Respirez ! Solutions pour lutter contre la pollution de l’air

Dans son dernier ouvrage, Olivier Blond, président de Respire, dresse un état saisissant de ce qui est la plus grande crise sanitaire de ce début de siècle. Il montre aussi les nombreuses solutions qui existent pour y remédier. Voici les premières ligne de son livre, publié aux éditions Eyrolles.

La pollution de l’air tue plus que les guerres, les meurtres et les accidents réunis. En France, elle cause près de 48 000 morts prématurées chaque année. Soit autant de victimes que l’amiante en vingt ans, 20 fois plus que les affaires du sang contaminé ou du Mediator et 200 fois plus que la vache folle. Elle est ainsi à l’origine du plus grand scandale sanitaire français.

Les études scientifiques s’accumulent, les pics de pollution se succèdent et la liste des victimes s’allonge. La pollution de l’air est devenue la troisième cause de mortalité en France, derrière la cigarette et l’alcool. Mais depuis vingt ans, personne ou presque n’a rien fait.

Les victimes restent invisibles, comme l’est la pollution la plupart du temps. Mais lors des pics de pollution, tout devient perceptible ; chacun peut ressentir ce goût collant et métallique dans la gorge, quand les yeux ou le nez piquent, quand les lampadaires s’entourent d’un halo inaccoutumé, quand la tour Eiffel disparaît dans une brume persistante. En décembre 2016, la France a connu le plus long de ces pics de pollution depuis que l’on en prend la mesure. Une dizaine de jours en région parisienne, trente-trois jours d’affilée en vallée de l’Arve, autour de Chamonix. Les services de pneumologie ont connu un regain d’affluence.

Respirez Olivier Blond
Respirez – Solutions contre la pollution de l’air – Olivier Blond – Eyrolles

Mais le véritable danger réside dans l’exposition quotidienne à des polluants toxiques qui entrent dans nos poumons pour pénétrer ensuite l’ensemble de notre corps et causer cancers et troubles cardio-vasculaires mortels.

Comme dans les autres scandales sanitaires, mais à une échelle plus large encore, on retrouve avec la pollution de l’air un écheveau d’aveuglements politiques, de données scientifiques enterrées, d’intérêts industriels égoïstes, de fraudes (dont l’affaire Volkswagen ne constitue qu’un aspect), de lobbying honteux, de dysfonctionnements et d’abandons à presque tous les étages des institutions censées nous protéger.

Mais cette crise sanitaire majeure s’est développée sur une durée inaccoutumée : plus de deux décennies. Et ces vingt années de déni ou d’intrigues nous placent aujourd’hui dans une situation critique, face à laquelle aucune demi-mesure n’est satisfaisante. Quelques jours de circulation restreinte ne résoudront pas le problème après tant d’années d’inaction, les véritables solutions nécessiteront un courage tenace et une volonté politique forte.

La crise de la pollution de l’air est ainsi une crise politique, au sens étymologique du terme : elle concerne la cité, la manière dont nous vivons ensemble. Par-delà l’enjeu sanitaire, évidemment primordial, elle porte en elle une remise en cause profonde de la gestion politique des questions de santé publique et d’environnement.

Afin de mettre en œuvre les solutions qui s’imposent, il faudra dépasser les clivages apparus  progressivement autour de ce thème entre la gauche et la droite, entre les habitants des centres-villes et des banlieues, entre les automobilistes et les piétons. Pour sauver des vies, il ne faudra pas moins que réconcilier la France.

Mais la bonne nouvelle est ici que nous assistons à une transformation rapide. Les données politiques, économiques, technologiques, industrielles, juridiques, médiatiques, bref l’ensemble de notre écosystème est en train de se transformer sous nos yeux pour nous permettre d’envisager enfin des solutions à la pollution de l’air. En tout cas en Europe.

Difficile de tracer avec précision le début de cette révolution. C’est peut-être la décision de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de classer les fumées de diesel comme cancérigène, en 2013, qui a initié une dynamique profonde et inauguré une série de travaux scientifiques majeurs. Le scandale Volkswagen a quant à lui causé un séisme dont les multiples répliques ont sapé la respectabilité et la confiance de toute l’industrie automobile. La révolution sans précédent que connait actuellement le monde automobile, entre voiture électrique, voiture autonome ou voiture partagée a contribué à modifier l’attitude des grands groupes industriels. Les mesures fortes qu’Anne Hidalgo a portées à Paris, et les controverses qu’elles ont suscitées, ont marqué d’une manière décisive le débat public en France et jusque dans le monde entier. Les décisions de justice qui se sont succédé, entre le Conseil d’État, la Cour européenne de justice ou la Cour suprême du Royaume-Uni ont pesé d’un poids indéniable sur les décideurs politiques. Mais  les lanceurs d’alerte, au rang desquels il faut placer l’association Respire, que j’ai l’honneur de présider, et qui se bat depuis sa création, en 2011, pour l’amélioration de la qualité de l’air et la protection des victimes, ont joué aussi leur rôle.

Lequel de ces éléments a fait basculer l’édifice ? C’est une constance des révolutions et des changements de paradigmes : les résistances semblent insurmontables et tout d’un coup elles s’effondrent. Les exemples sont multiples. La Structure des révolutions scientifiques de Thomas Kuhn en rend compte tout comme, dans l’histoire des idées, La théorie de mèmes de Susan Blackmore.

Quoiqu’il en soit, il faut se féliciter de cette révolution. Les vingt dernières années sont marquées par une inaction coupable ; les vingt prochaines pourraient être celles d’une résolution du problème. A cette échéance, la pollution de l’air pourrait ne plus être le problème majeur qu’il est aujourd’hui en France ou en Europe occidentale. L’impact sanitaire pourrait être considérablement amoindri.

Vingt ans, c’est trop long, et cela signifie un nombre de victimes encore bien trop élevé. Mais nous pouvons nous réjouir de la transformation qui commence sous nos yeux et à laquelle chacun peut participer.

Respirez – Solutions pour lutter contre la pollution de l’air, Editions Eyrolles, mars 2019.

Respirez Olivier Blond
Respirez – Solutions contre la pollution de l’air – Olivier Blond – Eyrolles
La Commission européenne savait déjà pour Volkswagen depuis 2010

Le Diesel Gate n’en finit plus de livrer ses informations toujours plus choquantes les unes que les autres, suite à la révélation de tricherie du groupe automobile Volkswagen. Cette fois, on apprend par le journal anglais The Guardian que la Commission européenne a été avertie il y a 6 ans déjà, en 2010, par son propre Centre de Recherche Scientifique, le Joint Research Center, qu’un constructeur utilisait possiblement un logiciel de fraude pour masquer les émissions de dioxyde d’azote pendant les tests d’homologation.

Une norme européenne au rabais ? Signez si vous n’êtes pas d’accord

Le saviez-vous ? La norme française sur l’air, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, est produite à Bruxelles. Vous savez, quand on parle de particules fines et de dioxyde d’azote, il y a des limites à ne pas dépasser. Et bien c’est là-bas qu’elles ont été définies, en 2001 et c’est aussi là-bas que les normes sont en train d’être révisées. Ce n’est pas parce qu’on ne respecte pas la loi, en France et ailleurs en Europe, qu’il faut éviter d’aller encore plus loin !

Oui, ok, c’est complexe et ennuyeux, mais faîtes nous confiance et signez la pétition lancée par nos amis de Respire Strasbourg, car ce qui va se voter déterminera des normes pour les 15 prochaines années.

Signer, pour quoi faire ? Si ce n’est pour remporter une grande victoire, au moins pour dire que ça vous concerne.

La révision des plafonds d’émission pour les polluants de l’air

Vu que vous êtes concernés par la qualité de l’air, nous vous proposons d’aller plus loin sur le sujet en lisant ce premier article : La révision de la directive National Emission Ceilings (NEC), qu’est-ce que c’est ?

 

Les ONG françaises dénoncent la mise à mort programmée des paquets « Qualité de l’air » et « Economie circulaire » par la Commission européenne

Les ONG françaises dénoncent la mise à mort programmée des paquets « Qualité de l’air » et « Economie circulaire » par la Commission européenne

 

Paris, le 12 décembre 2014 – Les ONG de protection de l’environnement françaises travaillant sur la qualité de l’air et l’économie circulaire tiennent à faire connaître leur soutien à la lettre envoyée par les 10 plus importantes ONG européennes (European Environmental Bureau, Transport&Environment, Birdlife, Greenpeace, WWF, CEE Bankwatch Network, Climate Action Network, Friends of the Earth, Health & Environment Alliance, Naturefriends International) au Vice-Président de la Commission européenne Timmermans pour protester contre le retrait possible des Paquets « Qualité de l’air » et « Economie circulaire ». Selon les récentes informations relayées par la presse européenne, la Commissioneuropéenne a l’intentionde retirerles deuxséries de propositionset d’enfaire l’annoncelors de la présentation de sonprogramme de travail2015la semaine prochaine.

Ces évolutions sont très inquiétantes. Alors que la protection de l’environnement et la durabilité étaient déjà absentes du programme de travail de la Commission européenne pour 2015, le Vice-Président Timmermans prévoit en plus de retirer deux textes fondamentaux qui pourraient apporter des bénéfices majeurs à la santé des citoyens, à l’environnement et à l’économie européenne.

« Si elle retire la proposition sur la qualité de l’air, la Commission européenne va manquer l’opportunité de prévenir 58 000 décès prématurés chaque année. La qualité de l’air reste en effet la première cause environnementale de mort prématurée en Europe. La Commission choisit aussi d’ignorer les énormes bénéfices potentiels pour l’économie européenne que ce paquet pourrait apporter. Il pourrait ainsi fournir des bénéfices en terme de santé allant de 40 à 140 milliards d’euros en coûts externes évités, et 3 milliards d’euros en bénéfices directs liés à une plus grande productivité des travailleurs, une diminution des frais médicaux, des rendements agricoles plus élevés et moins de dégâts sur les bâtiments » déplore Sébastien Vray, président de l’association Respire.

« Retirer le paquet économie circulaire irait à l’encontre de la priorité numéro un de la Commission européenne, car elle échouerait à créer 180 000 nouveaux emplois à travers la prévention et la transformation des déchets en ressources. Les mesures prévues dans ce paquet contribueraient non seulement à rendre les entreprises européennes plus compétitives en réduisant la demande et la dépendance à des ressources rares et couteuses venant d’autres continents, mais également à lutter contre l’impact sur le changement climatique des émissions liées au gaspillage de ressources » regrette Delphine Lévi Alvarès, responsable du Plaidoyer chez Zero Waste France.

Ensemble, Zero Waste France, France Nature Environnement, les Amis de la Terre, Respire, Surfrider Europe, Générations futures, le Réseau Action Climat France, Agir pour l’Environnement, Greenpride, la Fondation Nicolas Hulot et Générations Cobayes demandent donc à la Commission européenne de revenir à la raison et de prendre en compte le soutien quasi unanime apporté à ces textes, y compris par la plupart des Etats membres (voir la lettre de 11 ministres de l’environnement européens à la Commission européenne cosignée, par Ségolène Royal), en maintenant les paquets « Qualité de l’air » et « Economie circulaire » à son agenda de travail, pour le bien des citoyens, de l’économie et de l’environnement européens.

Le paquet air menacé de retrait par la Commission Européenne!

Les négociations sur les standards de qualité de l’air en Europe sont en danger. La Commission menace de mettre un terme aux négociations sur la révision du Paquet Air.

Mme Royal, M. Junker et la qualité de l’air

Ségolène Royal, Ministre de l’environnement en France et Jean-Claude Junker, Président fraîchement élu de la Commission Européenne semblent reculer, tous les deux en même temps, devant la pollution de l’air. Péage gratuit le week-end, suppression de l’éco-taxe, suppression des mesures de la qualité de l’air intérieur dans les lieux publics, suppression de l’interdiction des feux de cheminées à foyer ouvert en région Île de France pour l’une. Retrait du paquet Air en discussion pour l’autre.

Le Paquet Air qu’est-ce que c’est?

Les propositions du paquet Air incluent notamment un abaissement plus ambitieux des limites d’émissions des principaux polluants.

Alors que la qualité de l’air reste la première cause environnementale de mort prématurée dans le monde, les standards européens sur l’air sont encore moins strictes que les standards américains et bien loin des recommandations de l’OMS.

Les négociations du paquet air permettraient de rendre ces standards plus strictes et d’améliorer concrètement la qualité de l’air des villes européennes. Pourtant, les discussions risquent fort de tourner court.

Quel avenir pour le Paquet Air?

Respire, membre du Bureau Européen de l’Environnement (EEB), a co-signé une lettre à l’attention de M. Juncker et de M. Timmermans leur demandant de poursuivre les négociations sur la révision du Paquet Air et de maintenir l’ambition environnementale de l’Union Européenne. Une seconde lettre faisant la même demande a été signée par 16 ministres européens de l’environnement dont Ségolène Royal.

L’avenir du paquet Air sera discuté ce matin lors de la conférence des Présidents des Commissions avec M. Juncker, M. Timmermans, M. Schultz et les présidents des différents groupes politiques.

Respire et le Bureau Européen de l’Environnement demandent au Parlement de s’opposer à cette négation du processus démocratique qui empêcherait toute discussion ou négociation autour des engagements pour améliorer la qualité de l’air en Europe.

 Et vous que pouvez vous faire?

Comme nous, interpellez vos députés européens pour insister sur l’importance de sauvegarder le paquet air.

Et signez les pétitions en ligne:

https://secure.avaaz.org/en/petition/The_European_Commission_European_Commission_Dont_poison_our_air_and_our_politics/?sukmNib

https://www.change.org/p/european-commission-president-jean-claude-juncker-don-t-scrap-the-eu-s-clean-air-package

Petit cours sur la pollution de l’air par l’Union Européenne (en anglais)

Mercredi 19 novembre, a été publié le rapport 2014 de l’Agence Européenne pour l’Environnement (AEE) sur la qualité de l’air en Europe de 2003 à 2012. Ce rapport rappelle que la pollution de l’air reste le premier facteur environnemental de mort prématurée en Europe! Il illustre aussi très bien les différents enjeux de la qualité de l’air au niveau européen.

 

Petit cours sur la pollution de l’air par l’Union Européenne en images:

 Les effets sur la santé des différents polluants

Les effets sur l’environnement de ces polluants

Et les effets sur le climat

Les concentrations annuelles en PM2.5

Les concentrations annuelles en PM10

Les concentrations annuelles en O3

Les concentrations annuelles en NO2

Les émissions des différents polluants sont en baisse…

(notez cependant l’augmentation du BaP)

… Mais la population européenne reste surexposée

Les valeurs limites fixées par l’Union Européenne…

…Restent pourtant moins strictes que celles de l’OMS (fixées pour notre santé) et même moins strictes que celles des États-Unis!

Et pour finir, pour les passionnés, la législation Européenne en détail!

Pour plus d’informations sur la qualité de l’air en Europe de 2003 à 2012 : Rapport Air Quality in Europe 2014 (en anglais)

Pour plus d’informations sur la qualité de l’air en France de 2003 à 2012 : Fiche pays pollution de l’air – France (en anglais)

Et maintenant contrôle surprise!

 

Les États rappelés à l’ordre par la CJUE sur la qualité de l’air

La Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) s’est prononcée mercredi 19 novembre sur l’obligation de résultat des États membres concernant la qualité de l’air et sur le pouvoir de sanction des juridictions nationales.

Dans l’affaire qui opposait le Royaume-Uni à l’ONG Client Earth, la Cour reconnaît aux juges nationaux le droit d’user de tout moyen pour contraindre les États à établir un plan d’action permettant d’atteindre, au plus tard au 1er janvier 2015, les valeurs limites de concentration de polluants de l’air fixées par le droit européen.

Aujourd’hui, 17 États Membres ne respectent pas encore les limites fixées pour les PM10 et 18 États Membres, celles fixées pour le NO2. Alors que 2015 surviendra inévitablement dans 27 jours, cette décision met en garde ces États en constant dépassement, dont la France qui ne respecte ni les limites pour les PM10, ni celles pour le NO2.

 

 

Chers parlementaires européens, il serait temps d’améliorer la qualité de l’air! (vidéo)

La pollution de l’air est un gros problème en Europe. Chaque année, des centaines de milliers de personnes meurent prématurément à cause de la mauvaise qualité de l’air dans l’Union Européenne. Les parlementaires européens ont entre leurs mains, le pouvoir de changer les choses.

Les euro-députés vont bientôt revoir les directives européennes sur la qualité de l’air

Dans les mois à venir, les euro-députés vont redéfinir les directives européennes sur la qualité de l’air. Parmi celles-ci:

La directive relative aux plafonds nationaux d’émission (NEC) qui fixe les limites d’émissions nationales annuelles autorisées pour le dioxyde de soufre (SO2), l’oxydes d’azote (NOx), les composés organiques volatiles (COV) et l’ammoniaque (NH3). Ces 4 polluants sont responsables des phénomènes d’acidification, d’eutrophisation et de formation d’ozone troposphérique.

La directive NEC impose également aux États membres l’élaboration de programmes de réduction progressive de leurs émissions.

La directive relative aux installations de combustion de taille moyenne (MCP) qui aura pour objectif de fixer les limites d’émissions provenant des installations de combustion moyennes pour certains polluants. Pour le moment la législation européenne ne concerne pas encore ce type d’installations. Seules les installations de grande taille sont règlementées (directive LCPD).

Ou encore la directive relative aux émissions des engins mobiles non routiers avant leur commercialisation. Il s’agit par exemple de machines utilisées pour les travaux (bulldozers, …).

Cette vidéo montre la nécessité de renforcer la législation sur l’air au niveau européen

Vidéo: MEPs, it’s time for cleaner air!

Cette vidéo, produite par le Bureau Européen de l’Environnement, illustre la qualité de l’air que respirent les euro-députés dans le quartier européen de Bruxelles.

Les mesures relevées dans le quartier montrent de préoccupantes concentrations de particules ultra-fines (<PM1 – entre 20 nanomètres et 1 micromètre) par centimètre cube d’air (cm³). Les particules ultra-fines sont les plus dangereuses pour la santé et restent pourtant toujours non-règlementées dans l’UE.

En les confrontant à la pollution de leur air, cette vidéo invite les euro-députés à agir pour renforcer la législation sur l’air au niveau européen.