Ozone reprend du service en France

 

Ozone, trois particules dans le vent.

Le groupe Ozone reprend du service pendant l’été avec une tournée dans les grandes villes de France. Bien connu de tous, le groupe composé de ses trois membres indissociables refait surface.

Biographie du groupe Ozone

O3, c’est son diminutif. Le groupe Ozone est composé de trois membres, trois atomes, comme le groupe moldave d’ailleurs. Il apparaît massivement pendant les périodes de chaleur d’été, souvent dans les grandes villes à fort trafic routier. Quand on dit qu’il refait surface, c’est qu’il ne faut pas le confondre avec l’ozone présent dans la haute atmosphère, celui qui nous protège des UV du soleil et sans lequel notre existence sur terre serait subitement raccourcie s’il venait à disparaitre. C’est pour cela d’ailleurs qu’un certains nombres de substances chimiques comme les CFC ont été interdites au niveau international en 1995 parce qu’ils détruisaient cette fameuse couche d’ozone.

L’ozone se forme sous l’effet de réactions photochimiques (c’est-à-dire en présence du rayonnement solaire) entre divers polluants, comme les oxydes d’azote (NOx, émis par les véhicules et l’industrie) et les composés organiques volatiles (COV, émis par les véhicules, les solvants et l’industrie).

La tournée française d’Ozone

Le groupe Ozone n’a pas fini sa carrière, loin de là. Chaque année depuis plusieurs décennies, il revient. Pas pour nous casser les oreilles, mais bien pour nous saloper les poumons. Toulouse sous un pic d’ozone, titre la Dépêche. « Avec le retour d’un « bon » indice à « 5 », eh bien, on va pouvoir respirer. » Les 17 et 18 août derniers, La Provence, comme le Figaro, 20 minutes, relaient le message du réseau de surveillance ATMO PACA de réduire sa vitesse sur les routes et de faire du co-voiturage en titrant « Pollution de l’air : demain, limitez vos déplacements« . Plus particulièrement, à Marseille quelques chaleurs et un intense trafic automobiles (what else ?) offrent à deux journalistes l’occasion de revenir sur le système de régulation de la pollution de l’air en France et son absence d’application… (What else again ?) Lire « Pollution : plein gaz sur les Bouches-du-Rhône » sur La Provence.

Le trafic urbain en est largement responsable, puisque ces particules sont émises par les moteurs diesels. La législation européenne avait pourtant publié une directive limitant leurs émissions en 2005. La France avait jusqu’à juin 2011 pour l’appliquer… Elle risque aujourd’hui une amende de 20 millions d’euros.

Également, « Concentrations élevées d’ozone sur Toulouse« . La pollution à Perpignan concerne d’avantage les particules, « la discrétion du vent et la remontée des températures, combinées à l’augmentation du trafic routier, constituent un cocktail saisonnier. » Une exception médiatique toutefois, sur France 3, concernant la région Languedoc Roussillon. » Le réseau de surveillance Air LR, dont les bureaux sont à Montpellier, n’ont pas noté de pic notable de pollution à l’ozone cette année dans la région. »

 

C’est le printemps… RESPIRE

Ce problème est existant depuis des dizaines d’années: la pollution atmosphérique. Ce que nous allons faire ? Agir en justice. La loi est derrière nous, solide et inappliquée, parfois inappropriée. Extrême comme moyen d’action ? Si demander le respect de la loi est un extrémisme, alors nous sommes tous des extrémistes.

Respire sur TF1 : tous à vos postes !

Ce matin, le quotidien Le Parisien / Aujourd’hui en France publiait en première page : « Santé: les dangers du Diesel ». Ce soir, l’association Respire est intervenue au journal télévisé de 20H de TF1 pour montrer l’effet pervers du Bonus/Malus appliqué aux achats de nouvelles voitures. Ce passage sur la première chaîne de France est une forme de reconnaissance et une prise en compte d’une des voix citoyennes qui alertent sur les effets de la pollution de l’air. Créée en février 2011 par de simples personnes concernées, nous souhaitons l’application de la loi. Quoi de plus légitime quand on connaît le très grand nombre d’études scientifiques internationales qui existent sur ce sujet.

Des millions de citoyens en France sont exposés à des seuils de polluant bien au delà de la règlementation parce que le problème n’a jamais réellement été pris au sérieux. Respire a besoin de vous pour que nous soyons de plus en plus nombreux à défendre ce droit à un air sain, comme nous le dit la loi et que ce mouvement se pérennise. En cliquant sur la page DONS, à droite de votre écran, vous pouvez effectuer un don en ligne. Il nous permettra de poursuivre cet effort, qui depuis le début est totalement bénévole.

La pollution de l’air précipite le décès d’environ 40 000 personnes en France. C’est ce que nous révèle l’étude Aphekom de mai dernier. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), prévient encore et toujours de l’impact sanitaire grave d’une exposition forte et prolongée aux particules fines (PM) émises notamment par les millions de moteurs diésels. Les mesures faites par les capteurs nous alarment sur ceux qui subissent la « double peine » en matière de pollution: les centaines de milliers de français qui vivent proche des rocades, autoroutes, et autres grands axes.

On peut s’arrêter de manger pendant plusieurs semaines. On peut s’arrêter de boire quelques jours. On ne peut s’arrêter de respirer que quelques minutes. La Loi sur l’air de 1996 et la Charte de l’environnement nous donne ce droit de respirer un air qui ne nuise pas à notre santé.

Rejoignez et aidez Respire. Défendons-nous.

 

 

 

Respire intervient à la Mairie du 20ème à Paris

Ce petit message, simplement pour vous informer que Respire intervient ce soir à 19H dans le 20ème arrondissement, à Paris, pour parler de pollution de l’air, aux côtés d’Airparif et Bruiparif. C’est également un moment pour nous rencontrer. Nous interviendrons aussi le 2 juin et 6 juin prochain, dates que nous vous rappellerons prochainement.

Nous profitons de l’occasion pour vous signaler que l’indice de qualité de l’air aujourd’hui en Île-de-France est moyen, 7 sur 10 (70 sur 100 en équivalent indice européen). Ceci est du à une concentration en particules fines (PM10) de 55 µm (microgrammes) par mètre cube (elle dépasse donc la concentration moyenne légale de 5 µm autorisée par jour).

Bonne journée à tous.

Informations pratiques :

Jeudi 24 mai
19 h : débat « Pollutions et solutions » présenté et animé par les agences Bruitparif et Airparif
>Pavillon Carré de Baudouin– 121, rue de Ménilmontant (M° Gambetta)
> Trois stations Vélib à proximité :

  • Station n° 20025 > 13 RUE DES GATINES
  • Station n° 20106 > 44-46 AVENUE GAMBETTA
  • Station n° 20024 > 11 RUE MALTE BRUN
Le Rhône aime la pollution de l’air

Dépasser les normes de qualité de l’air est un art que maîtrisent assez bien les grandes agglomérations. Pourquoi ? Sachant que cet air sale est très mauvais pour la santé, c’est qu’elles aiment faire respirer du mauvais air à leur population. L’association RESPIRE ne voit pas d’autres explications …

L’Observatoire de l’air en Rhône-Alpes vient de remettre le rapport annuel de 2010. La France ne respecte pas les valeurs limites d’émissions de polluants et l’air du Rhône est un des moins sains.

>> L’article de Lyon Webzine nous éclaire à ce sujet.

 

Suie … la particule

J’aime bien regarder X:enius. Ce qui est pratique c’est que l’émission passe le matin, pendant le petit déjeuner. Ça détend et stimule pour la journée. Et là, une émission sur la pollution atmosphérique. L’association Respire vous en fait profiter un peu (même si la vidéo n’est plus disponible …).

Dans le deuxième focus, il y a plein de choses intéressantes à découvrir : les schémas animés pour montrer les particules et les suies au microscope, expliquer leur trajet dans les poumons, leur lien avec les suies cancérigènes issues de la combustion des moteurs Diesel, avec les pollens, les réactions immunitaires et inflammatoires des personnes allergiques et des personnes non allergiques.

Fuis moi je te suie

Une particule de suie au microscope

80% des particules qui se forment dans l’atmosphère à partir du dioxyde d’azote et du dioxyde de souffre (provenant du transport automobile) contiennent des traces de suie.  Ce qui fait que ces particules de suie extrêmement fines et cancérigènes peuvent pénétrer de façon inaperçue dans l’organisme.

Les particules, avec des inclusions de suie et les suies elles-mêmes flottent dans l’air et nous les respirons. Dans l’appareil respiratoire, elles se mélangent au mucus. Les particules de suie étant insolubles, elles restent dans les tissus et forment des dépôts. Plus elles sont fines, plus elles pénètrent profondément dans l’appareil respiratoire jusque dans les alvéoles pulmonaires. De là, elles passent dans le sang et peuvent atteindre le cœur et le cerveau.

Pollen et suie vont de paire

Pollen (en vert) et composants chimiques (en rose)
Les composants chimiques, en plus du pollen augmente fortement la réaction inflammatoire

Professeur Jeroem Buters nous explique : « Les particules de diesels sont constituées d’un noyau de carbone entourés de nombreux composants chimiques. On sait déjà que ce noyaux provoque des réactions inflammatoires. Mais que font les autres composants ? » Des tests montrent que la réponse immunitaire du pollen couplée à des suies (et les composants chimiques accrochés) est considérablement augmentée par rapport à des pollens seuls. Les allergiques souffrent davantage en ville donc. Quant aux non-allergiques, les substances chimiques accrochés aux pollens leur provoquent également des réactions inflammatoires.

94 jours au lieu de 35

Arthur de Pas, ingénieur communication à Airparif, nous offre quelques informations sur le dépassement des normes. Selon les normes européennes, le taux de particules PM 10 journalier (sur 8 heures) est de 50 micro-gramme par mètre cube d’air à ne pas dépasser plus de 35 jours par an. À la station de mesure des Champs-Elysées le dépassement en 2009 a été de 94 jours. Allez hop, circulez, y’a rien à voir ! On est largement au dessus des normes. Sans blagues. Trois fois plus. Et après le Gouvernement vient pleurer pour demander un délai à la Commission européenne pour rectifier le tir. Le problème existe à proximité de tous les grands axes routiers et à certains endroits loin du trafic.

On estime à 3 millions le nombre de personnes à Paris qui respirent un air qui dépassent la norme.

À gauche, pollen de bouleau de campagne. À droite, pollen de bouleau de ville, avec des élements chimiques en plus.
La réponse immunitaire correspondant au deux types de pollen de bouleau.
Et mon poumon c’est du poulet ?

A BICYCLETTE ! Voilà un thème qu’il est beau pour un concours de graphisme, pour une marque qui ne nous pollue pas. Respire est partenaire aux côtés de l’ATELIER SANS FRONTIÈRE. Normal. Une marque de tee-shirts en coton bio, éthique (Max Havelaar) qui met à l’honneur un moyen de transport historique, non polluant, nous ne refusons pas. L’association vous en mettra de côté après le concours, qui finit le 7 août.

Le pitch

Le Tour de France à peine remballé, Monsieur Poulet vous propose un contest tout en rustines et en mollets ronds : le À BICYCLETTE Contest. À nous les balades au grand air et les ourlets au cambouis. À nous la liberté à deux roues et les tenues réfléchissantes… Nous autres, chez Monsieur Poulet, on aime le bicloune, les échappées belles et on a pas peur de le dire.
On veut du cycliste dans tous ses états, du sportif, de l’écolo, du détendu, du pressé, du dopé, du en costard, du globe trotter, du qui se promène. Mais on veut aussi de l’action, du gros coup de pompe, du frein qui lâche, du guidon tordu, de la roue voilée… Bref, on veut de l’expérience bi-roue unique en son genre, on veut du vécu à pédales.

Vous avez jusqu’au 7 aout pour nous montrer que vous en connaissez un rayon sur le sujet… Alors tous en selle !!! Les modalités du concours se trouvent ici.

Pourquoi Respire participe à un concours

Pourquoi pas ? Nous, on aime bien les tee-shirts, pour ne pas être torses nus ; ou pas. En fait, c’est surtout pour éviter de ne pas se tatouer Respire sur notre torse. Et puis, un tee shirt Poulet, bio, beau, c’est bien. Respire choisira son visuel et vous le proposera à la vente au mois de septembre. Pour le moment, c’est un peu la trêve nationale. En revanche pour nous, tout continue, certes avec un peu de ralentissement. Voilà donc un concours que vous pouvez faire tourner …

L’autre partenaire

L’ATELIER SANS FRONTIÈRES

Ateliers Sans Frontières est une association d’Insertion par l’Activité Economique, créée en 2003, qui a pour mission l’insertion sociale, professionnelle et citoyenne de personnes en situation de grande précarité. En plus de son objectif principal qui consiste à trouver un emploi aux personnes accueillies, l’association poursuit deux autre buts qui sont la lutte contre le gaspillage et le soutien de projets de solidarité. Nous aimons.

Que faire ?

Vous êtes graphiste ? A vos outils de créations. Vous portez des tee-shirts ? Choisissez votre dessin préféré ! Une récompense en monnaie sonnante et trébuchante vous attends peut-être à l’issu du vote des internautes. Vous avez jusqu’au 7 aout !

RESPIRE soutient l’association Santé Environnement France (vidéo sur TF1)

Logo de l'asociation ASEFLe Docteur Souvet, Cardiologue et Président de l’Association Santé Environnement France est réputé pour son combat contre la pollution de l’air et est un fervent défenseur d’un rapprochement entre les thématiques de l’environnement et de la santé humaine.

Son passage sur TF1 aux côtés de citoyens victimes de la pollution de l’air rappelle une nouvelle fois que l’exception française n’a pas toujours que du bon. Son parc automobile, composé à 75% de véhicules diesels, génère l’émission massive de particules provoquant de graves troubles sur la santé.

(…)

l’État supplie pour des délais supplémentaires. Elle n’est pas plus belle la vie comme ça ?

 
>> Site de l’Association Santé Environnement France
 

Respirer un air propre est un droit. Défendez-le avec RESPIRE

Pollution de l’air, pollution sonore, et puis quoi encore ?
Prendre un verre en terrasse avec des amis, c’est sympathique, même si l’on préfèrerait naturellement ne pas se trouver à quelques mètres de la route. Cette exposition est de courte durée, comparée aux personnes qui vivent en permanence à côté des axes routiers.


D’après l’étude APHEKOM, publiée en 2011, plus de 50% de la population des villes étudiées vivent à moins de 150 mètres de routes par lesquelles transitent chaque jour 10 000 véhicules ou plus, et seraient donc exposés à des niveaux de polluants toxiques notables. Dans les villes étudiées, vivre à proximité de routes pourrait être responsable de 15 à 30% de nouveaux cas d’asthme chez les enfants, de maladies pulmonaires obstructives chroniques (MPOC) et de maladies coronariennes chez les personnes de 65 ans et plus.

Dans la vidéo, la jeune femme à la terrasse est enceinte. Les risques pour sa santé et celle de son enfant sont donc bien existants.

Quant à notre ami portant le masque, il éprouve quelque difficulté à boire. Se protéger conduit à quelques désagréments. Cet exemple n’est tout de même pas comparable avec la situation de ceux qui vivent en permanence près des axes routiers. Il vise à faire s’interroger chacun de nous sur l’occupation actuel de l’espace. Nous sommes si habitués à cette situation quotidienne que nous avons cessé de nous demander si elle était normale.

L’association RESPIRE est convaincue que non. Non il n’y pas de normalité ni de fatalité à accepter que chaque année plus de 30 000 personnes décèdent prématurément.

En plus d’information et de lobby, nous portons l’action au niveau juridique. Parce que des lois, des décrets, des directives européennes ne sont pas respectés.

Rejoignez-nous, nous serons bien évidemment plus utiles et efficaces à plusieurs

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Images et montage : Association RESPIRE
Droit de diffusion : sous licence creative common, non commercial
Musique : Régis V. Gronoff – Blue Delights > écoute sur Jamendo

L’anticyclone joue sur la dépression – Pollution de l’air et déprime

La pollution de l’air vous déprime ? Vous ne faites pas si bien dire. L’exposition à long terme à la pollution de l’air affecte le cerveau et pourrait être à l’origine de troubles de la mémoire, d’anxiété et même de dépression. C’est ce que nous rapporte The Telegraph du 5 juillet.

Alors que les impacts de la pollution atmosphérique ont été testés sur le cœur et les poumons, c’est le cerveau qui intéresse maintenant les chercheurs. Laura Fonken qui a conduit cette étude publiée dans la revue Molecular Psychiatry pour l’université de l’Ohio explique : « les résultats suggèrent qu’une exposition prolongée à de l’air pollué peut avoir des effets visibles, et négatifs, sur le cerveau, ce qui peut provoquer de multiples troubles de la santé. Nous avons examiné avec soin l’hippocampe car il est associé à l’apprentissage, à la mémoire et à la dépression. Nous soupçonnons l’inflammation systémique causée par le fait de respirer un air pollué de se communiquer au système nerveux central ».

L’expérience

Des souris ont respiré un air similaire à celui que nous respirons en ville : poussières d’origine naturelle, des voitures et des usines, contenant des particules fines (PM 2,5) 13 fois plus petites que le diamètre d’un cheveu. Après 10 mois d’exposition, les petite bêtes nous livrent leur secret. Et il n’est pas beau à voir.

Les résultats

Des tests comportementaux, des tests d’apprentissage et de mémoire ont été conduits. Sur l’apprentissage, les souris qui ont respiré l’air pollué ont mis plus longtemps à apprendre où se situait le trou de sortie. Des tests conduits plus tard ont même montré qu’elles étaient plus sujettes à l’oubli. Dans une autre expérimentation, les souris exposées à la pollution de l’air ont affiché des comportements dépressifs et des niveaux plus élevés d’anxiété. Pas de quoi se réjouir.

>> Plus de détails sur l’expérience dans l’article de The Telegraph: Pollution can lead to brain damage and depression warn scientists

Le professeur Randy Nelson, un des co-auteurs nous dit : Plus nous apprenons sur les effets de l’exposition à long terme à la pollution de l’air, plus il y a de raisons d’être concerné. … ».

Respire pédale pour une Vélorution

 

Vélorution organise tous les ans au début du mois de juillet une Vélorution universelle dans les rues de Paris et des vélorutions dans d’autres villes de France (Bordeaux, Limoges ou encore Nancy).

Vélorution est une association ayant pour objectif d’organiser des actions coup de poing pour d’appropriation massive de l’espace urbain.

 

 

Le samedi 2 juillet dernier, RESPIRE a participé à la convergence cycliste au départ de la Place de la Bastille. Contrairement aux Révolutionnaires de 1789, les joyeux cyclistes ont vélorutionné dans une atmosphère familiale et amicale depuis la Bastille pour entamer leur marche vers le Champs de Mars. Aucun automobiliste n’a été guillotiné pour l’occasion. Mais de beaux bouchons de vélos dans la capitale !

La diversité cycliste était au rendez vous : des vélos à une roue, deux roues, huit roues, des triporteurs, des vélos à plusieurs étages, des vélos avec ou sans assistance électrique, des vélos diables dépliés , des tandem …

Tous ces cyclistes équipés ont, l’instant d’un après-midi ralenti la ville au rythme de leur pédalage. Le cortège de cyclistes a emprunté les voies réservées aux voitures ce qui a ralenti le trafic. Les piétons déambulant sur le trottoir des rues que le cortège empruntait ont pu apprécier l’espace d’un instant une ville aérée sans gêne olfactive et auditive. Nous portions avec nous l’espoir d’une ville qui respire, d’une ville plus douce qui se transporte différemment pour le bien être de tous.

 

Il y eu de nombreux échanges avec des piétons, des automobilistes coincés dans leurs voitures, des encouragements, des questionnements et dans certains cas des échanges plus vifs, plus impulsifs.

Dans tout les cas cette action n’est pas passée inaperçue, les cyclistes sont dorénavant visibles.


Respirez les bons déchets qui brûlent

Dans la famille Pollution de l’air, je voudrais la déchetterie aux portes de Paris. Comme disais ma maman pour plaisanter quand nous étions plus jeunes : « Tu es la plou_belle et je t’adore_dur ».

Tout a commencé il y a dix ans par un monticule de gravats à Limeil. Aujourd’hui, la décharge à ciel ouvert culmine à 25 m de haut et pollue le quotidien des habitants de Limeil-Brévannes (Val-de-Marne). Pour couronner le tout, elle est en feu depuis plus d’un mois, comme un volcan qui n’en finit plus de cracher sa fumée pestilentielle. La société qui l’exploite a été placée en liquidation. Le patron de celle-ci, lui, est convoqué au tribunal le 28 juin.

Suite de l’article du Parisien, Une montagne de déchets en feu aux portes de Paris, Agnès Vives (avec Christine Mateus) | Publié le 05.06.2011

Rendre visible et esthétique l’invisible

Photos de Alceste99 - Flickr

 

L’ enjeu de communication sur ce sujet nous paraît important car il constitue une étape nécessaire, mais malgré tout insuffisante, pour créer des représentations des choses invisibles ou lointaines.

En effet, les pollutions environnementales qui affectent la santé humaine et les écosystèmes se déploient souvent de manière imperceptible, sauf quand le mal est fait et qu’il faut a posteriori réparer .

 

 

 

Au sein de l’association RESPIRE, ce concept nous tient à cœur. Nous pensons qu’il vous plaira également : il s’agit de rendre visible l’invisible. L’invisible microscopique environnant. Pas par magie mais par des objets, des techniques mécaniques, chimiques (inoffensives), des outils numériques et … un peu d’imagination. Cet article vous propose d’aborder le sujet, pas de le résoudre ni d’être exhaustif, mais d’offrir quelques idées sur la question du visible et de l’invisible.

Pourquoi ? Parce que rendre visible offre un support à l’émotion. Sans émotion, pas d’implication.

Pourquoi le dérèglement climatique nous indiffère

Cette nécessité de communiquer sur le concept de la visualisation m’est venue quand je travaillais au WWF-France. Un collègue m’avais transmis un article de magazine intitulé : « Le réchauffement climatique n’a pas de barbe » (daté de 2007 je crois). J’avais trouvé la démonstration intéressante pour expliquer notre passivité face au dérèglement climatique : nous n’avons aucun moyen neuropsychologique de réaliser ce qui nous attend (parce que, vous pouvez en être certain, il nous attend beaucoup de surprises), et ce pour plusieurs raisons :

  1. Le réchauffement climatique n’a pas de barbe. Notre cerveau s’inquiète surtout des menaces d’origine humaines et des intentions agressives de nos semblables. Cette menace environnementale n’est pas représentable sous une forme humaine.
  2. Le réchauffement climatique ne nous choque pas moralement. Nous ne sommes pas indignés, furieux, heurtés dans nos valeurs. Cela pourrait arriver si nous établissions un lien complexe de cause à effet entre les responsables multiples et les dégradations engendrées.
  3. Le dérèglement climatique n’est pas pour demain, même si ses effets se font largement ressentir en des points bien identifiées du globe. Notre cerveau est conçu pour éviter des dangers imminents. C’est un peu l’image de la grenouille dans un bocal d’eau.
  4. Ce phénomène est trop lent pour que notre cerveau, qui n’enregistre que les changements nets et brutaux, y croie.

La mascotte à cartouches de RESPIRE

The Mask - Art piece #1 réalisée pour RESPIRE - Montage sans retouche - Série limitée - 150 x 100 - Sébastien VRAY

Vous l’avez probablement remarqué, notre mascotte, c’est ce masque bleu avec deux « cartouches » (les deux cylindres de chaque côté). Acheté à Paris dans un magasin de bricolage durant l’été dernier 2010, un bel après-midi chaud et suffocant. Portée lors de notre première vidéo dans laquelle le Président de l’association, un jeune homme svelte, danse au niveau d’un passage piéton, il est aussi porté par notre trésorier, Thibaut, lors du marathon 2011 de paris. Ce masque n’est pas du tout pratique à porter et son utilisation se pratique lors des travaux de peintures qui contiennent quelques bons gros produits chimiques nocifs (des solvants) et qui dégagent de grande quantité de Composés Organiques Volatiles (COV), ou lors de phases de bricolages qui dégagent beaucoup de poussières fines (ponçage et découpe bois, « placo »/ »Fermacell », etc).

Ce masque, imposant, visible, interroge le passant. Pourquoi porte-t-il un masque ? C’est un déguisement ? Il est fou ? Peut-être est-ce pollué ? Il exagère, ce n’est pas si pollué à Paris. Quoique, c’est le seul vélo à ce feu rouge et il est entouré de voitures et de scooters.

Peu importe ce que chacun pense (nous ne pourrions pas lister toute la diversité des pensées). Néanmoins, nous avons l’intime conviction que, grâce à cette représentation imagée que « véhicule » le masque, il s’est établi une idée, une pensée, même fugace, sur la notion de qualité de l’air. Il est une protection et il protège la personne qui le porte d’une agression. Cette agression, si c’est par la bouche et les narine qu’elle entre, ce peut être de l’air. En tout cas, cette conviction part d’un raisonnement simple. Ne pas voir ce masque sur le visage de quelqu’un n’entraîne pas d’image qui sort de l’ordinaire. On ne s’imagine spontanément pas qu’il y a un problème avec l’air que nous respirons.

Nous réalisons donc, par cet objet, une association d’idée. Car nous ne voyons pas plus qu’avant la pollution de l’air quand nous voyons quelqu’un respirer à travers un masque. Il y a bien entendu d’autres façons de rendre visible l’invisible.

Les plateformes régionales de mesure de la qualité de l'air fournissent des cartes colorées en fonction des niveaux de pollution - Ici, un zoom sur les Bouches du Rhônes

Matérialiser le volume de l’air

Sur une idée du WWF-Chine, nous avions au WWF-France fait fabriquer un ballon de 4 mètres de haut, 8 mètres de long et 2 mètres de large, cousu de telles sorte qu’il prenne la forme d’un nuage noir (comme dans les bandes dessinées) une fois gonflé. Gonflé à quoi ? Aux gaz d’échappement. Nous avions ainsi la possibilité de visualiser dans un volume d’environ 65 mètres cube la quantité de gaz qui s’échappe d’une voiture lambda et le temps que ça prendrait.

Une campagne australienne de sensibilisation aux économies d’énergies avait utilisé ce concept de volume en faisant s’échapper d’appareils ménager des ballons noirs de de 50 grammes de CO2.

La visualisation de données (data visualization)

Extrait du site Europe's Energy

En périphérie de ce sujet, nous abordons également la visualisation de données. A sa manière, elle rend également visibles des données « invisibles », du moins difficilement représentable à première vue.

La visualisation de données est l’étude des représentations visuelles de données. Parce qu’elle permet de mieux se représenter des données, des chiffres, des relations, des rapports de grandeur ou des mouvements d’une manière plus nette, plus compréhensible et en une seule visualisation. La data visualization compile, de façon esthétique (parfois) une masse d’informations qui nous perd tant il y a de données et d’interactions. Elle permet d’expliquer des problématiques parfois complexes (mais pas compliquées). Selon Friedman (2008) « l’objectif principal de la visualisation des données est de communiquer l’information clairement et efficacement par des moyens graphiques. » Bref, de communiquer l’information.

Elle offre également des moyens de contre-pouvoir. Owni.fr, un site d’informations indépendant de très bonne qualité nous a proposé récemment un article sur la cartographie comme moyen de contre-pouvoir. En 2007, un journal, le Plan B, avait construit une carte sur les médias en France afin de synthétiser les possessions (Qui possède les médias en France) et monter la forte concentration dans ce domaine.

Nous en avons tous vécu l’expérience au moins une fois à l’école, en géographie, physique, chimie ou économie. Il n’est toutefois pas toujours évident que ce type de représentations graphiques interpellent, puisqu’elles ne sont pas vraiment mises en situation. Par exemple, la proportion d’électricité provenant d’énergies renouvelables en Europe nous offre une manière moins ennuyeuse de constater que nous nous disputons le bas du tableau, sans trop de gloire. Mais cela ne m’émeut pas, du moins pas autant que de voir des ballons noirs de CO2 sortir du téléviseur en veille (voir plus haut).

Il existe une belle variété de possibilités de présentation de ces données (statistiques, fréquences, mouvements, relations, etc.), statiques et dynamiques. Des cartes, des arbres, des photos et des schémas. Plus ou moins sophistiqués. Plus ou moins esthétique. Enfin, il existe des logiciels pour les mettre en forme, privés ou libres. Mais on n’est pas obligé d’en utiliser. Quelques exemples : en musique, la Symphonie n°5 de Beethoven, une carte sur la base d’artistes de musiques connexes à votre recherche, des cartes de blogosphères, le trafic internet mondial en temps réel, la diffusion d’une citation scientifique dans la presse professionnelle scientifique, une visualisation des émissions de CO2, du nombre de morts et de naissances dans le monde, le niveau d’angoisse à propos du nucléaire dans le monde,  Il y a des sites spécialisées, comme Information is Beautiful. Et vous trouverez plein d’exemples ici.

La technologie et l’art de montrer

Extrait du site : In the air

Certaines avancées techniques nous permettent désormais de voir le monde sous des angles inattendus. Par exemple, les caméras qui permettent de filmer à plusieurs milliers d’images par seconde nous offrent de nouvelles perspectives. Un exemple, le Monde Invisible (the invisible world), série anglaise qui nous donne à voir ce que l’on ne peut pas voir par nos yeux.

Le site In the air dont nous vous parlons ci-dessous est un projet développé à Madrid par une équipe de chercheur et d’informaticiens pour montrer en temps réels les niveaux de rejets des polluants classiques de l’air dans certains endroits de la ville : Monoxyde de Carbone (CO), Dioxyde d’Azote (No2), Dioxyde de Souffre (SO2), Particules en suspensions PM 10, Ozone (O3). Les plateformes régionales de mesure de la qualité de l’air fournissent des cartes colorées en fonction des niveaux de pollution.

Trouvé récemment, une petite technologie pour capter les ondes WIFI qui nous entourent et les signaler par un niveau de luminosité. Le tout visualisé par de la photographie avec une exposition longue. A voir ici.

Sur le blog blog.isokron.com : proposer, à partir des données libérées par Data Keolis Rennes et OpenStreetMap, une visualisation des temps de transport à Rennes, au fur et à mesure de la journée. Quelques cafés plus tard, voilà comment les temps de trajets à partir de l’hôtel de ville de Rennes évoluent dans une journée de lundi.

 

un lundi à Rennes from isokron on Vimeo.

 

un lundi à Rennes from isokron on Vimeo.

Tout ça pour dire quoi ?

Extrait du Baromètre IRSN 2010 -La perception des risques et de la sécurité par les Français - Question : “Je vais vous citer un certain nombre de problèmes d’environnement. Quel est celui qui vous semble le plus préoccupant ? ” (2 réponses possibles)

La pollution de l’air est bien un problème de santé publique majeur, qui préoccupe les citoyens. Au sein des préoccupations environnementales, les résultats du baromètre 2007 IRSN (p.25) montrent que la pollution atmosphérique se place au 1er rang des situations à risque parmi 30 situations évoquées dans l’enquête. Cependant, il existe un réel détournement d’intérêt pour ce problème parce que l’impression d’impuissance est forte. Il semble qu’on ne sache pas comment avoir une emprise sur cette pollution, tant à l’intérieur des bâtiments qu’à l’extérieur (rejets industriels et transports).

Pourtant il existe un grand nombre de solutions que chacune des composantes de la société peut en assumer la responsabilité et que nous prendrons le temps de détailler au fur et à mesure sur ce site.