Conférence environnementale – 2ème

L’année dernière avait eu lieu la 1ère Conférence environnementale, suite socialiste du Grenelle de l’environnement 5 ans auparavant. Si l’association Respire avait bien été conviée à partager ses connaissances sur la qualité de l’air, il semblerait que cette année soit bien différente et nous maintienne sur le bas-côté. Si Nicolas Sarkozy avait dit en son temps: « L’écologie, ça comme à bien faire », l’adage de la rentrée pour le Gouvernement de François Hollande sonne comme un : « La santé-environnement, ça commence à bien faire ».

La « crise environnementale » dont parlait le Président l’année dernière semble avoir disparue des écrans radars. Pourtant, la sincérité dont il avait fait preuve était exprimée en des termes limpides. Ce sujet devait être « mis au cœur des politiques publiques pour répondre à la fois à la crise écologique et à la crise sociale ». Le lien entre santé et environnement était manifestement assumé. Le Centre Internationl de Recherche sur le Cancer nous y aidait, en classant les fumées de Diesel cancérogènes pour l’homme quelques jours avant. La une de Libération sur le sujet, au premier jour d’ouverture de la Conférence était propice a empêcher d’esquiver l’évidence, pourtant scientifiquement renforcée depuis de nombreuses années. Le Diesel émet des particules, qui pénètrent dans nos poumons et nous « aident » à mourir. Le Diesel est une technologie sciemment favorisée en France pour contenter le constructeur automobile Peugeot, alors pourtant reniée par la majorité des autres pays depuis très longtemps. Voilà comment les décisions politiques et le manque de courage aboutissent à des dissonances cognitives telles que l’évolution paraît si difficile.

Fiscalité … alitée

La conférence environnementale version 2012 ouvrait ses portes sur la fiscalité écologique, autre engagement de campagne de François Hollande (la France « connaît un grand retard notamment avec les controverses sur la taxe carbone »). On s’interroge une nouvelle fois sur le pourquoi d’un tel décalage de taxe entre le diesel et l’essence, exception fiscale bien française, injustifiée d’un point de vue sanitaire, environnemental et … fiscal.

A Respire, une partie de la solution était envisagée par l’alignement de la TIPP du Diesel sur l’essence … déjà demandée et débattue régulièrement depuis 15 ans lors des votes du budget. Las. Nouvelle cacophonie du Gouvernement entre les pros et les contres. L’argument santé pèse peu devant un mécontentement probable. Elle ne sera pas effective en 2014.

Pas de Rassemblement pour la Planète et de Respire à la Conférence environnementale … et pourtant.

Comme nous ne serons pas à la Conférence environnementale, car pas invité. Le RPP, que nous avons fondé avec Ecologie sans Frontière, Générations Futures, le Réseau Environnement Santé et Robin des Toits, n’y sera pas. Il faut croire que les enjeux de santé environnementale ont à nouveau disparu. Ce n’est pas une différence de culture, c’est belle et bien une intention. Pourtant, à la vue des tables rondes (1. ECONOMIE CIRCULAIRE / 2. EMPLOIS ET TRANSITION ECOLOGIQUE / 3. POLITIQUE DE L’EAU /4. BIODIVERSITE MARINE, MER ET OCEAN /5. EDUCATION A L’ENVIRONNEMENT ), la prévention des risques sanitaires par la préservation de l’environnement a toute sa place à chaque table ronde.

L’économie circulaire, poussée au plus près de la théorie, évite l’utilisation de produits chimiques. Rien en entrée, rien en sortie. Plus de 100 000 molécules chimiques sont utilisées au quotidien dans nos produits. Pensant bien faire, on les utilise alors qu’ils nous coûtent chers au final. Pas étonnant que, exposés à long terme et même à court terme pour certains, ils nous rendent malade. Pas étonnant que, brûlés en incinérateur ou laissés en décharges, ils empoisonnent l’air, l’eau et le sol.

Concernant l’emplois et la transition écologique, le dernier rapport DARES de septembre 2013, nous révèle que 10% de l’ensemble des salariés, soit près de 2,2 millions de salariés, ont été exposés à au moins un produit chimique cancérogène au cours de la dernière semaine travaillée.

Concernant la politique de l’eau, tous nos cours d’eau sont pollués, aux produits chimiques domestiques, aux pesticides et engrais agricoles, aux médicaments, etc.

Les pollutions marines, si nombreuses en mer et sur les côtes, mettent en péril les habitats et la biodiversité qu’ils abritent.

Quant à l’éducation à l’environnement, si « prévenir » plutôt que « guérir » est bien l’essence même de la philosophie de tous les acteurs de la santé-environnement, pourquoi le rassemblement qui justement réunis les acteurs de la santé environnement n’est pas présent ?

 

  La pollution atmosphérique, par les dommages qu’elle cause sur la santé, l’environnement et le climat, entraîne des coûts non compensés, c’est-à-dire imposés à des tiers en dehors de toute transaction volontaire : c’est ce qu’on appelle des externalités négatives. De nombreuses études ont développé différentes approches depuis les années 90 afin d’estimer ces coûts et révéler les impacts économiques d’une mauvaise qualité de l’air, principalement en termes de santé publique.

Les liens entre pollution de l’air et problèmes de santé révélés par les études épidémiologiques

Le diagnostic d’un problème de santé est fait sur la base d’études épidémiologiques, allant de la surveillance épidémiologique à la recherche et les essais cliniques, selon différentes approches. Une étude descriptive permettra de collecter et d’interpréter l’information sur le nombre de cas et les caractéristiques d’une pathologie ainsi que de surveiller la fréquence sanitaire d’une maladie, tandis qu’une étude analytique recherchera les déterminants de cette pathologie et mettra en évidence des relations causales entre des facteurs de risques et des maladies. Les études évaluatives, elles, vont mesurer l’impact d’une action ou politique de santé.

Les études épidémiologiques menées en France et en Europe (ERPURS, PSAS, APHEIS…) indiquent d’une part que les augmentations quotidiennes de la pollution de l’air ont des effets en quelques jours (crises d’asthme, hospitalisations pour causes respiratoires ou cardiovasculaires, décès anticipés) et d’autre part que des effets à long terme surviennent après une exposition cumulative de plusieurs années à des niveaux moyens de pollution atmosphérique (décès prématurés, affections chronique, cancers).

Par exemple, en France le programme PSAS-9, coordonné par l’InVS, étudie depuis 1997 les risques sanitaires à court terme liés à la pollution de l’air en couvrant 9 grandes villes françaises, et portant sur plus de 11 millions de personnes. Elle montre que le nombre annuels de décès anticipés attribuables à des concentrations de polluants atmosphériques supérieures à 10µg/m3 est de l’ordre de 2 800 pour la mortalité totale, dont 1 100 pour la mortalité cardiovasculaire et 300 pour la mortalité respiratoire.

Les impacts sanitaires dus à une exposition de long terme aux polluants sont le plus souvent étudiés dans des études de cohortes, qui se basent sur un suivi dans le temps d’individus exposés à différents niveaux de pollution (mesurés ou modélisés). Ces études comparent des groupes exposés et un groupe témoin non exposé et mettent en évidence les relations entre des indicateurs d’exposition aux polluants atmosphériques et l’apparition d’événements sanitaires en excès dans la population.

 

Valorisation monétaire des effets externes de court et long terme

Pourquoi établir une évaluation monétaire des impacts de la pollution de l’air ? Après tout si les études permettent de quantifier les cas de maladies, de décès et de symptômes, cela n’est-il pas suffisant ?

On peut trouver plusieurs intérêts à cette monétarisation. Premièrement, les externalités négatives sont de différente nature, agissent à différentes échelles et la valeur monétaire est perçue comme une transformation de ces effets en une valeur commune. Deuxièmement, elle permet de révéler les coûts de ces impacts pour les intégrer dans les prix des biens de consommation et ainsi refléter les vérités environnementales, définir des améliorations technologiques pour diminuer les effets de la pollution de l’air et réaliser des analyses coût/avantage pour les politiques et mesures visant à réduire ces impacts.

Et finalement, afficher un prix des dommages sanitaires et environnementaux permet, à l’heure où le pouvoir d’achat est au cœur des débats, de montrer le gâchis que l’on fait en ne respectant pas la réglementation qui est là pour nous faire du bien.

Principales méthodologies

Comment arrive-t-on à transposer ces effets externes en termes monétaires ? On identifie deux grands types de méthodes d’évaluation des coûts de la pollution atmosphérique dans les différentes études menées depuis plus d’une dizaine années.

La méthodologie descendante ou top-down est basée sur l’estimation du coût global de la pollution de l’air due à une source (transports, industrie…) et l’utilisation de modèles d’émission ; et la méthodologie ascendante, dite bottom-up, est fondée sur les caractéristiques particulières de chaque source et l’utilisation de modèles de dispersion (i.e. prend en compte la diffusion de ces polluants dans l’atmosphère).

Quel que soit le principe retenu, la suite de l’évaluation est assez similaire. Une fois les données déterminées, on utilise des fonctions appelées fonctions dose-réponse (ou exposition-risque) qui permettent de passer des doses de polluants absorbées par le récepteur (population, bâtiments, cultures…), aux dommages physiques (sur la santé publique, les écosystèmes etc.).  Celles concernant la santé sont établies à partir des études épidémiologiques.

Une fonction exposition – réponse peut avoir plusieurs comportements, et ça ressemble à ça :

Les impacts sont ensuite généralement monétarisés selon l’une des approches suivantes :

La première, appelée évaluation du capital humain, repose sur des évaluations des pertes de ressources économiques réelles: les dépenses de traitements et les coûts de l’absentéisme associés à la morbidité, les pertes de consommation liées aux décès prématurés. Les pertes de vies humaines et les jours d’incapacité à travailler sont donc transposés en termes économiques en utilisant les flux actualisés des revenus perdus.

La seconde, l’évaluation contingente, prend en compte les désagréments occasionnés relatifs à la réduction de la qualité de vie en termes psychologiques et physiques (angoisse, douleur, peine, impossibilité d’exercer certaines activités…). Si cela parait plus abstrait, on arrive à faire une évaluation économique à partir des consentements à payer (CAP). C’est ce que chacun est prêt à payer pour réduire le risque de mortalité, de morbidité, et de perte de bien-être. Cela se traduit par une enquête auprès d’un échantillon représentatif de la population. Cette méthode est très utilisée et les résultats d’études bien menées sont considérés suffisamment fiables.

http://www.setra.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/1017w_Rapport_monetarisation_externalites_enHYPERLINK « http://www.setra.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/1017w_Rapport_monetarisation_externalites_environnementales.pdf »vHYPERLINK « http://www.setra.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/1017w_Rapport_monetarisation_externalites_environnementales.pdf »ironnementales.pdf

http://www.ummto.dz/IMG/pdf/Les_Etudes_Epidemiologiques_cle052764.pdf

http://www.airparif.asso.fr/pollution/effets-de-la-pollution-sante

http://www.sante-environnement-travail.fr/minisite.php3?id_rubrique=907&id_article=3704

http://www.invs.sante.fr/surveillance/psas9/

La RTM ne répond pas

L’air dans l’enceinte du métro marseillais est pollué. Le roulement des rames de métro, le système de freinage et la pollution extérieure en sont responsable. En novembre dernier, nous vous faisions part d’une action auprès de la Régie des Transports Marseillais (RTM) concernant la qualité de l’air dans le métro marseillais.

Pour rappel le seuil maximum d’exposition pour les agents du métro est de 5 milligramme par m3 d’air sur une durée de 8 heures. 5 milligramme est égal à 5 000 microgramme par m3 d’air (µg/m3). L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) préconise un niveau d’exposition maximum de 25 μg/m3 en moyenne sur 24 heures pour les particules 2,5 et 50 μg/m3 moyenne sur 24 heures pour les particules 10. Il est donc légalement acceptable pour les agents du métro de respirer un air 100 fois plus pollué que n’importe quel autre Homme qui utilise le métro marseillais.

Pour atteindre notre objectif, qui est de protéger les usagers et les agents du métro, nous avons écrit à la Direction Générale de la RTM.  Pour que toute les parties prenantes soient au courant de nos démarches, nous avons mis en copie la CFDT et Karim Zéribi, député européen du sud-est de la France et président du conseil d’administration de la RTM. L’objectif de notre action est de faire part aux parties prenantes de notre inquiétude concernant l’exposition des salariés et usagers à un air de mauvaise qualité et d’être force de proposition pour faire évoluer la loi dans le bon sens.

Nous n’avons à ce jour pas reçu de réponse ni de la RTM, ni de Karim Zéribi. Nous leur avons donc renvoyé un courrier les enjoignant de nous répondre.

M. Pierre Reboud, ne vous réfugiez pas derrière une législation lacunaire. Prenez vos responsabilités et agissez pour protéger les employés et usagers du métro. L’association Respire vous rappelle que l’article 1er de la Charte de l’Environnement précise que

Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé.

Notre dernier courrier en date à l’attention de M. Reboud.

M. Karim Zéribi, soyez audacieux et proposez des textes de loi qui protège vos administrés et améliore leur vie au jour le jour.

Ne sacrifiez pas vos convictions politiques pour être dans l’air du temps. JFK

Notre dernier courrier en date à l’attention de M. Zéribi.

Pour conclure je cite Stéphane Hessel, un jeune indigné, qui écrit dans « Danse avec le siècle »

Rien n’est impossible à la volonté des hommes pourvu qu’elle soit intense.

Chers habitants des Hauts-de-Seine, si vous saviez …(communiqué de presse)

Le conseil général des Hauts-de-Seine a décidé de supprimer la subvention de 80 000 euros qu’il versait à Airparif. Un geste idéologique maladroit, selon l’association Respire, qui devrait interroger les habitant des Hauts-de-Seine sur l’air que leur joue leur Président, Patrick Devedjian, à l’heure où la France sera probablement condamnée pour non respect de la règlementation sur la qualité de l’air.

Une petite vengeance idéologique

Dans une lettre de quelques lignes sans arguments, Patrick Devedjian met fin sèchement à l’aide du département des Hauts-de-Seine à l’organisme de surveillance de la qualité de l’air, Airparif. Pourtant, après 30 ans de  présence d’un élu des Hauts-de-Seine dans le Conseil d’Administration d’Airparif, aucune des critiques émises par Patrick Devedjian dans la presse n’avait auparavant été formulées. Cette décision, qui ressemble à une petite vengeance idéologique, alors que la France commence tout juste à s’intéresser à la question de la qualité de l’air, de ses effets sur la santé et sur l’économie du pays, creuse un peu plus encore le fossé entre ceux qui se préoccupent de la santé de leurs administrés et les autres.

« Quand M. Devedjian stoppe la participation du département (alors qu’il aurait pu la baisser) à Airparif, alors qu’il s’agit de participer à la mesure de l’air que tout le monde respire, c’est comme s’il coupait des aides financières qui serviraient à mesurer la potabilité de l’eau distribuée aux habitants de son département« , explique Sébastien VRAY, Président de l’Association Respire.

La qualité de l’air dans les Hauts-de-Seine

Cartographie des émissions de dioxyde d’azote dans les Haut-de-Seine en 2011 – Source : Airparif

L’association Respire rappelle la situation de la qualité de l’air en se plongeant dans les données d’Airparif, qui ne s’arrêtera pas pour autant d’informer tout le monde de l’air qu’il respire.

En attendant avec impatience le rapport sur la qualité de l’air en 2012 dans les Hauts-de-Seine, voilà quelques données tirées de celui de 2011. Environ 500 000 personnes sur 1,15 millions d’habitants ont potentiellement été exposées à des valeurs concernant le dioxyde d’azote supérieures à la règlementation (40%), 400 000 pour les particules fines PM10.Pour la protection de la santé, l’objectif de qualité définit pour l’ozone (120 microgrammes par m3 en moyenne sur 8 heures à ne pas dépasser une seule journée) est dépassé sur toutes les stations du département. Au final, pendant près de 80 jours, l’air a été de moyen à médiocre. Il y a eu 13 déclenchements de procédures d’informations et d’alertes.

Loin d’être rose, la situation de l’air cette année devrait sinon se stabiliser, s’aggraver un peu plus, aucune mesure sérieuse n’ayant été prise pour l’améliorer. Peut-être qu’après tout, M. Devedjian a raison : à quoi bon savoir si on ne fait rien ensuite ?

Accident de Lubrizol (Rouen) : que fait la police des installations ?

Accident de Lubrizol : mais que fait la police des installations ?

L’usine de Lubrizol à Rouen, branche française de l’un des plus gros producteur de la chimie mondiale, qui émet encore un gaz odorant, le mercaptan, n’a toujours pas, 3 ans et demie après l’arrêté d’août 2009, établit de Plan de Prévention des Risques Technologiques. Que font donc la Préfecture de Seine-Maritime, la DREAL et la DDTM ?

Que fait la DREAL depuis bientôt 4 ans ?

Depuis le 10 août 2009, l’usine Lubrizol est classée Seveso seuil haut. 9 mois après, le 6 mai 2010, un arrêté de la préfecture oblige à la définition d’un PPRT. Le 19 octobre 2011, soit un peu plus de deux ans après, un autre arrêté de la Préfecture de Seine-Maritime prolonge le délai d’instruction. Puis, le 12 octobre 2012 et le 31 octobre, un an plus tard, toujours la Préfecture de Seine-Maritime, arrête à nouveau la prolongation du délai d’instruction du PPRT, jusqu’au 6 novembre … 2013. L’association Respire s’interroge sur les délais de mise en place d’un document si important.

« Un PPRT est une stratégie de maîtrise des risques pour protéger les populations alentours. Que fait la DREAL depuis bientôt 4 ans ? »

Le manque d’information attire la suspicion

La préfecture de Seine-Maritime dit avoir procédé à des mesures de la qualité de l’air qui concluent à des concentrations en mercaptan inférieures aux normes sanitaires. Pourquoi ces informations ne sont pas disponibles sur le site de la préfecture, qui se contente d’un message laconique ?

« Cet exemple indique une potentielle défaillance du système de prévention des risques, au centre duquel la DREAL et la Préfecture ne joue pas assez bien leur rôle. Beaucoup de questions se posent, sur la toxicité de ce gaz, sur la façon dont est gérée la situation et le niveau d’information fourni par la Préfecture de Seine-Maritime, sur le Plan de Prévention des Risques Technologiques de l’usine, sur ce que nous apprend la mobilité des polluants de l’air et cette notion de « gestion du risque » à laquelle notre société « moderne » faire face en permanence.

>> Pour en savoir plus : Accident à Lubrizol : résumé et questionnement

Un citoyen questionne son député (et la presse)

Guillaume, citoyen et adhérent de Respire depuis la fin de l’année, écrit à son député et à la presse pour les alerter sur un problème de santé publique : le diesel et les émissions polluantes qui en résultent. Il nous fait part de son point de vue et nous transmet ses correspondances avec le député de sa circonscription (Jacques Alain Benisti, député du Val de Marne) ainsi qu’avec la presse.

Guillaume est un citoyen : ni expert, ni militant. Juste un citoyen et un contribuable qui se pose des questions sur l’impact sanitaire et environnemental du diesel et des ses émissions. Guillaume se renseigne sur l’impact sanitaire du diesel dans des revues et publications expertes. Il apprend que les émissions de véhicules diesel sont cancérigènes. Il sait aussi que le diesel en tant que combustible est moins taxé que l’essence. Il ne comprend pas la logique fiscale derrière ça.

Il fait ensuite ce que tout citoyen peut (et se doit de) faire : il écrit à son député.

Respire soutient cette initiative citoyenne qui est simple mais pleine de bon sens. Nos députés sont responsables vis à vis de leurs électeurs. Ils doivent nous rendre des compte. Les citoyens peuvent aussi leur demander des comptes et les alerter sur un sujet d’importance.

Ci-dessous le texte expliquant son action.

En annexe, les courriers envoyés au député et à la presse (avec les réponses de chacun).

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J’habite au bord d’une côte particulièrement passante en banlieue parisienne.

Une odeur tenace et suffocante envahit la rue au passage de la plupart des véhicules, qui sont suivis d’une traînée de gaz brunâtre ou noirâtre. Le bruit du moteur diésel accompagne la forte odeur qui irrite les bronches et pique les yeux. Pourtant les véhicules paraissent récents.

Que respire t-on vraiment ? Est-ce dangereux pour notre santé et celle de nos enfants ?

Nous savons désormais que ces gaz contiennent du sulfure d’hydrogène H2S, du dioxyde d’azote (NO2) et des particules fines de suie qui vont se loger au plus profond des poumons. Ce cocktail est mortel. Ces émissions sont responsables de maladies cardio-vasculaires et respiratoires et entraînent chaque année des dizaines de milliers de décès prématurés. Le diésel a récemment été classé par l’Organisation Mondiale de la Santé parmi les cancérogènes certains.

Pourtant l’achat de ces véhicules est encouragé. En effet, le carburant est défiscalisé, et le bonus écologique donne le sentiment aux acheteurs de rouler avec un véhicule propre. Aujourd’hui, trois véhicules sur quatre en sont équipés dont plus de 95% du parc utilitaire.

Face à ce constat, à défaut d’émigrer vers un autre pays où le diesel est interdit, j’ai adopté quelques comportements et actions accessibles à tous. Pour me protéger, j’adapte mon parcours pour éviter les axes les plus fréquentés. Je tente de convaincre et de développer la prise de conscience en incitant mon entourage à se détourner de l’achat de véhicules diesel.

J’ai par ailleurs écrit à quelques reprises au député de ma circonscription, ainsi qu’aux médias afin d’encourager la diffusion de reportages sur ce scandale de santé publique (pièces jointes). Deux questions parlementaires ont ainsi été posées au gouvernement.

Cet air contaminé que nous respirons quotidiennement me révolte, car il nous expose tous à un danger mortel. De plus en tant que citoyen, je ne respire pas un air sain ce que je suis en droit d’attendre. Je n’ai pas le choix de le consommer ou non. En tant que consommateur, le faire passer pour écologique constitue une tromperie. Enfin en tant que contribuable, la niche fiscale du diesel constitue un coût évalué à plusieurs milliards d’euros par an à la société.

Guillaume

——

Lettre datant de 2010 dans laquelle il alerte son député sur un récent rapport de l’AFSSET qui pointe les impacts des émissions de NO2 sur la santé (Diesel Lettre au député 2010) et la réponse du député (Réponse député 2010). La question du député et la réponse du Ministre publié au Journal Officiel.

Lettre datant de 2012 dans laquelle il questionne Jacques Alain Benisti sur le maintien des avantages fiscaux sur le diesel et son impact sur la
santé et l’économie (Lettre question député 2012) et la réponse du député (Réponse député 2012). La question du député à lire sur le Journal Officiel : pas de réponses pour le moment de la Ministre des Affaires Sociales et de la Santé.

Lettre à la Rédaction d’Envoyé Spécial dans laquelle il suggère une thématique à aborder dans une de leurs prochaines émissions (Lettre Envoyé Spécial 2012) et la réponse de la rédaction (Réponse Envoyé Spécial 2012).

Pollution diesel : ces voix qui se font l’avocat du diable

Depuis le classement des fumées de diesel comme cancérigène certain par le Centre international de recherche pour le cancer (CIRC) en juin dernier, des voix s’élèvent pour nuancer les conclusions de cette antenne de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

 

 

 

Un début de prise de conscience

Tout le monde se souvient de la tempête déclenchées par les conclusion du rapport de l’OMS. Christophe Portier, qui présidait ce groupe de travail, avait résumé les choses ainsi : « Les preuves scientifiques sont irréfutables et les conclusions du groupe de travail ont été unanimes : les émanations des moteurs diesel causent des cancers du poumon ». C’était donc une reconnaissance officielle, entérinant tous les soupçons (ou quasi-certitudes) dont je vous faisais part depuis près de deux ans. Les conclusions du groupe de travail firent l’objet d’une dépêche AFP qui a mis la France face à sa triste situation. Il planait un air de l’an 1 vers la fin du fléau diesel.

Des industriels à la rescousse du diesel

Bien avant les conclusions de ce groupe de travail de l’OMS, PSA défendait bec et ongle la propreté de ses véhicules diesel, grâce au sacro-saint filtre à particules. Avec le filtre à particules et un moteur naturellement «plus sobre» qu’un moteur essence, le diesel était donc logiquement meilleur pour l’environnement que l’essence, selon PSA. Précisons toutefois que cette sobriété n’a de sens que si l’on compte en litres, comme on aime à le faire pour les carburants automobiles d’usage courant (et bizarrement pas ailleurs).
Après PSA, ce fut au tour du Diesel Technology Forum, un institut représentant les constructeurs automobiles et de camions, de s’exprimer, cette fois en réaction des conclusions de l’OMS.
Allen Schaeffer, président de ce forum, met l’accent sur la réduction de la teneur en souffre et sur les progrès technologiques qui ont contribué à rendre les moteurs diesel plus propres. Si le recul des émissions de composés soufrés, dont le dioxyde de souffre, est indéniable, le forum passe à côté du polluant tout autant problématique que les particules, les oxydes d’azotes. Il s’agit d’une véritable tare des véhicules diesel,  dont l’allumage spontané interdit toute régulation. Pire : la dépollution actuelle (limitation du CO, usage de FAP) augmente les émissions de NOx !

Rapport de l’AEE : finalement à charge ?

L’AEE a publié fin novembre son rapport sur l’impact des transports dans la pollution atmosphérique en Europe. À lire les nombreux articles du net publiés début décembre, on pourrait croire que l’AEE minimise aussi le rôle des véhicules diesel. Et pourtant…
Le résumé mentionne de grandes tendances (augmentation du trafic routier face aux renchérissement de ses alternatives en particulier le train, diminution des émissions polluantes du fait de la norme Euro, impact de la crise qui a augmenté la part relative des transports…). Leblogauto apporte plus de détails pour les non francophones (le rapport est en anglais) : ainsi l’AEE rapporte un fait bien connu, à savoir que les cycles de validations ne sont pas du tout représentatifs des conditions réelles de circulation. Les automobilistes étaient les premiers à s’en être rendu compte, passant plus souvent à la pompe qu’annoncé. Mais cela se traduit aussi en terme d’émissions de polluants : des émissions de CO2 proportionnellement plus élevés, mais des taux de NOx qui peuvent être 2 à 4 fois supérieurs !
«Qu’à cela ne tienne ! Avec la norme Euro 6 nous auront des dispositifs de réductions de NOx !». Ces dispositifs qui devrait arriver en 2014 (victimes du diesel d’aujourd’hui, va falloir être patient…), n’auront qu’un impact limité. Ils nécessitent en effet des températures élevées  de gaz d’échappement, ce qui n’est jamais le cas en ville. De mon simple avis, pas de solution miracle tant que l’on compte sur un diagramme normalisé pour valider les émissions de véhicules diesel (Lire davantage ici sur le New European Driving Cycle).

*On considère en général deux tailles de particules, les particules [«tout-court»], ou micro-particules, aussi appelées PM (particules allant jusqu’à 10 microns de diamètre), et les poussières fines/particules fines (en général les PM 2,5 ou inférieur), également appelées nano-particules. La limite d’efficacité des FAP s’arrête souvent aux micro-particules, les nano-particules étant physiquement impossibles à bloquer. De même, des nanoparticules se forment par condensation au refroidissement des gaz d’échappement.

 

Clean air everywhere : Respire à Bruxelles pour le lancement de l’année de l’air

Le premier rendez-vous de l’année pour Respire se déroule aujourd’hui mardi 8 janvier et demain à Bruxelles : Clean air everywhere: blowing the wind of change into european air policy (De l’air pur partout: souffler le vent du changement dans la règlementation européenne). Voilà le programme de l’année 2013, année de l’air.

Révision de la loi sur l’air en Europe

Presque un tiers de la population en Europe est exposé à un air de mauvaise qualité, c’est à dire qui ne respecte pas la règlementation. Cette situation provoque la mort prématurée d’environ 500 000 personnes en Europe ainsi qu’un grand nombre de problèmes de santé qui mènent à l’hôpital, amènent la prise de médicaments supplémentaires et d’un très grand nombre de jours de travail perdus.

L’an dernier, le commissaire à l’Environnement Janez Potočnik a annoncé que la révision des plafonds d’émissions nationales (NEC) serait reportée à 2013, qui serait l’année de l’air en Europe. En attendant, toute la législation de l’UE de l’air est en cours d’examen et soumise à une consultation publique, qui devrait déboucher sur des propositions législatives en 2013.

Lancement de l’année de l’air

La conférence du 8 janvier s’ouvrira par un discours par le commissaire à l’environnement Janez Potočnik. La journée comprendra trois tables rondes, une le matin et deux l’après-midi (voir le programme). La première abordera la réduction de la pollution atmosphérique à la source. La seconde étudiera l’aspect santé publique du problème et la troisième abordera les synergies entre le changement climatique et les politiques de pollution de l’air.

envie d’en savoir plus ? >> Changement climatique et ozone

Nous renvoyons d’une part vers la page « Clean Air Everywhere » du Bureau européen de l’environnement ainsi que vers cette campagne européenne à laquelle Respire participe tout au long de l’année: Russfrei für Klima

Respire et l’année de l’air

Respire est présent aujourd’hui et demain à l’ouverture de l’année de l’air. Nous rencontrerons le Bureau  Européen de l’Environnement (EEB) ainsi que les autres associations actives sur le sujet en Europe, telles que Clean air in London, Levego, Client Earth, Deutsche Umwelthilfe, Heal, Nabu, Quercus, Trasnport & Environnment, VCD, etc.

Cette ouverture au niveau européen constitue le point de départ de l’année 2013 de l’air, un mois avant le deuxième anniversaire de Respire. Pour information, lundi 14 janvier prochain, nous nous rendons au Tribunal de Grande Instance de Paris pour la deuxième partie de notre action en justice contre Peugeot. Rappelez-vous, au sujet de l’affichage du CO2 et de la consommation de carburant dans la publicité automobile, Respire avait été déboutée par le juge.

envie d’en savoir plus ? >> Respire agit en justice contre Peugeot

Sur Twitter : #YearofAir et #cleanair et bien sur @respireasso

 

L’Europe consulte les citoyens

La Commission Européenne consulte les citoyens européen dans le cadre du renouvellement de la politique européenne pour la lutte contre la pollution atmosphérique.

La Direction Générale Environnement organise sur son site la consultation des citoyens et des acteurs de la vie publique et économique. Voila bien deux ans que la Commission Européenne travaille au renouvellement des politiques publiques de lutte contre la pollution de l’air. Cette consultation clôt le travail de la Commission et le texte qui sortira du travail préparatoire et de la consultation sera proposé au Parlement ensuite pour un vote.

Pour prendre part à la consultation, rendez-vous ici.

Respire répondra à la consultation et fera part de ses préconisations pour améliorer la qualité de l’air et la santé de nos concitoyens.

 

2013 année de l’air

L’union européenne a fait de 2013 l’année de l’air. Respire s’investit pour défendre une position française de la société civile. La suite, bientôt sur Repsire.

We wish you and our environment a healthy and happy New Year. As the European Year of Air, 2013 provides an excellent opportunity to make this wish come true.
Air pollution is a major problem in Europe. It is responsible for nearly half a million premature deaths, allergies, respiratory and cardiovascular diseases. Air pollution also affects Europe’s nature and biodiversity and contributes to climate change.

We therefore ask you to strive for a European strategy for truly healthy air. Standards for harmful pollutants such as fine particles, black carbon, nitrogen dioxide and ground level ozone should reflect the need for the protection of both humans and the environment. We also need measures to solve the root causes of the problem, making sure that all construction machines, vehicles, ships, industries and stoves stop polluting our air.

Réduction des émission polluantes : des bénéfices jusqu’à 135 milliards d’euros en Europe

En 2001, l’Union européenne a lancé le programme CAFE, « Clean Air for Europe » (“Air pur pour l’Europe”) qui développe en 2005 une stratégie sur la pollution de l’air décrivant différentes options de réduction d’émission des principaux polluants atmosphériques. Cette étude révèle que si l’on respecte et renforce la législation sur les émissions, les bénéfices sur la santé et l’environnement seront de l’ordre de 42 à 135 milliards d’euros.

Des scenarios pour déterminer les coûts et avantages de réduire les émissions

Le problème de la pollution de l’air, c’est qu’elle entraîne des centaines de milliers de morts prématurées en Europe chaque année, des admissions à l’hôpital qui augmentent, des traitements médicaux supplémentaires, des millions de journées de travail perdues, mais aussi la mise en danger d’écosystèmes, la dégradation de cultures agricoles et des dommages matériels.

L’étude du programme CAFE constitue une analyse assez complète des questions relatives à la pollution de l’air, en prenant en compte :

– Les principaux polluants et leurs interactions : dioxyde de souffre (SO2), oxydes d’azote (NOx), ammoniac (NH3), particules fines (PM2,5), Composés Organiques Volatiles (COV) et ozone (O3)

– Les principales sources d’émission des polluants : l’industrie, les transports (routier et maritime), les ménages, l’agriculture (élevage de bétail, utilisation de fertilisants), les processus de production, la production d’électricité, les déchets, les solvants

– Les effets sur la santé, les cultures, les bâtiments, les écosystèmes et la biodiversité

 

La méthode utilisée pour l’analyse coût-avantages est dans un premier temps d’établir un scénario de base montrant les effets de la pollution de l’air jusqu’en 2020 compte tenu de la législation en vigueur (normes définies par l’OMS) et si aucunes mesures supplémentaires ne sont implémentées. Les prévisions de réduction d’émissions dans l’UE-25, si les normes sont respectées, sont les suivantes : 68% pour le dioxyde de soufre, 49% pour les oxydes d’azote, 45%  pour les VOC, 39% pour les PM10 et 45% pour les PM2,5, et aucune baisse pour les émissions d’ammoniac.

Dans un second temps, le programme définit une situation de réduction maximum des émissions de polluants où toutes les mesures d’abattement possibles seraient déployées. Ensuite, il établit divers scenarios entre ces deux situations, afin d’examiner les bénéfices des différents niveaux d’action.

Des coûts sanitaires toujours exorbitants

Pour la santé humaine, les polluants les plus préoccupants sont l’ozone et les particules fines. Pour les particules fines (PM2,5), les pertes moyennes d’espérance de vie sont estimées autour de 9 mois en 2000. Suivant le scénario de base en 2020, celle-ci passerait à 5,5 mois, soit un gain de 3 mois. De même, on compte en 2000 près de 350 000 décès prématurés (mortalité de long terme adulte et infantile) – correspondant à 4 millions d’années de vies perdues – et plus de 100 000 hospitalisations pour maladies cardiovasculaires et respiratoires, qui pourront tomber respectivement à 270 000 (soit 2,5 milliers d’années de vie perdues) et 68 000 en 2020. Pour l’ozone,  les 21 400 décès anticipés (mortalité de court terme) descendraient à 20 800.

Suivant la méthodologie développée par le projet ExternE de la Commission Européenne, le programme détermine qu’au total, le coût annuel des dommages sanitaires associés à ces deux polluants en 2020 s’élèvera entre 189 et 609 milliards d’euros. Cet écart provient des différentes approches pour évaluer la mortalité et la morbidité en termes monétaires : soit au travers de la valeur de la vie statique (entre 980 000 et 2 millions d’euros), soit de la valeur d’une année de vie perdue (comprise entre 52 000 et 120 000 euros), qui sont deux approches différentes.

Pour la France, les coûts s’élèveront entre 27 et 79 milliards d’euros en 2020.

Des données encore trop faibles pour estimer l’impact sur l’environnement en totalité

On recense trois domaines principaux où la pollution de l’air affecte l’environnement : les cultures, les écosystèmes et les matériaux. L’ozone est reconnu comme étant le problème de pollution de l’air le plus sérieux pour le secteur agricole en Europe, en affectant le rendement des cultures et créant des dommages de cultures.

La salissure des bâtiments (noircissement des surfaces) est due à la déposition de particules (PM10, fumées noires, carbone noir) et les pluies acides, dues aux émissions de dioxyde de soufre, d’oxydes d’azote et d’ammoniac, provoquent l’érosion des bâtiments par la corrosion des matériaux (pierres, métaux, peintures).

Ces derniers polluants contribuent aussi à l’acidification des lacs, rivières et forêts, fragilisant les écosystèmes qui peuvent mettre des décennies à se rétablir. Les sols et les mers sont aussi pollués par des teneurs élevées en azote (NO et NH3), ce qui provoque un phénomène d’eutrophisation, c’est-à-dire l’accumulation de nutriments qui entraîne la prolifération excessive de végétaux aquatiques.

L’application de l’approche développée par le projet ExternE est limitée à la disponibilité des données. Alors que l’on peut quantifier les dommages sanitaires, sur les cultures, et dans une certaine mesure sur les matériaux, les impacts sur les écosystèmes et la biodiversité sont difficiles à estimer.

Les dommages sur les cultures dues à l’ozone, et sur les matériaux dus à l’ozone et le dioxyde de soufre représentent un total de près de 4 milliards d’euros en 2000, et est estimé à 2,2 milliards d’euros en 2020. En dehors de ces chiffres, il faudra attendre les nouvelles méthodes de calcul pour aller plus loin dans la quantification des impacts sur l’ensemble de l’environnement.

Renforcer les mesures de réduction des émissions

Les scénarios A, B, C sont développés sur des niveaux de réduction d’émissions entre la situation de base prévue pour 2020 et la situation optimale. L’étude conclut que tous les scenarios délivrent des bénéfices bien supérieurs aux coûts. Le scénario stratégique définit par le programme CAFE se situe entre les scénarios A et B pour lesquels les niveaux de pollution de l’air délivrés les plus bas se justifient en termes de coûts et bénéfices pour la santé et l’environnement.

Le niveau d’ambition choisi pour la stratégie est ainsi estimé avoir au moins 42 milliards d’euros de bénéfices par an (entre 42 et 135 milliards pour être précis, dont entre 37 et 119 milliards pour la santé). Les améliorations vont requérir d’ici 2020 des réductions d’émissions dans l’UE-25, dont une importance donnée à l’ammoniac, de 82% pour le SO2, 60% pour les NOx, 51% pour les VOC, 27% pour NH3 et 59% pour les PM2,5. L’atteinte de ces objectifs coûterait autour de 7,1 milliards d’euros par an.

Même s’il n’y a pas de consensus sur la monétarisation des bénéfices sur les écosystèmes, les impacts positifs sur l’environnement d’une réduction de la pollution de l’air seront significatifs.

Une dernière remarque

Cette étude montre l’importance de réduire les émissions de polluants dans tous les secteurs et les bénéfices qui pourraient être retirés. Ces bénéfices, nettement supérieurs aux coûts de mise en place de mesures, nécessitent l’application stricte de règles définies par la loi.

Or, il est bon de rappeler que la France est hors la loi depuis le mois de Mars et a été assignée par la Cour de Justice de l’Union Européenne pour avoir (déjà) dépassé les 35 jours de dépassement autorisé des valeurs limites pour les particules fines fixées par la directive européenne de 2008.

A partir de 2013, le contentieux européen sur les particules va coûter à la France entre 10 et 15 millions d’euros d’amende plus jusqu’à 300 000 euros par jour d’astreinte. Il faut croire que l’on aime dépenser de l’argent pour se rendre malade.

Cherchez l’erreur.

 

Conférence de presse en vue de la conférence environnementale

Respire prenait ce matin la parole aux côtés des fondateurs et membres du Rassemblement pour la Planète pour présenter le déroulement de la conférence environnementale de vendredi 14 et samedi 15 septembre 2012 prochain, ainsi que les propositions qui sont faites.

Les propositions du Rassemblement

Vous pouvez télécharger les propositions détaillées du Rassemblement pour la planète et découvrir celles que Respire a rédigé, tant au niveau santé, gouvernance et fiscalité. En effet, l’idée transversale et partagée par les membres du rassemblement, est qu’il existe des liens entre les quatre crises actuelles que sont la crise économique, sociale, écologique et sanitaire. Elles doivent donc être résolues ensemble.

Respire à la Conférence environnementale les 14 & 15 septembre

Les 14 & 15 septembre 2012 prochain est organisée la conférence environnementale, événement Ô combien important pour le Gouvernement socialiste puisqu’il est censé reprendre le flambeau un peu mouillé du Grenelle de l’environnement, le symbole environnemental du précédent gouvernement et dans lequel la thématique santé environnement avait été absente. Cette fois, le Rassemblement pour la Planète est parvenu à obtenir une table ronde dédiée à un sujet sur lequel nous ne pouvons aujourd’hui plus faire l’impasse. Respire participera à ces deux journées et défendra une vision transversale de la résolution des problèmes de pollution de l’air, pour un mieux être sanitaire, une réduction du fardeau économique que représente le Diesel pour la société entière et un nouveau développement.

Respire, le Rassemblement pour la Planète et la conférence environnementale

Respire fait partie des fondateurs du Rassemblement pour la Planète, initiative proposée par Écologie sans Frontière. ESF ouvre donc à ce mouvement composé de 7 ONG et de nombreux appuis associatifs de tous bords un accès à la Conférence environnementale qui se tiendra vendredi 14 & 15 septembre 2012 prochain, organisée par le Gouvernement actuel. Deux jours, pendant lesquels nous assisterons à une introduction du Président de la République (une demi journée), deux demi-journées de tables rondes animées par les ministres du Gouvernement en charge de chacun de ces dossiers et un rendu conclusif.

  • Préparer le débat national sur la transition énergétique
  • Faire de la France un pays exemplaire en matière de reconquête de la biodiversité
  • Prévenir les risques sanitaires environnementaux
  • Développer une localité écologique efficace et juste
  • Améliorer la gouvernance environnementale

Peu de temps donc pour aborder en détails. Nous parlerons de l’essentiel et demanderons une suite à ces discussions.

 

Une pollution de 14 000 voitures sur l’eau

En lisant le journal Le Monde daté du mardi 10 juillet 2012, nous découvrons un problème de pollution à Venise, dû au trafic de paquebots géants de tourisme qui circulent aux abords de cette ville, classée au patrimoine mondiale de l’UNESCO depuis 1987. Nous découvrons également cette donnée fournie par un comité local de protestation : « En une seule journée, chaque paquebot libère une pollution égale à 14 000 voitures ».

Le tourisme source de pollutions de l’air

Pablo nous a fait part dans son premier article d’hier d’un problème de tourisme terrestre dans la capitale, avec le défilé de cars. Nous voilà, dans le même genre, sur un problème de pollution issue des paquebots géants.

Protéger la ville des paquebots géants de tourisme …

Un des problèmes à Venise, ce sont apparemment ces paquebots géants de tourisme qui rasent la cité. Ces monstres de luxe qui sont trois plus hauts que les édifices historiques font des ronds dans l’eau et ne sont pas sans poser quelque soucis. Beaucoup de personnes, dont le maire en première ligne, des scientifiques et des associations locales s’inquiètent des répercussions que ces mouvements peuvent ou entraînent déjà sur la lagune et la ville : effet de pompe sur les vases jusqu’à faire trembler la basilique Saint Marc, vagues profondes creusant les fonds, risque de perte de contrôle du navire et pollution de l’air.

Sur ce dernier point, le comité No grandi navi Venezia assure que chaque paquebot rejetterait une pollution équivalente à 14 000 voitures. A raison de 3 500 passages par an, cela nous fait 49 millions de voitures. Le calcul ne donne bien entendu qu’un effet visuel, mais on constatera sans mal la forte pollution engendrée. Le maire de la ville, forcément, râle et nous offre une comparaison pour nous représenter cette situation:

Ces bateaux dans le bassin de Saint-Marc, c’est comme si on autorisait des camions de transports internationaux à circuler dans la zone piétonne de la cathédrale de Milan.

Il proteste, et ce d’autant plus que les retombées touristiques de ces va-et-vient n’ont pas l’air si évidentes que ça pour Venise:

Les grands paquebots traitent avec les autorités portuaires qui dépendent de l’État. Ils versent 40 000 euros à chaque mouillage. Il y a 3 500 passages par an. Cela ne rapporte rien à Venise. Les deux millions de passagers qui débarquent ne dépensent rien, tout juste une boisson. »

en redonnant l’autorité au maire de Venise …

Un sénateur de Venise, Felice Casson doit présenter un projet de loi « Pour la sauvegarde de Venise et sa lagune » aux habitants de la cité. Comme il est expliqué dans le journal, ce projet en discussion devant la Commission pour l’environnement du Sénat, prévoit de confier au maire de Venise la pleine autorité sur la gestion de la ville et de sa lagune, qui pour le moment dépend de l’État, propriétaire du bassin de Saint Marc (la grande place d’eau de la ville).

Le maire, toujours, nous offre une autre comparaison: « C’est comme si le maire de Paris n’avait pas son mot à dire sur la place Vendôme ». Rappelons que parfois, cela arrive. La mairie de Paris, par exemple, n’a pas autorité sur la gestion du périphérique alors qu’elle doit s’occuper de son entretien …

Pour avoir plus d’information sur la situation à Venise, nous vous conseillons ce blog d’un habitant de Venise : http://vivre.venisejetaime.com/fr/no-grandi-navi/

Signez l’appel « Stop aux subventions à la pollution »

Respire a décidé de signer l’appel « STOP AUX SUBVENTIONS A LA POLLUTION lancé par le Réseau Action Climat (RAC-F) et la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme (FNH) parce que certaines subventions entraînent indirectement des conséquences sanitaires importantes. Faîtes comme nous. Signez cet appel, soutenu par une très grande liste d’associations de protection de l’environnement (santé, énergie, biodiversité).

Demandez l’arrêt des subventions à la pollution et la mise en place d’une fiscalité française cohérente et écologique

Monsieur le Président de la République, mesdames et messieurs les parlementaires, à l’heure où des solutions sont recherchées pour réduire le déficit public, la France doit supprimer les nombreuses subventions nocives pour l’environnement, qui vont à l’encontre du principe pollueur-payeur.

Pour les seules subventions à la consommation d’énergies fossiles, 6 milliards d’euros sont dépensés chaque année, principalement dans le secteur des transports ! Ces aides publiques (exonérations de taxe, TVA réduite, etc.) augmentent les émissions de gaz à effet de serre, la pollution de l’eau et de l’air, la consommation de ressources naturelles et nuisent à la biodiversité.

Les conséquences sur la santé publique d’une politique de réduction des taxes sur le gasoil a conduit notre pays à se doter du parc automobile le plus dieselisé du monde. Les moteurs diesel favorisent l’émission de particules fines, dangereuses pour la santé humaine. La France ne respecte pas la loi sur les particules fines, ni sur le dioxyde d’azote, lui aussi émis en grande partie par les véhicules diesel. Le programme du Bonus-Malus, qui a coûté la bagatelle d’environ un milliard d’euros, aura accentuer le problème.

Ensemble, nous appelons à une refonte profonde de la fiscalité française, une réforme écologique et cohérente en commençant par mettre fin aux avantages fiscaux accordés aux secteurs et activités polluantes.

SIGNEZ L’APPEL