Communiqué de presse, Covid, Pollution de l'air

Déconfinement : les Français ne veulent pas du retour de la pollution

Sondage deconfinement

Alors que la pollution revient à ses niveaux d’avant la crise, un nouveau sondage montre qu’en Europe et en France, les citoyens des plus grandes villes ne veulent pas d’un retour de la pollution aux niveaux antérieurs au confinement.

Dans 6 grandes métropoles de France, 72% soutiennent l’interdiction des voitures polluantes en centre-ville avec, parmi d’autre mesures possibles, l’introduction de zones zéro-émission. 77% soutiennent des mesures de protection de la pollution de l’air qui incluent un nouveau partage de l’espace public, avec une place accrue pour les piétons, les pistes cyclables et les transports en commun.

Un nouveau sondage réalisé sur l’impact du Covid-19 montre un changement majeur dans l’opinion à propos de la pollution de l’air et de la mobilité. Selon ce sondage, 71% des Français ont ressenti une amélioration de la qualité de l’air pendant le confinement et ne veulent pas d’un retour à la situation antérieure. Les opinions varient légèrement selon les villes françaises, avec 79% à Marseille, 73% à Paris, et seulement 58% à Toulouse.

La plupart des personnes interrogées à Paris (75%) soutiennent un nouveau partage de l’espace public, avec une place accrue pour les piétons (73%), les pistes cyclables (63%) et les transports en commun (65%). Les chiffres sont similaires dans les autres villes, avec 75% en faveur du vélo à Toulouse, 76 % pour les piétons à Nice.

72% des urbains en France soutiennent des mesures pour les protéger contre la pollution de l’air, mesures qui comprennent l’interdiction des voitures polluantes dans les centre-ville. À Paris ils sont 71%, à Marseille 78% et à Lyon 74% !

Prise de conscience

« Pendant le confinement, chacun a pu goûter à un air pur et à des rues silencieuses. La crise a déclenché une prise de conscience sur l’impact de la pollution qui nous entoure ; elle a modifié profondément les comportements. Elle a ainsi créé des conditions uniques pour transformer nos villes – les politiques doivent s’en saisir pour améliorer le quotidien de leurs concitoyens. », déclare Olivier Blond, directeur de l’association Respire et membre du groupe d’associations La Rue Est A Nous.

En effet la pollution de l’air au dioxyde d’azote (NO2) a chuté considérablement pendant le confinement dans les grandes villes françaises (1). Les concentrations de NO2 ont chuté de 50 à 70% selon les villes. Or, à Paris, près d’un million de personnes sont exposé à des dépassements des seuils légaux de ce gaz toxique – et la Cour européenne de justice a récemment condamné la France pour ces dépassements.

Avec le déconfinement, l’usage du vélo a augmenté considérablement : +50% par rapport à l’année précédente selon des chiffres provisoires (2). Toutefois, la circulation automobile a retrouvé des niveaux importants et la pollution de l’air revient progressivement aux niveaux d’avant la crise.

Effet sur le Covid

L’enjeu est majeur, pour la pollution de l’air, la pollution sonore et la sécurité routière. Il l’est également pour protéger la population des épidémies de type Covid-19. En effet, un nombre croissant d’études scientifiques montre que la pollution exerce un effet aggravant sur les épidémies comme celle du COVID-19. Les mesures qui contribuent à diminuer la pollution de l’air peuvent donc permettre une forme de résilience et contribuer à limiter la résurgence des épidémies ou leur gravité.

Ce sondage fait écho à une campagne menée par un regroupement d’associations baptisé La Rue Est À Nous composé d’Alternatiba Paris, Greenpeace Paris, Extinction Rebellion Ile de France, Les Amis de la Terre Paris, Respire, Rue de l’Avenir, MDB, inCOPruptibles, la Voie est Libre, Paris sans Voiture et Transport & Environment, et qui demande la diminution de 50 % du trafic motorisé dans la capitale.

La Rue Est A Nous a lancé une pétition pour appuyer ses demandes, pétition signée par plus de 6 000 personnes, https://lemouvement.ong/larueestanous/

« Cela fait plusieurs années que la pollution liée au trafic routier est connue, mais les efforts des pouvoirs publics restent trop timides face à l’ampleur du problème. Il faut protéger la santé des Parisiens et Parisiennes : le prochain mandat doit être celui des mobilités non-polluantes » explique Vincent de La Rue Est À Nous.

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Etude

Tous les chiffres, sauf si précisé autrement, sont de YouGov Plc. L’échantillon total de ce sondage est composé de 7 545 adultes vivant en zone métropolitaine à Barcelone, Madrid, Rome, Milan, Paris, Marseille, Lille, Lyon, Toulouse, Nice, Berlin, Hambourg, Cologne, Francfort, Munich, Grand Londres, Grand Manchester, Birmingham, Leeds et Glasgow, ainsi qu’en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles. Le sondage a été effectué entre le 14 et le 21 mai 2020, en ligne, parmi des personnes qui sont principalement de certaines zones urbaines. Les chiffres ont été pondérés en fonction de chaque zone métropolitaine afin de produire des valeurs moyennes.

Les résultats pour les différents pays sont accessibles à cette adresse :
https://www.transportenvironment.org/sites/te/files/Transport-and-Environment-Merge-2020.xlsx

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