Communiqué de presse, Covid, JURIDIQUE, Pollution de l'air

Confinement : Respire dépose un référé liberté pour obtenir la réouverture des parcs et jardins en zone rouge.

Paris parcs Respire

Photo by 42 North on Unsplash

Respire a déposé le 25 mai un référé-liberté devant le Conseil d’Etat pour la réouverture des parcs et jardins en zone rouge.

L’actuelle interdiction d’accès aux parcs, jardins et autres espaces verts en zone rouge a encouragé les attroupements sur la voie publique transformant les trottoirs ou de simples impasses en lieux de rassemblement et de socialisation au mépris des normes sanitaires exigées pour juguler la propagation de l’épidémie de Covid-19. (1) « Cette mesure est totalement contre-productive, et chacun peut le constater, estime Olivier Blond, directeur de Respire. Parce qu’ils n’ont pas accès aux espaces publics, les gens s’agglutinent comme ils peuvent sur les trottoirs ou les bas cotés. Ils ne respectent pas les distances de sécurité et s’exposent à un risque accru de transmission du Covid-19. La situation est absurde. »

L’ouverture des bois de Boulogne, de Vincennes, et de la Courneuve montre pourtant que l’accès aux espaces verts, selon des modalités bien précises, est compatible avec la lutte contre le coronavirus.
Le gouvernement pourrait donc réglementer l’accès aux parcs et jardins publics en prévoyant par exemple des plages horaires selon les catégories de personnes ou en interdisant certaines pratiques ou activités telles que le pique-nique ou une présence statique prolongée. La Maire de Paris, Anne Hidalgo, a proposé ce genre de dispositif, comme d’autres personnalités.

Empêcher les citoyens d’accéder à ces espaces verts contribue à aggraver une situation sanitaire inquiétante, quand des millions de citoyens sont confinés depuis le 16 mars dans des appartements exigus et insalubres. L’accès aux espaces verts offre en effet des bénéfices de santé variés et connus. L’interdiction actuelle pose une question de santé mentale, mais aussi une question de santé respiratoire : la pollution de l’air intérieur étant problématique dans de nombreux cas, il est essentiel que les citoyens puissent prendre l’air ailleurs que sur les trottoirs pollués par le trafic routier. L’Anses estime que la pollution de l’air intérieur coûte au pays 19 milliards d’euros par an, dont l’essentiel « tient à la mortalité et à la baisse de la qualité de la vie des personnes victimes d’une pathologie. » (2)

« Il existe une véritable urgence sanitaire à ce que les habitants d’Ile-de-France puissent avoir accès aux parcs et jardins publics dans la mesure où nombre d’entre eux vivent depuis le 16 mars dernier dans des logements exigus et parfois insalubres« , affirme Olivier Blond.

Enfin, cette interdiction est injuste socialement. Ce sont souvent les personnes les plus modestes qui habitent dans les logements les plus petits et les plus pollués. Ceux sont elles, qui ont le moins d’accès à la mobilité et qui ne pourront pas de rendre dans les rares parcs et jardins actuellement ouverts. « Cette interdiction frappe davantage les citoyens les plus pauvres, ceux qui habitent des logements exigus sans accès à la verdure, ceux qui n’ont pas les moyens de partir trois mois dans une résidence secondaire. Il y a une inégalité de traitement scandaleuse qu’il faut résoudre rapidement », déclare Olivier Blond.

L’association a mandaté Pierre-Eugène Burghardt, avocat au Barreau de Paris pour la représenter dans cette procédure.

 

Notes
1. Décret n° 2020-548 du 11 mai 2020 interdisant l’accès du public aux parcs, jardins et autres espaces verts aménagés dans les zones urbaines dans les territoires classés en zone rouge.
2.  Étude exploratoire du coût socio-économique des polluants de l’air intérieur, Rapport d’étude, avril 2014, agence nationale de sécurité sanitaire, alimentation, environnement, travail.

9 Comments

  1. Natacha

    Tout d’abord, je tiens à préciser que je n’ai rien contre votre association, bien au contraire ! Mais quand je lis : « L’ouverture des bois de Boulogne, de Vincennes, et de la Courneuve montre pourtant que l’accès aux espaces verts, selon des modalités bien précises, est compatible avec la lutte contre le coronavirus », je me demande si nous vivons dans des mondes parallèles. Vous êtes sérieux? Parce que moi j’y étais hier au bois de Vincennes, entraînée à contrecoeur par mon conjoint. Autout du Lac Daumesnil c’était blindé de monde, et pas seulement dans sur les chemins. Les pelouses étaient envahis de groupes en train de pique-niquer, de fêter un anniversaire ou autre. La distanciation physique on oublie et le masque, alors là… Les 3/4 des gens n’en avaient pas (et pas parce qu’ils étaient en train de manger, c’était le milieu de l’après-midi). C’était un peu mieux si on s’enfonçait un peu plus loin dans le bois mais là pareil, les masques on oublie. Donc, oui, je suis totalement d’accord pour que nous ayons tous le droit d’aller nous balader dans des espaces verts, mais quand je vois la vitesse à laquelle les gens oublient ces dernières semaines, je ne suis franchement pas rassurée. Et ne venez pas me dire que si on rouvre les parcs parisiens, tout ça va se diluer. J’habite près des Buttes-Chaumont. Si c’est rouvert demain, les pelouses seront également bondées. Je comprends l’envie de vert, de nature, oh que oui, mais à quelle prix ?

    • MATHIAS Jean-Christophe

      Le bois de Vincennes est vaste et ouvert: il est donc très difficile, voire impossible d’en contrôler les accès, encore moins ce qui se passe à l’intérieur. De plus, le fait que ces bois soient excentrés oblige les parisiens qui souhaitent en profiter à prendre les transports en commun, ce qui est risqué, ou un véhicule personnel, ce qui pollue… En revanche, les parcs de la Ville de Paris et alentours sont clos avec des portes d’entrée et de sortie: il est donc très simple d’en contrôler les accès en filtrant les personnes qui y pénètrent, et de surveiller ce qui se passe à l’intérieur. Il n’est bien évidemment pas question d’ouvrir ces parcs à tout vent, mais avec les moyens des mairies parisiennes, il serait tout à fait possible d’y faire appliquer l’obligation de porter un masque ou une interdiction de s’asseoir par exemple (avec exclusion en cas de manquement). On peut aussi imaginer un système d’inscription préalable avec un temps limité pour y rester afin qu’il y ait une rotation des personnes, chose qui est par contre impossible à contrôler dans les rues ou sur les places. Donc non seulement les parcs et jardins pourraient être ouverts avec toutes les conditions de sécurité, mais ils peuvent même l’être bien plus que les rues, les places et les bois, pour peu qu’on veuille bien s’en donner les moyens.

  2. Tanguy

    Enfin !!
    Bravo pour votre action !
    Nos enfants sont en train de crever d’ennui dans nos appartements, pris en otage par ce qui ressemble à un bras de fer entre l’État et la ville/la région, probablement à des fins électoralistes en vue du deuxième tour des municipales.
    Il faudra que les responsables répondent de ce scandale social, une confiscation de l’espace public non rentable au profit des centres commerciaux…

  3. CALLET

    Cette mesure est complètement idiote. On peut prendre les transports en commun, mais le virus ne serait dangereux que dans les espaces verts ? Allons donc, c’est fait pour em… et infantiliser le monde. Avec des masques et une réglementation efficaces comme les promet Anne Hidalgo, il n’y aurait que des avantages à rouvrir les jardins.

  4. Elma

    Indispensable réouverture des parcs et jardins! Après le confinement strict, on peut sortir certes, mais on se retrouve à “prendre l’air” dans les rues, espace public où les véhicules motorisés sont partout, qu’ils circulent ou qu’ils stationnent….. et le bruit est revenu. Il y a un gros travail de révision de la répartition de l’espace public pour qu’il soit apaisé et mieux partagé! Oui pour la réouverture des parcs, on en a terriblement besoin !

  5. til

    Enfin ! Mais pourquoi attendre le 25 mai ? J’attends ce référé depuis le mois de mars !
    Ces gens fabriquent des suicidaires, des malades mentaux, des malades de la pollution, des convalescents du covid incapables de se guérir car incapables d’accès à la nature, des malades cardiaques. C’est SCANDALEUX ET UN CRIME DE SANTE PUBLIQUE !
    Quant aux gens qui craignent le non-respect des distances de sécurité, qu’ils n’y aillent pas. Personne ne les oblige à y aller. Qu’ils se gèrent eux-mêmes et qu’ils laissent autrui gérer sa propre vie. La liberté, ce n’est pas pour les cochons et les pulsions totalitaires d’une partie de nos concitoyens commencent à bien faire.

  6. Auberge genevieve

    Merci pour nous tous de votre action. Je crois à la responsabilisation des franciliens quand on leurs en donne les moyens. Quand aurons nous des nouvelles de votre action. Avec tous mon respect et mes remerciements

  7. MELANIE ENT

    Merci pour cette action judiciaire ! Nos enfants et jeunes confinés sont les grands oubliés … Cette fermeture des parcs et jardins de proximité parisiens est un scandale.
    `

  8. QUENSON

    En congés, jeudi 28 mai, mon mari et moi-même avons décidé de nous balader sur la côte, à moins de 100 kms de notre domicile. Nous avions pris nos sandwichs et avons trouvé un endroit sympathique pour manger. Personne, nous étions seul au monde. jusqu’à ce que la camionnette de police arrive à 14h et nous verbalise : 135€ x 2! Effectivement, nous étions dans un parc, à la campagne pas très loin de Wimereux. Il aurait été préférable, selon cet agent, de manger au bord de la route. Nous avons demandé son indulgence, en mentionnant que le 1er ministre allait faire son allocution à 17h pour annoncer la levée de ces interdictions . Il n’a rien voulu savoir. C’est tout simplement Honteux. Nous n’étions que 2, personne d’autres alors que je lis plus haut des attroupements dans les parcs parisiens. Nous étions tout simplement des proies très faciles à capturer….

Leave a Reply