Comprendre la circulation restreinte à Paris

Tout le monde en parle, la ville de Paris a enfin décidé de limiter la circulation de certains véhicules plus polluants, et ce dès cette année. Quels véhicules ne pourront plus circuler, où exactement, quel calendrier, quels contrôles, quelles aides? Nous mettons un peu d’ordre dans tout ça en vous expliquant en détails ce qui est prévu (la mesure doit encore être approuvée, le 9 février, par le Conseil de Paris).

Dès juillet pour les camions et les cars

Liveblecities.org

Le calendrier est fixé. Dès le 1er juillet 2015, les cars et poids lourds les plus polluants (antérieurs au 1/10/2001) ne pourront plus circuler dans Paris de 8h à 20h y compris le week-end.

Au 1er juillet 2016, se seront les véhicules les plus polluants (antérieurs à 1997 pour les voitures et à 2000 pour les deux-roues) qui, à leur tour, ne pourront plus circuler dans Paris de 8h à 20h sauf le week-end.

Progressivement, entre 2017 et 2020, les autres classes de voitures les plus polluantes seront tour à tour interdites de circulation. L’objectif étant, selon Hidalgo, de bannir totalement le diesel de Paris pour 2020.

D’autres villes suivront

Liberation

La zone d’application de la mesure est encore en cours de discussion. Elle devrait concerner tout Paris sauf le périphérique et les bois. Plus tard, elle devrait être élargie au grand Paris.

Selon le projet de loi sur la transition énergétique, à partir de 2016, toutes les villes et agglomérations supérieures à 250.000 habitants et concernées par un PPA (Plan de Protection de l’Atmosphère) devront elles aussi mettre en place une Zone de Restriction de la Circulation (ZRC).

Les villes et agglomérations entre 250.000 et 200.000 habitants pourront, facultativement, mettre en place ce type de zone.

Aides à l’achat, Autolib et Pass Navogo gratuit, qu’en est-il?

Pour éviter de trop pénaliser les parisiens n’ayant qu’une seule voiture (rappelons que 60% des parisiens n’ont pas de voiture), la ville de Paris mettra en place différentes aides. Toutes ces mesures devront être mises en place avant l’interdiction.

Badische Zeitung

– aide à l’achat de vélos et cyclomoteurs électriques de 33%, pour une limite de 400€

– aide à l’achat de véhicules moins polluants pour les particuliers

– pour les professionnels, aide à l’achat de véhicules moins polluants jusqu’à 50% (aide de l’État comprise). Crédit à taux préférentiel pour les 50% restant.

– pour chaque nouveau permis de conduire, un an d’abonnement à Autolib’ offert

– Pass Navigo, abonnement Autolib’ et Vélib’ pour toutes les personnes souhaitant céder leur voiture trop polluante

– aides aux copropriétés pour installer des bornes de recharge et des abris sécurisés pour vélos

bornes de recharges et véhicules en autopartage plus nombreux

stationnements résidentiel et rotatif gratuits pour les véhicules hybrides, électriques et roulant au gaz.

Des contrôles routiers pour le moment

The Guardian

Chaque pays à sa préférence en matière de contrôle. A Londres, la vidéosurveillance est utilisée pour repérer les plaques des véhicules en infraction.

A Berlin, le contrôle est visuel, sur la route et opéré par la police.

La ville de Paris a également choisi le contrôle visuel sur la route en attendant que le système de vignettes, prévu par le projet de loi sur la transition énergétique, soit mis en place.

Les automobilistes en infraction devront payer 35€ d’amande et leur véhicule pourra être immobilisé, voire emmené à la fourrière.

Enfin, une zone de restriction de la circulation en France!

urbanaccessregulations.eu

La France est à la traîne. Au printemps 2014, il existait déjà 194 zones de ce type en Europe et pas une seule en France.

Londres, Berlin, Stockholm, Lisbonne, Rome,… La plupart des capitales européennes ont déjà mis place ce type de zones depuis plusieurs années, chacune avec ses particularités.

L’ADEME a démontré que ces zones permettaient de baisser efficacement le nombre de journées de dépassement des limites européennes. Selon l’agence, pour agir directement sur la qualité de l’air, la priorité est l’action sur les vieux diesels.

En France, ce type de zone a faillit voir le jour en 2012, lors de la création des ZAPA (Zones d’Action Prioritaire pour l’Air). Facultatives, elles ont été abandonnées faute de villes volontaires pour les mettre en place.

Le projet de loi sur la transition énergétique relance ainsi l’idée en créant des Zones de Restrictions de la Circulation (ZRC), cette fois obligatoires pour toutes les villes de plus de 250.000 habitants. Les véhicules seront distingués par des vignettes vertes, oranges et rouges en fonction de leur année d’immatriculation et de leur carburant. La loi devrait être adoptée mi-2015 et les zones devraient être mises en place de manière progressive à partir de 2016.

 

Plus d’informations:

http://www.lemonde.fr/pollution/article/2015/01/28/le-plan-antipollution-de-paris-en-5-questions_4565187_1652666.html

http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/10/01/les-principales-mesures-du-projet-de-loi-sur-la-transition-energetique_4498549_3244.html

http://www.lepoint.fr/automobile/actualites/zones-a-circulation-restreinte-le-retard-de-la-france-28-01-2015-1900386_683.php

http://www.lesechos.fr/politique-societe/regions/0204115891391-un-retard-patent-par-rapport-aux-autres-capitales-1087981.php

http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0204116448429-paris-libere-paris-isole-1088082.php

http://www.urbanaccessregulations.eu/

Qualité de l’air – ce que vous avez raté cet été. Deux changements dans les zones à émissions limitées

LONDRES : Boris Johnson, le maire de Londres a annoncé la création d’une zone « à ultra-basses émissions » au centre ville pour 2020

Les véhicules diesel qui ne sont pas à la norme « euro 6 » et les voitures fonctionnant à l’essence qui ne sont pas à la norme « euro 4 » devront payer le double de la taxe actuelle, aujourd’hui à 15€ environ, pour circuler dans le centre ville.

De plus, d’ici à 2010, tous les bus auront des moteurs hybrides ou entièrement électriques. Les taxis fonctionnant au diesel devront rouler à l’électricité sur les routes les plus polluées.

Pour mieux bruler les particules fines, les bus londoniens ont été équipés de filtres à particules qui produisent un excès de NO2. Cette mesure a pour but de réduire ces émissions de dioxyde d’azote particulièrement hautes à Londres. La Cour suprême britannique a condamné le gouvernement pour non-respect des normes sur le dioxyde d’azote l’an dernier. En février, la Commission Européenne a poursuivi le Royaume-Uni devant la Cour de justice européenne.

Depuis 2003 il existe déjà un péage urbain de 15€ par jour pour les voitures rejetant plus de 75 grammes de CO2 au kilomètre dans le centre de la ville. Sans grands effets sur la qualité de l’air selon une étude du Health Effects Institute, la zone étant trop petite pour influer la qualité de l’air de la ville.

En Europe, de nombreuses villes européennes ont établis des zones à émissions limités pour protéger la qualité de l’air de leur centre ville. La France est très en retard dans ce domaine comme on peut le voir sur le site de référence des LEZ en Europe: http://urbanaccessregulations.eu/

Pour plus d’informations sur la nouvelle LEZ a Londres:
http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/07/31/empoisonnee-par-le-dioxyde-d-azote-londres-part-en-guerre-contre-le-diesel_4465112_3244.html

 

MEXICO : depuis le 1er juillet, les véhicules de plus de quinze ans d’ancienneté n’ont plus le droit de circuler le samedi

Le programme « Hoy no circula » instauré depuis 1989 sur l’ensemble de la zone urbaine de Mexico interdisait déjà aux voitures et aux camions les plus polluants de circuler un jour par semaine. Depuis le 1er juillet le samedi s’ajoute à cette interdiction pour les véhicules de plus de 15 ans sous peine de payer environ 170€ d’amende.

Les voitures et camions de 9 à 15 ans sont également interdits un jour par semaine et deux samedis par mois. Les voitures venant d’autres états du Mexique ne peuvent circuler le samedi non plus.

Cette nouvelle mesure élargie de 272 000 à 560 000 les véhicules concernés et a pour objectif de réduire les émissions de polluants de 141 000 tonnes et celles de particules de 23 tonnes par an.

La ville a également mis en place une centaine de bus propres, 12 lignes de métro, une quarantaine de km de pistes cyclables et 13 200 Ecobicis (bicyclettes en libre service) de plus. D’ici 2018, l’Etat de Mexico devrait également acheter 21 000 minibus neufs.

Pour contrer les critiques de la population de discrimination envers les conducteurs les plus modestes, la ville de Mexico et l’état voisin offriront 1 600 pots catalytiques aux propriétaires de voitures achetées avant 1999. Les commerçants ont été autorisés à circuler le samedi avant 8h et après 20h et les voitures les moins polluantes de plus de 15 ans, un samedi sur deux. Face à la contestation, trois municipalités de l’Etat de Mexico ont annulé les sanctions dans les rues secondaires.

La mégalopole est dos au mur : d’ici à 2020, près de deux millions de voitures supplémentaires devraient y circuler.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/07/31/haro-sur-les-voitures-polluantes-a-mexico_4465160_3244.html

Les ZAPA au point mort

Delphine Batho, ministre de l’Écologie, a annoncé le 12 juillet mettre en suspens le dispositif permettant à des villes se portant candidates de contrôler le trafic dans une zone définie par leurs soins : les Zones d’Actions Prioritaires pour l’Air (ZAPA). Ces dernières avaient été initiée par le précédent gouvernement.

L’objectif des ZAPA est d’inciter, les usagers de voitures à ne pas circuler en ville, par voie fiscale . C’est un moyen imaginé par la Commission Européenne pour internaliser les externalités négatives de la pollution automobile. En Europe, ce dispositif s’appelle les Low Emission Zones. Le 3 mai, quelques jours avant le deuxième tour de l’élection présidentielle, le gouvernement a publié un arrêté établissant la nomenclature des véhicules classés en fonction de leur niveau d’émission de polluants atmosphériques. Cet arrêté interministériel fait suite aux deux décrets sur les ZAPA qui ont été publiés au Journal Officiel le 22 février 2012. (lire l’article complet de Respire sur la publication de l’arrêté de classification).

Le nouveau gouvernement fait donc une pause dans un processus d’évolution fiscale qui aurait pu changer certaines habitudes de déplacements pour les citoyens et à terme améliorer la qualité de l’air.

Les deux raisons invoquées pour l’arrêt de cette mesure : le coût de celle-ci en temps de crise et les délais trop courts qu’ont les villes candidates pour mettre en place les ZAPA.

Une question de temps …

Oui, les villes manquent sûrement de temps, le calendrier était peut être un peu serré. Les villes candidates n’ont eu que trop peu de temps pour réaliser les diagnostics et les études pour mettre en place des ZAPA : Clermont-Ferrand et Aix en Provence sont dans cette situation. Il faut tout de même rappeler que des villes européennes comme Londres ou Berlin ont mis en place des ZAPA depuis 2008. Le précédent gouvernement a déjà tardé à mettre en application une directive européenne.  La décision du nouveau gouvernement va encore retarder cette mise en application. A contrario, si la France n’avait pas autant tardé à transcrire en droit français cette directive européenne, peut être que les villes candidates en France auraient alors eu plus de temps pour se pencher réellement sur le sujet et apporter une réponse complète à leurs concitoyens.

… et de coût

La deuxième raison : la crise et le coût trop élevé de cette mesure. Pour la ministre de l’Écologie : « Ce dispositif s’est néanmoins avéré trop rigide et socialement injuste, car pouvant pénaliser excessivement certains propriétaires de véhicules anciens. » (Communiqué de Presse du Ministère en date du 12 juillet). Respire avait déjà pris position il y a un an pour l’intégration du CO2 dans les critères de classification des véhicules : les ZAPA, le CO2 et le péage urbain.

Par contre aucune classification ne serait pour l’instant réalisée en fonction des émissions de CO2 de chaque véhicule, ni de distinction faite entre des véhicules essence et diesel. Cela reviendrait donc à autoriser des voitures récentes émettant un niveau de CO2 élevé. Certains craignent que cette classification pénalise les catégories sociales les plus pauvres n’ayant pas pu renouveler leurs voitures et autorise en revanche des voitures plus récentes respectant les normes Euro IV et V (mais émettant un niveau important de CO2 par rapport aux capacités techniques des voitures récentes).

Quel est le prix de l’inaction ?

Doit-on encore rappeler le coût de l’inaction politique ?A combien chiffre-t-on le coût d’une vie? A combien chiffre-t-on les 9 mois d’espérance de vies perdus pour un parisien exposé à une pollution excessive?

40 000 décès prématurés en France sont imputés à une surexposition aux particules fines. A cela il faut ajouter l’augmentation du risque de maladies cardiovasculaires et l’impact sanitaire sur les populations à risque (personnes âgées, enfants en bas age, femmes enceintes, fœtus).

Respire prend acte du fait que la ministre souhaite « engager une réflexion plus générale sur les mesures structurelles nécessaires à l’amélioration de la qualité de l’air. » Elle a aussi indiqué que « la qualité de l’air ferait partie des thèmes proposés à la concertation nationale sur la transition énergétique. » En tant que partie prenante de la Conférence Environnementale au sein du Rassemblement pour la Planète, nous ne pouvons que nous réjouir de l’engagement de la ministre à engager des discussions avec la société civile et à tenir compte du risque sanitaire que représente une pollution de l’air excessive.

Nous espérons que cette pause ne sera pas une occasion supplémentaire pour des responsables politiques français de ne pas tenir leurs engagements électoraux …

ZAPA : les véhicules sont classés

Le 3 mai, quelques jours avant le deuxième tour de l’élection présidentielle, le gouvernement a publié un arrêté établissant la nomenclature des véhicules classés en fonction de leur niveau d’émission de polluants atmosphériques. Cet arrêté interministériel fait suite aux deux décrets sur les ZAPA qui ont été publiés au Journal Officiel le 22 février 2012.

Historique des ZAPA

« La loi Grenelle 2 instaure la mise en œuvre d’expérimentations de zone d’actions prioritaires pour l’air (ZAPA), également connues dans d’autres pays sous le nom de zones à bas niveau d’émission (low emission zone). Situées dans, et autour des villes, elles ont pour objectif de reconquérir la qualité de l’air par la diminution de la pollution atmosphérique afin d’améliorer la santé des habitants.
Les ZAPA sont un instrument à la disposition des collectivités locales pour réduire la pollution atmosphérique liée à la circulation routière en zone urbaine.
Elles doivent permettre de contribuer au respect des normes de qualité de l’air définies par la réglementation communautaire et d’éviter également les coûts sanitaires et sociaux associés (plusieurs dizaines de milliards d’euros chaque année en France).
Il s’agit donc d’une politique publique dont les résultats auront des conséquences notoires sur la santé des Français, une politique à laquelle chaque territoire français peut contribuer. » (source : Site du Ministère de l’écologie, du développement durable, du transports et du logement)

Classification des véhicules et évolutions administratives à venir

Le 22 février, deux décrets ont été publiés concernant la mise en application des ZAPA. Comme nous le rappelions sur le site de Respire dans un article du 24 février : « Les deux décrets (…) définissent les sanctions applicables et les véhicules autorisés à circuler dans les zones définies. Le décret sur les sanctions permet aussi d’harmoniser les différentes flottes de véhicules par rapport à leurs émissions polluantes. Néanmoins, sur ce point là, le décret renvoie à un arrêté interministériel le soin d’établir la nomenclature des véhicules en fonction de plusieurs critères : date d’immatriculation et norme euro. »

Classification

L’arrêté en question vient donc d’être publié. Celui-ci établit la classification des véhicules en fonction du niveau d’émissions polluantes. L’arrêté du 3 mai est consultable et vous pouvez le télécharger ici. C’est dans le PDF à télécharger que vous pourrez trouver le tableau de classification des véhicules, pierre angulaire de l’arrêté. Cela constitue donc un pas de plus vers l’application des ZAPA au niveau des 8 agglomérations s’étant portées volontaires. Par contre il n’est pas complet et ne permettra pas, selon notre avis, de lutter efficacement contre la congestion des villes et la pollution atmosphérique due aux véhicules surdimensionnés par rapport aux besoins des citadins.

Mise en application

Concernant l’entrée en vigueur de l’arrêté, les articles 2 et 3 de celui-ci ne rentreront en application que lorsque le décret autorisant les ZAPA aura été publié. Ces articles sont ceux qui instituent la classification des véhicules. Le décret autorisant l’expérimentation des ZAPA ne devrait, selon le gouvernement sortant, être publié qu’au début de l’année 2013. Ces articles n’ont donc pas de valeur règlementaire à ce jour. L’arrêté établit la classification des véhicules selon la date d’immatriculation et le type de véhicule, mais le tableau établissant la classification n’entre pas en vigueur pour le moment.

Émissions administratives

L’article 2 autorise le surclassement d’un véhicule non pas en fonction de ses émissions réelles mais en fonction de ses émissions passées, lors de sa mise sur le marché. On se réfère donc à des niveaux d’émissions administratifs pour mesurer le niveau de pollution dans l’air.
« Les véhicules classés selon l’annexe I du présent arrêté, qui, à leur date de première immatriculation, étaient conformes réglementairement à un niveau d’émissions polluantes correspondant à un groupe de classification supérieur, peuvent bénéficier de ce dernier classement » (article 2 de l’arrêté interministériel).

L’article 5 autorise un véhicule a être surclassé si le propriétaire installe un filtre à particule ou tout autre appareil qui réduit tes émissions polluantes : une disposition en soit logique par rapport aux objectifs sanitaires.

L’avis de Respire sur le texte publié

Opportunité

Le premier ministre sortant publie ainsi un texte réglementaire afin de montrer que les choses avancent mais il conditionne sa mise en application à la publication d’un décret pour le début de l’année 2013, par le prochain gouvernement. On peut donc espérer que ce dernier améliorera le texte vers un mieux sanitaire et environnemental.

Omissions

Le tableau de classification des véhicules n’intègre pas le critère CO2, qui devrait être considéré comme un polluant. Il en résulterait que des véhicules neufs, consommateurs de carburant et émetteurs de CO2 seraient autorisés à circuler dans les ZAPA. Des propriétaires de véhicules plus anciens qui ne sont pas équipés de système de dépollution onéreux, et pourtant à plus faibles émissions de CO2 ne seraient, eux, pas autorisés à circuler en ville.

Ceci aurait des conséquences sociales et économiques pour les personnes à faibles revenus. La municipalité de Paris a demandé au gouvernement que soit intégré le critère CO2 dans la classification des véhicules. Ceci permettrait d’aller dans le sens d’une politique visant à décarbonner nos transports en ville tout en s’assurant d’une qualité de l’air irréprochable.

Lutte contre la pollution de l’air : difficile mise en oeuvre des ZAPA

Deux décrets sur les ZAPA ont été publiés au Journal Officiel le 22 février 2012. Rien n’est encore acquis, il reste beaucoup à faire pour lutter contre la pollution atmosphérique et permettre à nos concitoyens de respirer un air de qualité.

L’association Respire avait pris position lors de la consultation publique relative aux deux décrets qui ont été publiés la semaine dernière. A Respire, nous nous réjouissons de la publication des décrets qui permettront aux communes volontaires de s’engager dans les projets d’implantation de zones d’actions prioritaires pour l’air (ZAPA).

Le gouvernement français applique tardivement les directives européennes permettant aux collectivités de mener des actions pour lutter contre la pollution atmosphérique. Ceci a pour effet principal le dépassement par la France des seuils de pollutions autorisés. Pour contrecarrer ce rabaissement du niveau de qualité de l’air, l’État met en place les ZAPA. Aujourd’hui alors qu’à peine deux mois de l’année se sont écoulés, deux stations de mesure du réseau Airparif ont cumulé 34 jours de dépassements de seuils de pollution de l’air. Ces deux stations sont celles de la Porte d’Auteuil et de l’autoroute A1 à Saint Denis. Ceci revient à dire que les habitants de ces quartiers, dans un rayon de 500m autour de la station de mesure, sont exposés un jour sur deux à un air de mauvaise qualité : cette situation est dangereuse pour la santé de nos concitoyens.

Les deux décrets présentent des avancées permettant aux collectivités de mettre en place les ZAPA. Ils définissent les sanctions applicables et les véhicules autorisés à circuler dans les zones définies. Le décret sur les sanctions permets aussi d’harmoniser les différentes flottes de véhicules par rapport à leurs émissions polluantes. Néanmoins, sur ce point là, le décret renvoie à un arrêté interministériel le soin d’établir la nomenclature de véhicules en fonction de plusieurs critères : date d’immatriculation et norme euro.

L’application des ZAPA n’est donc que partielle pour le moment car la crédibilité de ce texte dépendra de la publication de l’arrêté interministériel qui se fait attendre. L’arrêté a fait l’objet d’une consultation publique au début 2011 ainsi que d’un avis du Conseil National de l’Air mais n’est toujours pas publié à ce jour.

Enfin, un troisième décret doit être publié. Celui-ci aurait pour objectif d’autoriser les projets ZAPA. Or le Gouvernement estime que la publication du décret est prématuré aujourd’hui et celui-ci envisage de le faire au cours du premier trimestre 2013 ….

Il faudra donc faire sans les ZAPA pour continuer à lutter pour l’amélioration de la qualité de l’air.

Respire prend position sur les ZAPA

Le Ministère de l’environnement et du développement durable a lancé une consultation publique sur les ZAPA. Celle-ci s’est clôturée le 14 décembre. Respire publie sa réponse.

La semaine dernière l’association Respire incitait ses membres à prendre part à la consultation publique initiée par le Ministère de l’environnement et du développement durable. Nous avons rendu un avis critique sur les deux décrets en projet pour les sanctions et les dérogations possible pour les véhicules circulant dans les ZAPA.

 

La France tente de reprendre son souffle

La France communique beaucoup ces derniers temps sur les actions engagées dans les ZAPA et les PPA. Le gouvernement tente de prouver sa bonne foi à la Commission Européenne. La plainte de la Commission Européenne contre la France pour non respect des règles sur la qualité de l’air est toujours d’actualité. La France a beaucoup de retard pour la mise en place d’actions permettant de limiter un niveau de pollution trop élevé et donc un risque sanitaire important. La pollution de l’air coûte cher.

Rappels

Nous le rappelions dans un article publié au printemps dernier, la France est poursuivie par la Commission Européenne pour non respect des règles européennes de la qualité de l’air. Le point principal de cette plainte repose sur le fait qu’il y a eu de nombreux dépassements de seuils pour les émissions de particules fines dans les agglomérations françaises au cours des dernières années. De nombreuses villes et régions ont connus plus d’épisodes de pollutions qu’il n’est autorisé par la loi et qu’il n’est acceptable d’un point de vue sanitaire.

Le fait que le gouvernement ait mis du temps à appliquer en droit français les ZAPA et que les collectivités locales ne déploient pas les PPA, induit une qualité de l’air mauvaise. Pour Martial Sadier, président du Conseil National de l’Air, l’objectif est clair, il est nécessaire de « faire la preuve que nous avons pris le dossier au sérieux ».

Les PPA

Un PPA (Plan de Protection de l’Atmosphère) est un outil à disposition des collectivités locales pour « fixer des objectifs de réduction de polluants atmosphériques pouvant nécessiter la mise en place de mesures contraignantes spécifiques à la zone couverte par le plan. Il vise à ramener les concentrations en polluants à un niveau inférieur aux valeurs limites fixées sur la base des connaissances scientifiques, dans le but d’éviter, de prévenir ou de réduire les effets nocifs de ces substances pour la santé humaine ou pour l’environnement » (Actu-environnement.com, 19/07/2006).

Action/Réaction

La France, depuis plusieurs années, ne respecte pas les seuils de la qualité de l’air fixés par l’UE. Cependant, lorsqu’elle se voit condamnée à payer une amende conséquente, le gouvernement s’active et fait passer comme message qu’il engage des actions significatives pour la lutte contre la pollution atmosphérique.

Le gouvernement met en avant le fait que les expérimentations sur les ZAPA vont commencer, ce qui est déjà le cas depuis plusieurs années à Londres et à Berlin. Au niveau Français il faut encore attendre trois ans avant que ce dispositif ne soit mis en place. De plus les émissions de CO2 des véhicules ne seront, en théorie, pas prises en compte dans les critères de notation des véhicules. Le gouvernement veut montrer à la Commission Européenne que celui-ci a pris le sujet au sérieux mais le manque d’action des préfectures lors d’épisodes de pollution aux particules fines est toujours aussi prégnant. Rien n’est effectué à court terme, rien n’est mis en place pour éviter ces pics à long terme. On ne fait que constater et informer les usagers.

La question des moyens

Le manque de moyens des organismes de la qualité de l’air est aussi une preuve du manque d’ambition de l’État pour s’atteler à cette problématique sanitaire importante. Airparif, organisme de mesure de la qualité de l’air en région parisienne, gère un réseau de stations de mesures de la qualité de l’air. Il n’existe qu’une seule station de mesure à proximité du périphérique de Paris. Une seule station pour une voie rapide qui est longue d’une trentaine de km et qui voit passer son lot de véhicules journaliers : selon l’Institut de d’Aménagement et d’Urbanisme d’Ile de France, le trafic quotidien oscille entre 1,1 et 1,2 millions de véhicules. Auxquelles viennent s’ajouter les 100 000 personnes qui habitent à proximité du périphérique. Cela fait beaucoup de monde pour une station.

Quand on connait le coût partiel de la pollution atmosphérique en Europe en 2009 qui s’élève à 169 milliards d’euros pour les citoyens européens, Cela représente beaucoup d’argent pour ne rien faire et laisser les citoyens respirer un air de mauvaise qualité et dangereux pour la santé.

Seuils

Face à ces questionnements sur les moyens techniques pour mesurer la qualité de l’air et au coût sanitaire que la pollution atmosphérique représente, on peut aussi se poser des questions sur les seuils définis pour les polluants atmosphérique. L’association « Pour une Ville sans voiture » a fait un tableau récapitulatif des recommandations de l’OMS et des niveaux de seuils d’alertes et d’informations pour l’Europe et la France. On peut juste constater et se demander pourquoi les réglementations françaises et européennes ne sont pas assez sévères concernant le dioxyde de souffre, les particules fines PM10 et l’ozone. Enfin l’OMS recommande un seuil limite pour les particules fines PM2.5 mais on ne peut que déplorer le fait que ce seuil n’existe pas dans la réglementations française.

Enfin, comme le dit que le président du Conseil National de l’Air, il est indispensable « faire la preuve que nous avons pris le dossier au sérieux ». Respire attend des actes et pas uniquement des paroles.

 

Paroles, Paroles – Dalida et Alain Delon

Revue de web Respire #7 – 21 septembre 2011

EUROPE

La directive européenne sur les Péages adoptée (« Eurovignette »)

La nouvelle loi-cadre européenne, qui est une révision de la directive « Eurovignette » de 1999, a pour objet de réduire la pollution provenant des transports routiers de marchandises et de fluidifier la circulation en prélevant des péages qui prennent en compte le coût de la pollution atmosphérique et sonore due au trafic (« coûts externes ») et contribuent à éviter la congestion routière.

À cet effet, les États membres pourront appliquer aux poids lourds une « redevance pour coûts externes », Le montant des péages variera en fonction des émissions du véhicule, de la distance parcourue, du lieu et du moment de l’utilisation des routes.

Les véhicules respectant les normes les plus strictes en matière d’émissions seront exonérés de la redevance liée à la pollution atmosphérique pendant quatre ans à compter de la date à laquelle ces normes seront devenues applicables les poids lourds hybrides et électriques, sont exonérés.

enerzine

Paris écope d’un D, des solutions européennes

Plusieurs associations et ONG allemandes se sont réunies en mars 2009 pour entamer une campagne au niveau européen afin de promouvoir un air plus pur dans les grandes villes du vieux continent. Baptisée Soot-free for the climate !, cette campagne a pour but de montrer qu’il existe des mesures efficaces pour lutter contre la pollution et, partant de là, d’effectuer un classement des bons élèves en Europe.

Malgré son système de transport en commun performant et qui se développe avec les nouvelles lignes de tram et le lancement d’Autolib’, Paris obtient un médiocre D, soit la dernière place avant le terrible F attribué aux cancres que sont Bruxelles, Londres, Madrid ou encore Milan et Rome

Paris a été mal notée en ce qui concerne l’évolution des émissions de particules polluantes. Le rapport note ainsi que des mesures effectuées Place Victor Basch dans le 14e entre 2005 et 2009 ont montré que le nombre de jours annuels atteignant un pic d’émission de ces particules est passé de 50 à 91. Même constat aux Halles (1er) avec un rapport de 1 à 23. Par ailleurs, l’absence de zones à basse émission a également pénalisé Paris et Lyon

evous

SUISSE

QUALITÉ DE L’AIR 2010 : UN ÉTAT DES LIEUX DE LA POLLUTION ATMOSPHÉRIQUE À GENÈVE

Le rapport «Qualité de l’air 2010» est disponible. Réalisé par le service de protection de l’air (SPAir), il constitue un état des lieux détaillé de la pollution atmosphérique dans le canton de Genève. L’année écoulée révèle dans ce domaine des résultats comparables à ceux qui sont enregistrés depuis le début des années 2000

Ainsi, la qualité de l’air dans le canton n’est pas satisfaisante, notamment au centre de la ville de Genève. Les concentrations de polluants ne connaissent cependant pas d’évolution marquée en 2010 par rapport aux années précédentes. La tendance à la stagnation observée au cours de la dernière décennie se maintient, et ce nonobstant l’importante croissance démographique et économique que connaît la région.

L’état de la qualité de l’air en 2010 est caractérisée par des dépassements périodiques des VLI OPair pour le dioxyde d’azote, l’ozone et les particules fines ainsi qu’une stagnation de l’évolution des niveaux de pollution.

etat.geneve

France

L’automobile, source majeure de pollution en Ile-de-France

À l’écart des grands axes, la majorité des polluants proviennent d’autres régions, poussés par les vents. Le long des grands axes routiers, le constat est clair : «60 % des poussières proviennent d’une production locale», explique Anne Kaufmann. C’est notamment ce qui nous vaut d’être épinglés par l’Europe.

L’étude révèle en revanche que les mesures effectuées lorsqu’on se trouve dans l’agglomération parisienne mais loin du trafic, les particules fines proviennent au deux tiers de sources extérieures à la région. La part la plus importante (34 %) est liée aux réactions chimiques qui se produisent dans l’atmosphère.

Une centaine de villes en Europe ont déjà mis en place des systèmes de circulation restreinte avec des résultats parfois encourageants. À Berlin, «la limitation à 30 km/h dans un quartier a permis de réduire la pollution locale de 10 %», explique ainsi Martin Lutz, en charge de ce dossier. La France va expérimenter l’année prochaine des zapas (zones d’action prioritaires pour l’air) dans huit villes, dont Paris, mais aussi Lyon, Grenoble, Aix, Plaine commune, Clermont, Nice et Bordeaux. Avec quelques empoignades en perspective.

Lefigaro

Les seuils dépassés près d’un jour sur deux en Ile-de-France

Cette fois-ci, plus de doute. Le trafic routier empoisonne aussi l’air des Franciliens.

Les mesures ont été réalisées sur 7 stations : une sur le périphérique, une autre boulevard Haussmann, une dans le IVe arrondissement, une autre à Villemomble (93) et trois sur des sites « ruraux » en grande couronne (Seine-et-Marne, Essonne et Val-d’Oise).

« Lorsque les seuils de qualité sont dépassés, on sait donc désormais que les particules fines proviennent du trafic routier », conclut-on chez Airparif

Les résultats de cette nouvelle étude d’Airparif semblent enfoncer des portes ouvertes. Mais elle doit être suivie de nouvelles mesures de restriction de circulation. Le gouvernement devrait présenter un nouveau plan de protection de l’atmosphère dès le mois prochain.

Leparisien

Outils ECOL’AIR, pour une meilleure qualité de l’air dans les écoles

Les enfants passent ainsi quotidiennement 25% à 40% de leur temps en classe.

Développé en collaboration avec ATMO France- AIRNORMAND et ATMO PACA (Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l’Air), ECOL’AIR est une boite à outils. Elle offre, à travers une série de guides et de fiches pratiques, des solutions qui permettent d’améliorer la qualité de l’air intérieur dans les établissements scolaires et de limiter les risques sanitaires.

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Quel air respirons-nous dans nos bureaux et nos enfants dans leurs écoles?

Après une première campagne nationale (2003-2005) dans plus de 560 logements, les experts de cet observatoire, qui fête ses dix ans, vont installer leurs instruments dans quelque 300 écoles et autant de bureaux entre fin 2011 et 2015.

Les études préparatoires en 2010 pour la campagne nationale ont déjà permis de découvrir la production de COV, ozone et particules fines par les ordinateurs et imprimantes ou encore la production de réactions chimiques irritantes ou allergènes à des produits de nettoyage notamment.

La campagne écoles et bureaux vise à dresser un état de ces immeubles en matière de qualité d’air intérieur perçu dans un premier temps, et basé ensuite sur des relevés scientifiques précis pour pouvoir élaborer d’éventuelles recommandations. Les résultats seront partagés avec le programme européen OFFICAIR dans 8 pays associant 13 partenaires dont l’OQAI.

Romandie