Respire dans le Rassemblement pour la planète. Nouvelle étape.

Ce matin, l’association Respire animait aux côtés d’Écologie Sans Frontière, de Robin des Toits, le Réseau Environnement Santé, Générations futures, Sea Shepherd et Green Cross France la conférence de presse de lancement du Rassemblement pour la planète. Former un collectif qui participera à la Conférence environnementale sur les thèmes transversaux de la transition énergétique, la biodiversité, la gouvernance territoriale et, surtout, sur le thème Santé Environnement, le grand oublié du Grenelle de l’environnement du précédent Gouvernement.

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André Cicolella résume bien l’objet et l’intention du Rassemblement pour la planète : «La santé de l’homme et de l’écosystème sont intrinsèquement liés. Notre manifeste se base sur la transition écologique pour sortir de la crise économique, sociale et environnementale, car nous payons aujourd’hui au niveau sanitaire des choix économiques, comme le soutien au diesel.»

Du Sénat à la Conférence environnementale

Comme nous vous en parlions début avril 2012 dernier, lors d’une interpellation commune au Sénat à l’attention des représentants des candidats à l’élection présidentielle, le système sanitaire en France présente un certain nombre de défaillances. Ce jour là, le Rassemblement pour la planète dont nous faisons parti a présenté une typologie commune aux scandales sanitaires, en 7 points, afin d’identifier le processus qui se joue, implacablement, de l’autorisation de mise sur le marché de certains produits et substances jusqu’aux conséquences sanitaires globale qu’elles peuvent engendrer, malgré les alertes répétées de lanceurs d’alerte issus des milieux scientifiques et de la société civile. Nous nous étions efforcés également de  proposer une loi en 25 points, pour tenter de remédier à cette logique délétère.

Aujourd’hui 2 juillet 2012, le Rassemblement pour la planète est né d’une volonté de mettre en commun nos expertises sur des sujets transversaux de la santé et de l’environnement et de l’élargir aux thèmes lui sont associés : transition énergétique, biodiversité, gouvernance. Nous ne pouvons pas continuer dans le cloisonnement. Tout est lié et ce sont les personnes les plus défavorisées qui sont les premières touchées : c’est l’effet double peine.

Nous vous invitons à lire le Manifeste, qui nous positionnent tous sur les mêmes idées au sein de ce rassemblement.

L’association Respire à la Conférence environnementale

L’association Respire participera donc, au sein du Rassemblement pour la planète, à la Conférence environnementale du Gouvernement qui aura lieu en septembre prochain. D’une part, nous invitons toutes les associations ou personnes qui possèdent une expertise dans les domaines de la pollution de l’air (scientifique et médicale, économique, sociologique), en lien direct avec cette thématique (pollution de l’air intérieur, extérieur, problèmes des incinérateurs, transports, santé au travail) et en lien indirect avec elle (urbanisme, etc.). D’autre part, nous ne vous promettons pas la lune car c’est pour nous une lourde tâche à porter. Nous avons besoin d’un coup de pouce financier, que vous pouvez effectuer directement à partir de ce site, avec le montant que vous déciderez.

 

5 ONG dont RESPIRE fonde le « Rassemblement pour la Planète »

Cinq ONG spécialisées créent le « Rassemblement pour la planète » pour peser sur la conférence environnementale.

Générations futures, Écologie sans frontière, le Réseau environnement santé, Robin des toits et Respire ont décidé de créer le « Rassemblement pour la planète », pour peser sur la conférence environnementale. Ce regroupement sera ouvert à d’autres associations spécialisées, précisent-elles. Pour ce faire, Écologie sans frontière, qui siège au CNDDGE (Conseil national du développement durable et du Grenelle de l’environnement) et devrait, à ce titre, être l’une des huit ONG (1) à participer à la conférence environnementale, « cédera sa place » au Rassemblement pour la planète.

Le Rassemblement est une conséquence des règles prises à l’été 2011 sur la représentativité des associations et fondations environnementales, lesquelles introduisent des critères quantitatifs (nombre d’adhérents supérieur à 2 000 ou nombre de donateurs supérieur à 5 000), et excluent de fait les petites structures des instances telles que le CNDDGE, le HCB (Haut Conseil des biotechnologies), etc. Selon François Veillerette, président de Générations futures, « dans le Grenelle de l’environnement, il y avait une prise en compte assez large de toutes les associations généralistes et spécialisées, notamment grâce à l’Alliance pour la planète (2). Cela avait permis un dialogue environnemental riche. Nous nous rassemblons parce que nous ne voulons pas être exclus de ce dialogue ». Malgré cette réorganisation, les cinq ONG continuent à demander l’abrogation de la nouvelle réglementation. Elles ont d’ailleurs introduit un recours devant le Conseil d’État en septembre dernier (AEF n°11469).

Étienne Cendrier, porte-parole de Robin des toits, voit pour sa part le Rassemblement comme « un contre lobbying aux industries polluantes ». « Nous serons plus efficaces tout en gardant chacun notre autonomie », assure-t-il.

LA SANTÉ ENVIRONNEMENTALE, « PRINCIPAL PILIER »

Le Rassemblement pour la planète aura comme « principal pilier » la santé environnementale, les cinq ONG ayant des compétences sur ce sujet : les pesticides pour Générations futures, la pollution de l’air pour Écologie sans frontière et Respire, les produits chimiques pour le Réseau environnement-santé, les radiofréquences pour Robin des toits. Celles-ci avaient organisé un événement commun mi-avril pour présenter 25 dispositions législatives pour « en finir avec les scandales sanitaires » et avaient fait réagir les représentants des principaux candidats à l’élection présidentielle (AEF n°13501). Franck Laval et François Veillerette se félicitent d’ailleurs auprès d’AEF que le PS ait été représenté par Géraud Guibert, devenu directeur de cabinet de la ministre de l’Écologie Nicole Bricq.

« La santé environnementale doit être mise au coeur des politiques publiques. Une réforme de fond du système de santé est nécessaire », explique André Cicolella, président du Réseau environnement-santé. « L’enjeu est de faire comprendre que la crise du système de santé est une crise sanitaire, liée à l’épidémie des maladies chroniques, et qui est elle-même la conséquence du mode de vie à l’occidental. »

Le Rassemblement pourrait également s’emparer des sujets de l’énergie – en lien avec l’ONG Green Cross et Touche pas à mon panneau photovoltaïque -, de la biodiversité marine, et des questions juridiques et institutionnelles, précise Franck Laval.

(1) Avec FNE, la LPO, Humanité& Biodiversité, Greenpeace, le WWF, la FNH et les Amis de la Terre.

(2) L’Alliance pour la planète rassemblait lors du Grenelle de l’environnement le WWF, Greenpeace, les Amis de la Terre et de plus petites associations comme Générations futures, le Cniid, Sherpa, etc.

Contacts : – Écologie sans frontières, Franck Laval, président, 01 43 27 79 08 – Générations futures, Nadine Lauverjat, porte-parole, 06 87 56 27 54 – Réseau environnement santé, Soléane Duplan, coordinatrice, res.contact@free.fr, reseau-environnement-sante.fr/Robin des toits, Cendrier Étienne, porte-parole, 01 40 18 02 81 / Respire, Sébastien Vray – contact@respire-asso.org – 09 81 37 78 48

Respire interpelle des candidats à la présidentielle sur les scandales sanitaires

Lundi 16 avril, s’est tenu au Sénat à l’initiative de Leila Aïchi, sénatrice de Paris (groupe Europe-Ecologie-Les-Verts), une conférence de presse pour alerter les candidats à la présidentielle sur les scandales sanitaires. Générations Futures, Réseau Environnement Santé, Robin des Toits, Ecologie Sans Frontière et Respire ont pu à cette occasion présenter 25 propositions* aux représentants des candidats à l’investiture et à la presse.

25 propositions

Ces propositions sont issues du constat que « les différentes crises sanitaires de ces dernières années ne sont pas des phénomènes indépendants les uns des autres ou de simples malencontreux concours de circonstances, mais sont la conséquence d’un dysfonctionnement du système de sécurité sanitaire (…) » (propos du communiqué de presse). Les exemples pris, médiator, amiante, antenne relais de téléphonie mobile, pesticide Gaucho, bisphénol A, particules fines sont légions. Ces sandales sont tous illustrés par une typologie, déclinée en sept axes, reprise pour chaque exemple qui atteste de la nécessité criante de refonder la politique de sécuritaire sanitaire et environnementale.

Engager la refonte de la loi

Les ONG espèrent par cette interpellation, engager une réforme et la refonte de la loi du 1er juillet 1998 qui avait créé les fondements d’un système de sécurité sanitaire environnement. Les ONG proposent 4 axes d’actions :

1 – La réorganisation du dispositif des agences de sécurité sanitaire à l’échelle des ministères, des agences nationales et des agences régionales ;
2 – La construction de la Sécurité Sanitaire autour de la vision globale de l’environnement ;
3 – Le développement de la recherche en Santé Environnement
4 – La construction d’un droit protecteur du citoyen basé sur le principe de précaution.

Dans les faits, les ONG demandent par exemple la création d’un Institut de Veille Environnementale (IVE), l’insertion d’un volet Environnement dans tous les plans de pathologies comme le Cancer, l’Obésité, l’Alzheimer, la création d’un Institut National de Recherche en Santé Environnement, l’instauration d’une formation à la santé environnementale des professionnels ou encore la disparition des conflits d’intérêts.

Les 5 ONG interpellent les candidats

Des propositions à l’écoute de… et résumé non technique des réponses

Tous les partis politiques présentant un candidat à l’élection présidentielle ont été invités. Le Front National est le seul parti politique à ne pas avoir été invité : l’invitation a été faite à des partis républicains respectueux des droits de l’Homme. Ainsi, les partis politiques représentés aux Jardins du Luxembourg étaient le MODEM, EE-LV, le PS, l’UMP et le Front de Gauche.

Tour à tour, les représentants des candidats ont eu l’occasion d’exposer leurs retours aux ONG vis-à-vis des propositions faites. Tous s’accordent sur l’importance du sujet, l’ampleur des dégâts et sur la justesse de l’analyse des ONG.

La parole est aux candidats

Ci-dessous le résumé des exposés des cinq représentants de candidats présents. L’ordre de passage a été décidé suite à un tirage au sort, chaque représentant a eu le même temps de parole (règle du CSA oblige).

– Pour M. Yves Pozzo Di Borgo, sénateur de Paris et représentant de François Bayrou, le système de santé et d’environnement est victime d’un « défaut de prévention, d’un manque de transparence et d’un manque de réactivité ». Il propose d’instaurer une démocratie sanitaire, d’enrayer les conflits d’intérêts et de fonder un droit européen sur le sujet. Le manque de réactivité et d’action s’expliquerait selon lui en partie par la grande difficulté d’interpeller des experts indépendants, apparemment trop rares.

– « Accroissement des maladies chroniques, besoin d’équilibre du système de santé avec le retour du « service public  et le progrès économique et social qu’impulse la sécurité sanitaire », tels sont les problématiques et les enjeux qui font échos au représentant PS de François Hollande, M. Giraud Guibert. Il souhaite la mise en œuvre d’une veille environnementale augmenté d’un dialogue environnemental. Il plaide pour un effort sur la recherche en Santé-Environnement. Pour le PS, la mise en application de ces engagements repose sur la détermination d’un « Agenda Environnemental » qui garantisse un dialogue partagé et des échéances précises.

– Pour Mme Aline Archambaud, représentante d’Eva Joly, les actions doivent être portées sur la fin des « prises de décisions sous influence », et sur le basculement de la logique de soin aujourd’hui pratiquée à une logique de santé, universelle pour tous. Pour EE-LV, il s’agit d’agir au travers de l’établissement de Plan des maladies des modes de vie qui inclut les maladies chroniques et de développer la recherche par une expertise neutre (entendez par là indépendante). La transparence du système de santé doit faire l’objet d’un engagement national, et l’Etat doit créer un Institut de Veille Environnemental et un Institut de recherche en Santé-Environnement, d’instaurer des Plans tels que Chimie-Saine, Alimentation durable et Maladies des Ondes.

– Pour le Front de Gauche représenté par Mme Catherine Jouanneau, le constat est sans appel, les citoyens sont devenus malgré eux des « experts dramatiques, de plus en plus spécialisés » qui se saisissent des questions de Santé-Environnement qui les touchent. Le Front de Gauche propose que soit accentué le processus de prévention, et instauré des Plans Environnement et des Plans par pathologies. Il se positionne en faveur d’un référendum sur le nucléaire et la relocalisation de l’agriculture, sous la forme biologique. Le Front de gauche souhaite la création d’un Pôle Public du Médicament pour suivre les procédures d’homologation et de mise sur le marché, d’un « grand » service public et de sortir des grands mécanismes de marchés européens les sujets relatifs à la santé et à l’environnement.

Mme. Chantal Jouanno représentante du candidat UMP, Nicolas Sarkozy (à noter qu’elle a souhaité s’exprimer en son nom et non sous celui du candidat de l’UMP) a déploré le manque d’experts en Santé-Environnement, et propose que soit développé des alliances de recherches dédiées à ces thématiques. Elle se positionne comme favorable au Plan par pathologie, et à l’indépendance des expertises et envisage une réflexion sur la création d’un ministère associant agriculture, santé et environnement.

Bilan en demi-teinte

Vous remarquerez qu’ils sont presque tous d’accord. Cela augure-t-il d’un changement ? En tout cas, cette matinée a été l’occasion de parler de sécurité sanitaire et d’environnement, sujet absent de la campagne présidentielle. Pourtant, nous retrouvons tous depuis quelques temps entre autre le Médiator dans les colonnes voire en une des journaux. La société civile s’interroge, et remet en questions les systèmes de sécurité sanitaire, les exemples sont nombreux, et l’inertie politique, même en campagne présidentielle fait monter l’inquiétude. Cette interpellation a su faire rappeler aux esprits politiques présents l’ampleur de l’urgence. Les 25 propositions des ONG ont su leur montrer que des solutions de remédiations sont réelles.

 

* Respire, n’a pas participé à la rédaction des 25 propositions, mais par le biais de sa participation à la conférence de presse nous avons démontré que les pollutions aux particules fines gonfle les rangs des scandales sanitaires ! Stop au scandale et respirez pour agir!