoi la population est exposée au quotidien.

larepubliquedespyrenees

Alpes: la pollution aux particules perdure

Les vallées alpines sont frappées depuis plusieurs semaines par un épisode de pollution aux particules d’une durée exceptionnelle, qui a entraîné le dépassement des seuils réglementaires européens, ont indiqué aujourd’hui des associations agréées de surveillance de la qualité de l’air. « Cet épisode de pollution a un caractère particulièrement exceptionnel par sa durée », a souligné Marie-Pierre Vagnont, de l’association pour le contrôle et la préservation de l’air en région grenobloise (Ascoparg).

lefigaro

CHINE

Des vols annulés en raison d’une pollution de l’air à Pékin

L’ambassade des Etats-Unis à Pékin a qualifié de «dangereux» le niveau de pollution atmosphérique dans la capitale chinoise. Ceci a entraîné l’annulation de centaines de vols et la fermeture des principaux axes routiers.

lematin et daily-bourse et liberation et maxisciences

L’opinion publique approuve le plan pour la qualité de l’air du ministère

Les réactions aux plans visant à améliorer la qualité de l’air en Chine montrent un clair désir du public que les autorités soient plus strictes, et un grand nombre demande des contrôles de la pollution incluant les particules PM2,5, ont affirmé plusieurs fonctionnaires mercredi.

Le ministère de la Protection environnementale a commencé à solliciter les commentaires des citoyens le 16 novembre, et 21 jours plus tard, il avait déjà reçu plus de 1 500 lettres, e-mails et fax.

french.china

CANADA

Système antipollution des voitures: l’inspection obligatoire s’en vient

ministre de l’Environnement, Pierre Arcand, présentera ce matin un projet de loi intitulé Loi concernant l’inspection environnementale des véhicules automobiles. Le programme touchera plusieurs dizaines de milliers de voitures, de motos et de 4 X 4 dès l’instant où il sera lancé.

cyberpresse

GENETIQUE

La pollution entraînerait des transformations génétiques chez l’homme : l’exemple d’Ostrava

Une recherche récente, menée par une équipe de chercheurs tchèques, a démontré que la population de la ville tchèque d’Ostrava (Moravie-Silésie) s’est génétiquement adaptée au niveau élevé de la pollution de l’air. Les conclusions de cette recherche ont démontré que la dite population se montre plus résistante à la pollution qu’une population vivant dans un environnement plus sain. Le corps humain aurait donc la capacité de s’adapter à, et de se protéger contre, la pollution dans un laps de temps très court.

bulletins

UE

La CCE examine la pollution atmosphérique provenant de 3 000 centrales aux combustibles fossiles

Les 3 000 centrales alimentées aux combustibles fossiles d’Amérique du Nord produisent les deux tiers de l’électricité de la région et sont responsables de la majorité de certains polluants atmosphériques nocifs; de plus, elles émettent plus de gaz à effet de serre que tout autre secteur industriel.

CEC

Le prix (d’une partie) de la pollution de l’air en Europe : 169 milliards d’euros

Voilà qui tombe à propos. L’Agence Européenne pour l’Environnement (AEE) révèle que la pollution atmosphérique a coûté quelques 169 milliards d’euros aux citoyens européens en 2009. Ce chiffre n’incluant « que » les coûts relatifs aux émissions de polluants déclarées par quelque 10 000 établissements de production.

Une estimation qui tombe à propos

À propos, parce que depuis plus de 10 jours maintenant, la région lyonnaise vit dans les particules fines. Dépassements constatés à Paris, en Haute Normandie, en Rhône-Alpes. Le gratin du jour ? La Pologne se trouve également, comme la France, devant la justice pour non respect des seuils de pollution au particules fines.

Les émissions des centrales électriques représentent la plus grande part des coûts, près de la moitié. Les autres sources de coûts proviennent des processus de production et la combustion intervenant pendant les phases de fabrication. Les trois quarts des coûts totaux résultent des émissions de 622 établissements industriels seulement, soit 6 % du nombre total.

Les émissions de dioxyde de carbone (CO2) représentent la majeure partie de l’ensemble des coûts, à savoir environ 63 milliards d’euros en 2009. Les polluants atmosphériques qui contribuent aux pluies acides et susceptibles de provoquer des problèmes respiratoires, par exemple le dioxyde de soufre (SO2), l’ammoniac (NH3), les particules (PM10) et les oxydes d’azote (NOx), sont responsables de dommages à hauteur de 38 à 105 milliards d’euros par an.

Un coût sans le transport

L’analyse de l’AEE ne tient pas compte des transports, du secteur des ménages et de la plupart des activités agricoles. C’est à dire que la fourchette haute de l’estimation de l’impact économique de la pollution de l’air en Europe est loin de représenter ce que coûte in fine la pollution atmosphérique. Plus de 200 milliards d’euros ? 300 milliards d’euros ? J’en ai la tête qui tourne … comme en période de pic de pollution !

CO2, PM 10, O3, NOx, tous polluants ?

L’association RESPIRE remercie l’Agence Européenne pour l’Environnement d’inclure le dioxyde de carbone (CO2) comme faisant partie de la pollution de l’air. Qu’une institution comme celle-ci le reconnaisse va probablement faire avancer le débat sur la reconnaissance de cette molécule dans cette famille. Il n’y a aucune raison de l’en exclure dans la mesure où la définition qui est faite d’une pollution n’est pas liée à la nature de l’émission, mais bien à sa quantité et aux incidences que cet excès génèrent sur la santé et l’environnement. Simple à comprendre non ?

L’AEE ne fait que confirmer ce que la loi, à travers l’article L220-2 du Code de l’Environnement détaillait déjà : « Constitue une pollution atmosphérique au sens du présent titre l’introduction par l’homme, directement ou indirectement ou la présence, dans l’atmosphère et les espaces clos, d’agents chimiques, biologiques ou physiques ayant des conséquences préjudiciables de nature à mettre en danger la santé humaine, à nuire aux ressources biologiques et aux écosystèmes, à influer sur les changements climatiques, à détériorer les biens matériels, à provoquer des nuisances olfactives excessives. » (Voir notre article sur le CO2 et la pollution de l’air)

 

La qualité de l’air européen passée au crible

Un rapport de l’Agence Européenne de l’Environnement (AEE) publié début novembre confirme que l’état de l’air en Europe ne s’améliore pas : les niveaux de particules fines et d’ozone dans l’air – deux polluants présentant des risques sanitaires – ne diminuent pas.

Le rapport de l’AEE passe en revue et analyse la qualité de l’air dans 38 pays européens. Les données analysées couvrent la période 1990-2009.Le rapport fait un état des lieux de l’air en Europe aujourd’hui et la manière dont la qualité de l’air a évolué depuis 20 ans. L’agence européenne analyse aussi l’atteinte ou non des objectifs fixés par l’Union Européenne et par l’Organisation Mondiale de la Santé. Enfin le rapport liste les impacts des grandes familles de polluants sur la santé, l’environnement et le climat.

L’agence européenne a mesuré que les émissions de dioxyde de souffre et de plombs ont nettement diminué sur la période étudiée. Par contre pour des raisons complexes les niveaux de particules fines et d’ozone dans l’air n’ont pas diminué. L’agence européenne précise que le lien entre l’émission de ces polluants et leur niveau mesuré dans l’air est difficile à établir. Ce pourquoi il est complexe d’agir sur les sources pour garantir des résultats efficaces.

Les particules fines et l’ozone sont deux polluants atmosphériques présentant des risques sanitaires importants. Ceci avait déjà été établi dans l’étude APHEKOM menée par l’INVS. Les particules fines et l’ozone ont des impacts importants sur les écosystèmes et sur la santé humaine. Les particules fines émises en grande partie par les véhicules diesel sont responsables entre autres de nombreux décès (maladies cardio vasculaires) et aggravent les risques d’asthmes pour les personnes habitant à proximité de routes avec un trafic important.

De nombreux pays européens ne respectent pas les seuils limite d’exposition aux particules fines et à l’ozone. Ces seuils préconisés par l’OMS permettent de garantir un air de qualité aux individus. L’étude chiffre à 80-90% le pourcentage de la population urbaine européenne exposé à un air ne respectant les seuils fixé par l’OMS pour les particules fines et à 95% pour l’ozone. Une grande majorité des européens sont exposés à longueur de journée à des niveaux de pollutions importants.

En 2005 l’Union Européenne avait lancé un programme d’action visant à atteindre en 2020 un niveau de qualité de l’air équivalent à l’année 2000. Si cet objectif était atteint il y aurait une diminution de 47% de la réduction de l’espérance de vie due à une exposition importante aux particules fines et une réduction de 10% de la mortalité due à une exposition importante à l’ozone. On voit bien donc l’atteinte des objectifs relève d’un enjeux sanitaire primordial et que l’amélioration de la qualité de l’air (en suivant les objectifs de l’OMS) aurait un impact conséquent sur l’amélioration de la qualité de vie.

Et pourtant …

Le secteur des transports n’engage pas les changements souhaités pour réduire massivement les émission de polluants atmosphériques.

Pour la quasi-totalité des polluants générés par les transports, le niveau des émissions a diminué en 2009 en raison d’une chute de la demande de transport. Cependant, cette baisse est due à la récession économique. Il faut donc maintenant que le système des transports en Europe opère une transition bien plus marquée pour éviter les augmentations d’émissions, y compris en période de forte croissance économique. Professeur Jacqueline McGlade, directrice exécutive de l’AEE.

Selon le dernier rapport annuel sur les émissions dues aux transports publié par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), l’amélioration de l’efficacité énergétique des véhicules a été annihilé par l’augmentation de la demande de transport et par l’augmentation du parc de véhicules.

La dangerosité de la pollution atmosphérique est connue et avérée, l’amélioration de la qualité de l’air est possible : et pourtant le prix du diesel est toujours incitatif par rapport à l’essence, on continue à vendre des voitures et à se reposer sur le modèle de développement « tout voiture », d’autres solutions de transports ne sont pas généralisées et l’amélioration technologique se fait à la marge.

 

Rapport Qualité de l’Air – Agence Européenne de l’Environnement

Revue de web Respire #9 – 18 octobre 2011

FRANCE

Naissances prématurées : la pollution de l’air pointée du doigt

Une étude américaine publiée dans la revue Environnemental Health révèle que la pollution de l’air des grandes villes augmenterait considérablement les risques d’accouchements prématurés. Les maternités des grandes agglomérations enregistreraient des taux de naissances prématurées 30% supérieurs à la moyenne.

enviro2b et Francesoir

Actions de réduction des émissions des composés organiques volatils

La France s’est engagée sur le plan international, dans le cadre du protocole de GÖTEBORG, à réduire ses émissions de COV d’environ 40 % entre 1999 et 2010. Ces engagements ont été repris par la directive du 23 octobre 2001 fixant des plafonds nationaux d’émissions pour certains polluants atmosphériques qui impose une limite aux émissions de COV à respecter en 2010 (1 050 kt).

actualites-news-environnement

Auch. L’IUT prépare aux métiers liés à la santé au travail

La 3e promotion de la licence professionnelle « Métiers de la santé au travail » a fait sa rentrée. Elle intègre notion le volet santé et le volet technique (bruit, qualité de l’air…).

ladepeche

Ballon d’air pour des journalistes de la presse étrangère à Paris

C’est le plus grand ballon du monde: 32 m de haut, 22 m de diamètre, 5500 m3 d’hélium. Installé depuis 1999 dans le parc André Citroën (XVème arrondissement), le Ballon Air de Paris a déjà initié plusieurs personnes aux joies du vol en aérostat. Dès le printemps 2008 et pour la première fois au monde, le ballon prend une nouvelle dimension citoyenne en devenant un indicateur de la qualité de l’air. Il s’élève jusqu’à 150m d’altitude au-dessus de Paris.

lepost

ITALIE

Circulation interdite à Milan en raison de la pollution atmosphérique

La circulation automobile a été interdite totalement dimanche à Milan, de 08H00 à 18H00 locales, en raison de la forte pollution atmosphérique dans l’air qui perdure depuis deux semaines, a-t-on appris auprès de sa municipalité.

rtl

CHINE

La brume enveloppe Beijing, déclenchant une pollution atmosphérique

Beijing a connu une période de très forte brume. La pollution a affecté tous les arrondissements. Selon les 3 stations de surveillance de Yizhuang, Tongzhou et Pinggu, la pollution locale a même atteint le niveau moyen. Selon un rapport quotidien du ministère de protection de l’environnement sur la qualité de l’air dans les grandes villes, l’indice de pollution de l’air de Beijing était le plus élevé hier.

peopledaily

EUROPE

Le pétrole extrait des sables bitumineux pourrait être banni en Europe

En Alberta, au Canada, principal producteur de ce pétrole avec le Venezuela, un publié mardi estime que la pollution atmosphérique issue des sables bitumineux a plus que doublé au cours de la dernière décennie, conduisant à de fréquentes pluies acides qui menacent les lacs et les forêts alentour.

Dans sa proposition de directive, la commissaire en charge du climat, Connie Hedegaard, a alors décidé de fixer des normes environnementales et de qualité minimales pour ces carburants, bannissant de facto les plus polluants d’entre eux.

nouvelobs

INTERNATIONAL

Alstom installera des équipements destinés à réduire les émissions de centrales électriques aux Etats-Unis, en Arabie Saoudite et à Taïwan

Alstom (Paris:ALO), leader mondial des systèmes de contrôle de la qualité de l’air, a signé des contrats d’une valeur globale de plus de 240 millions d’euros. Les réglementations environnementales de plus en plus strictes en vigueur dans le monde entier entraînent la croissance du marché des systèmes de contrôle de la qualité de l’air.

LCI

Le fœtus respire

Des recherches avaient déjà mis à jour le fait que la pollution de l’air pouvait altérer l’activité des cellules, ou réduire la quantité d’oxygène et de nutriments qu’un bébé reçoit lorsqu’il est dans le ventre de sa mère. Une surexposition à la pollution atmosphérique est la cause d’un ralentissement de développement du fœtus. Des chercheurs américains ont découverts récemment que la pollution de l’air et les accouchements prématurés étaient étroitement liés.

Une étude scientifique publiée en 2009 mettait en avant le risque de développement anormal du fœtus du à une exposition trop importante à la pollution de l’air. Le Journal of Epidemiology and Community Health a publié les résultats de recherche d’un groupe de scientifique américains ayant menés leurs analyses dans le New Jersey entre 1999 et 2003. Les scientifiques ont compilés les données de naissance de plus de 300 000 enfants nés au cours de cette période. Les informations compilées étaient liées à l’origine ethnique de la mère, son niveau d’éducation, le statut marital, la consommation de tabac pendant la grossesse, le début des soins prénataux, ainsi que le lieu de résidence au moment de la naissance. Les chercheurs ont aussi renseignés les taux quotidiens de pollution de l’air provenant de stations de surveillance situées dans l’ensemble du New Jersey. Ces données ont été fournies par l’Agence de Protection de l’Environnement des Etats-Unis (EPA).

Les deux groupes de données ont été croisées pour analyser l’impact des polluants atmosphériques sur l’évolution et la croissance du fœtus. Les taux de pollution de l’air ambiant semblaient liés au ralentissement de la croissance du fœtus. Le risque d’accoucher d’un bébé de taille et de poids inférieurs à la normale augmentait ainsi significativement avec chaque augmentation d’exposition aux particules fines de 4ug/m² au cours des premier et troisième trimestres de la grossesse. L’exposition aux particules fines à la fin de la grossesse a également été associée à un risque deux à cinq fois plus important de ralentissement de la croissance du fœtus parmi les mères ayant connu des complications pendant l’accouchement ou la grossesse, par rapport aux mères qui n’avaient pas connu ce genre de problèmes.

De plus une étude publiée dans la revue Environmental Health dévoile que la pollution atmosphérique favoriserait les accouchements prématurés. De nombreuses recherches ont fait le lien entre polluants atmosphérique et difficultés pendant la période de grossesse, mais peu de données existent quant à l’effet attribué à un polluant sur une femme enceinte et son enfant.

Les chercheurs ont donc examinés le risque de naissance prématuré à Los Angeles pour des femmes enceintes exposées à un niveau élevé d’émissions polluantes du au trafic. Le risque de prématurité serait accru de 10 à 30 % avec la pollution. L’étude a été menée sur 100.000 naissances entre 2004 et 2005 dans un rayon de 8 km autour d’une station d’analyse de la qualité de l’air. Il en ressort que le trafic automobile, et donc l’exposition aux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), accroît le risque de prématurité de 30 %.

L’étude publié dans Environmental Health : Traffic-related air toxics and preterm birth: a population-based case-control study in Los Angeles County, California

Changement climatique, pollution de l’air et incidence sur la santé

L’association RESPIRE, qui lutte contre la pollution de l’air, la pollution atmosphérique et ses incidences sur la santé souhaitait depuis quelques temps faire un point sur le rapprochement entre le dérèglement climatique et ses incidences sur la santé. Comment ? En établissant un lien entre l’augmentation des températures et l’augmentation mécaniques des épisodes de pollutions à l’ozone. Le projet européen TRAP se penche actuellement sur la question.

Dérèglement climatique, pollution de l’air et ozone

Pour ainsi dire, l’un ne va pas sans l’autre. En tout, cas, l’un aggrave l’autre. L’augmentation des températures favorise l’apparition des pics d’ozone, ces fameuses périodes d’irritation générale que l’on apprécie tous tant pendant les périodes chaudes de l’année. La formation de l’ozone troposphérique, c’est-à-dire de l’ozone des basses couches de l’atmosphère, résulte de la transformation physico-chimique des polluants primaires (composés d’azote et d’oxygène ou Nox, composés organiques volatils (COV), monoxyde de carbone (CO)) au cours de leur « séjour » dans l’atmosphère.

Le projet européen TRAP

Les scientifiques qui composent le réseau de partenaires participant au projet européen TRAP (lancé en 2009) travaillent sur l’impact du changement climatique sur la santé publique. Selon eux, la part des décès liés au changement climatique devrait augmenter dans plusieurs pays européens au cours des soixante prochaines années. C’est loin, certes, mais au moins c’est dit. Les alarmes sur le dérèglement climatiques dates d’il y a plus de 40 ans et c’est à peine aujourd’hui que l’on s’y met. Toujours selon ces mêmes scientifiques, la Belgique, la France, l’Espagne et le Portugal vont être les plus touchés par une augmentation de la mortalité liée à l’ozone, qui pourrait se situer entre 10 et 14 % supplémentaires. Le Climate Trap s’est particulièrement penché sur l’augmentation des niveaux d’ozone, car c’est  »un polluant très oxydant. Il provoque des problèmes respiratoires qui peuvent conduire à des hospitalisations et des décès », indique le docteur Hans Orru, expert de la pollution de l’air de l’université d’Umea (Estonie).

Or,  »la formation d’ozone troposphérique est ammenée à augmenter à mesure que les températures vont croître ».

Dérèglement climatique et pollution de l’air : la réduction comme 1er outils commun

Réduire la consommation énergétique, réduire les déplacements polluants, c’est réduire automatiquement les émissions dues à la production de cette énergie (de tout type) et réduire les émissions de polluants dans l’atmosphère (moins de carburant brûlé).

C’est aussi réduire les émissions de CO2 et donc participer à la lutte contre le dérèglement climatique. Sans oublier les avantages directs sur le coût financier par foyer, le coût économique pour la société en terme de dépenses de santé, d’infrastructures et le bien être en milieu urbain. Qui est contre cela ? Personne … ou presque

article d’actu-environnement à ce sujet

Les cancers de l’Etang de Berre

Un interne des Hôpitaux de Paris réagit aux conclusions tirées par l’INVS concernant le lien entre la pollution atmosphérique à l’Étang de Berre et les hospitalisations pour pathologies cardiovasculaires et respiratoires.

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Le pourtour de l’Étang de Berre est une zone densément peuplée, où de nombreuses industries ont été installées depuis plus de 50 ans. La zone Fos-Étang de Berre est ainsi la zone industrielle la plus importante de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), regroupant sur plusieurs sites un important complexe pétrochimique et sidérurgique. Les industries émettent de nombreux polluants atmosphériques qui en font une des zones les plus polluées en France, malgré l’instauration de normes de plus en plus contraignantes et les progrès techniques réalisés par les industriels qui ont permis une diminution des rejets depuis 20 ans.

Dans ce contexte et devant les nombreuses interrogations de la population et des associations écologistes, une étude descriptive écologique de la morbidité hospitalière pour les pathologies cardio-vasculaires, respiratoires et pour cancer a été menée sur la période 2004-2007.

L’étude n’est que très peu concluante. Les seuls résultats statistiquement significatifs retrouvés par l’étude seraient en faveur d’un sur risque très modéré d’infarctus du myocarde et de leucémies aiguës chez les patients ayant subi une forte exposition aux toxiques industriels de la région. On ne retrouve en particulier pas de sur risque de pathologie cancéreuse solide, notamment pulmonaire, ni de bronchopathie obstructive (BPCO). La significativité statistique de ces résultats reste tout de même discutable et les chiffres retrouvés peuvent très bien être dus au hasard, compte tenu de la puissance faible des études descriptives.

Les résultats de cette étude sont difficilement interprétables compte-tenu de biais évidents de confusion notamment (durée d’exposition aux toxiques en particulier, les patients qui ont respiré cet air pendant 20 ans et ont ensuite migré vers des cieux plus clairs ne sont pas pris en compte, ceux qui se sont installés il y a 6 mois ou qui ont fait un Infarctus en vacances ont été inclus…), de la faible puissance du type d’étude et de choix discutables dans les méthodes. Une étude de cohorte historico-prospective (une étude sur une longue période couplée à un recueil de résultats anciens) portant sur une période beaucoup plus longue et sur un échantillon de fait plus élevé, et sur une population mieux ajustée (par rapport à la durée d’exposition aux effluents toxiques), avec un modèle de régression logistique et calcul d’une relation dose-effet, mais qui serait bien évidemment beaucoup plus coûteuse, beaucoup plus compliquée et probablement plus subversive, serait plus adaptée à l’objectif et donnerait des résultats plus maniables.

 

Synthèse de l’étude :

Pour télécharger l’étude complète : cliquez ici

Rentrée des classes : une mauvaise note pour la qualité de l’air parisien

Article du site 20 minutes.fr

Une enquête menée par une association environnementale allemande classe Paris parmi les mauvais élèves des capitales européennes en termes de qualité de l’air. Le quotidien britannique The Guardian, paru en août, rend compte de cette étude qui a permis d’évaluer les réductions d’émissions de particules fines entre 2005 et 2010: seules Berlin et Zürich obtiennent les félicitations du jury, tandis que Paris a continué à avoir des niveaux de particules «soutenus» selon Airparif.

La note de Paris pâtit également de l’absence de zones à faibles émissions, comme il en existe à Londres ou à Berlin. La capitale française a tout de même marqué quelques points grâce aux incitations et la facilité à prendre les transports en commun ou le vélo.

Vélib’, entre autres, a donc permis à Paris de ne pas finir dernière du classement: Bruxelles, Londres et Madrid sont encore plus mal notées. L’air le plus pollué se respire à Rome et Milan. Pour respirer de l’air frais, direction Berlin, Copenhague ou Stockholm, en tête du classement.

Le confort de la résignation, une posture (bien pratique) de la modernité



Photographie du périphérique parisien à la tombée du jour
Photographie du périphérique parisien à la tombée du jour

 

« Approche psycho-sociologique de la quantification de la pollution de proximité au trafic dans l’agglomération parisienne », telle est le nom savant de la dernière étude d’AirParif, publiée le mois d’août dernier pour mieux cerner le ressenti de la pollution de l’air par un certain nombre de Franciliens. Le résultat ? « Il faut faire avec ».

Respire mon ami(e), c’est comme ça

D’un côté, les Parisiens ont conscience du risque, mais de l’autre, ils ont du mal à l’appréhender concrètement. Nous formulions déjà précédemment que cette pollution invisible (quoi que suffisamment olfactive parfois pour s’en apercevoir) rend difficile la représentation du risque. Alors, le résultat, c’est que ce problème flotte dans l’air comme une chose immuable. La pollution de l’air en ville est devenue, peu à peu, une donnée avec laquelle il faut composer, rangée dans la catégorie du « il faut faire avec« .

L’étude sur la pollution de proximité

Une cinquantaine de volontaires, hommes et femmes, de Paris et de sa banlieue a participé aux travaux de Lionel Charles. Equipés de capteurs, ils ont été suivis pendant deux jours durant lesquels leur exposition au dioxyde d’azote a été mesurée. Résultat : ils sont exposés à un surplus de pollution dû à leur proximité de la circulation. Les testés ont ensuite eu des entretiens avec le sociologue. Selon Lionel Charles, il ressort que « la pollution routière reste mal cernée« . Les riverains des grands axes « se sentent démunis face à une réalité sur laquelle ils n’ont pas de prise et attendent, non sans recul critique, un engagement plus ferme de la puissance publique. »

Le confort de la résignation, une posture (bien pratique) de la modernité

« Je ne veux pas lâcher un peu de mon confort pour le bien de tous, alors je dis qu’on est impuissant, que c’est comme ça ». La résignation est une arme puissante … et pratique. Moins d’effort pour plus de confort, telle pourrait être un des adages de la modernité. Les conséquences dans tous ça ? La débauche d’énergie, la dépense inconsidérée, le gaspillage aveugle, la pollution. Mais qu’importe. C’est comme ça, on y peut rien. Surtout pas nous, individus pris dans les rouages du mécanisme géant de la société économique (facile et pratique également). Quelle est donc l’utilité à dépenser de l’énergie, physique et psychologique, pour se déplacer autrement, et ainsi chercher à diminuer l’ampleur d’une pollution qui touche tout le monde ? Aucune. Aucune parce que c’est comme ça, on y peut rien. Il faut faire avec. L’expression est à elle seule destructrice de toute tentative plus ou moins salvatrice. Elle exprime la toute puissance de ficelles invisibles qui régissent et guident nos vies. Elle évite de modifier un comportement. Elle est une excuse. Un aveu d’impuissance ? Pas complètement. Elle est aussi, cette expression, bien pratique pour rester dans son confort. Parce que le confort, c’est bien. Le confort c’est bon.

On mange ce qu’on respire

photo Renaud Joly, Photo prise le : 1 juillet 2006.<br />Nikon D70<br />111 Affichages<br />
Photo publiée sous licence creative commons

Actu-environnement, un site web d’info sur le secteur de l’environnement, reprend dans un article publié le 23 aout une étude menée par Airparif et l’Inra dont l’objectif est d’appréhender l’impact de la pollution automobile sur les espaces cultivés à proximité des grands axes. L’article est intitulé « Pollution atmosphérique : l’agriculture exposée ».

Cette étude menée en partenariat avec l’Inra était le deuxième volet d’un projet cherchant à comprendre la pollution de proximité. La première étude du projet avait comme objectif de comprendre comment les franciliens les plus exposés à ce risque l’appréhendait. Le projet de recherche « Approche psycho-sociologique de la quantification de la pollution de proximité au trafic dans l’agglomération parisienne », piloté par Lionel Charles, chercheur en sciences sociales, avait pour objectif de mieux cerner le ressenti de la pollution de l’ air auprès d’un échantillon de Franciliens, résidant, ou travaillant, à proximité d’axes de circulation, et volontaires pour être équipés par Airparif de capteurs portatifs.

Suite à l’étude sur l’appréhension de la pollution de proximité, Airparif a voulu connaitre le degré d’exposition des espèces végétales agricoles à proximité des axes routiers. On connait le risque que représente les polluants dans les rejets automobiles, on peut donc supposer que ce type de dépôts sur des produits agricoles est potentiellement néfaste pour la santé. L’objectif de l’étude était de voir la quantité de dépôts de polluants sur les espèces végétales. Les résultats de l’étude sont les suivants : « les mesures ont permis d’observer une augmentation des concentrations de polluants et des dépôts métalliques liés au trafic, à mesure que l’on se rapproche de l’autoroute A6. Et si la pollution atmosphérique expose les personnes à des problèmes respiratoires, le risque de dépôts sur des produits alimentaires est indéniablement tout aussi important. »

Airparif conclue son étude en spécifiant qu’il leur faudra désormais évaluer le risque alimentaire des espèces végétales « polluées » et analyser les conséquences des applications des distances de sécurité entre les champs et les axes routiers importants.

 

AIRPARIF ACTUALITÉ -2011 08 NEWSLETTER AOUT

Consultation européenne sur la qualité de l’air

La Commission Européenne profite des révisions des politiques relatives à la qualité de l’air pour recueillir les points de vues des citoyens sur leur perception de celle-ci.

Jusqu’au  30 septembre 2011, elle recueillera les différents points de vue sur les forces et faiblesses du cadre législatif existant et sur sa mise en œuvre. La consultation se déroule par internet et s’inscrit dans un processus plus général de réflexion qui débouchera sur une révision de cette politique en 2013 au plus tard.

La pollution atmosphérique est l’une des principales préoccupations environnementales des Européens, 49 % d’entre eux vivant dans des zones où les objectifs de l’UE en matière de qualité de l’air ne sont toujours pas atteints.

Un air de mauvaise qualité présente un grand risque en matière de santé publique.

Prenez part à cette consultation, donnez votre avis et faites en sortes que les dispositions légales concernant la qualité de l’air protègent mieux les citoyens.

Le système cardiovasculaire bouché par le diesel

Des chercheurs anglais, suédois et néerlandais associés à différents centres de recherches universitaires ont publiés une étude en juillet dans l’European Heart Journal portant sur l’impact de la combustion d’un moteur diesel sur le système vasculaire. L’étude est intitulée : « La combustion dérivé de nanoparticules induit des effets vasculaires néfastes sur l’organisme du fait de l’inhalation de gaz d’échappements diesel ».

L’étude

L’objectif de l’étude est de mesurer le rôle de la combustion dérivée de nanoparticules afin d’identifier les effets cardiovasculaires néfastes de la pollution atmosphérique. L’exposition au trafic routier et à la pollution atmosphérique pourrait être déclencheur d’un infarctus aigu du myocarde.

L’expérience

Afin de déterminer les effets in vivo de l’inhalation de composants de gaz d’échappement de diesel, 16 jeunes volontaires en bonne santé ont été exposés à des gaz d’échappements  de diesel dilué, à des nanoparticules de carbone pur, à des gaz d’échappements de diesel filtré ou à de l’air filtré. A la suite de chaque exposition, le flux sanguin dans l’avant bras des volontaires a été mesuré par des perfusions. Comparé à de l’air filtré, l’inhalation de gaz d’échappement de diesel accroit la pression sanguine et atténue la dilatation des vaisseaux sanguins.

Les résultats

Les nanoparticules dérivés d’une combustion apparaissent comme déclencheur important des effets néfastes sur le système vasculaire de l’inhalation de gaz d’échappement de diesel. Cette étude fournit une justification à la réalisation d’études de terrain pour tester l’avantage en terme de santé environnementale induit par la réduction des émissions de particules du au trafic routier.

Le résumé de l’étude en anglais peut être consulté ici.

Vous pouvez aussi télécharger l’étude complète ici : European Heart Journal – Clinical Research.

L’anticyclone joue sur la dépression – Pollution de l’air et déprime

La pollution de l’air vous déprime ? Vous ne faites pas si bien dire. L’exposition à long terme à la pollution de l’air affecte le cerveau et pourrait être à l’origine de troubles de la mémoire, d’anxiété et même de dépression. C’est ce que nous rapporte The Telegraph du 5 juillet.

Alors que les impacts de la pollution atmosphérique ont été testés sur le cœur et les poumons, c’est le cerveau qui intéresse maintenant les chercheurs. Laura Fonken qui a conduit cette étude publiée dans la revue Molecular Psychiatry pour l’université de l’Ohio explique : « les résultats suggèrent qu’une exposition prolongée à de l’air pollué peut avoir des effets visibles, et négatifs, sur le cerveau, ce qui peut provoquer de multiples troubles de la santé. Nous avons examiné avec soin l’hippocampe car il est associé à l’apprentissage, à la mémoire et à la dépression. Nous soupçonnons l’inflammation systémique causée par le fait de respirer un air pollué de se communiquer au système nerveux central ».

L’expérience

Des souris ont respiré un air similaire à celui que nous respirons en ville : poussières d’origine naturelle, des voitures et des usines, contenant des particules fines (PM 2,5) 13 fois plus petites que le diamètre d’un cheveu. Après 10 mois d’exposition, les petite bêtes nous livrent leur secret. Et il n’est pas beau à voir.

Les résultats

Des tests comportementaux, des tests d’apprentissage et de mémoire ont été conduits. Sur l’apprentissage, les souris qui ont respiré l’air pollué ont mis plus longtemps à apprendre où se situait le trou de sortie. Des tests conduits plus tard ont même montré qu’elles étaient plus sujettes à l’oubli. Dans une autre expérimentation, les souris exposées à la pollution de l’air ont affiché des comportements dépressifs et des niveaux plus élevés d’anxiété. Pas de quoi se réjouir.

>> Plus de détails sur l’expérience dans l’article de The Telegraph: Pollution can lead to brain damage and depression warn scientists

Le professeur Randy Nelson, un des co-auteurs nous dit : Plus nous apprenons sur les effets de l’exposition à long terme à la pollution de l’air, plus il y a de raisons d’être concerné. … ».