ECOLES, Pollution de l'air

Comment protéger les enfants dans les écoles – ce que les scientifiques disent

Enfants école

Enfants école

Une équipe internationale de chercheurs a publié un document très important intitulé « Comment protéger les enfants des troubles neuro-dévelopementaux liés à la pollution de l’air en intervenant sur l’environnement des écoles en milieu urbain ». Nous en traduisons les recommandations.

Le texte a été publié en décembre 2018 dans la revue scientifique Environment International, sous le titre : « How to protect school children from the neurodevelopmental harms of air pollution by interventions in the school environment in the urban context »  (Volume 121, Part 1, December 2018, Pages 199-206).

Il fait écho à notre étude sur la pollution dans les écoles et à nos propres recommandations.

Voici les recommandations des scientifiques :

  • Puisque l’exposition aux polluants liés au trafic dépend de la distance aux axes routiers, les futures écoles devraient êtres construites à distance des axes routiers.
  • La densité du trafic routier autour des écoles existantes devrait être diminuée pour diminuer l’exposition des enfants aux polluants, en particulier sur les écoles sont entourées de « rues canyons ». Il faut éviter la congestion créée par des engorgements par exemple à l’entrée ou à la sortie d’axes majeurs autour de l’école.
  • Les salles de classe dans lesquelles les élèves passent le plus de temps ne devraient pas être situées en face des axes routiers les plus intense mais au contraire, les rues les plus clames ou des cours intérieures.
  • Quand le trafic ne peut pas être contrôlé, les arrivées d’air des systèmes de ventilation des salles de classe doivent être filtrés ou doivent provenir des endroits les plus éloignés du trafic, à la fois à la hauteur la plus haute possible, et à la distance horizontale la plus importante possible.
  • Dans les zones affectées par des concentrations importantes d’ozone (O3), si une ventilation mécanique est active d’avril à septembre (quand les concentrations d’Ozone sont les plus élevées), des piège à O3 devraient être installés.
  • Des niveaux élevés de particules fines (PM2.5) issues des textiles, de la craie et organiques quand les enfants sont nombreux. C’est pourquoi une ventilation est conseillée, mais seulement dans les cas où la salle de classe n’est pas trop proche d’un axe routier. Si c’est le cas, la ventilation ne doit être activée que pendant quelques minutes quand les enfants ne sont pas dans la classe, et en évitant les heures de pointe de circulation.
  • Verdir l’école peut aider à diminuer l’exposition. Accroître les espaces verts et les zones piétonnes autour de l’école diminue l’espace utilisé par les voitures et par conséquence diminue la pollution dans les écoles.
  • Les espèces végétales utilisées dans et autour des écoles doivent être sélectionnées pour émettre peu de COV ou de pollens.
  • Les parents doivent éviter les axes routiers majeurs (en termes de trafic) pour aller et revenir à l’école. Quand ils marchent, ils doivent favoriser la partie extérieur de la chaussée (la plus éloignée du trafic).
  • Des voies piétonnes doivent être aménagées à travers les zones les moins circulantes, et le plus loin de la chaussée, pour améliorer la sécurité des enfants et minimiser leur exposition à la pollution.
  • Renforcer l’usage des transports collectifs pour amener les enfants devrait diminuer le nombre de voitures autour de l’école et par conséquent les émissions.
  • Le remplacement périodique du sable des bacs à sable (tous les ans ou tous les 2 ans) est conseillé car les polluants atmosphériques s’accumulent dans ces terrains de jeu. Par ailleurs, l’activité des enfants à tendance à diminuer la tailler des poussières qui atteignent les niveaux des PM2.5.
  • Dans les écoles avec des bacs à sable, des sables une faible concentration d’argile et une forte teneur en quartz ou de feldspath devraient être privilégiés (mais le sujet reste à étudier).
  • Les matériaux de construction, les peintures et les meubles avec de faibles émissions de COV doivent être utilisés pour construire ou rénover les écoles pour éviter l’exposition aux COV (et en particulier aux formaldhéydes) et pour réduire les interactions COV-O3 qui peuvent amener à une détérioration de la qualité de l’air intérieur.
  • Le nettoyage permet de réduire la resuspension de matières minérales dans les espaces intérieurs. Cependant, les produits de nettoyage utilisés habituellement interagissent avec l’ozone pour former de nouvelles molécules (des particules ultrafines ULP ou des COV carbonylés). C’est pourquoi il est recommandé que le nettoyage des salles prenne place après les heures de cours, en ouvrant les fenêtres.
  • L’usage de produits de nettoyage contenant une proportion faible de produits réactifs à l’ozone est également recommandée (par exemple des produit à base d’huile de pin plutôt que des produit contenant des huiles essentielles d’orange Singer et al., 2006), voire des produit plus écologiques, comme le vinaigre blanc et le bicarbonate de soude.
  • Il faut sensibiliser sur les impacts sanitaires de la pollution dans l’école, auprès des enfants et de leurs parents, mais aussi des enseignants, etc. Des systèmes de mesure pourraient être placés dans les écoles pour impliquer les parents et les enfants et pour les inciter à devenir une part active du changement.

Leave a Reply